DE G. CA WM IMG
des rôles (ministre du contrôle), apporta l'exemple de la France,et des états ou l'influence jésuitique prenait tous les jours de nouveaux aeeroissemens et menaçait les libertés publiques, comme s il notait pas aujourd'hui bien connu, ainsi que nous lavons remarqué ailleurs, quen Irlande,Ja question de 1 émancipation ri est plus qu'une question de justice, de politique, de droit public, exclusivement défendue dans ce pays par les plus ardens amis des libertés constitutionoelles, à laquelle les intérêts de la cour de Home sont totalement étrangers, et qui, en effet, n’a d'autres rapports avec le Vatican que 1 a co n form î té de 1 a croy a n ce rel ig i e u se.
Aux orateurs que nous venons de nommer succédèrent M. Plunkett, qui réfuta M. Copley ; M. Peel, qui reproduisit en partie, mais avec plus de talent, les argiimens de son beau-frère; M. Brougbam, et enfin M. Goalbrun, ennemi fougueux des catholiques. A ce dernier succéda Ganning, qui, déjà mécontent de la tournure quavait prise la délibération de la Chambre et des allusions dont il avait été Fobjet île la part de M. Copiey, commença son discours avec cette mordante ironie et ce sarcasme amer dont il lui arrivait souvent daccabler ses adversaires avant d'entrer dans la discussion de la question, lorsqu’il se croyait personnellelemciH attaqué,
« L’heure avancée et le mauvais état de ma
santé ne me permettront pas, dit-il, d'occuper long-temps les membres de la Chambre , mais je dois relever quelques assertions du maître des rôles (M. Copley). Ce magistrat a manqué à l'exactitude judiciaire, puisqu’il s est occupé de toute autre chose que de la question soumise à la chambre. La proposition de Thonorable baronnet (Sir Francis Burdett) ne tendait quà demander à la Chambre :« Avez-vous les mêmes opinions que vos prédécesseurs? Voiliez-vous prendre-en considération l’état des catholiques? Voilà de quoi il s'agit » Mais l'honorable gentlemann (M. Copley) a parlé de tout autre chose r il a discuté la question elle-même; il a discuté sur les garanties que les catholiques devaient donner, et parce qu il ne trouve pas ces garanties dans la proposition de l’honorable baronnet, il nous accuse tous, et moi en particulier, d’avoir abandonné nos principes* Or, monsieur, 1 nous savons tous que les contes qu’on a inventés et qu’on débite, relativement aux garanties en question, n’ont pas d’autre objet que d'exciter les
1 11 est dusage, en Angleterre* que l'opinant n'adresse la parole qu'à l'orateur de la Chambre, dont les fonctions sont exactement semblables à celles] que remplit, en France, le président de la Chambre des députés. Si nous avons presque toujours substitué le mot de messieurs à celui de monsieur^ lorsque nous avons à rendre compte des séances du parlement britannique, c’est pour nous conformer a Tu sage français*
I>Ë G. CANNIKG*
passions, les préjugés, et l'opinion du pays contre les personnes qui prennent part à cette discussion, et qu’ils n’ont d’autre but que de rendre ces personnes les objets d’indignes soupçons.
» On nous a dit que nous ne présentions pas des garanties, et même que nous avions changé de principes; je déclare le contraire. Dès l’année 1812, j’ai voté; une résolution ii-peu-prcs semblable à celle qui est présentée aujourd’hui, avec cette seule différence que, comme la session approchait de sa fin, la Chambre ne s’engageait qu à prendre cette question eu. considération pendant la session suivante. Le sort voulut que la fin de la session précédât de peu de temps une dissolution; mais le parlement de 1813 remplit l’engagement du parlement précédent.
lM. Gratlan remporta une victoire sans exemple, puisque mes résolutions lurent adoptées à une majorité de cent cinquante-neuf voix; et, conformément à certains principes qui réglaient ma conduite dans cette allaire, je présentai les garanties qu’on pouvait demander, garanties qui furent approuvées et incorporées dans le bill. L une tendait à donner à la couronne le pouvoir de nommer les évêques catholiques:
1 autre soumettait à l’examen du gouvernement la correspondance particulière dé la cour de Rome avec les catholiques de la Grande-Bretagne.
” Cette correspondance, qui existait cL qui
existe encore, n'était pas créée par Je bit), et en supposant qu’il l’eût fait naître, la question n est-elle pas entièrement changée par le rétablissement du pape, qui jouit maintenant de tout l'exercice de son autorité à Rome ? Alors il n'en avait pas, il était captif. Aussi ce bill de 1613 ne fut-il pas repoussé par les catholiques à cause des garanties qu’on exigeait, mais parce qu’on était parvenu à faire rejeter par la Chambre la clause' qui les admetttait dans le parlement. Alors le clergé catholique jugea à propos de traiter avec dédain ce qu’il avait perdu l’espoir de posséder, et l’on conçoit que des hommes, dans leur position , rétractent les concessions qu’ils ont pu faire précédemment. En conséquence, le clergé irlandais, privé de ce qu'il désirait si ardemment, déclara qu il n aurait jamais accepté ce quon ne lui avait réellement jamais offert.
» On pourrait opposer, d après ce qui a été dit aujourd'hui^ que j’ai marchandé avec les catholiques irlandais ce que je donnerais et ce que j’accepterais. Ma vie parlementaire réfute sullisamment cette induction; car, dès 1 année 1812, j’avais pris la résolution de ne jamais traiter la cause des catholiques avec les parties intéressées, soit par écrit, soit verbalement, .le ne me suis écarté de cette règle qu’une seule fois, lorsque je donnai des instructions sur le langage technique de certaines clauses que je voulais introduire
n E G* C ANN ING.
dans le bill de 1813; mais depuis ce jour je n a i pas dit ua seul rnot sur cel objet, soit k des laïcs, soit k des ecclesiastiques. Je voulais me tenir éloigné des intrigues qui naissent de cette question; je voulais que le parlement délibérât, qu'il décidât, et ensuite qu'il invitât les catholiques, non pas k accepter ou à rejeter, mais k obéir. Je voulais que la couronne eût le pouvoir de nommer les évêques. Le gouvernement prussien possède cette garantie, et elle lui suliit. Le gouvernement des Pays-Bas négocie en ce moment pour le même objet. L'Autriche, la Saxe, et beaucoup d'autres états jouissent de ce droit; ils ont pu faire ces arrangeons parce qu’ils étaient en correspondance avec le pape.
» Quant k moi, je me rappelle que, peu de temps après être entré dans les fonctions que je remplis actuellement, une lettre fut adressée par le pape k S. M.; une autre m’était adressée par le secrétaire du pape. Je consultai les jurisconsultes pour savoir si je pouvais répondre à la lettre du cardinal Cousalvi; j’appris de MM. Gillbrd et Copie y que je m’exposais k des peines très-sévères si je répondais. En conséquence, je ne répondis pas une seule ligne, et j engageai S. Ml à agir de même; et comme depuis ce moment je u ai pu donner k sa Sainteté Implication de mon impolitesse apparente, j’espère que maintenant mes motifs parviendront à ses oreilles d’une manière plus légale. Je profite donc de cette occa-
sion pour assurer ce vénérable personnage que l'omission dont je me suis rendu coupable n’est nullement le résultat d’une impolitesse d'intention, »
Un grand désordre éclata en ce moment dans la Chambre* Depuis le commencement du discours de Canning, M* Copley, directement apostrophé par le ministre f ne pouvait réprimer son impatience et son humeur, et troublait la délibération par des exclamations faites k haute voix, et toutrà-fait contraires aux convenances parlementaires. Arrivé à ce point, il ne se cou* tint plus, et interrompit Canning à plusieurs reprises; mais celui-ci, île paraissant pas même s apercevoir de l’indécente conduite du maître des rôles, dont il déclara que la Chambre devait se tenir bien plus oill’nsée que lui-même, laissa le tumulte s'apaiser, et continua ainsi son discours :
« Voici la question qui occupe la Chambre :
Voulez-vous faire comme nous le demandons?
Voulez-vous ne rien faire? ou que voulez-vous faire? Enfin quels dangers craignes vous? On nous répond qu’on ne veut pas faire comme nous le désirons; mais nous ne pouvons obtenir de réponse aux autres questions. Cependant* lorsqu en 1793 on accorda la franchise élective aux Catholiques romains, et que le gouvernement pouvait leur imposer les conditions qu’il jugeait nécessaires, un simple serment parut suffire. Lorsque les catholiques romains furent admis
ne G. CAMNING. 123
au barreau, on ne lit aucune différence entre eux et les protestans. Lorsqu'on 1818 on déclara qu’un officier catholique pouvait devenir commandant en chef des armées de terre et de mer, ou n'exigea aucune garantie; il en résulte que si ceux qui ont voté avec moi en 1813 m’accusent d’avoir abandonné les garanties, je puis les accuser mon tour d'avoir confié ces (onctions importantes sans en exiger aucune. En dernier résultat, Monsieur, je mépriserais le caractère du clergé catholique autant que mon honorable ami, M. Péel, si je le croyais coupable de tout ce qu ou lui attribue; mais j’ai appris à ne pas m’eu rapporter à des accusations exagérées. La motion de sir F, Burdett ne tend qu’à obtenir de la Chambre une déclaration « que l’état de l’Irlande et des catholiques romains réclame quelque attention delà part de la Chambra.»On veut opposer une réponse négative à cette proposition; on veut que la Chambre déclare que létat de l'Irlande et les lois qui frappent les catholiques ne méritent pas l’attention de la Chambre : c’est sur ce sujet que la Chambre va délibérer. Son adoption ferait seulement connaître que la Chambre adopte les opinions de la précédente, qui a envoyé trois bills à la Chambre des lords sur le même objet. Si cette adoption est repoussée, alors la Chambre des communes est réellement changée, et je tremble eu peu-
sant aux conséquences qui peuvent en résulter. »
La proposition de sir F. Burdett, mise aux voix, fut rejetée k la majorité de 276 voix contre 272*
Les nouveaux efforts faits par Canning eu faveur des catholiques, ou plutôt en faveur de la justice et de la liberté, méconnues et violées dans plusieurs millions d’individus qu il serait absurde de confondre avec un petit nombre de dangereux fanatiques, dont les chefs du parti de 1 émancipation, patriotes zélés et connus, feraient eux-mêmes prompte et sévère justice, ces efforts avaient porté de nouvelles atteintes h sa santé, déjà affaiblie parles travaux, les veilles, les soucis, les contrariétés, les obstacles de toute nature que la haine et la jalousie de la faction oligarchique ne cessaient d opposer à ses plus nobles projets pour llionneur et la prospérité du pays* Elle résistait d’autant moins aux fatigues et aux inquiétudes des dernières discussions de la Chambre, qu’une faible majorité de quatre voix venait de ravir à Canning le prix de sa persévéranceet de son dévouement, et replaçait ainsi l’Angleterre en état d’hostilité k F égard d’une population énergique, long-temps outragée, avilie et calomniée, et qui venait d’être déçue dans la dernière et la plus chère de ses espérances.
D’autres craintes s étaient joiqtes à celles qu’on
DE G- CÀNNÏNG*
avait conçue» pour la vie de Canning ; on parlait de nouveaux arrangement dans le cabinet, et, selon quelques bruits qui ne manquaient pas de vraisemblance, sa démission, offerte après la séance du 6 mars, avait été acceptée selon les uns, refusée selon les autres* Toutefois, l'incertitude seule d’un événement de cette importance, dans un moment où toutes les lettres de commerce reçues à Londres annonçaient que, dans un grand conseil de cabinet, tenu le 7 mars à Madrid, la guerre avec le Portugal avait été unanimement résolue, causait une anxiété dont les affaires d’état et de bourse se ressentaient également.
Dans la séance du 26 mars, Canning, rétabli de sa dernière indisposition, reparut à la Chambre des communes et déposa sur le bureau, 1°. un traité entre l'Angleterre et le Brésil, pour l'abolition définitive de la traite des noirs; 2°. un traité entre l'Angleterre et les Etats-Unis, relatif aux esclaves enlevés ù leurs propriétaires pendant la dernière guerre; 3% la correspondance qui avait eu lieu entre les gqüvernemens anglais et américain au sujet des relations commerciales entre les colonies anglaises dans les Indes occidentales et les Etats-Unis* M; Hume ayant demandé si Ton pouvait regarder cette correspondance comme terminée, Canning répondit « qui! le pensait, attendu que c’était lui qui avait eu le dernier mot. »
Ld séance du 30 offrit, à propos d’une question de finance d’un intérêt secondaire, une preuve nouvelle, mais désormais superflue, de la parfaite confiance qui s était établie entre l’opposition et le secrétaire d’état des affaires étrangères , ou, pour parler plus convenablemement, le premier ministre , car dès lors Canuing exerçait un contrôle général sur tous les départemensde l'administration. Le chancelier de l'échiquier ( M. Robinson, depuis lord Godericli ) avait demandé qu’un rapport sur certains subsides, déjà votés, fût présenté à la Chambre. AL Tieruey sy opposa , ne voulant point voter < ! e confiance des subsides, et proposa d’ajourner ce rapport au 1" r . mai. La maladie du comte de Liverpool, qui ne laissait point d’espoir de guérison, venait de désorganiser le ministère ; tous les services étaient en souffrance. « Si l’on m'assure , dit M. Tierney, que lord Liverpool ne pourra jamais recouvrer ses facultés, je consentirai bien volontiersà garder le silence; je crains en effet qu'il ne faille considérer le noble lord comme éteint, et, quand même il vivrait encore, ce ne serait que pour rendre plus profonde l'affliction de sa famille, car personne n’ignore qu’il est désormais hors d état de reprendre f administration des aflhires publiques; et cependant, quand on p e n s e à la de tresse du commerce, au dé fiei t dans les revenus, et au poids accablant que font peser sur la nation les impôts et la disette
nationale, on ne peut s’empêcher d’être alarmé. Je ne puis même douter que, dans le cas où le noble lord serait maintenant en état de juger de sa propre situation, il n’hésitât point à dire quaucun motif de délicatesse envers lui ne doit apporter d’entraves à la marche des allâires publiques. Maintenant, si je considère la direction de ces a fia ires au dehors, je suis sûr que la Chambre conviendra avec moi que jamais un plus haut intérêt ne s’est présenté de ce côté. Une nombreuse armée est en Portugal, et nous savons tous dans quel noble dessein a été prise cette mesure, aussi a-t-elle reçu de moi la plus franche approbation, et je ne cesserai d’y donner mon adhésion tant que je serai sûr que les opérations de notre armée dans ce pays continueront à être dirigées par le très-honorable gentleman quia demandé qu’elle y fût envoyée. (Ici, de grands et d’unanimes applaudissemens éclatèrent au même instant des bancs les plus opposés de la salle.) L'Europe a la plus haute idée des talens du très-honorable gentleman; mais quelle certitude avons-nous que nos relations à l’étranger aonserveront l'aspect favorable quelles doivent à la fermeté de caractère et à l’esprit supérieur de ce ministre, s’il est écarté des afiaires publiques? Voyez dans quel état se trouve 1 Irlande; qui gouvernera ce pays, et que n’y a-t-il pas à craindre d’un changement de système à son égard? Au reste, jusqu’au moment où le roi
128 histoire nu ministère
aura nomme un ministère, je me refuserai il donner une seule guinée. J’ai donc l'espoir de voir nommer un ministère qui satisfera aux besoins et aux vœux du pays, un ministère effectif, propre à obtenir la confiance du peuple, car jamais nos embarras n'ont rendu plus nécessaire une administration forte, et qui sache maîtriser les événement. »
Gannhig répondit qu’il avouait ne pouvoir se refuser à faire l’éloge de la modération et de la patience de l’opposition, et à convenir en même temps que l une et l’autre devaient avoir un terme. «Mais j’ai l'espoir, continua-t-il, que Ton sentira que ceux qui ont été unis au noble comte par les liens d’une longue et constante amitié, n’ont pu se résoudre h penser, dès le commencement de sa maladie, qu’il ny avait aucun espoir de guérison. Qu’aurait pensé, en effet , mon noble ami, de plus pénible pour lui et de plus honteux pour nous, en voyant, a son réveil de son long assoupissement, sa place déjà devenue la proie d’une ambition démesurée? Les ministres, mus par une anxiété bien naturelle, relativement à la situation personnelle de lord Livérpool, ont*trop attendu peut-être "pour réorganiser le gouvernement où son absence laissait un grand vide, et c'est en cela seul que consiste leur faute, s’ils en ont commis quelqu'une; mais il n’y aura plus de délai, et le roi a fait connaître aux amis du comte de Livérpool que, quelque fut le chagrin
ÛE t;* GANUflNGr. ^29
qu'il en éprouvât, il ne pouvait pas différer plus long-temps de remplir la place que la maladie du,noble lord venait de laisser vacante. Au reste je ne prétends ni savoir quels arrangemens seront faits, ni décliner aucune responsabilité pour moi-même, ni pour mes collègues. »
M. Tierney ayant annoncé qu’il retirerait son amendement, dans le cas où Canning s’engagerait à faire connaître avant Pâques la nomination du nouveau cabinet, et le ministre, encore incertain lui - même s’il resterait ou non dans ce cabinet, n’ayant pas pu prendre un engagement semblable, la motion de M. Tierney, mise aux voix, fut écartée à une majorité de 153 voix contre 85. Dans cette circonstance, le député chargé des intérêts du peuple, et le ministre, parlant au nom du gouvernement, firent tous deux leur devoir, et se montrèrent également dignes de leurs hautes fonctions • mais rien ne pouvait rassurer davantage les amis des libertés publiques, que de voir, dans des partis jusque là si opposés, des hommes d’un grand talent et d’un noble caractère, maintenant unis de principes et de doctrines bien que différant encore quelquefois dopinion sur leur application, se rendre une mutuelle justice, et concourir ensemble, avec un zèle égal, au bonheur et à la prospérité d’un paysauquel commençaient à se rattacher, d’une manière si éclatante et si intime, les destinées du genre humain.
ÏO»1E U, y
130 HISTOIRE DE ministère
Depuis long-temps les intrigues ministérielles n’avaient eu un caractère plus haineux , plus sombre et plus actif, que depuis qu’il s'agissait de remplir, dans le conseil, la place que la maladie du comte de Liverpool venait d’y laisser vacante, ou plutôt d’organiser une administration nouvelle. L'oligarchie, dont les efforts ne s’étaient pas ralentis un seul moment depuis trois années, redoublait d’intrigues pour s’emparer de la crise que la retraite du premier ministre rendait inévitable. On ne parlait à Londres ,’que de la longue entrevue que le duc de Rutlaod avait eue, le 31 mars, b Windsor, avec le roi,et dans laquelle ce pair, autorisé, disait-il, par plusieurs de ses collègues, plus riches sans doute en bourgs pou ris qu’en sens commun , avait présenté à ce prince, en son propre nom et au nom de ses amis, « la respectueuse détermination qu’ils avaient prise, de ne pas appuyer M. Canning, si, dans l’exercice de sa prérogative, S. M, jugeait li propos de faire, de ce gentleman, son premier ministre. » Cette démarche du duc de Rutland, qui coïncidait merveilleusement avec les outrages dont son ami, le duc de New-Castle, espérait ffétrir le caractère de Canning, que ce due désignait en même temps comme le plus corrompu des ministres qu’on eût jamais ou au pouvoir, n’était pas moins insolente envers la couronne qu’hostile envers le peuple. Elle étonna peu néanmoins, car l’opinion publique y était
D£ G* CAvmjKG* \ \
préparée, et n’altendait pas autre chose d’une faction qui, depuis le commencement de l’administration du marquis de Londonderry, n’avaÎL marqué tous ses actes que par le mépris et la violation des institutions constitutionnelles et des intérêts industriels du pays. Cependant, une vive indignation se manifesta dans le parlement et dans le public, h la nouvelle de cet excès d’audace. On se pressait de plus en plus autour du trône, dont l'humiliation étaiLprofondément sentie parla nation; et 1 opinion publique offrit au monarque, dans cette circonstance, un puissant appui contre l’injure que venait de lui faire une oligarchie aussi impérieuse qu’anti-nationale, mais dont la force n’était heureusement pas en proportion de ses prétentions et de son audace. Il su[lisait pour s en convaincre,, de nommer quelques-uns des chefs quelle s’était donnés. On citait, dans la Chambre des pairs, les duos de Kutland, de New-Castle, le marquis de Londonderry, et quelques antres ; et dans celle des Communes, ce même *6ir Thomas lethhrige, adversaire ignorant et passionné des lois céréales, de l’émancipation des catholiques, de toutes les idées généreuses, et le plus ardent ennemi de Canning, qu’il harcelait sans cesse, mais qui paraissait apercevoir à peine un adversaire si faible et si peu digue de lui.
hulin, toutes les incertitudes cessèrent, et, le 21 avril 1827, on apprit que Canning était
132 niSTOTRE DU MINISTERE
nommé premier lord de la trésorerie, ou, en d autres termes, premier ministre d'Angleterre, et que lord Eldou, grand chancelier ; le comte de Westmorcland, lord du sceau-privé (ganle-dessceaux); le duc de Wellington, grand-maître de l'artillerie ; M. Peei, ministre de l'intérieur; le comte Bathurst , ministre des colonies et de la guerre; et le vicomte de Melville, premier lord de l'amirauté ( ministre de la marine), sortaient du cabinet. Leurs successeurs n étaient pas encore connus; ce qui restait de l'administration du comte deLiverpool se composait de G. Ganning j alors chargé du département des affaires étrangères; du comte d'Harrowby, président du conseil; de M. Robinson, maintenant lord Goderich, chancelier de Eéchiquier; de M* Huskissou, trésorier de la marine et plaident du bureau de commerce; de M. William Wyuu, président du bureau de contrôle; et enfin de M. Vansitlart, maintenant lord Bexley, chancelier du duché de Lancastre, lequel, après avoir voulu suivre la fortune des démissionnaires , se ravisa et obtint d'être conservé dans son poste. Cette révolution de cabinet se lit sentir è la cour. Un grand nombre de personnages, plus ou moins marquons, tous connus par leur haine pour Canning et pour la liberté, et parmi lesquels on citait en première ligne lë marquis de Loadouderry, frère du feu ministre de ce nom, se démirent de leurs emplois, et. se déc la-
BE G, C ANN ï KG*
rèrent, dans les Chambres, en faveur de l'opposition qui allait combattre le premier ministère vraiment national qu’avait eu l’Angleterre depuis lui si grand nombre d’années. La joie publique fut extrême, et se manifesta par les signes les moins équivoques a la double nouvelle des noms qui restaient dans le cabinet et de ceux qui se retiraient ( car le nouveau ministère n était point encore composé ) ; mais la haine de la faction, dont ce grand événement venait de déjouer les espérances, prit de nouvelles forces dans ces démonstrations de l'enthousiasme national , et dès-lors, les chefs annonçaient publiquement « qu avant deux mois Caiming ne serait plus au pouvoir. »
Au milieu de ce grand mouvement ministériel , dautres intérêts d’une haute importance sc faisaient remarquer. Le parti Wliig , autrefois puissant, mais toujours éminemment national, et qui, sous la précédente administration, avait ^ perdu toute son influence, reconnaissait la nécessité .de se rattacher franchement îx Canuing. Il avait chargé, dans une réunion nombreuse, le duc de De vou sbire de se rendre auprès du marquis de Lansdown , qui avait quitté Londres, le 21 avril, pour sa résidence de Wiltshire où des affaires 1 appelaient, afin d’aplanir, dans un entretien particulier avec loi, les objections élevées par te noble pair, relativement a ce projet, qui n’avait pû être concerté avant son départ de Londres.
134 II 1 B T O T fi E D Ü MINlSTÈR E
Le duc de Devonshire avait mis damant plus d'empressement à faire ee voyage, qu'il croyait important de différer le moins possible d’informer le marquis de Lansdown des sentimens de ses amis, et que, d'ailleurs, Canning manifestait le plus vif désir, non-seulement de voir reprendre mie négociation dont le but était de donner pour soutien a son administration tout ce que 3 Angleterre comptait d'hommes plus recommandables par le rang, le nom , la fortune, les talens et la probité politique , mais encore de décider le noble pair à accepter lui-meme un porte-Jeu ille dans la nous elle administration que le premier ministre venait déformer. Néanmoins , malgré les plus pressantes démarches, le marquis de Lansdown s était refusé jusque-là a promettre son appui, bien qu'on fut sur le point de triompher de cette résolution* Ce premier succès obtenu, il s'agissait de le décider à prendre une place dans le cabinet : mais avec un homme d’un caractère aussi indépendant, la difficulté étui t plus grande; toutefois, elle n'était pas insurmontable, parce que le besoin de s'unir à l'administration naissante, dans T intérêt d'une commune défense contre la faction qui marchait à la destruction progressive de toutes les libertés du pays, était senti de tous les esprits raisonnables* 11 ne s agissait donc que de se bien comprendre, et dans ce grand intérêt, il était impossible quon ne fût pas bientôt d" accord.
B B G, CA IN N %ïï G
Canning mettait la plus haute importance an succès de la négociation ouverte entre le duc de Devonshire et le marquis de Lansdown , et cette importance même, qui explique sa conduite depuis plusieurs a nuées * démontré le but vers lequel il tendait, mais qu'il eût été certain de ne pas atteindre, s'il l’eût laissé pénétrer. On nous permettra sans doute de voir une pensée constante dans Canning, là où quelques esprits prévenus s'obstineront peut-être encore à ne voir que l'effet du hasard.
Enfin , dans les derniers jours d'avril, il fut pleinement connu que les négociations entre G. Canning et le marquis de Lansdown avaient obtenu le succès le plus complet, et Tou eut la certitude, non-seulement que le noble pair et ses amis appuieraient la nouvelle administration , mais encore qu'ils consentiraient à en faire partie avant la fin de la session. C’est ainsi que, par une politique sage, libérale,* étrangère a tout esprit de parti et fondée sur les vrais intérêts des peuples et des trônes , Canning replaçait de plus en plus F Angleterre au rang qu elle avait perdu depuis plusieurs armées parmi les Puissances et dans F opinion de 1 Europe éclairée, et lui rattachait dans tous les pays les cœurs, les espérances et les vœux des sincères amis rie la liberté constitutionnel le. Fatigués des éternelles distinctions et des nuances perfides que leurs ennemis ne cessaient d'établir entre eux pour les
"f36 HISTOIRE DU MINISTÈRE
dmseï * ceux-ci se décidaient enfin a serrer lenrs rangs autour du grand homme d’état qui, par la Jbrce de son génie, et de sa volonté, les engagemens qu il avait pris avec eux, et une position: politique, laquelle, de longtemps sans doute, ne se trouverait unie, dans un même ministre, a un si grand caractère et h d’aussi nobles intentions , pourrait seule servir de centre à des intérêts dun ordre aussi élevé. Ils reconnaissaient en un mot, que Caoning, placé à la tête du premier cabinet de 1 Lurope, était désormais le seul homme capable des les rallier autour du drapeau sacré de la liberté civile et religieuse-
La séance de la Chambre des communes du premier mai lut la première h laquelle assista Ganuing, en sa nouvelle qualité de premier ministre. Il s j était rendu et avait prêté serment avant que le public ne tut introduit, et après s’être absenté quelque temps, il y reparut à cinq heures. L*his- Unique de cette séance présente un assez grand intérêt pour eri donner, ainsi que nous l’avons déjà lait dans une autre circonstance, ï ex trait le plus fidèle et le plus étendu qu’il sera possible, sans dépasser toutefois les limites fixées par la nature de cette histoire; de semblables discours caractérisent tellement les hommes et les époques, etsontliés à la marche des événemens de manière qu ds en fout en quelque sorte partie; les explications suivantes données par M, Pcel, quoique fort incomplètes, sont évidemment de ce nombre.
A F ouverture de la séance , M, Peel prit la parole et s'exprima dans les termes suivans :
Mon opinion est que les hommes publics ne doivent pas quitter, sans des causes graves et impérieuses, le vaisseau dont la manœuvre leur est confiée; c’est pourquoi, je crois devoir h la Chambre une apologie de la conduite que j’ai tenue en cette occasion.
» Depuis le commencement de ma carrière politique, j'ai constamment opposé une résistance énergique, et que je crois constitutionnelle, aux prétentions des catholiques romains : les opinions que j’avais, je les conserve encore dans leur en* lier. J ai pris une part fort active k tout ce qui a été fait dans cette question ; je ne pouvais donc continuer à faire partie d'une administration dans laquelle, selon toutes les apparences, je devais être le seul ministre opposé aux catholiques, dont je regarde les prétentions comme incompatibles avec la constitution , le bien-être et la sûreté de l'église anglicane*
w D'après toutes ces considérations, bien réfléchies dans mon esprit, j’avais pris la résolution très-arrêtée de me retirer, si mon honorable ami (Ganning) était misa la tâte de l'administration, poste dans lequel il pourrait avec plus de succès que jamais favoriser ses opinions k cet égard. Quand je vis que le duc d’York if était plus, que la voix du comte de Liverpool était devenue silencieuse, je me crus libre d agir selon ma propre
138 HISTOIRE l> ü MINISTÈRE
conviction et de ne pas me soumettre au soupçon d'avoir été converti aux idées contraires sur un changement d'administration. Eu rendant toute justice h la franchise du caractère de mon honorable ami, comme je crois qu il le fait à mon égard ? je dois déclarer que je ne fais nul doute sur son intention plus ou moins prochaine d assurer le triomphe des idées quil a constamment professées; cet événement a d’autant plus lie chances que le pouvoir se trouve transféré des mains des ennemis des catholiques dans celles de leurs partisans : et ici iî ne s'agit pas seulement de l'influence, passant dun homme ordinaire à un homme ordinaire, mais bien de l’adversaire le plus ardent des catholiques à leur avocat le plus puissant et le plus redoutable, »
Ici M. Peel parcourut toute la carrrière politique de Canning, et le montra , aux différentes époques de sa vie, soutenant avec une constante énergie les idées qu il professait alors : « Qui pourrait donc s’étonner , continua M- Peel , s’il soutient de tonte la force que lui donne sa position actuelle les idées quil a proclamées et reconnues justes, alors qu'il était hors du pouvoir?
» Quant à ma conduite particulière envers lui (Canuing), je dois déclarer, ainsi que luimême Pa fait dans une autre circonstance, qu’elle lia pour principe aucune cause de rivalité personnelle : je suis lun de ceux qui se sont le plus
DE C. CAÏYNING. 139
opposés k ce que ses talens fussent perdus pour son pays, au moment où il allait partir pour rinde.
W Lorsque j'eus Thon ne ur d’accompagner S. M. en Ecosse, je n ouvris pas la bouche sur la question catholique en rapport avec M. Cannîng ; ot à la mort de lord Custlereagh, je me joignis à lord Liyerpool afin que ce ministre lût remplacé ainsi qu'il Fa été-
» Lorsqu après avoir été appelé au ministère, sans Fa voir jamais so llici Le ÿ j annonçais souvent le désir de me retirer, M. Canning s y opposa constamment, en disant qu il fallait absolument que le secrétaire d état de l'intérieur se trouvât dans une complété conformité d opinion avec le premier ministre. Celle opinion est d autant plus vraie, que toutes les affaires de l'Irlande ressortissent au département de 1 intérieur; et tandis que le premier ministre a la direction de tout le patronage du gouvernement, c’est le ministre de Fintérieur qui est véritablement responsable, puisque toutes les places, toutes les fonctions données dans F'église, le sont par le premier ministre sur la signature du ministre de Fintérieur.
>ï Si donc une conformité complète ne règne pas entre le premier ministre et celui de Fintérieur , c’est à ce dernier a se retirer pour éviter une collision qui pourrait nuire au service public. Ce sont là, je le répète, les raisons qui ont
IfO III S TOI R U nu MINISTERE
amené ma détermination. Ma position, relativement a la question catholique , et ma position ministérielle qui me chargeait de l'administratien domestique des affaires de 1 Irlande, me firent regarder comme impossible de rester sous un premier ministre avec lequel je différerais sur une question de cette importance. Que si la Chambre trouve ces motifs insuffisant , éest là , qu'il me soit permis de le dire, une Considération secondaire dans la question, qui est toute desavoir si, ayant pris une fois celte dé termina lion, j ai agi dans ce but conformément à la bonne foi et au respect que je dois au souverain qui m’a honoré de sa confiance. J’aimerais mieux laisser planer sur moi le soupçon d’avoir agi avec légèreté et par des motifs insuÜisans, que si I on me regardait comme coupable d’avoir négligé mes devoirs envers mon pays et manqué de respect envers mon souverain.
» Ma conduite ? en conséquence, a été celleci : je sentais que ma situation était pleine de difficultés, et je ne pensais à influencer les déterminations de qui que ce soit, La première personne h qui je communiquai mon opinion que je ne pouvais concourir au nouvel arrangement, fut mon honorable ami, alors secrétaire d’état des affaires étrangères; c est à lui et non à d’autres f que je iis part dé mon intention de me retirer ; je ne connus non plus les intentions d’aucun autre ministre; je me eondui-
DE G* GARNI fl-G,
sis par F unique sentiment de ma situation personnelle* Le 29 mars, pour la première fois, il fut question de cet objet, et je dis alors ii mon honorable ami : a Je dois vous annoncer, sans réserve , quelles sont mes opinions et ma situation; elles me prescrivent de quitter ma place, si Sa Majesté vous choisit pour former la nouvelle administration* Je suis persuadé qu'il se rappellera parfaitement cette circonstance qui eut lieu sans rompre le moins du monde la bonne intelligence qui avait toujours régné entre nous. J’avais un véritable désir de rester uni k Fancienne administration , si elle avait pu être maintenue sur les mêmes bases que du temps de lord LiverpooL Jetais satisfait de ma position ; je ne demandais ni changement, ni avancement : s il avait pu être fait quelque arrangement qui, en donnant au premier ministre toute Finfluence qu'il "doit avoir, eût maintenu les mêmes principes , j'aurais été parfaitement satisfait de demeurer ministre et d’agir soit avec, soit sous mon honorable ami,))
M. Peel termina , en déclarant de nouveau que son opinion sur la question catholique était F unique cause de son opposition à faire partie de Fadministration nouvelle. Il saisit celte occasion pour disculper de F accusation de cabale et d’intrigues les membres du conseil qui étaient sortis avec lui du ministère; il lit surtout une
ii2 HISTOIRE Dtï MINISTÈRE
apologie particulière et complète du duc de Wellington « dont la simplicité, disait-il , égalait les talens, et dont le nom était gravé à jamais dans les souvenirs de l'immortalité. »
M. Peel ayant cessé de parler, Canning se leva et dit:
« Je prie le très-honorable gentleman (M, Peel) et la Chambre entière, de croire que je ne m'étais pas dissimulé les difficultés qui devaient accompagner la formation d'un nouveau ministère, La première de toutes résidait dans la question catholique, car j'ai conseillé au roi, quand il me lit ! honneur de me consulter, de composer son gouvernement d'une manière absolument conforme à ses opinions. C’était par conséquent me mettre moi-même dans la nécessité de me retirer du ministère; mais je puis assurer que c'eût été d un cœur très-sincère et même très-joyeux que j’eusSe mis ma démission aux pieds de mon souverain.
» Mais, me dira-t-on, pourquoi avez-vous favorisé la formation d'un ministère opposé à l'émancipation des catholiques, tandis que vous êtes connu pour partisan de cette mesure? Je vais répondre succinctement h cette question : il y a peu de mots que S. M. reçut, d’une main que je ne puis ni ne veux indiquer, une lettre ou on lui conseillait de composer son ministère sur un pied d’uniformité parfaite, et de prendre pour base de cette uniformité l'opposition la plus
IïE G. CA Pi N ING.
décidée aux réclamations des catholiques. Lord Liverpool, à la même époque, reçut une lettre parfaitement semblable. Aussitôt il écrivit luimême au roi pour prier S. M. de se souvenir que c’était de lui quêtait venu primitivement le système d’un ministère divisé d’opinions sur la question catholique, et que, pour être fidèle à ce principe, U ne consentirait jamais à faire partie d’une administration dont la niasse aurait pour règle de conduite l’exclus ion perpétuelle des catholiques.
» Lord Liverpool ne dissimulait pas quun ministère formé d’élémens aussi hétérogènes était singulièrement dilficile à composer. Je le pensais comme lui, et c’est pourquoi je pris la résolution (Dieu irren est témoin) de me mettre à l’écart pour cesser d’être un obstacle. Mais enfin S. M, me donna Tordre formel de composer une administration mixte, dont la conséquence devait être que l’émancipation des catholiques ne deviendrait jamais une résolution de cabinet. Ma position personnelle était réellement critique. En même temps que je me voyais élevé au poste le plus honorable, n’ëtais-je pas exposé à me voir dégradé a mes propres yeux comme ü ceux de tous mes compatriotes ? Etait-ce à moi à remplacer lord Liverpool à la tête du nouveau ministère , lorsque mes principes, à la face du pays entier, sont opposés h ceux que professe cet homme d’état sur la question catholique? (Ici les
plus vifs applaudissemens, provoquas par cette noble franchise, éclatèrent de toutes parts,) ou bien, fallait-il que, me couvrant d’un opprobre ineffaçable, je changeasse subitement dopinion à Végard de cette portion de sujets britanniques, qui ont trouvé jusqu’ici en moi un zélé défenseur ?
» Non, certes, je préfère ma propre estime à toutes les dignités de la terre, bien loin de céder à cette ambition effrénée dont un honorable membre ( M. Dawson ) n’a pas craint de m*accuser, En un mot, j ai accepté un haut emploi, mais avec la condition expresse de pouvoir demeurer fidèle a mes anciennes opinions et à ma conscience,
» Lorsque, Je 21 avril, je me rendis auprès de S, M*, pour lui proposer de conserver dans le nouveau ministère tous les membres de fancien, dont'certes la majorité n’était pas portée pour les catholiques, fut-ce ma faute si, par une coïncidence assez singulière, je reçus, dans l’appartement meme du roi, six démissions protestantes ?
» M. Dawson me reproche d’avoir manqué de loyauté, en ne formant pas uu cabinet mi-parti protestant e tcatholique. Mais l'honorable membre n’a oublié qu’un fait, cest que les protest ans sétaient éclipsés de leur plein gré,
)> Lorsqu en 1822 je fus appelé au ministère, non-seulement sans avoir sollicité cette faveur,
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mais même contre mon inclination, on ne m’imposa aucune réserve, aucune limite, et si l’on m’eut déclaré alors que, la place de premier ministre devenant vacante éventuellement, je devais d’avance m’en regarder comme à jamais exclu par mes opinions en faveur des catholiques , j’aurais repoussé l’offre d’un porte-feuille avec le même dédain que je professe encore aujourd’hui. »
M. Peel : « Je prie mon très-honorable ami d être persuadé que je n’ai jamais eu l’intention de le taxer d’inconséquence, ni de blâmer sa conduite sous aucun rapport. D’ailleurs, j’ai agi moi-même conformement aux principes qui le dirigeaient, ainsi qu’il vient de nous le dire, à l’égard de l’administration de lord Liverpool, en "1822. Il nie permettra de remarquer le ton et la manière dont il s’est exprimé sur £ étrange coïncidence des six démissions données dans le même jour , quoiqu’il veuille bien admettre qu’il riy avait pas eu complot et préméditation ; mais son langage en a dit plus qu’il ne voudrait l’avouer. Quaut à ce qui me concerne, j’avais déclaré à mon très-honorable ami lui-même, dès le 1 (i avril, que je ne resterais pas en place. Lord Ëidon (l’ex-chancelier) n’a pas agi avec moins de franchise. Depuis long-temps il aspirait à la retraite et au repos que demande son grand âge; et c’est dans cette chambre néanmoins que l’on a osé dire que, plutôt que de renoncer à ■ ses diront F. II.
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gnités, ce noble vieillard aurait renoncé h ses vieu x son timon s a l’egard des catholiques ! îj
Canning, reprenant la parole avec vivacité, interrompit M. Peel, et dit : w Je me suis trouvé avec lord Eldon, le 10 avril au soir, etjaffirme qu il ne me témoigna nullement l'intention de se démettre de la charge de chancelier. Je n ai reçu sa démission que le 11 , dans la chambre dur roi, en même temps que les cinq autres dont il vient d’être question, »
M, Peel, un peu embarrassé du lai t très-positif que venait d’exprimer Canning et qui prouvait évidemment 1 intrigue et l’accord imputé aux ministres démissionnaires, reprit aussitôt : « Je déclare et atteste de nouveau qu’il n’y avait point d’accord concerté dans nos six démissions, et encore moins de cabale, comme on a osé le dire, contre le souverain, et d’outrage prémédité envers le trône. Nous ne nous étions point consultés : chacun de nous lia écouté que la voix de sa conscience. »
Ap rès avoir lu avec attention Textrait de ce que cette séance a offert de plus important, aucun esprit raisonnable ne peut s’empêcher d’avouer que la franchise et la justice ont été constamment, dans le cours de cette discussion , du côté de Canning, et qu a ses adversaires seuls doivent être imputées la passion et la mauvaise foi, bien que ceux-ci missent un grand soin à les couvrir d’un voile de modération , qui
DE G f CAKNING,
ne saurait rien changer néanmoins à l'évidence des faits, surlesquelsil ne reste maintenant aucun doute. Quoi qu'il en soit, ta raison publique avait déjà fait la part des uns et des autres, et ce n est pas trop s’avancer, en se rappelant ce débat où Ton vit en présence, d'une part, quelques interets privilégiés, a la tête desquels se plaçait un petit nombre d’hommes qui ne jouissaient d’aucune autre considération que de celle donnée par le nom et le rang : et de l’autre, le grand intérêt aational/représenté par un ministre habile, cher à la nation, possédant au plus haut degré toute sa confiance ; que d’affirmer que l'opinion qui se manifestait alors existe encore aujourd’hui dans toute sa force, et que, loin de rétrograder sous les coups qu’on lui porte, elle en devient tous les jours plus menaçante et plus redoutable pour ses persécuteurs !
Pendant que la Chambre des communes était livrée à ces discussions, des aveux précieux dont il faut prendre acte dans le but d’expliquer et de justifier nos propres assertions, relativement h la situation où se trouvait Canning k Y égard des cabinets étrangers et dans son propre pays, étaient faits devant la Chambre des pairs par lord Ellenborough, dans la séance du 3 mai; nous rappelons ses propres paroles ;
« Je n’accuse point, disait-il, les principes qu a émis le très-honorable gentleman (Canning), mais je déclare qu il n’inspire pas a sez de con-
fiance pour les mettre en exécution. Je prends pour exemple la guerre de 1823 entre la France et l’Espagne, et ses résultats- Le prédécesseur du ministre actuel ( lord Londonderry ) avait su prévenir une rupture entre ces deux puissances. 11 ri y a que deux mobiles connus dans la politique extérieure : la confiance et la force. Pouvons-nous douter que M. Canning ait perdu la confiance des gouvernemens étrangers? Et n est-il pas trop évident que la force est devenue nécessaire pour rétablir l’équilibre des pouvoirs?Les points les plus forts de 1 Espagne sont occupés par des troupes françaises , et on a trouvé convenable d introduire une force armée anglaise dans la Péninsule pour y faire contre-poids. Nos relation politiques avec les autres parties du continent, quoique offrant un aspect plus pacifique, ne sont pas beaucoup plus rassurantes sur la conduite h venir du gouvernement actuel.
» I! veut se faire honneur de certaines mesures qui appartiennent au précédent miiiistère; dès le congres d Aix-la-Chapelle, on avait préludé à la reconnaissance de l'Amérique du Sud, Quelque parti que prennent nos ministres actuels, ils ont réellement moins de force et de crédit que leurs prédécesseurs. La disparition forcée de lord Liverpool et la démission volontaire de M. Peel sont des événemens que Fou ne saurait trop déplorer.
» Quant a la retraite où le duc de Wellington
DE G. CANNÎNG. 149
s est vu contraint par le ion insolite des lettres qui lui furent adressées par M. Canning, je n’hésite pas a dire qu’en perdant le noble duc, notre cabinet perd tout son poids, toute sa dignité, auprès des diverses cours de l’Europe.
resterai fidèle à la cause des catholiques ; mais, en aucun cas, je ne soutiendrai les ministres actuels , parce que mes devoirs personnels et mon serment de fidélité au roi ne me le permettent pas. D'ailleurs, de quel profit pouvait être pour les catholiques l'élévation du premier ministre qui nous est donné? S'il veut, il ne peut pas. Je ne suis pas le seul qui croie avoir pénétré ici un artifice qui ne pourra tromper long-temps les Irlandais. M. Canning creuse une mine qu'il fera jouer dès qui! eu verra le moment favorable.
J espere que la Chambre ne se laissera point égarer par les illusions dont on cherche a {entourer. »
La déclaration faite pur lord Ellenborough, que Canning avait perdu la confiance des cabinets étrangers, ne pouvait trouver de contradicteurs; le fait était incontestable; mais comme c étaient les cabinets d Autriche, de Russie, d'Espagne, où la formede gouvernement est l’absolutisme pur, et surtout le cabinetde France ou cet absolutisme était caché sous des institutions constitutionnelles dont les ministres se jouaient impunément, il semble qu avoir, perdu la confiance de semblables gouvernement était le plus
beau des titres de Canning; titre qui justifiait tous ses droits à la confiance des peuples, et qui aurait dû lui mériter l'estime de lordEllenborough, qui paraissait attacher un grand pris a ce que I on crût à son indépendance. Du montent où Canniug avait cessé de s’entendre avec les oppresseurs des nations, eUesl’avaient proclamé le libérateur du genre humain. Et cependant, ce qui prouve quelle sage mesure ce grand liommç d’état avait gardée, quel juste sentiment des convenances il avait conservé dans ses rapports avec le corps diplomatique et ces cabinets, dont il avait perdu la confiance, c’est qu’au moment même où il était repoussé par l’absolutisme, il se trouvait, dans son propre pays et à l’étranger, en butte aux défiances et aux attaques des imprudens amis de cette liberté illimitée qui ramène au despotisme par la licence, ou plutôt qui n est ellemême qu’une autre espèce de despotisme.
En opposition au système de Canning, lord Elleuborough citait l’exemple du marquis de Londonderry, qui, disait-il, avait su prévenir une rupture entre l’Angleterre et l’Espagne» Mais si le noble pair avait gardé quelque souvenir de l’époque qu’il rappelait : s’il en avait bien connu, bien apprécié toutes les circonstances, il aurait su qu’enchaîné au système de la sainte alliance, le ministre dont il exhumait le nom, avait été le complice et l’instrument de cette association odieuse, et qu’il n’était pas surprenant que, tra-
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vaillant de concert avec elle à [asservissement des peuples, il se lut maintenu en bonne intelligence avec Ferdinand, auquel il prêtait l'appui deTAngleterre, dans les projets formés par ce prince pour rendre des fers k la nation qui venait de briser les siens.
Lord Ellenborougb prétendait qui] ny avait que deux mobiles dans la poli tique extérieure; c'est une vérité dont Canning n'ëtqît pas moins convaincu que lui-méme, et ce qui le prouve, cest qu après avoir employé vis-à-vis de l’Espagne tous les moyens propres à ramener le cabinet de Madrid à une conduite plus conforme an droit des gens à l'égard du Portugal, il n'avait pas perdu un moment, lorsqu'il avait reconnu Viautilité de ces moyens, pour développer une grande force militaire j espérant ainsi pouvoir en prévenir l'emploi. Quel ministre, à la place de Cunning, eût opéré ce développement avec plus de rapidité, d'ensemble et de succès?
Lord Ellenborougb prétendait encore que Canning « avait trouvé convenable d'introduire une force armée anglaise dans la Péninsule, pour y servir de contre-poids aux troupes françaises. » Le fait est exact ; mais comment le noble lord pouvait-il y trouver le sujet d'une accusation? ce fait prouve seulement que, n ayant pas cru devoir allumer une guerre européenne, qui, après avoir commencé dans la Pénin-
suie avec le seul but d’empêcher Finvasion, pou* vait étendre plus tard ses ravages dans toute 1 Europe, Canning, prévoyant jusqu’où pourraient s élever un jour, dans les deux royaumes , les prétentions de la faction apostolique française qui avait poussé avec le plus de violence à la guerre qu’il eût voulu éviter, a tout prix compatible avec 1 honneur et les intérêts britanniques, avait pris les moyens nécessaires pour neutraliser les effets de cette invasion et ses conséquences pour le Portugal, par la présence d une armée anglaise dans ce royaume !
Si cette conduite de Canning n’est pas l'effet de la plus haute prévoyance politique, quels hommes d état et quelles mesures pourront jamais obtenir le suffrage de lord Ellenborougli?
Admirateurs sans fanatisme du grand homme dont la vie, si elle se fût prolongée, préparait un immense avenir de gloire et de prospérité k sa patrie et dés destinées nouvelles au genre humain, nous avons cherché à détruire quelques-unes des objections d’un pair d’Angleterre, mais nous ne répondrons pas à ses insultes* Quel nom donner en effet à ces étranges paroles sorties de la bouche de lord Ellenborough, dans la même séance de la Chambre des pairs du 3 mai, à la suite de ce que nous avons déjà rapporté : « Je ne suis pas le seul qui croie avoir pénétré ici un artifice qui ne pourra
tromper long-temps les Irlandais; M. Canning creuse une mine qu'il fera jouer dès qu'il verra le moment favorable ? » Ainsi, vingt-six années de la vie de ce ministre, passées à défendre la cause des catholiques, ne pouvaient convaincre lord Ellenborougli de la sincérité de ses sentimens ! il y avait la , il faut en convenir , quelque chose de plus que de Finerédulité ; ou si Ton ne veut point voir d'esprit de faction et de haine personnelle dans ce jugement; si Ton persiste à n'y trouver que de l’opiniâtreté, qui pourrait nier que cette opiniâtreté ne fût au moins bien absurde et bien condamnable ? À qui doue lord Ellenborough pouvait-il espérer de faire croire que Canning navait servi, qu'il ne servait encore la cause catholique, contre Je sentiment intime du roi, auquel il n'avait déjà que trop déplu dans une autre occasion, que pour trahir les intérêts auxquels il avait dévoué son existence? Il fallait que le noble pair eût une étrange idée du discernement de la Chambre à laquelle il s'adressait, pour espérer que , sur sa parole, elle ne verrait dans Canning quun courtisan ou un traître!.*,
, C'est au moment ou ces grandxS intérêts se traitaient dans les Chambres, que la correspondance qui avait eu Heu pendant les journées des 10 et 11 avril, entre Canning et le duc de Wellington , relativement aux arrangemens ministériels, fut rendue publique et excita au plus
haut point l'attention. On ne se méprit point aux motifs qui portaient le grand-maître de l’artillerie à résigner sa place dans le cabinet ■ et les prétextes sur lesquels il appuyait cette résolution ne voilèrent que d’une manière fort transparente le sentiment de jalousie et d'humeur qui dominait dans toute la conduite du noble duc, chef avoué, mais un peu honteux, d’une (action odieuse au peuple, et dont la chute avait répandu la joie dans, toute l’Angleterre.
G. Cçmning au duc de IVellington.
- Ministère des »[Faircs étrangères, 10 avril 1827, six heures du soir.
v Mon cher duc de Wellington,
» Il a plu très-gracieusement h Sa Majesté, dans une audience de laquelle je reviens a Tilistant même, de me signifier Tordre de lui soumettre le plus tut possible un plan dérangement pour la recomposition de l'administration.
v En exécutant ces ordres, il est de mon pro-. pre désir, aussi-bien que de mon devoir envers S. M., d’adhérer aux principes qui ont dirigé pendant si long-temps l'administration de lord LiverpooL
» Je n'ai pas besoin Rajouter combien il est
DE G- CASMING. 155
essentiel à l’exécution de ce plan que V. G. continue à faire partie du cabinet.
» A jamais, mon cher dut: de Wellington , de V. G. le sincère et dévoué serviteur.
» Signé f G. Canning. »
Réponse du duc de TVelüngton à G. Canning.
* Londres,10 avril 1S27.
» Mon cher monsieur Canniog ,
» J’ai reçu voire lettre de ce soie, dans laquelle vous m’informez que S* M* a désiré que vous lui soumissiez un plan d’arrangement pour la recomposition de ladeninistralion , et qu’en exécutant ces ordres, votre intention est d adhérer aux principes qui ont, pendant si longtemps, dirigé l'administration de lord Liver- * pool.
» Je souhaite vivement pouvoir servir S. M* comme je l*ai fait jusqu’ici dans son cabinet, et avec les memes collègues. Mais, avant de don-* ner une réponse h votre obligeante proposition, je désirerais savoir quelle est la personne que vous avez Tintenlion de proposer à S. M. pour être mise à la tête de l'administration.
» A jamais, mon cher monsieur Gunuiug, votre, etc,
m Signé, Wellington. »
G. Canning au duc de Wellington.
* Ministère des affaires étrangères, 11 avril 1827,
» Mon cher duc de Wellington,
» Je croyais qui! était généralement admis que le roi confie habituellement la formation de 1 administration à la personne que S. M, a la gracieuse intention d’en faire Je chef, et c’est pour cela qu il ne me vint pas à l’esprit, quand je communiquai hier à V. G. les ordres que je venais de recevoir de S* M,, d’ajouter que, dans la présente circonstance, S. M. n’entend point se départir de la marche habituelle des choses dans de semblables occasions.
» Je regrette d’avoir retardé de quelques heures cette réponse à la lettre de V. G ; mais,» d après la nature du sujette n ai pas voulu vous la transmettre sans .1 avoir préalablement soumise (ainsi que la lettre de V, G.) h S, M.
» À jamais, mon cher duc de Wellington, de ^ - G. le sincere et dévoué serviteur.
» Signé y G. Canning * »
Réponse du duc de ff r ellifigton a G> Canning.
* Londres, 11 avril 1827.
M Mou cher monsieur Canning,
» J’ai reçu votre lettre de ce jour, et je n’avais
DE G, GANNING i57
pas compris celle dîner delà manière dont vous me l'expliquez à présent*
îï Je voys avais entendu dire à vous-même que vous aviez en vue un autre arrangement, et je ne crois pas que Y usage auquel vous vous référez soit tellement invariable qui! ait suffi pour que je puisse donner à votre lettre une interprétation que, selon moi , ses termes ne comportent pas.
» J espère que vous n'aurez éprouvé aucun inconvénient du retard de cette réponse, qui, je vous rassure, a été occasioné par le désir de découvrir un moyen qui me permit de continuer à rester uni avec mes nouveaux collègues.
» Je voudrais sincèrement pouvoir me persuader, qu'avec les meilleures intentions de votre part, votre administration serait dirigée réellement par les mêmes principes que celle de lord Liverpool ; quelle serait généralement considérée ainsi ■ quelle serait assez forte pour surmonter toutes les difficultés d’une manière satisfaisante pour le roi, et quelle serait favorable aux inté- , rêts généraux du pays.
» Cependant, comme je suis convaincu que ces principes doivent être abandonnés éventuellement; que toutes nos mesures seraient envisagées avec défiance par les soutiens habituels du gouvernement; que je ne pourrais faire aucun bien dans le cabinet, et que je serais à la fin obligé de me séparer du ministère, à un mo-
15S histoire mj ministère
ment où cette séparation serait plus préjudiciable au service du roi qu elle ne peut l’être ïi présent, je vous prie de vouloir bien supplier S. M. de me dispenser d’appartenir à ses conseils,
» À jamais, mon çher monsieur Cannirig, votre ? etc.,
» Signé > duc de Wellington. »
Le premier soin de la nouvelle opposition fut de susciter des embarras au ministère, par la pn> position inopportune et perfide de s’occuper immédiatement de la question catholique. Comme elle ne pouvait douter que ce ministère ne fut , dans sa grande majorité , favorable à cette cause, et quelle nignorait pas que celle-ci avait de nombreux ennemis hors des Chambras, elle espérait qu’en satisfaisant aux réclamations des catholiques par un acte d’autorité, on ferait naître, dans le pays, une fermentation qu’un ministère , ami de la paix , devait chercher à éviter. Ce qui semblait donner à cette conjecture tous les caractères de la vérité, c’est la remarque déjà laite, que lord Eldon (ci-devant graudchancclier), lorsqu’il était en place, avait constamment réclamé l'ajournement de la question catholique, et quayant maintenant cessé d y être, il avait entièrement changé de langage j et déclarait a que le temps était venu de décider cette affaire d’une manière absolue et îrré-