‹ Histoire du Mexique. Juarez et Maximilien (volume 2)Chapitre 42 sur 44 · CANDIDATURE DE L ARCHIDUC HAIIMILIEN · texte numérisé non relu

CANDIDATURE DE L ARCHIDUC HAIIMILIEN

ce qui leur est nécessaire, parijront d'ici avec onze navires de guerre pour appuyer leur débarquement. L'Angleterre — ses agents, serait plus correct — tâche de retenir cette expédition, parce que l'Espagne est décidée à en finir avec le parti libéral que les Anglais, au contraire, protègent. Dans ces circonstances critique^, un délégué partit pour Saint- Thomas, prier le général Santa-Ânna de se mettre à la tête 4*un mouvement. Sanla-Anna accepte et nous renvoie ce délégué qui est arrivé il y a trois jours, mais en même temps il *- Santa-Ânna — commet ia bêtise d'envoyer Vidal régler les affaires d'argent pour les dépenses, et au lieu de lui donner un effet payable à présentation, ii lui remit un document Tautorisant à contracter un emprunt de 10,000 piastres payables à Mexico, quand le général — Santa-Anna — arrivera dans cette ville. Vidal ne put naturellement rien trouver, et le délégué devient comme un énergumène... »

Cette lettre nous révèle que les Mexicains, qui se défiaient des Anglais, étaient loin de s'attendre à ce que leur ménageait le général Prim, dont ils ignoraient encore la nomination , puisque la convention de Londres n'était point alors signée; elle nous révèle en outre que Santa-Anna n'était point devenu généreux dans son exil, et que s'il voulait bien payer de sa personne pour secourir son pays, il ne songeait nullement à lui sacrifier sa bourse.

Le 81 décembre, l'ex-dictateur écrivait de Saint-Thomas.. « Je m'en irai d'ici à quelques jours au Mexique. Je verrai ce qa'il sera possible de. faire pour ce mall>eureux pays. Je suis décidé à profiter des circonstances favorables qui se présentent aujourd'hui pour établir un gouvernement fort , juste, intelligent, capable de guérir les profondes blessures que la néfaste démagogie a faites au cœur de la patrie. »

M. Gutierrez de Estrada avait, de son côté, réussi à faire accepter ie P. Mtranda comme directeur politique du gouvernement provisoire qui devait s'installer au Mexique, en attendant la réunion d'une assemblée des notables. Le P. Miranda était sans doute un homme fort intelligent, mais

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sa nomination dut n*être favorablement accueillie que par le parti clérical. Il se trouvait alors à la Havane et reçut des lettres de recommandation pour le général Prim et ramira! Jurien de la Graviëre, vers le 20 décembre. Je ne sais si ces lettres lui venaient du gouvernement français ou de l'archiduc Maximilien, mais elles lui donnaient un caractère officiel.

Quant aux nouvelles politiques de Mexico même, j*en trouve dans une lettre du général Almonte au général WoU qui méritent également d'être connues. — a Paris, 8 janvier 1862. — Mon cher ami et compagnon. — ... Le moment n'est pas éloigné où nous devrons retourner à Mexico, pour où le général Santa-Anna partira, le 15 de ce mois, de Saint- Thomas; du moins c'est ce qu'il m*a écrit par le dernier paquebot. Je crois que votre plan est bon et que le général Santa-Anna le mettra à exécution d'accord avec ces gouvernements. Dieu veuille l'éclairer pour qu'il puisse sauver le pays.

« Les nouvelles du Mexique du 29 novembre dernier nous apprennent que la plus grande confusion régnait à Mexico, depuis qu'on y apprit la nouvelle de l'intervention. On parlait de déposer Juarez et de mettre à sa place le licencié Lacunza. Le cabinet donna sa démission et l'on parlait de Lafragua, de Montes, de Riva Paiacios et de D. Fernando Ramirez pour les affaires étrangères.

« Zuloaga et Marquez continuent à Toliman, Vicario à Guernavaca, Galvez et Bentran, — sans doute, il faut lire Buitron, — dans les montagnes de Las Gruces, Gutierrez à Pachuca. Je crois qu'aussitôt que Santa-Anna se présentera, tous ces chefs le reconnaîtront comme leur supérieur et que les alliés s'entendront avec lui, etc. — J. Almonte. »

On sait déjà que Santa-Anna différa son départ pour Mexico; le général Almonte se rendit en Belgique, vers la fin du mois de janvier, poursuivre les négociations concernant l'avènement de l'archiduc Maximilien au trône du Mexique. Le général Lorencez l'attendit même quelques

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jours, par ordre supérieur; enfin, croyant trouver les troupes alliées àMexico, ils^erobarqualel^février, mais connaissant le caractère versatiledeSanta-Anna, il passa par Saint-Thomas, pour s'entendre avec Tex-dictateur, dans le cas où il ne serait pas parti. Il le trouva, en effet, toujours dans les mêmes dispositions, mais attendant pour s'embarquer que la conduite des représentants alliés devint plus conforme au traité de Londres et moins hostile au parti conservateur.

Avant d'exposer les inqualifiables procédés de ces représentants, je dois donner quelques détails sur le général Prim, qui s'est laissé mystifier de la manière la plus ridicule par Doblado et d'autres agents du gouvernement juariste. Je ne sais, du reste, s*il peut être disculpé en quoi que ce soit. L'histoire le jugera. Je trouve dans une lettre d'un Mexicain, envoyée à monseigneur Labasttda, de la Havane, le 31 février 1861, le portrait suivant du comte de Reus... (c L'Espagne a commis la maladresse de nommer le général Prim pour commander les forces espagnoles de Texpédition. Prim est un soldat courageux, mais rien de plus ; c'est un homme turbulent, libéral rouge, audacieux et prêt à tout pour obtenir le pouvoir. Marié à mademoiselle Aguero, il est neveu de Pepe Gonzalez Echeverria, actuellement ministre des finances de Juarez. A Porto Rico comme à la Havane, il n'a pas caché son projet de favoriser le parti libéral. »

On se rappelle qu'en 1858, le général Prim fit tout ce qui dépendait de lui pour empêcher l'expédition espagnole, projetée alors, d'aller au JMexique demander des réparations, et que l'amendement qu'il proposa sur les dissensions survenues entre l'Espagne et le Mexique fut rejetée à l'unaninité, moins une voix. Aussi, M. Olozaga disait-il de lui, en plein parlement au sujet de la nouvelle expédition. « Il est parfaitement démontré que sa pensée n'était pas de faire des réclamations. S'il eût été question de cela, le gouvernement eût-il choisi leseul homme qui avait déclaré devant le sénat espagnol que ces réclamations n'étaient pas justes. » M. Gonzalez Bravo disait à la même tribune... « Le gouvernement

devait épurer les opinions du comte de Reus. Il devait lai demander jusqu'à quel degré il soutenait les opinions exposées par lui devant le sénat... Puisque cela se fait avec quelqu'un qui ne s*est pas prononcé sur une question, dans un sens opposé à celui qu'il s'agit de soutenir, à combien plus forte raison, ne devait-on pas l'exiger, avec une personne qui avait développé des opinions diamétralement opposées aux instructions qui lui étaient données. i>

Ce chpix fut vivement critiqué dans la presse espagnole comme aux Certes. « La conduite du comte de Reus, dit La Esperanca, est inexcusable, soit comme général, soit comme diplomate, soit comme Espagnol... Certes, Juarez ne s'y méprit point, il fut si satisfait en apprenant la nomination du i;énéral Prim, qu'il fit reproduire et répandre partout, à profusion, le discours que Prim avait fait entendre en iSSé, à la stupéfaction de l'Espagne... En effet, le général Prim n'apparati au Mexi(iue, comme en Espagne, que le serviteur dévoué de Juarez ; il se montre partout son agent fidèle et accrédité... Le général Prim n'ayant pas entendu les Espa- |;nols , — persécutés par Juarez , — les ayant éconduîts partout et n'ayant écouté que Doblado et Zaragoza, n'a probablement pas pu savoir si ou avait commis des exactions tx>ntre les Espagnols ;. il a pu croire que tout était acte de justice.

D Qu'importaient au général Prim ces décrets de proscription et de confiscation qui ont scandalisé l'Europe et TAmérique; ces horribles décrets qui ont porté le corps diplomatique à faire cette protestation dans laquelle le gouvernement de Juarez est mis hors la loi !

« C'est le gouvernement de Juarez... qui a dégradé le pays et i*a livré au pillage; c'est ce gouvernement qui a voulu vendre le pays aux étrangers pour quelques millions de piastres. C'est ce gouvernement qui, aux yeux du général Prim, est le seul qui puisse régénérer le Mexique et faire sa félicité... Nous tous, nous protestons contre le général Prim, qui a défendu Juarez... contre l'apologie que Prim foit du

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traQqueur de sa patrie, de cet assassin des Espagnols, de ce vil insulteur de la reine Isabelle, de ce fléau de Téglise.»

La Epoca, el Contemporaneo, el Diaro espanol, el Diaria de Barcelvm^ el Reino, la» Novedades, el Eco del pais^ el Pueblo et d'autres jouruaux de la péninsule flétrirent la conduite du comte de Reus au Mexique, avec non moins d'énergie que la Esperanza. En présence de ces terribles accusations nationales, le blâme des Mexicains n'est plus suspect de par-* tialité. Le gouvernement espagnol ne pouvait justifiée to choix d'un tel représentant que par le secret désir de se dé* barrasser d*un révolutionnaire qui, semblable au « bouillanC Achille )> de la Belle Hélène, ne pouvait rester une minute en place sans faire résonner ses éperons et mettre en évidence sa bruyante personnalité. Seulement, il est déplorable de voir des hommes d'un mérite évident, faire litière de rhonneur de leur patrie, ridiculiser à l'étranger leur dra* peau et faire arroser le sol de leur pays du sang de leura compatriotes pour faire triompher une ambition individuelle. Quand on a Thonneur d*étre Espagnol et d'aller au Mexique défendre l'bonneur de l'Espagne, on devrait se rappeler la noble et grande figure de Cortez, afin de ne pas devenir le don Quichotte d'un avocat indien, toujours prêt à vendi^e son pays pour se défendre dans une position inespérée, et toujours prêt à se sauver dès qu'un danger paraissait au loin. Le général Prim, sachant que j'écrivais l'histoire du Mexique, adressa à l'un de mes amis une lettre dans laquelle il essaie en vain de justifier sa conduite. Voici, du reste, les principaux extraits de sa lettre :

« M. Louis Blairet. — Bruxelles, 3 octobre 1867. — Mon cher ami... Un publiciste distingué comme l'est M. Dômenech, doit tenir à ce que ses récits soient d'une exactitude irréfutable. — Or, il manquera énormément à la vérité des faits s'il les rapporte tels que vous daigâez me les annoncer, et je serais obligé de les contredire malgré mon désir de ne plus parler en public de ces malheureuses affaires qui ont eu un dénoûment si tragique. — Que M. Doii]^enech, donc»

se méfie des documents de source ennemie du général Prim, car ils ne sont pas loyaux, j*en donne ma parole. Les seuls documents à étudier sont ceux que j'ai reproduits en plein sénat espagnol. — Par ces documents, il verra que je ne confonds pas les dates et moins encore que je Jes embrouUle. *- Il verra que les conférences qui devaient avoir lieu à Orizaba, étaient non pas seulement nécessaires, mais encore indispensables, — comme il verra aussi que les trois gouvernements n*ont jamais donné Tordre de marcher immédiatement sur Mexico, sans entendre raison, et coûte que coûte. Dans les mêmes documents, il y trouvera encore que ma conduite fut approuvée de la manière la plus complète par le gouvernement de la reine... « Dans la conférence d'Orizaba, <c — c'est laSoledad qu'il faut lire, — dit M. Domenech, il y « a eu lutte d'adresse entre Prim etDoblado,le premier a été « fin, le deuxième faux, Prim adonc été vaincu en finesse...» Je vous prie de croire, que si l'un des deux a du être vaincu, ce n'est pas moi qui l'ai été, puisque j'ai réussi à obtenir de Doblado que nos troupes quitteraient Vera-Gruz, où nous étions décimés misérablement par les maladies, pour venir à Orizaba, pays sain et confortable.

« Nous avons donc gagné le plateau et traversé la position militaire du Ghiquihuite en temps de paix, car s'il en avait été autrement, il faut que l'illustre historien sache que nous n'aurions pas pu quitter la Vera-Gruz, où nous aurions la plupart péri du vomito^ fièvre jaune, faute de moyens de traa3port. — En outre, nous étions bloqués. Les paysans ne venaient plus nous apporter des provisions, et nous en étions réduits à vivre de la ration de campagne. Nos chevaux périssaient de faim jusqu'à tel point que, pendant trois jours, je fis nourrir les miens avec du riz, et les Français, toujours riches pour se tirer d'embarras, ont imaginé de couper l'herbe des cimetières^ pâture engraissée par les morts, ce qui leur a procuré pas mal de fourrage ! — Que M. Domenech fasse son profit de ces détails-là, si bon lui «emble, et son récit aura plus d'intérêt, tout en étant plus

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exact que s'il raconte des faits tirés des documents dictés par un intérêt déterminé... Je vous serre la main. — Prim.»

A la lettre du comte de Reus, je n*ai qu'une chose à répondre pour le moment. Le noble général croit-il sérieusement que dans un procès on ne puisse admettre comme sincères, véridiques et loyales, que les seules pièces Tournies par Taccusé? A quoi serviraient le ministère public, l'avocat de la partie adverse, les juges et les jurés si les débats devaient rouler uniquement sur les assertions d'une seule des deux parties! Il n'y aurait même pas de débat, et le générai Prim en est.parfôitement convaincu. Je critique fréquemment la politique et même le caractère de l'empereur Maximilien pour lequel j'aurais donné ma vie ; mais la vérité doit passer avant tout. Le comte de Reus devrait m'imiter et tâcher, s'il le peut, de se justifier d'avoir fait dévoyer de son but, en débarquant à Vera-Cruz, l'expédition qu'il commandait, comme il justifiait en 1867 ce qu'il appelait « le triomphe de la cause nationale, » dans son humiliante lettre à Juarez. Aussi, me permettra-t-il de laisser aux faits leur brutale éloquence ; s'il peut prouver qu'ils sont inexacts, je suis tout disposé, après avoir constaté la valeur de ces preuves, à rectifier mon récit en ce qui concerne ses actes au Mexique. S*il a des documents qui pourraient expliquer sa conduite, autrement que ne l'expliquent ses propres actes, il ferait bien de les publier. La question du Mexique est tellement importante au point de vue des intérêts futurs de TEurope et de la civilisation, qu'il est du devoir de tout homme honnête. de faire connaître les causes qui ont fait avorter cette œuvre qui devait illustrer le dix-neuvième siècle. J'ai le courage de publier des lettres ()ui blâment sévèrement des hommes honorables, intelligents, que j'estime, et qui sont des compatriotes ou des amis, pourquoi n'en ferait-il pas autant?

Il serait heureux de n'avoir eu ^ déplorer que les défaillances et le mauvais vouloir du général Prim, mais l'impartialité qui doit guider tout historien m'oblige à révéler d'autres ambitions privées qui se manifestèrent dans le parti

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conservateur, à la dernière heure, et faillirent compromettre la cause à laquelle se dévouaient les hommes sincèrement patriotiques qui se sacrifiaient au bonheur de leur patrie. C'est pour obéir à cet inflexible devoir que je dois publier ici de longs extraits d*uoe correspondance confidentielle d'ua ami qui fut sous-secrétaire d'État au ministère de la guerra au Mexique, et dont la position parmi les émigrés mexi* cains, alors réunis à la Havane, lui permit de connaître les secrets les plus intimes de tous ceux qui devaient jouer ua rôle important dans l'intervention.

c< Havane, 23 décembre 1861. — Je vous ai dit que par ce vapeur, j'irai à Vera-Gruz, avec le P. Miranda, mais comme il n'est arrivé aucun bateau de ce port, abandonné par les rouges, et comme l'ordre vient d'arriver de suspendre toute opération jusqu'au débarquement à Vera-Cruz du général Prim, nous avons dû retarder notre départ. Nous attendons l'arrivée du général Prim et de l'escadre française. Aujour*^ d'bui, leP.Miranda a reçu par le paquebot anglais les lettres qui l'accréditent auprès du général Prim et du contre-amiral de la Gravière, comme directeur politique du Mexique, afin qu'on l'écoute et qu'on l'appuie... Avec ces lettres du P. Miranda, il en est arrivé une autre nous annonçant que Mirsh mon, furieux de ce que l'Empereur n'a pas voulu favoriser son retour au pouvoir, qu'il désire et qu'il a eu l'audace de demander, non comme président, mais comme souverain, vient maintenant entraver l'intervention, disant que le général Marquez et d'autres ne feront autre chose que ce qu'il voudra. En nous envoyant cette nouvelle, on nous a parèillemeat envoyé une lettre, — saas doute la copie, — écrite par M. Gutterrez de Estrada à Miramon, dans laquelle il lui fai honte de ses prétentions^ lui rappelle ses promesses faites depuis à Mexico et à Paris en faveur de l'intervention, et lui dit enfin qu'il est par trop présomptueux de prétendre à se faire couronner à Mexico, et par trop vil, —sic^ — d'aller maintenant faire de l'opposition» parce qu'on ne veut pas consentir à son couronnement... Que vous semble-t-il de

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cet insensé qui se croit capable de devenir empereur du Mexique? Rappeliez-vous ce que je vous disais un jour, en parlant de lui. Nous serons obligé de fusiller cet homme.

... « Je vous parle aussi clairement, parce que je vois par vos lettres que vous n'êtes pas au courant de tout ce qui se passe, ou que vous gardez avec moi une réserve exagérée, ne me croyant pas dans tous les secrets... Par le même paquebot anglais, Angel Santa-Ânna est arrivé de Saint-Thomas, sous un nom supposé, et, aussitôt débarqué, il m*a remis de la part de son père la lettre suivante : — « Saint- « Thomas, 18 décembre 1861. — Mon cher ami. — Votre « lettre du àO novembre me confirme ce que d'autres lettres « disent, concernant l'expédition espagnole contre Vera- « Crux. Nous verrons quels seront les résultats de cet évé- « nement. Mon fils Angel... va à Vera-Cruz dans rinleniion « de ramener sa mère et ses sœurs pour les mettre à l'abri « de tout malheur qui pourrait arriver. Je désirerais que (c vous l'accompagnassiez pour le mettre plus au courant de « ce qui se passe dans l'intérieur du pays, afin d'agir selon « les circonstances. Je suis très contrarié que mon ami le « général Woll ne soit pas prêt à revenir avant le prin- « temps, car sa présence serait très utile en cas d'événe- « ment important. Pas de place pour vous en dire davan- « tage, etc. -- A. L. de Santa-Anna. » —

(( Angel m'a parlé pendant longtemps, et de sa conversa* tion j'ai appris que le général Almonte avait écrit au général — Santa-Anna — lui disant qu'il comptait. sur lui pour sauver le pays, et qu'Angel va au Mexique pour voir si l'on proclame son père... Je lui ai dit que je ne pouvais l'accompagner parce que j'ignorais si Vera-Cruz était pris et qu'en outre, comme c'était en Europe que l'intervention s'était décidée, nous avions attendu et, comme bons Mexicains, appuyé celui qu'elle avait élu. Angel a convenu que j'avais raison...

(( Le temps est arrivé où doivent cesser toutes les ambitions bâtardes et toutes les nullités qui se développent

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contre le sens commun des Mexicains fatigués de les supporter. Quels titres ont pour le trône les Miramon, les Gomonfort, les Doblado et cette foule d'ambitieux ignorants qui n'ont d'autre foi politique que celle de l'intérêt?

« On fait ici de grandes préparations pour bien recevoir le général Prim. Les Catalans ont collecté cinquante mille piastres pour lui faire une belle réception. On a préparé la villa de. Los Molinqs pour le loger, ainsi que sa famille. Si nous avions au Mexique des écrivains pour enregistrer nos faits d'armes et des typographes pour les publier, que de généraux Prim n'aurions-nous pas ? qui sont ensevelis dans l'oubli et dont l'Europe ignore même les noms !

c( 23 décembre. — Aujourd'hui, à midi, est arrivé le général Prim. Angel Santa-Anna est parti pour Vera-Gruz, accompagné du général Soto. Les Catalans ont rempli de drapeaux, de fleurs et d'arcs de triomphe la rue de la Muralla ; ils ont reçu leur héros comme ils le devaient ; mais les Espagnols sont toujours maladroits et fanfarons; ils ont imprimé des vers qui nous insultent en quelque sorte

« 28 décembre. — Les escadres anglaise et française ne sont point encore arrivées. Le consul français vient d'acheter trois cents chevaux. Le fils de Prim a attrapé le vomito. Je montre au P. Miranda les lettres que je vous écris' comme elles renferment des choses très délicates et de grande transcendance, je ne veux pas être accusé de violer des secrets. Il m'a approuvé

« 26 décembre. — Le fils de Prim est hors de danger. Le général ne partira pas avant l'arrivée des escadres anglaise et française

« 27 décembre. — Cette nuit, à 4 heures, le Francisco de Asis est arrivé de Yera-Gruz, annonçant l'occupation de ia place par les forces espagnoles. Aujourd'hui un des navires expéditionnaires de l'escadre française est arrivé fort endommagé par la tempête. Il amène des troupes... 7 heures du soir. — L'escadre française est arrivée à 8 heures ce soir... les navires font l'admiration de la Havane... Il est

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