AU DEN ARDE
La première charte d’institution du corps des tapissiers de cette ville est du 1 1 juin 1441 ; toutefois M. Pinchard ne paraît avoir trouvé trace de quelques noms et documents qu’à partir de 1499.
Nous devons croire qu’Audenarde s’est spécialisée dans la fabrication des verdures; c’est pour un travail de ce genre que Philippe Van Home est cité, en 1504, dans le livre de M. Houdoy. C’était aussi, sans doute, pour y créer les verdures que Jaspart émigrait d’Àudenarde, à Lille, en 1654, comme en 1650, Jean Jans était appelé aux Cobelins
Ce que l’Exposition du costume nous a montré en produits de cette ville ne peut que justifier sa haute réputation; il y avait deux pièces signées de I. Van der Goten et faisant partie d’une suite de l’histoire d’Eurydice; les bordures sur fond brun offraient une riche composition de fleurs et ornements, coupée par des têtes de cerf et de chien d’une merveilleuse exécution ; dans le premier tableau, au milieu d’un paysage plantureux, apparaissait un groupe de Nymphes près d’une fontaine et, sur la droite, Eurydice piquée au talon par le serpent ; dans le second, un paysage non moins riant devait pourtant montrer le vestibule de l’enfer; sur la droite, un immense palais précédé de vasques à jets d’eau figurait l’entrée peu effrayante des sombres lieux, et l’on voyait Orphée, chargé de sa lyre, se présenter devant Pluton et Proserpine, assis sous les frais ombrages, pour obtenir d’aller chercher Eurydice a,u bord du noir Cocyte.
Une grande largeur d’effet, des teintes adroitement ménagées rendaient ces tableaux fort dignes d’attention. M. le comte de Brimont, à qui ils appartenaient, avait exposé une troisième pièce, non signée, mais tout aussi remarquable ; la bordure était un encadrement d’or à riches détails ; dans le paysage, fourni de grands arbres d’un vert
TENTURES, ÉTOFFES
vif, on apercevait des constructions antiques de grand style ; puis, au premier plan, des personnages drapés à l’antique.... que dire de cet anachronisme?... prenaient le chocolat.
TOURN AY
M. Houdoy trouve la première mention de cette fabrique en 1448, pour un payement fait à Robert Davy et Jehan de l’Ortye, marchans houvriers de tapisserie ; il s’agit de huit pièces de tapis de haute lisse mesurant cent vingt aunes, représentant l’histoire de Gédéon, et commandés par le duc Philippe le Bon ; l’exécution en était faiLe d’après les patrons de Bauduin le peintre, de Bailleul.
En 1401 , c’est Pasquier Grenier qui reçoit le prix de plusieurs pièces de la tapisserie, ouvrées de fil de laine et desoije.... fais et ouvrés de l'istoire du roy Assuere et de la royne Hester.
En 1501, c’est Collart Bloyart qui livre de nouvelles histoires à personnages fais de soye à manière de bancquets. Puis, en 1504, Jean Grenier livre une tapisserie richement faite à la manière de Portugal et de Indie pour icelle envoyer en France.
Que de choses dans ces courtes indications et combien l’étude a encore de chemin à faire! Ce qui ressort de ceci, c’est que Tournay avait d’importantes fabriques et occupait un rang distingué dans l’art de la haute lisse.