CHAPITRE V
Le roi Teioiomoctli eoToie une ambassade aax Mexicains poor les déclarer francs et libres de toot esclavage.
Quelques aimées plus tard , Tesozomoctli envoya des ambassadeurs aux Mexicains qui leur dirent : « Réjouisses- vous , car notre roi et ses Tecpanèques ont résolu de laisser jouir enfin leurs parents et amis des douceurs du repos. On n'exigera plus de vous ni service personnel , ni d'autres tributs qu'une redevance en poisson et autres produits du lac.» C'étaient surtout les différentes espèces d'oiseaux aquatiques que Ton regardait comme le mets le plus délicat.
Au bout d'un certain temps , les Mexicains s'aperçurent que l'eau de leur lac conmiençait à se corrompre, et qu'il était nécessaire d'en faire venir d'autre de Gbapultepec. Huitzilibuitl en ayant fait demander la permission àTezozoraoctli , celui-ci lui
répondit qu'il y consentait, s'il pouvait trouver un moyen de TameDer à Mexico. Aussitôt après avoir reçu ce consentement , Cbimalpopoca réunit un grand nombre de Mexicains et leur fit couper des joncs et des roseaux pour la fabrication de la chaussée , sur laquelle le canal devait reposer. Mais, pour la construction de ce dernier, il fut obligé d'envoyer demander au roi des Tecpanèques la permission de prendre, sur son territoire, du bois, des pierres et de la chaux. Mais quand celui-ci eut réuni les chefs de sa nation et qu'il leur eut fait part de cette demande , ils se séparèrent en tumulte en déclarant qu'ils ne voulaient rien accorder aux Mexicains ; car ils auraient lair par là de se regarder comme leurs vassaux , comme s'ils avaient été vaincus par eux. Les chefs tecpanèques, dont les principaux étaient Acoinahualt . IzacualcatI , TIacabuitlahua , Maxtlaton et Cuexcuex , se dirent : Puisque les Mexicains nous font demander du bois, des pierres et de la chaux, et qu'ils croient que nous serons forcés de leur en accorder , il faut leur montrer que le territoire de Chapultepec nous appartient, ainsi que les sources qu'il renferme; s'ils veulent en avoir, il faut qu'ils lacbètent , sinon , nous saurons nous défendre contre eux, bien qu*ils soient rusés et audacieux. Gonmiençons dotoc par préparer nos lances, nos boucliers et nos épées ou macicua-fuUtl; et, quand ces misérables Mexicains auront éprouvé la force de nos bras , nous verrons où ils iront prendre le bois qu'ils brûlent et les légumes
qu'ils mangent, et comment ils en feront venir dans leur ville de Tenuchtitlan quand nous les aurons eipulsésde nos terres, d'où ils les ont tirés jusqu'à présent, et où ils ne doivent être que nos vassau:!:.
Après s'être ainsi déclarés ennemis mortels des Mexicains, les chefs déjà nommés dirent : « Quant à notre neveu Chimalpopoca , il faut qu'il vienne demeurer dans notre ville. ■ D'autres répondirent : « Non pas lui qui est fils de nos ennemis ; mais sa mère, qui a pour père notre roi Tezozomoctli. » La querelle qui s'éleva entre eux sur ce sujet, devint si vive , qu'ils coururent aux armes et qu'elle dégénéra en guerre civile. Chaque parti appela à son aide les nations voisines : les uns celles des montagnes , les autres celles des plaines ; ils demandaient aussi des secours à ceux de Tacuba et de Guyoacan.
Le roi Tezozomoctli étant mort sur ces entrefaites, les Tecpanèques résolurent de massacrer tous les descendants d'Acamapichtli , parmi lesquels se trouvait Ghimalpopoca. Car, disaient- ils, nous serons alors redoutés parmi toutes les autres na* lions, telles que celles d'Aculhuacan , de Tezcuco et de Culhuacan. Les Tecpanèques parvinrent en efiet à s'emparer de Tenuchtitlan par trahison et massacrèrent le roi Ghimalpopoca avec son fils Teutlahuac , de sorte que la nation mexicaine resta sans chef pour la gouverner.