‹ Histoire du MexiqueChapitre 56 sur 115 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

De la fîèle qae les Mexicaios célébrèrent après avoir placé le Caaohiicalli au sommet da temple.

Aussi tdt qu'on eut achcTé de placer le cuauhxi* caiii I les Mexicains firent retentir l'air du son de leurs tambours et de leurs trompettes. Le lendemain le roi Âxajacatl fit une distribution ronsiilérable de ce qui se trouvait dans les magasins. Pendant trois jours les tlamacaxques allumèrent de grands feux an sommet du temple de Huilzilopochtli , et firent résonner leurs instruments de musique. Au bout de ce temps on exécuta un mitote , ou danse solen* nelle, au son du grand tepon;iztIe , et Axayacatl invita k un grand banquet les rois de Tezcuco et de Tacuba , ainsi que les principaux chefs mexicains. 11 leur distribua en présents des manteaux, des pagnes et des bijoux dor. Les deux rois prirent en-* suite congé de lui , et retournèrent dans leur capitale.

Le iendemain , ÂxayacatI proposa à Cihuacoatl de faire une expédition contre le Gaizontzin , roi du pays de Mechoacan dont les habitants sont appelés Tarasques. Cihuacoatl ayant approuvé cette idée, on envoya Tlacatecatl et Tlacochcalcatl pour prévenir de Texpédition que Ton méditait, les rois de Gulhuacan, de Tezcuco, de Tacuba et les autres chefs du voisinage. Les Tarasques, vassaux duCalzonztin , étaient de la même race que les Mexicains et les Ghichimèques. Quand ceux-ci étaient venus s'établir à TenuchtLtIan, un grand nombre d'entre eux étaient restés avec leurs femmes dans un endroit nommé Patzquaro. Malgré cela Axayacatl voulait leur faire un certain nombre de prisonniers pour les sacrifier sur son CuauhxicaUi^ qu'on aurait mieux fait d'appeler boucherie des innocents et magasin d'âmes pour le démon.

Metzahualcoyol remit aux envoyés, pour leur maître , une armure ornée de devises en quetzalpatzactli , sorte- de plumes très^précieuses» un bouclier dont la moitié était recouverte par une peau de tigre et l'autre par un soleil d'or, des pointes de flèches en cailloux acérés et un sabre en pierres tranchantes, armes qui étaient précieuses, même pour un roi. Tous les chefs se rassemblèrent à Mexico afin de recevoir leurs instructions de la bouche même du roi et j*etournèrent ensuite dans leur pays pour fiùre leurs préparatifs.

Axayacatl fit ensuite venir Tlacatecatl et Tlaeo* chralcatl, et leur demanda si les Mexicains étaient

prêts; ces officiers ayant répondu d'une manière affirmative , les guerriers de chaque quartier se rangèrent selon l'usage sous les ordres de leur capitaine, et se mirent en marche vers M atlaltzinco et Toluca où l'armée devait se réunir. Le roi de Mexico avait fait prévenir ceux de ces deux villes de préparer des vi-» vres en quantité ainsi que les rois de Galimaya et de Tzinacantepec qui s'empressèrent d'exécuter ses ordres; il envoya en même temps Tordre de se mettre enmarche avec leurs soldats , noo-seulement à Neza* hualcoyotl, mais aux rois de Tacubn , d'Atzcaputsalco, de Cuyoacan, de Xochimilco et aux Chinampanecas. Ticocyahuacatl, qui avait été ch«irgé de leor porter ce message, revint avec la nouvelle qo*iU étaient d^ à en marche vers Matlaltzinco.

Cihuaooatl fit appeler les vaillants capitaines Cuauhnoctli, Tilancalqui, Tlacalecatl et Tlacochakatly et leur confia le commandement des lions, des tigres et des aigles mexicains qui devaient former ravaot-gacde, et leur recommanda de charger vigoureusement l'ennemi à la première attaque de maaoière à. le décourager. Il en dit autant aux vaillants capitaines Cuachicy OtomU^ Achcautzin et T^KfioAiiof lia qui devaient attaquer les premiers. Il l^nr recommanda d'encourager les jeunes guerriers <pii n'avaient pas encore été à la guerre , et de placer eolM cinq d'entre eux un cuachic^ puis un otomi après cinq autres, puis un achcauhlU^ puis enfin un tequihua. « Mais surtout , leur dit-il , je vous recommande mon bien^imé fils Axayacatl ; veillez à ce

qu'il ne lui en nrrive pas autant qu'au combat dlr Matlaltzinco avec Cuezpal» car votre négligence serait punie de mort. » Cihuacoatl recommanda également n AxajacatI de ne pas trop s'exposer et de ne pas s\'ivancer légèrement au milieu des ennemis.

A xayacatl partit donc, emmenant avec lai , comme spécialement chargés de la garde de sa personne, HuiznahuacatI, Tlacatecill, TIacocbcalcatI , Ticocyahuacall et Exhuahuacall, ainsi que les vaillants guerriers d'AcuIhuacan , Tocuiltecall , TeaBCOcoatl, Huitznahuallailotlac et Hueyteuctli; Parrière-garde était commandée par Guauhnoctii, l^lancalqoi et Teuctlemacazqui sous les ordres de Tlailotlac,Cibuacoatlteuctli, neveu de Cibuacoatl. Quand Axayicatl arriva h Matlaltzinco, le roi et les principani cbefs vinrent an devant de lui pour le recevoir d'une manière digne de son rang, et après lavoir harangtté ils le conduisirent au palais du roi oii on lui servit un festin ainsi qu'à ses principaux officiers ; Cimal teuctii lui-même lui remit h laver, le rot de Matlaltzinco lui offrit ensuite un bouclier et une épée qu'il avait fabriqués lui-même à ceteffet, et lui oHiit en même temps une quantité de boucliers et d'épées. Axayacatl le remercia, et appelant les principaux cbefs de son armée, il leur dit : « Voici les armes qve nos pères et nos frères nous donnent; partages-ks vous-même entre les soldats , particulièrement entre reux que l'on appelle Cuauhueteques, qui sont des espèces de maîtres d'armes.

Quand tout cela fut terminé, les Mexicains par-

tirent pour les villages de Neantepec qui touchent aux frontières du Mechoacan» et y construisirent des cabanes de feuillage dans lesquelles ils couchaient sur des bottes d'herbes sèches en guise de nattes. Elles furent réparties entre les capitaines selon leurs mérites. Le lendemain, Âxayacatl envoya à la découverte les plus vaillants soldats ; ils s'avancèrent à la découverte sur le flanc de la montagne. Après avoir marché toute la journée , ils arrivèrent à l'heure de dormir h Matlaltzinco, première ville des Tarasques, els'en rapprochèrent d'assez près pour distinguer les ^rdiens de la frontière» coiffés de casques de fer, qui étaient assis tranquillement autour du feu/ ayant à côté d'eux leurs arcs, leurs flèches et leurs firondes. Us s'empressèrent d aller rendre compte de tout cela à leur roi , et lui dirent que Tarmée ennemie s'élevait à environ cinquante mille hommes.

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