‹ Histoire du MexiqueChapitre 73 sur 115 · CHAPITRE LXVIil · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVIil

Retour des autres messagers. — Description de la Aie

et des sacrifices.

Les messagers , qui avaient été à Tecoac et à T]iliuhquitepec, arrivèreot à minuit, amenant avec eux les chefs de ces deux villes. Us allèrent droit à la maison de Petlacatl , et lui dirent : « Nous sommes les messagers qui revenons de Zacatlan et des autres ▼illes situées dans cette direction. » — « Soyez les bienvenus , leur répondit Petlacatl, je vais aller surle-champ prévenir le roi Ahuitzotl. Aussitôt que celui-ci eut appris le retour de ses messagers, il ordonna qu'on les fit entrer et qu on eût le plus grand soin de bien servir les chefs de TecoatI ,deTliliuhquitepec et de Zacatlan qu'ils avaient amenés avec eux.

Le lendemain soir arrivèrent les messagers qui avaient été à Meztiilan , et ils annoncèrent que les chefs de ce pays avaient consenti à les suivre. Le lendemain, le messager qui avait été envoyé au

roi Gamacoyahuac de Mechoacan , vint également rendre compte de sa mission ; il rapporta qne ce prince lui arait fait le meilleur accueil • et que les principaux chefs l'accompagnaient. Ahnitcoll se réjouit beaucoup de cette nouvelle et dit à Cihuacoati : «Maintenant nous n'attendons plus que la réponse d'une seule ville. Enfin, le troisième jour, les messagers , qui avaient été à Jupitzinoo , amenèrent également les chefs de cette ville. On onkmna à Petlacatl de pourvoir à tous lesbesoins de ces écrangers avec d'autant plus de générosité qu'ils appartenaient à des nations ennemies. Mais leur présence fut tenue très-secrète et resta igporée de tous les Mexicains, à l'exception de ceux qui les avaient amenés.

Le lendemain , Âhuitzotl et Cihuacoatl firent appeler devant le sénat les divers messagers qu'ils avaient envoyés , et leur ordonnèrent de rendre compte de leur mission ; tout le monde fnt trèssatisfait d'apprendre que les principaux chefs des nations ennemies avaient consenti à les suivre et qu'ils étaient arrivés à Mexico. Ahuitzotl fit distribuer des présents à tous les chefs qui avaient été chargés de cette mission , pour les récompenser des dangers qu'ils avaient courus.

Âhuitzotl trouvait un grand plaisir à interroger ces chefs étrangers sur les mœurs de leurs pays, leurs édifices, leurs temples'', leurs danses, leur manière de vivre , etc. , ainsi que sur la manière de cultiver la terre , de préparer le cacao et

surlcrat sur les diverses espèces de fleurs brillantes et parfumées, par lesquelles les provinces de Huastepecet deCuernaraca surpassent toutes les autres. Gihuacoatl félicita les enToyés du courage avec lequel ils avaient osé pénétrer dans des pays si éloignés et si peu connus ; ce qui toutefois était leur de- ▼eir envers Tempire mexicain el leur dieu Huitzilipochtli. Il rappela que leurs pères avaient montré un intrépidité égale quand ils avaient exploré , pour la première fob, les provinces cFAtzcaputzalco, de Guyoacan, de Xochimiico, de Chalco, de Cuetlaitlan et de beaucoup d'autres, qui depuis avaient été réunies à l'empire. 11 dit ensuite à Abuitzotl: « Aucun des princes qui vous ont précédé sur le trône , n*a été aussi heureux que vous ; car vous avez eu le bonheur de terminer le temple de Huitzilopochtli , et vous avez réuni un nombre infini de victimes pour en célébrer Tinauguration. Il faut les diviser en quatre troupes que l^on placera sur les quatre façades du temple, et diviser le jour luimême en quatre parties; pendant la première , on prendra les victimes parmi les captifs qui seront placés à l'onent ; pendant la seconde , parmi ceux qui seront placés au midi, et ainsi de suite en faisant le tour du temple. Pour faire honneur aux chefs des neuf villes qui sont venus assister à nos fêtes , il faut leur donner la première place sur Testrade et les mettre en tète du mitote ou^danse solennelle. » Abuitzotl lui répondit que ses intentions seraient fidèlement suiHes ; et ayant fait ap-

peler PetlacatI , il lui dit : « Tiens-toi prêt à recevoir les tributs ; les calpixques des villes suivantes arriveront demain , savoir : Ghinantla , Coajitlahuacan , Tucpanecutl, Tuctepec, Tziuhcoacatl , TIatlaquitepec, Tepeacan , Piazllan, Tlapan , Tlalcocauhtitlan, Chiaubtia, CoLuiico, Tecacuilcatl . Teotiztacan , Nochtepec , Tzacualpan , Chaubnabuac, Jaubtepec, Huaxtepec» Jacapicbtla, Matlallzinco ,Xocotitlan, Xilotepec, Atuepan, Xocbimilco. et tous les CbinampanecaS| à Tezception d'Atzoïputzalco , Cuyoacan , Cbalco et Cuaublitlan.

Le tribut de Cuetlaxtlan servait surtout au costume de principaux cbefs; car il consistait enéméraudes pour se placer dans les lèvres , en boucles d'oreilles d'or , en ornements de tête de papier doré , appelés tecuitla yxcuamatl , en écbarpes dorées, en colliers dor, en bracelets du même métal pour les pieds ou jexipepetlactli, en plumes d aigle et de xacuantlalpilloni , qu'on se plaçait sur la tête, en cbasse-inoucbes ornés de croissants d'or; en peaux d'animaux féroces Ires-bien préparées, en manteaux et autres vêtements de diverses couleurs el ricbemeot brodés , sur lesquels on voyait représentée la figure de Xocbiquetzal» de QuetzalcoatI, de Piltzinteuclli et d'autres divinités ; en grandes pièces d étoffe qui avaient jusqu'à vingt brasses de long, eo jupons de femmes nommés chiconcueitl ^ leienana^ cocueitly Xoxoloyo, maipiloiOy et autres couverts des plus ricbes broderies . dont les femmes des plus grands seigneurs faisaient alors seules usage, et qu'on

voil porter aujourJMjui à celles des macehuales. Cela leur était à cette époque défendu sous les peines les plus sévères. Les hommes du commun ne pouvaient porter que des manteaux blancs de nequen^ à l'exception de ceux qui s'étaient distingués à la guerre et avaient fait des prisonniers. Quant à ceux-là rien ne leur était défendu , ils avaient le droit d'entrer dans le palais du roi et formaient la suite des principaux chefs. On avait aussi apporté tous les tributs (|ui consistaient en vivres eten cacao , desorie qu'on put en faire d'abondantes distributions aux étrangers et surtout aux chefs des nations ennemies qui étaient venus à Mexico, ainsi que du copal blanc |iour les cassolettes , des couleurs pour se peindre la figure et le corps ; enfin des couteaux de pierres tranchantes pour immoler les victimes , et surtout des peaux de petits oiseaux desséchés, tels que le xiuchtoiotlf letzinitzcan, le tlauhquechol ^ le zacuan , le tuztli , le pillihuitl , le chamoUi , le cuau^ hyhuitl , le cuauhtlachajotl , le tlauhtototl et Vélotototl dont je ne pourrais dire les noms en espagnol. Ces peaux d'oiseaux, qui brillaient des couleurs les plus belles et les plus éclatantes, étaient ce que les chefs recherchaient le plus.

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