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ii i HISTOIRE DU MINISTÈRE
« que le premier coup de canon, tire dans les circonstances présentes, serait le signal d’une guerre funeste à quelque dynastie de l’Europe. » On connaissait trop bien l’énergique volonté de Canning pour ne pas redouter de la pousser a bout, et il fut résolu de continuer jusqu a nouvel ordre le système de déception, de mensonge et de fourberie, qui avait si bien réussi jusquelà, et sur le succès duquel on comptait encore pour l’avenir* Quelquétroiternent liés néanmoins que fussent les cabinets de Paris et de Madrid, la politique chancelante du premier ne s'était refusée à aucune demande de l'Angleterre : il avait rappelé son ambassadeur Demoustier, apostolique elïronlé et agent personnel du premier ministre français; il avait exigé le départ des Suisses; il avait fait donner à Ferdinand, par les ministres des puissances étrangères et en leur nom, le conseil de suivre une autre règle de conduite, bien qu’il dût savoir mieux que personne à quels appuis cette conduite devait être imputée. Ce que Ganning ne pouvait obtenir par luimême, du cabinet de Madrid, il l’obtenait ainsi par la France. Il avait sans doute un profond mépris pour des instrument dont la duplicité lui était connue et dont il appréciait même quelque^ fois l'impuissance, mais ils lui étaient trop asservis en le haïssant, et leurs services dans plusieurs occasions lui avaient été trop utiles, pour quil ne fermât pas volontairement les yeux sur ce dont
DE C. CAMNING. -JjJ5
il jugeait avantageux au succès de ses vues de ne pas paraître instruit.
Quelques bruits de changement dans le ministère commencèrent à circuler dans les premiers jours de février 1827, et prirent bientôt une grande consistance lorsqu'on fut instruit que, le 17 du même mois, le comte de Liverpool avait été frappé d'apoplexie et de paralysie dans sa bibliothèque, et qu’il était très-probable que ce ministre ne reprendrait plus le porte-feuille. On annonçait en même temps que de vives altercations avaient eu lieu dausleconseil, eutre Canning et le comte de Wcst-Moreland, garde du sceau privé, lequel, vice-roi d'Irlande en 1783 ne s’était guère fait connaître dans ce pays, où 1 économie est la première vertu de l’administrateur, que par l'augmentation delà liste des pensions.
Le nom de Canning était dès-lors si populaire et si révéré eu Angleterre, que pendant l'indisposition grave qu’il éprouva lors de son séjour à Brigthon, et qui inspira des craintes sérieuses pour sa vie, les nouvelles de sa santé, soit qu elles calmassent les inquiétudes, soit quelles y ajoutassent, étaient recherchées h Londres, et recueillies à la bourse comme un événement tellement national, quelles mlluaient puissamment sur les fonds publics. I l’étranger,
1 intérêt qu’inspirait ce grand homme d’état, sur la tête duquel se réunissaient maintenant toutes
Ht) HISTOIRE no MINISTÈRE
les espérances (les amis de la liberté constitutionnelle, ne tait ni moins vif ni moins unanime. Celui qui avait proclamé la liberté civile et religieuse pour toute la terre, était devenu le ministre de tous les peuples.
Dans la séance des 5 et 6 mars, la question éminemment nationale de l’émancipation des catholiques fut agitée de nouveau dans la Chambre des communes. Sir Francis Hurdelt, qui la reproduisit, s'appuya cette fois encore de l’autorité deBurcke, de Fox, de Pitt, de Sheridan, de Grattam, et conclut, à la fin d’un discours plein de modération, de raison et d’impartialité, « à ce que la Chambre se déclarât convaincue de la nécessité de prendre en considération les lois qui infligent des peines aux sujets catholiques romains du roi, dans le but d’abolir lesdites lois. » Cette proposition, énergiquement appuyée par quelques membres, fut combattue avec non moins de force par d’autres, et particulièrement par M. Dawson, beau-frère de M. Peel et sous-secrétaire d’état de l'intérieur, qui, ennemi secret de Canning, ne manqua pas de se prévaloir des imprudences commises en dernier lieu à Dublin, et de quelques bruits insidieusement répandus sur le prétendu projet de rétablir l'église catholique d'Irlande sur les débris de l’église protestante, pour effrayer la Chambre sur les conséquences de l’émancipation. A l’appui des argument de M. Dawson, M. Copley, maître