CHAPITRE LXIXIV
Moctenana Ta en peraoone faire la guerre aox lepactepèqaei » habiUDts de Nopalla , qaî refasaieni de payer no Iribat à Tempire da Mexique.
Afin de se procurer les Tictimés Décessaires poui^ les fêtes de son couronnement ^ Moctezuma fit som^ mer rie nouveau les habitants de Nopnlla , de Huitz^ pac et de Tepeacan de payer un tribut h Tempire mexicain. Comme ils s'y refusèrent une seconde fois, Mocte<uma convoqua tous les rois et tous les chefs ses yassaux , auxquels il envoya à cet effet Tlacateeatl , Tlacochcalcatl , Aoolnahttacatl , Hetanahua->' cati y Ticocyafauacatl , Tescocohuacatl et Tecuiltecatl ; il réunit également Tarmée mexicaine dont il donna le commandement à Cuaufanoctli et h Tilan*-* calqni. Tous les chefs reçurent très-bien les messa^ gers qui leur apportèrent la nouvelle de cette convocation , leur donnèrent des vêtements neufs et leur promirent d^être prêts au jour fixé.
De tout cAté on se mi ( & préparer avec une grande
actiyité tout ce qui était nécessaire à celte expéditioD , surtout des vivres , car on avait une longue route à faire. Les Mexicains ordonnèrent auxTequihuaques, aux Cuauhuehuèques et aux Achcauhtzins, des quatre quartiers de la ville de se réunir dans les écoles pour s'y exercer aux manœuvres de la guerre. Ils firent également fabriquer des armes de toute espèce. Après avoir organisé les compagnies de manière à ce que les jeunes gens inexpérimentés fussent toujours entremêlés avec de vieux soldais , Moctexuma fit proclamer une défense générale à tout homme en état de porter les armes de rester en arrière, et déclara que tous ceux qui y contreviendraient seraient déshonorés publiquement et eiilés après la guerre.
Deux, jours avant que l'armée se mit en marche sous les ordres de Moctexuma , ce prince avait en* voyé des messagers dans toutes les villes qu'il devait traverser pour faire préparer les vivres nécessaires, promettant de récompenser dignement celles qui obéiraient et de châtier sévèrement les autres. Les habitants delà première ville quil rencontra sur son passage vinrent au»devant de lui avec des parfums , des bouquets et des guirlandes de roses. Un palais était destiné à son usage , deux autres pour celui des rois d'Aculhuacau et de Tacuba. Chaque guerrier fut également bien logé selon son rang, mais Moctezuma ne voubit pas toucher au festin délicat qu'on lui avait préparé, et ordonna qu'on lui apportât des vivres de campagne.
Les habitants lui offrirent également quantité de yétements pour les soldats « et des armes pour les principaux guerriers. Moctezuma leur dit en les quittant : « A mon retour, je vous ferai prévenir par des messagers afin que vous yeniez au-devant de nous. • L'armée contioU'i sa marche , et fut reçue de la même manière dans tous les endroits où elle passa jusqu'à son arrivée à Nopalan. Moctezuma chargea Cuauhnoctii d'adresser aux rois et aux chefs le discours d'usage avant de commencer le combat; il était destiné à les encourager en leur représentant la gloire qui attendait les victorieux» et eu promettant à ceux qui succomberaient un repos étemel dans le Titlacahuan , avec les dieux Tlalotlateuctli et Xiuhtecutli, et les dieux des airs, de la pluie et des nuits. Moctezuma fit ensuite appeler les plus vieux guerriers , et les chargea de recom^ mander à leurs camarades de ne pas tuer ceux des ennemis qui tonlberaient entre leurs mains , mais de leur conserver la vie pour les r4>nduire prisonniers à Tcnuchtitlan. Il envoya ensuite les guerriers les plus rnsés explorer les villes et les fortifications de l'ennemi, et se mit en marche avec Tarmée» en ordonnant, sous peine de mort, le plus profond silence , parce que son intention était de surprendre les Icpactepéques. Les guerriers qu*il avait envoyés pénétrèrent dans Nopalan sans être aperçus ; ils examinèrent le palais du roi , ses entrées , ses sorties , et montèrent au sommet du grand temple. Pour le prouver à Moctezuma, ils enlevèrent des enfants
dlms iQors berceaux à c6lé de leur mère et d'autres plus grands quMls euveloppèrent dans leura nantaaui , pour les empêcher de crier. 11$ emporlArent aussi quelques mitlapites 091 pierres à moudre le grain. lU sortirent ainsi de la Tille et arriTèreat avant le lever du soleil dans la tente de Moctesuna . * qui les attendait revêtu d'une armure magnifique; au sommet de son casque brillait un oiseau appelé tlauhquechol tontec , qui paraissait aur le point de s^eoYoler ; il avait un superbe bouclier doré » comme ceux qu'on fabrique sur la côte; une trandbante épée de cailloux , un petit tambour d'or et «ae WMUfccfte du même mitai.
Au point du jour on leva les ëtendarda • et eo donna par un grand cri , aux troupes qui se tcou* , raient en lête , le signal d*attaquer sous la conduite ,4<^ ceux qui avaient été reconnaître la ville. Les guerriers de chaque nation étaient réunis par compagnie, et toute l'armée offrait l'image d'an mur soUd^. Moctexuma pf avit un des premiers les remparts des ennemis , et fit retentir son tamhonr et sa sonnette pour animer ses guerri^v ; ce ^i les encouragea tellement qu'ils firent un massam épouvantable de leurs ennemis , sans éparf^ner Tige ni lesK^xe. Ils renversèrent. le grand temple etnatrent le feu de tous côtés , de sorte que la ville ressemblait à un volcan. A sept heures da matin ^ ik conûacnçèrent a faire prisonniers les vieillards , les femmes fti lef ^fattlS'
l^es misérables Olomis pleuraient et jetaieiit des
crit lamentables qui eussent attendri les Ames les plus dures. Ils disaient • « Seigneurs Mexicains « épargnes -nous , nous vous payerons un tribut; vous avez fait un tel massacre et un tel nombre de captifs , qu'il reste à peine la sixième partie de notre nation. • Mais les Mexicains continuèrent à les massacrer en disant :« Non, coquins , vous périrei jusqu'au dernier. > Ils recommencèrent leurs supplications et leurs offres de tribut avec tant d*instance que les autres rois eurent pitié d'eux et implorèrent en leur faveur Moctezuma qui consentit à leur par* donner, à condition qu'ils payeraient le tribut qu'ils avaient promis , et qu'ils se reconnaîtraient $es vassaux. Il donna ensuite l'ordre à son armée de corn* mencer sa retraite » mais en marchant lentement et en prenant toutes les précautions possibles pour que les prisonniers ne pussent s'échapper. Il recommanda également qu'on eût soin de leur donnera manger pour qu'ils ne périssent pas de faim , et qu'on pût les offrir en nourriture au soleil, à Xiuhpilli» dieu des champs et de la verdure, et à Yacuaubtli EbuanitI» dieu des montagnes, et les présenter aux vieillards et aux enfants de Mexico qui attendaient en jeûnant et en priant le retour de leurs fils et de leurs pères. Il eut également soin d envoyer des mes» sagers aux habitants de toutes les villes qu'il devait traverser, pour leur ordonner de préparer les vivrea nécessaires à son armée.