‹ Histoire du ministère de G. CanningChapitre 4 sur 36 · DE G. GARNIR G · texte numérisé non relu

DE G. GARNIR G

général auquel Gibraltar servirait de succursale pour le commerce maritime de l'Amérique avec les pays situés sur les côtes de la Méditerranée, F Adriatique et l'Archipel ; eu lin Tins tant approchait pour la Grande-Bretagne, de se ménager les moyens de pouvoir, dans toutes les chances possibles, jeter a volonté des ancres dans le port de Naples, et même dans celui de Gênes, On lia pas perdu de vue que M. Stratford-Cauniug avait été nommé récemment ambassadeur près la Porte-Ottomane, Cette mission avait pour objet principal de décider le divan à reconnaître de sa propre volonté l'indépendance de la Grèce , ainsi quon avait voulu engager l’Espagne h proclamer elle-même celle de ses colonies insurgées; mais le même principe appliqué aux deux pays, l’avait été jusque-la infructueusement pour T lui et pour l'autre. Il s’agissait donc pour M, Stratford-Ganning de résoudre un des problèmes les plus compliqués, en évitant avec adresse les controverses diplomatiques, les collisions menaçantes, et le choc violent des intérêts contraires. On savait, d’un autre côté, que le gouvernement grec nétait disposé ni à se soumettre, nia accepter un protectorat; mais qu’il se bornait a reconnaître futilité et la convenance de donner à F Angleterre un honorable mandat spécial, comme u Tune des nations européennes qui avait été la première à favoriser la cause grecque et i* revêtir cette puissance d’un ti-

Ire qui put oflrir un caractère plus imposant et plus décisif, dans les négociations qui devraient nécessairement s'ouvrir pour mettre un terme à une lutte sanglante, et fixer enfin les destinées tic ce peuple héroïque. Tout annonçait donc que, de cette immense différence de vues dans les chefs de la Grèce et les cabinets du continent, devaient résulter de grandes et peutêtre d’insurmontables difficultés; que les intérêts même de l’Angleterre s’y trouveraient probablement compromis; qu’en admettant le plus parlait accord eulre les puissances européennes, if était encore fort douteux qu'on pût amener la Porte à se dessaisir de ce qu’elle considérait comme son ancien et légitime patrimoine; et qu’en fi n, il faudrait tôt ou tard en venir au point de décider la question par lu force des armes, ce que toute l'Europe, et particulièrement l’Angleterre , voulait éviter à tout prix.

Tel était I état des affaires relativement à l’Amérique et à l’Orient, lorsque le 3,0 novembre, Canning revint définitivement de Seaford, où le sous-secrétaire d’état Planta avait été le chercher, pour le ramener à Londres. Des discussions de la plus haute importance, touchant quelques banques provinciales, occupaient alors le conseil, qui se réunissait fréquemment pour atténuer autant qu’il était en son pouvoir les conséquences de ces événemens, toujours si funestes dans un pays dont le crédit est le prin-

DK G* CANN1BTG.

eipe vital. Des sommes considérables furent envoyées par la banque de Londres k celle d’York , pour arrêter les efFets qu auru i t pu produ i re Ia suspension des paiemuns de celle banque, et secourir les établissement qui auraient pu être compromis par elle; mais la crise était générale.

La session de 1826 s'ouvrit le 2 février; mais comme personne n ignorait que les importantes questions qui se traitaient maintenant dans le cabinet et auxquelles la mort de l'empereur de Russie venait d'ajouter un nouveau degré de complication , il 1 étaient pas arrivées au point de maturité nécessaire pour être soumises aux délibérations des Chambres, on s’attendait à ce que cette session ne serait ni longue, ni d’un intérêt très-vif. La première seance des Communes fut presque exclusivement occupée par des discussions sur Sa crise commerciale qui agitait f Angleterre, les traités avec les états indépendants des deux Amériques, mais particulièrement le traité conclu avec le Brésil ( que JL Broqghani espérait bien ne pas voir ratifier en raison du genre de réciprocité qui! exigerait de la part de Y Angleterre), et enfin sur les affaires de l’Irlande et de rinde. Cannipg prit la parole après RL Hume, et, après s'être longuement étendu sur l'état financier de I Angleterre, il termina son discours en répondant a JL Brougham par les observations suivantes, au sujet do traité conclu avec

22 U l ST O IRE Bl H I N I 5 T È It E

1 empereur du lîrésiL « On a demandé si un certain traité conclu avec Bio-Janeiro avait ou n avait pas été ratifié par le gouvernement de S. M.; je reconnais comme l'honorable membre le caractère particulier des stipulations dont on a parlé; il en est d'autres qu'il serait impossible au gouvernement d'adopter. Ce traité a été négocié sans instructions et meme dune manière contraire aux idées que 1 habile négociateur (sir Charles. Stuart) prêtait au gouvernement anglais ; cependant, quoique négocié sans instructions, il eût éLé ratifié si Ton n’avait eu des objections h opposer : mais il n'a pas été et ne sera pas ratifié, et il en a été donné avis à Rio-Janeiro. »

Cependant la mort de l'empereur Alexandre, qu’on présumait alors devoir exercer sur la politique européenne une influence beaucoup plus grande qu'il n'en exerçait en effet, venait de changer lotît l\ coup l'aspect des affaires dans FO rient. On pensait a Londres que le gouvernement grec, accablé sous les forces supérieures et sans cesse renouvelées du vieoroi d’Egypte, et qui venait de voir refuser, par ]’Angleterre } l’offre du protectorat que celle-ci ne pouvait accepter sans allumer immédiatement la guerre, saisirait l'occasion d'un nouveau règne, pour essayer de nouveaux efforts auprès de Constantin, qu’on regardait encore comme 1 héritier d'Alexandre, et dont on connaissait

ï>E G» CANîfïîïG,

tout rattachement à la cause grecque, et pour décider ce prince à s'en déclarer hautement 1 appui.

Ce fut lu S février que le due de Wellington, dont nous avons précédemment annoncé la mission , se mit eu route pour Saint-Pétersbourg, tant dans le but d’empêcher la Russie ( ainsi que lavait fait T Au triche l'année précédente) de commencer contre la Turquie une guerre isolée, que pour offrir au cabinet de Saint-Pétersbourg de coopérer avec les autres puissances à f affranchissement de la Grèce- Canning connaissait toute riniportance de cette négociation sous plus d'un rapport. G était un fait avéré qu'il riy avait jamais eu d accord et de confiance entre M* de Nesselrode* ministre des affaires étrangères de Russie et le prince de MeUernich, et que par cette raison l’empereur Alexandre, qui s était constamment montré favorable a 1 Autriche et lui avait été si utile lors des traités de Taris en 1814 et en 1815, et aux congrès d'Aixla-Chapelle, de Carslbad, de Laybach et de Vérone, s était constamment réservé la connaissance et la direction des affaires extérieures de son empire; mais cet état de choses venait de changer parla mort de ce prince. M. de Nesselrode avait repris son influence; et le prince fie Metternidb, ennemi déclare de la cause grecque, se retrouvait dans l’absolue nécessité Je correspondre avec le ministre russe, peu disposé k faire seconder par son nouveau maître les vues

2( BISTOÎ R JC DI MIffISTÈEE

fin cabinet autrichien en Italie et à la diète germanique, à l’appuyer dans ses démarches contre les princes du second rang en Allemagne, et h fermer les yeux sur son alliance secrète, mais constante, avec le divan. ennemi naturel de la Russie et des co-religionnaires de cet empire, C’était au milieu de ce conüit d'intrigues politiques qu allait se présenter le due de Wellington, au nom duquel ou attachait sans doute une plus grande puissance qu’à ses talons comme ambassadeur, puisque, dans l’absence reconnue de ces ta'ens, on avait cru devoir attacher à sa mission des hommes du plus rare mérite, et qui, tous, avaient été chargés précédemment de négociations importantes. Ganning, qui n’avait voulu toutefois rien entreprendre que de concert avec les cabinets du continent, espérait bearicoup en faveur de la cause grecque, des efforts

tanément et dans un même esprit k Constantin tinople, où elle était dirigée par M. Stratford- Canning, et à Saint-Pétersbourg, où le duc de Wellington exécutait littéralement les instructions que lui apportait chaque courrier.

L’une des plus habiles conceptions politiques de Canning fut, ii cette époque, d'avoir réussi a faire reconnaître par le roi Jean VI de Portugal, 1 indépendance du Brésil, à laquelle les cabinets du continent ne lardèrent pas à donner leur adhésion. Prévoyant de loin Ics*événemens

qui pouvaient amener entre le Brésil et les républiques américaines une guerre qui depuis a éclaté , il avait, par cette reconnaissance, fait sortir l'Angleterre de la position équivoque dans laquelle elle se fût trouvée en qualité d’alliée du Portugal, dans le cas où le Brésil eût été encore sous la dépendance de droit de son ancienne métropole.

Les immenses travaux auxquels se livrait alors Canning, ne lui faisaient point Oublier ses devoirs de fils, mais il lui restait bien peu de momens pour y satisfaire. Parti de Londres le 28 mars pour se rendre à Marlborough et à Bâtir, où l'on sait que résidait sa mère, il eut à peine le temps dépasser vingt-quatre heures avec elle: il avait déjà repris la route de la capitale, lorsrîu'appelé à Windsor, il rencontra le 31 , à Sait— Hill, sou secrétaire particulier qui lui portait des dépêches et l’ordre du roi de se rendre immédiatement auprès de lui. Arrivé à Londres, il y laissa sa voiture, partit a cheval pour Windsor, et après un entretien de trois heures avec le roi, il revint à Londres de la même manière, et passa le reste de la journée à répondre aux dépêches arriérées pendant sa courte absence.

Un empressement extraordinaire, mais qui n’a pu surprendre que ceux qui ne savent pas combien la politique est positive et admet peu ces émotions généreuses, qui, dans un autre ordre d’idées, contribuent si puissamment à notre bonheur, avait été mis par Canning à faire rendre

1 ordre du 30 septembre 1825, dont il a déjà été question, portant prohibition d exporter*, pendant six mois, hors de la Grande-Bretagne des armes et des munitions de guerre. Ou ne pouvait pas douter que eet empressement neût pour cause principale, et peut-être unique, le soin des intérêts du commerce britannique, auquel, d un moment à l'autre, toute protection pouvait être retirée dans le Levant par ce gouvernement défiant et capricieux, au premier soupçon de quelque connivence existante entre !e cabinet de Londres et la Grèce. Gomme les six mois étaient expirés au 4 octobre 1826 et que 1 ordre n avait point été renouvelé, il fut naturel de conclure de cette circonstance que le gouvernement anglais devenait plus favorable a la cause de J indépendance de la Grèce. D’ailleurs, on savait déjà que cet ordre n’avait été qu une démonstration sans valeur réelle, faite par le cabinet britannique, non moins pour condescendre au vœu du corps diplomatique que pour donner aux Turcs un témoignage de sollicitude en leur laveur, et conserver ainsi, dans l'intérêt même des chrétiens d Orient, une grande force a 1 influence britannique sur les conseils du Divan. Personne, en effet, n ignore aujourd'hui que ces armes et munitions pouvaient être transportées en Grèce, de pays plus à la proximité de 1 Archipel. Quoi quil en soit, la pensée secrète de Ganning avait été encore une fois péné-

tréeà travers les voiles dont la diplomatie Pavait forcée à se couvrir,et cependant la neutralité de la Grande-Bretagne n'avait reçu aucune atteinte.

Apres un séjour d'environ un mois et demi à Saint-Pétersbourg, le duc de Wellington était de retour en Angleterre le 27 avril ; et dès le 28, après avoir vu le roi, il eut avec Caiming un entretien de plus de deux heures. Le due n’av&it pas réussi dans la partie de sa mission qui avait pour but d'obtenir de la cour de Russie l'assurance que la guerre n’éclaterait pas entre celle puissance et la Porte, relativement h des objets qui ne se rattachaient pas immédiatement à la lutte actuellement existante entre le Divan et les Grecs ; mais ses représentations avaient obtenu un succès complet dans la question de rîndèpendaace de ce peuple héroïque, a laquelle la Russie déclarait n apporter aucun obstacle , et qui, daprès le général diplomate, ne dépendait plus maintenant que de sa propre énergie et de ses ressources militaires.

Mais six ans dune guerre horrible, pendant laquelle la Grèce chrétienne avait été abandonnée par les rois chrétiens au fer des Musulmans, avaient épuisé les ressources militaires sur lesquelles on paraissait compter encore a Saiut- Pétersbotirg ; et son énergie n aurait eu probablement d’autre résultat que de tarir, jusque dans ses dernières sources, çe qui restait encore de sang chrétien eu Orient.

Cauiiiag apprécia il toutes ces considéralions, il sentait qu il (allait se hâter de mettre h prolit les dispositions favorables de la Russie sur la question de l’indépendance ; que, par suite de la dlUte Prochaine de Missolonghi la Porte deviendrait plus arrogante dans ses prétentions; que 1 honneur et l'humanité exigeaient désormais que 1 Angleterre développât rapidement sou système politique et le lit exécuter avec vigueur. H reconnut que, pendant qu’on avait négocié heureusement à Saint-Pétersbourg et assuré dans ce cabinet, par des voies diplomatiques, l'indépendance de la Grèce, le seul moyen de parvenir au même but a Constantinople, eût été de porter lellroi dans les conseils du grand-seigneur; et qu’enfia le temps était venu d’employer la force, puisque la raison et la justice avaient perdu tout espoir de se hure entendre*

Cependant les grandes considérations dlntérët commercial se représentaient sans cesse et eni t av aient les plus généreuses résolutions du seerétuiie d élai des alluires étrangères , en lui mou-

1 Les ru ines de cette ville héroïque étaient tombées au fiOMoir d Ibrahim-Pacha le 23 avril, cinq jours avant 1 entretien de Gaiming avec le duc de Wellingtonj et, bien qu on ne jaxt en avoir connaissance a Londres, ou s attendait à tout instant à reeevoireetle funeste nouvelle. Les horribles détails de la prise de cette place forte sont racontés dans VHistoire du Siège de Missolonghi, par Vugustc l abre, publiée chez Moutardier.

HE G, CATÎNÏXG.

IraiU les comptoirs et les négociant anglais dans le Levant , sur le point d'éprouver tout le ressentiment du !a Porte ; leurs ëtablissemens et leurs fortunes particulières livrés au pillage; leur vie même exposée a la fureur des Musulmans. Toutes les lettres qui arrivaient de l'Orient au gouvernement et au commerce étaient remplies de ces craintes , et demandaient protection.

Les alla ires de ï intérieur n offraient pas de moindres embarras a Canning qui, dès cette époque j pouvait être considéré comme ministre dirigeant, bien qu’il n’eût pas encore le titre de premier ministre. L’état des districts manufacturiers était loin d'être satisfaisant, et la perspective qu i 1 ôffrait était plus inquiétante cnccre. Dans la séance des Communes du 1 er . mai, Catming annonça qu’il présenterait le lendemain une motion ter! dan Le îi ce que les blés existons en magasin fussent livrés h la consommation , et à demander, pour les ministres, lautorisation d’admettre les grains étrangers, s’ils le jugeaient nécessaire; il appuya surtout sur ce dernier point, que son importance, dit-il, ne rendait susceptible d’aucun ajournement. Voici, en substance, le discours qu’il prononça à cette occasion.

« Les nouvelles que nous avons reçues aujourd'hui des districts manufacturiers sont telles, quelles doivent affliger tous les cœurs sensibles, et je suis convaincu que tout le monde rccon-

30 HISTOIRE nu MINISTÈRE

naîtra qui] est des circonstances dans lesquelles les ministres doivent, sans égard pour les principes, prendre quelques mesures afin de résister à une crise. Lorsqu’ils sont arrivés à ce point, il ne leur reste qu’à agir de manière à déranger le moins possible le système existant et à faire promptement le bien. Il y a, dans ce moment, une grande quantité de grains qu’on ne peut, d’après les règlemens existons, livrer à la consommation, et on se rappelle que lorsqu'on voulut discuter, il y a quelques jours, les lois sur les grains, je m’y opposai, dans la conviction que le moment nétait pas favorable. Telle était mon opinion alors; je n’en ai pas changé, et je ne croîs pas que la mesure que j’ai l’intention de proposer y soit contraire, parce que la position actuelle fait une exception , et cette exception ajoute encore un nouvel obstacle à la discussion générale.

» Le gouvernement doit vous demander une mesure semblable à celle adoptée l’année dernière, et tjui peut être employée cette année avec utilité. Nous engagerons donc le parlement à livrer a la consommation les grains emmagasinés. 11 y en a environ 300 mille mesures ( 2 millions dH) mille boisseaux). Cette quantité, qui ne pourra avoir aucune influence défavorable sur \ ùti\i de 1 agriculture * suffira pour diminuer la misère* On la sent d'autant plus vivement quon sait qiie eu blé est en réserve, et qu il est évident

DE G. CANKIWG. 31

que la co-existenee de deux états de choses si différons, 1 abondance et le besoin, augmente le mal et rend nécessaire l’intervention du gouvernement.

» Comme il est impossible de prévoir la nature de la récolte prochaine, nous demanderons, comme mesure de précaution et momentanée, ce qu’il ne conviendrait pas d’adopter comme principe général, c’est-à-dire, le pouvoir discrétionnaire de permettre, selon le besoin, l’importation des grains étrangers pendant l’intervalle qui s écoulera entre cette session et la suivante. Telles sont les mesures que le gouvernement a ! intention de soumettre à la discussion du parlement, et j’espère pouvoir démontrer demain que les ministres de S. M. ne pouvaient agir autrement pour porter un remède prompt et efïicace aux maux qui accablent la classe ouvrière. Les grains étrangers qui pourront être importés, paieront un droit de douze sliellings par mesure. »

Toutes les propositions faites par Canning reçurent l’approbation des deux côtés de la Chambre, où l’on ne remarquait déjà plus de traces de 1 opposition que dans quelques circonstances rares, tant la confiance dans les intentions et la haute habileté du ministre s’était fermement établie dans le parlement et dans la nation; mais plus ces sentimens acquéraient de force et de stabilité parmi toutes les classes des citoyens

de Londres , et s’étendaient dans le reste de Y An* gleterre, plus la faction oligarchique, d'intelligence avec les agens des cabinets alliés du continent, et les ministres de ces cabinets, à Londres, redoublait de manœuvres et préparait d intrigues pour faire échouer les résolutions les plus sages, les plus nationales, les plus profondément conçues par George Can ni ng, eu l’attaquant, dans 1 opinion publique, par des bruits sourds et des insinuations perfides, adroitement mis en circulation : et dans la confiance même du roi, par des voies plus détournées, et qu'on savait devoir repoudre directement au cœur du monarque.

Ce système, suivi, comme ou la vu dès le commencement de cet ouvrage, avec la plus odieuse persévérance, n était maintenant ignoré que de bien peu de monde , et se trahissait pqr 1 excès même de sa violence; aussi 1 instant approchaitil où, par la nature seule des choses et l’impossibiüté d’aller plus avant avec des élémens aussi contraires, une explosion allait devenir inévitable dans le cabinet.

On a également vu que la question des Céréales, qui intéresse si essentiellement fe peuple , était devenue, entre les mains des ennemis de Canning, une arme qu'ils dirigeaient sans cesse contre lui. Un nouvel effort fut tenté par < ux dans la séance du 3 mai au soir, au moment où, conformément a l’ordre du jour, il proposa a la Chambre de se former en comité

UE G. CAKN1NG.

secret pour dé libérer sur l’acte de la troisième année du règne de George IV, chapitre soixante. Cette proposition devint le signal d’une attaque fort vive de la part de sir Thomas Lethbridge , homme de Tort peu de moyens, serviteur dévoué de la faction oligarchique, et b qui la haine aveugle et infatigable qu’il portait à Cnnning, a donné une sorte de célébrité malheureuse.

Après avoir fait à la classe agricole et à ceux qui sont intéressés à son bien-être, un appel, que le duc de Wellington a renouvelé à la lin de 1827 sur les divers points de l’Angleterre qu’il a parcourus dans le but avéré de susciter de toutes parts des ennemis et des obstacles à l'administration formée par Canning, sir Thomas Lethbridge accusa les ministres, bien que ce fût Canning seul qu’il eût eu vue, « de vouloir se débarrasser des lois céréales, sans avoir l’air de les attaquer.» Fidèle à son mandat, il s’éleva contre la liberté du commerce, liée à toutes les autres libertés , et soutint qu’elle n’avait été utile qu’aux étrangers.

La réponse de Canning fut sage et modérée, parce quelle était fondée sur îles faits positifs : «Personne, dit-il, ne penserait plus mal du gouveruemeut que moi, si je croyais que sou but fût de se débarrasser des lois céréales, de la manière dont parlent les honorables préopina ns.

» Il est inutile de rechercher les causes des

Page 1