C.... Alcado. Tolède, Cuella et Badajos
Camo, épée. Arm. espagnol, dix-septième siècle.
Chataldo te fecit. Sur la lame de l'épée de François Ier, lame du quinzième siècle.
Clemens Horum me fecit Solingen. Epée à deux mains.
Clcment Horn me fecit Solingen. Epée.
Seizième siècle.
Da Pedro, Jopo Antoia, épée. Armurier espagnol, seizième siècle.
Domingo de Aquirre, (ils de Ilortuno Tolède (22).
Domingo Corricntcz. Tolède et Madrid.
Domingo de Lama. Tolède (23).
Domingo Maestre, le vieux. Tolède (18).
Domingo Maestre, le jeune. Tolède (19).
Domingo.... de Orosco. Tolède (17).
Domingo Rodriguez. Tolède (20).
Domingo Sanchez Clamade. Tolède (21).
Favian.... de Zafia. Tolède (25).
Federico Piccinino. Épée. Seizième siècle.
Francisco de Alcoces. Tolède et Madrid (30).
Francisco Cordoi. Tolède (52).
Francisco Gomez. Tolède (28).
Francisco Lurdi. Tolède (51).
Francisco Perrez. Tolède (55.
Francisco.... Ruiz, le vieux. Tolède (26). Francisco Ruiz, le jeune, frère d’Antonio. Tolède (27).
Francisco de Zamora. Tolède et Séville.
Gabriel Martinez, fils de Zabula. Tolède (56).
Gil de Alman. Tolède (57).
Giraldo Reliz. Tolède (54).
Gonzalo Simon. Tolède (55).
Hortuno.... de Aquirre, le vieux. Tolède
Jen Hartcop, deux fois répété. Épée de la coll. Séchan.
Johannes me fecit. Epée. Arm. ital.
Seizième siècle.
Johann Brocli del rei David. Épée. Arm.
espagnol, seizième siècle.
Johannes IIopp, glaive de justice. Seizième siècle.
Johannes de la Orta. Epée. Seizième
siècle.
Johannes Wundd, et la marque à la levrette. Épée. Arm. flamand, dix-septième siècle.
Joseph Gomez, fils de Francisco Gomez.
Tolède (62).
Josepe de la liera, le vieux, Tolède (65). Juanez de Tolledo (54).
Juanez Uriza. Tolède (58).
Julian Garcia. Tolède et Gucnça(60).
Julian del Rey. Tolède et Saragossc (59) . Julian de Zamora. Tolède (61).
Luis de Ayala, lils de Thomas de Ayala. Tolède (71).
Luis de Nicva, Tolède et Calatayud (75).
Luis de Nivez. Tolède (70).
Luis de Saliagun, fils d’Alonzo le vieux. Tolède (75).
Luiz de Saliagun, autre fils d’Alonzo le vieux (74).
Luis de Vcl monte, fils de Pedro de
Velmontï. Tolède (72).
Lupus Aguado, fils de Juanes Mutelo.
Tolède et Saint-Clément (76).
Malvanta, iu Toleta. Épée de la col 1 . Séclian.
Marson, sur une épée marquée d’une ligure d’animal .
Miguel Cantero. Tolède (77).
Miguel Sanchez, fils de Domingo. Tolède (78).
Miguel Suarez. Tolède et Lisbonne (79).
Nicolas Hortuno de Aquirre, petit-fils tic Hortuno. Tolède (80).
Pctro Caimo I seo Delio. Epée. Arm.
espagnol, seizième siècle.
Pctro de Arechiga. Tolède (82).
Petro de Lazama. Tolède et Séville (84). Ivanogil, épée espagn. Arm. italien, seizième siècle.
Josepe de la Itéra, le jeune. Tolède
Josepe de la liera, le petit-fils. Tolède
Josepe de la liera, fils du petit-fils. Tolède (66).
Josepe de la liera, fils de Silvcstrc. Tolède (67).
Juan de Alman. Tolède (45).
Juan de Lcizade. Tolède et Séville (40).
Juan Martin. Tolède (59).
Juan Martinez, le vieux. Tolède (41).
Juan Martinez, le jeune. Tolède et Séville (42).
Juan Martinez Menchaca. Tolède et Lisbonne (47).
Juan Martus de Garata Zabula, le vieux. Tolède (46).
Juan de Meladocia, Tolède (51).
Juan Moreno. Tolède (49).
Juan Dos. Tolède (48).
Juan Ruiz. Tolède (45).
Juan de Salcedo. Tolède et Yalladolid (50).
Juan de Toro, fils de Pierre Toro. Tolède (44).
Juan de Vergos. Tolède (52).
Juanez, le vieux. Tolède (57).
Juanez de Alguiniva. Tolède (55).
Juanez.... de la Horta. Tolède, 1545 (55).
Juanez Muleto. Tolède (56).
Pctro de Lazaretta. Tolède et Bilbao (85).
Petro Lopez. Tolède et Orgoz (85).
Petro de Orozco. Tolède (86).
Petro de Toro. Tolède (81). •.
Petro de Vilmonte. Tolède (87).
Petrus Ancinus regiensis 1661. Reggio.
Philippe de Salles. Épée, seizième siècle.
Rogne Hernandez. Tolède (88).
Sahagom. Épée. Arm. espagnol, dixseptième siècle.
Sébastian Hernandez, le vieux, vivait en 1657. Tolède (89).
Sébastian Hernandez, le jeune. Tolède et Séville (90).
Silvcstrc Nieto. Tolède (91).
Silvestre Nieto, fils. Tolède (92).
Thomas Ayala, vivait en 1625. Tolède (95).
Thomas Ilaïala. Épée. Arm. espagnol, dix-septième siècle.
Thomas Layala. Épée. Arm. espagnol, seizième siècle.
Vernier (Pierre), forgeur d’épées. Logé au Louvre en 1608.
Vial. Épée. Arm. espagnol, dix-septième siècle. Fin.
Ygnacio Fernandez, le vieux. Tolède
Ygnacio Fernandez, le jeune. Tolède (69).
Zohannes Iveindt me fccit Solingen. Épée. Seizième siècle.
Zamorano el Toledano (94).
OBJETS D’ART ORNEMENTAL
EB. Bais d’une arquebuse à fines incrustations. Coll. Saint-Seine.
Frantz Heintz in Sternberg, dix-septième siècle. Carabine à rouet. Coll. Séchan (I).
Épée du règne de Louis XIV (II).
Epée ciselée du seizième siècle. Coll.
Saint-Seine (III).
Fer magnifiquement ciselé d’une ar-
quebuse à rouet, bois incrusté richement et signé EB. Coll. Saint- Seine (IV).
Rapière à feuillages et rinceaux. Coll.
Saint-Seine (V).
Pistolets à rouet, datés de 1577. Coll.
Séchan (VI).
Épée ciselée sur fond d’or. Seizième siècle. Coll. Saint-Seine (VII).
L’émulation, peut-être la honte de payer ainsi un tribut forcé au talent d’ouvriers étrangers, engagèrent les nations policées à créer chez elles une industrie rivale de celle des Espagnols. L’Italie fut, sans doute, des premières, si l’on doit lui attribuer la lame du quinzième siècle ajoutée à la poignée de l’épée de François Ier et qui est signée Clmtaldo te fecit ; quant aux noms de Biscoli, Johannes, Federico Piccinino, et Petrus Àncinus de Reggio, ils doivent témoigner de l’avancement de l’art dans ce pays. L’Allemagne, fort avancée dans la fabrication des armes, nous offre un glaive de justice signé Johannes Hopp ; Clément Horn et Clémens Horum qui est sans doute le même, et Johannes Keindt, de Solingen, nous montrent le travail de cette usine célèbre; enfin un Flamand, Johannes Wundd, signe et marque d’une levrette une épée sortie de ses mains. Quant à Philippe de Salles, dont le nom se trouve sur une lame de la moitié du seizième siècle, il paraît bien Français et, sans doute, il eut des émules chez nous, puisqu’on 1608 Pierre Vernier, forgeur d’épées, était logé au Louvre ainsi que Jean Petit, fourbisseur, doreur et damasquineur.
On ne s’étonnera pas de nous voir passer légèrement sur les dagues et poignards qui répètent les différentes transformations des épées et dont les poignées souvent très-riches sont dignes aux mêmes titres de venir prendre place dans la panoplie. Il nous reste à parler des armes d’hast pour arriver ensuite aux armes à feu. Les lances n’ont guère leur place que dans un cabinet spécial d’armes; il faut parvenir à l’époque des fauchards, épieux, des pertuisanes et hallebardes, pour trouver des formes pittoresques et une ornementa lion remarquable ; on voit alors le fer se découper curieusement, se couvrir de riches gravures, où figurent souvent les blasons dorés du prince à qui appartenaient les compagnies. Les pertuisanes différaient des hallebardes en ce qu’elles n’avaient que des ailerons à la base de la lame;
les haches des hallebardes, à tranchant droit dans les plus anciennes, se creusent parfois en croissant ou s’arrondissent en dehors.
La guerre n’avait pas tardé à faire désirer les moyens de frapper
de loin et de préparer ainsi le moment du choc personnel. L’invention de l’arc dont la flèche bien dirigée pouvait frapper à distance répondait à ce besoin ; mais celte distance demeurait assez restreinte et la flèche n’arrivait pas toujours assez sûrement à son but; on lui substitua
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OBJETS D'ART ORNEMENTAL
donc l’arbalète, c’est-à-dire un arc très-fort fixé sur un arbrier ou fût en bois creusé d’une rainure pour diriger le trait; de là les arbalètes à pied de biche, à cric, à tour, servant pour la guerre, et les arbalètes à jalet et à baguette plus spécialement destinées à la chasse. Ces différentes espèces que nous n’avons pas à décrire devinrent au seizième siècle l’objet de travaux curieux de la part des artistes ; le bois de l’arbrier se couvrit d’incrustations d’ivoire ou de cuivre finement taillées et gravées ; le fer de l’arc fut ciselé avec soin. On se rappelle l’arbalète à jalet de Catherine de Médicis; son bois d’ébène sculpté de dauphins et chargé des fleurs de lis de France portait des garnitures en acier bruni finement ciselé et damasquiné d’or aux chiffres de la célèbre Florentine. De l’arbalète à l’arquebuse il n’y a qu’un pas pour l’art, bien que ce soit une révolution complète, au point de vue de la guerre. Comme cette révolution correspond, au commencement du seizième siècle environ, on comprendra que notre pensée n’a rien d’hyperbolique; les deux mêmes natures d’ouvriers devaient y prendre part, l’armurier pour fabriquer le canon et les garnitures de la batterie, le sculpteur-ébéniste pour tailler et orner le bois. Nous n’avons pas à décrire les différents genres d’arquebuses à rouet, les premières à système extérieur, les autres à appareil enfoui dans le corps de platine. C’est vers 1650 que le chien et la batterie furent substitués au rouet, autre changement capital et pourtant sans importance sur l’ornementation des armes et leur aspect décoratif.
Les premiers armuriers célèbres dans l’arquebuserie furent Simon Marenarte et Pedro Maese que Charles-Quint fit venir à Madrid pour y fonder une fabrique qui, en 1777, produisait encore une belle arme signée de Fran0 Ànt° Guarzia. Maistre Gaspard, Milanais, fut aussi trèscstiiné au seizième siècle, puisque Brantôme le déclare « le meilleur forgeur de canons et maistre qui jamais sera. » La France ne tarda pas à suivre, et nous trouvons sur une carabine à rouet du dix-septième siècle le nom d’Habert, à Nancy. Quant à l’Allemagne, elle nous fournit Frantz Heintz, de Sternberg, Johann Georg. Dax, de Munich.
Les pistolets, qui n’étaient que de petites harquebuses, eurent aussi leurs artistes ; des canons sont signés par Giemutti, Antonio Francino, Gio-Battista Francino, F. Bigoni de Brescia ; Giovanc Borgognone, de la même ville, faisait la batterie ornée de pistolets dont les canons sortaienl de l’atelier célèbre de Lazarino Cominazo. La Fontayne, à Mouer-
gués, signait en 1045 de beaux pistolets français, et l’on sait d’ailleurs que, de 1590 à 1003, il y eut cà Blamont (Meurthe) une fabrique de pistolets particulièrement estimée.
Les auteurs de la taucbie ou incrustation sur bois ont signé moins souvent. On trouve pourtant une carabine à rouet ornée par S. Fachenauer, et des pistolets dus à Gio Marno ; Barto Bonfadino a aussi laissé son nom sur un pistolet à rouet.
ORIENT
L’Orient, si bien en avance sur nous pour l’invention de la poudre à canon, puisque les Chinois la connaissaient 400 ans avant J. C., est pourtant le peuple le plus arriéré au point de vue de la fabrication des armes défensives. La Perse, l’Inde, la Circassie ont conservé, jusque dans les époques voisines de nous, ces vêtements de maille dont se couvraient les hommes d’armes du treizième siècle; à peine si dans quelques armures on trouve les quatre plaques rectangulaires dites miroirs destinées à défendre particulièrement la poitrine, le dos et les côtés. Ces plaques sont assez souvent ornées d’incrustations en or ou en argent et d’inscriptions religieuses demandant une défense morale contre les coups de l’ennemi. L’armure était complétée par un bouclier ou rondache en peau de rhinocéros ou en fer, très-orné, qui couvrait le corps du côté gauche, et par des brassards à gantelets de maille dont la cubitière garantissait le bras droit lorsqu’il maniait les armes. Rien n’est plus élégant que ces brassards généralement en damas, souvent à reliefs imitant des lames mobiles et toujours rehaussés de bordures, médaillons et légendes en or incrusté dans le métal.
Les casques correspondent à cette forme de vêtement ; ils sont généralement à timbre sphérique surmonté d’une pointe quadrangulaire, à nasal mobile découpé en fleuron cà ses deux extrémités et pourvu de
Râtelier d'armes birmanes anciennes à poignées d’ivoire sculpté ou de damas damasquiné. (Collection de 51. J. Jacquemart.)
OBJETS D’ART ORNEMENTAL
un ou deux porte-aigrettes; un camail fixé au timbre et dont les mailles descendent en longues dentelures complète la défense du col. Souvent en maille très-fine, ce camail est ordinairement losangé ou rayé de mailles dorées.
Les casques circassiens et indiens, qui se ressemblent beaucoup d’ailleurs, sont presque toujours damasquinés d’or, et parfois gravés de médaillons à inscriptions en relief; quant au casque persan, il en diffère sensiblement : son timbre est conique et surmonté d’une sorte de bélière mobile qui remplace la pointe des autres. Ce casque, renforcé au pourtour et au sommet par des appliques découpées et relevées d’ornements dorés et de médaillons à légendes niellées, est d’une grande beauté d’ensemble et d’une élégance incomparable de détails.
C’est ici le moment, sinon de décrire au moins de mentionner les armures de l’extrême Orient qui vont aussi disparaître. L’armure chinoise n’existe pas sous les formes décrites jusqu’ici ; c’est une sorte de brigantine dont les plaques métalliques se dissimulent sous les élégances d’une garniture extérieure en étoffe. L’armure japonaise diffère peu de celle-ci ; dans sa forme ordinaire, c’est aussi une sorte de brigantine à lames à recouvrements maintenus par des ganses de soie. Le casque est en métal fréquemment laqué et orné d’un grand couvrenuque à lames mobiles, et de sortes d’oreillons presque toujours armoriés, ainsi que d’un ornement antérieur en croissant ou en cornes de bœuf; l’avance plus ou moins grande recouvre un masque grimaçant en cuivre noirci qui défend la partie inférieure de la tête. Dans quelques anciennes armures un véritable corselet en tôle de fer damasquinée remplace les lames pectorales et dorsales, et le casque à timbre arrondi avec son avance en visière semblerait copié sur les bacinets du quatorzième siècle. Les armes blanches orientales sont un des plus précieux ornements des panoplies ; leurs poignées élégantes parfois sculptées sur la dent de morse et l’ivoire, plus souvent taillées dans l’or, l’argent et dans les matières dures comme le jade, l’agate et le cristal de roche, sont relevées encore par des applications de pierres précieuses. Mais là n’est pas leur seul mérite ; la réputation des lames de Damas est européenne, et malgré la vogue dont ont joui même en Orient les lames de Tolède, certains damas sont devenus d’une insigne rareté et s’y vendent aujourd’hui à des prix fabuleux dont en France on est loin d’approcher. Un fabricant célèbre, Assad-Allah d’Ispahan,
qui vivait sous Abbas le Grand, a donné son nom aux plus belles lames, et on dit en Orient un assad-allah comme nous disons un André ferrare ou une clamade. Il est nécessaire d’ajouter que cette réputation même est un danger pour le curieux; beaucoup d’armes ont reçu le nom d’assad-allah afin d’en augmenter le prix. Les lames vraies se reconnaissent à la finesse du grain et à la bonté de la trempe ; c’est ce qu’on nomme le vieil acier des Indes dont le secret est perdu.
Les plus renommés des fourbisseurs mettaient leur nom ou leur marque et nous avons vu cette légende : « Abbas Sarlahnaber a fabriqué le lion de Dieu ; il n’y a de prophète qu’Ali ; il n’y a de glaive que Joulfikar. » C’est en Perse surtout que la réputation se soutient pour les fameuses lames du Khorassan ; les damas noirs de Constantinople sont encore fort recherchés ; enfin, dans le damas même il est des variétés rares dues au genre de fabrication : tel le damas bilieux remarquable par sa couleur jaunâtre. Dans les damas gris ou noirs on distingue aussi le ronceux, celui à échelles, et* ceux où le travail offre des particularités singulières telles que des découpures à jours, des évidements garnis soit de petits grains de rubis, soit de boules en damas roulant entre les rainures.
Les sabres persans ou turcs sont tous courbes et à poignées assez simples déformé, leur mérite est dans la lame seule; l’Inde offre au contraire assez souvent des armes droites, sortes d’épées ou de sabres à spatule vers le bout, appelés Kounda. Presque toujours les poignées indiennes se distinguent par leur petite dimension et par une rondelle en forme de cuvette servant de pommeau ; parfois celte cuvette est surmontée d’une petite tige un peu recourbée. On trouve parfois des épées indiennes dont la poignée arrondie enveloppe la main et se continue par un brassard. Comme on en trouve dont la lame est flamboyante ou en dents de scie.
Inutile de dire que les poignards sont non moins riches que les sabres; souvent damasquinés sur la lame, ils ont des poignées précieuses de la plus grande élégance. Le jade, le cristal rehaussés de pierres précieuses serties d’or, en sont les éléments les plus ordinaires, et chose vraiment remarquable, cette richesse et ce goût semblent s’étendre à toutes les nations d’origine indienne, à l’empire birman, la presqu’île de Malacca, le royaume de Siam et jusqu’à Java. Ce qui permet de distinguer foute cette dernière famille de produits, c’est la
Lance de damas ciselé et orné de rubis. Lance de damas ciselé et revêtu d’argent; travail hindou de haute époque. (Collection de M. J. Jacquemart.)
OBJETS D’ART ORNEMENTAL
présence de figures monstrueuses étrangères aux habitudes d’ornementation des Hindous proprement dits.
Il y a là, surtout parmi les poignards et à commencer par les khouttars, toute une collection précieuse et intéressante à former, les kris et les couteaux malais avec leurs ciselures merveilleuses creusées dans l’or et l’argent venant clore la série.
Nous voudrions parler des masses d’armes aux ailes découpées à jour, aux hampes damasquinées etrehaussées de turquoises; des haches d’armes au tranchant bordé d’inscriptions, au fer damasquiné d’or, qui transforment parfois leur hampe en un pistolet primitif à mèche et de ces armes d’hast, lances au fût peint en laque des plus riches arabesques ou tout en fer ciselé à la lame ciselée de fines arabesques et relevée de rubis.
Mais il faut arriver aux armes de jet et nous arrêter un instant sur les arcs, instruments primitifs sans doute, mais dont l’usage s’est prolongé en Orient jusqu’aux temps modernes ; les grands arcs de l’Inde en bois peints de fins ornements polychromes, ceux de la Chine aux décors laqués, ne sont pas les seules choses curieuses à introduire dans les trophées : il y faut joindre les rares étuis d’arcs et les carquois en étoffes brodées d’or et d’argent ou en cuir garni de métaux ciselés et gravés.
Pour parler des armes à feu nous voudrions savoir au juste ce que les historiens désignent, chez les Chinois et bien avant notre ère, comme tubes à feu, ho fuung, et globes contenant le feu du ciel, Tien ho kieou. Si ce ne sont pas le fusil et la bombe, ce devrait y ressembler singulièrement. Mais depuis 4000 ans l’Empire du Milieu a si peu progressé qu’on sait aujourd’hui quelle est l’infériorité de ses armes sur les nôtres.
Parmi les autres nations orientales, les Persans furent ceux qui se montrèrent le plus jaloux de rivaliser, pour leurs armes, avec les Occidentaux ; leur habileté dans la fabrication des damas leur permit d’obtenir de magnifiques canons souvent à rubans rayés intérieurement et pourvus de hausses mobiles et d’une visière destinée à assurer le tir ; pourtant, chose singulière, ils tiraient sans épauler et leurs fusils sans crosse devaient dépasser l’épaule. Du reste les batteries restèrent constamment rudimentaires et ne dépassèrent pas le système à la miquelet ; la gâchette n’était point défendue, en sorte que les accidents devaient
être fréquents. Mais au point de vue de l’art rien n’était plus merveilleux. Les damasquines et les inscriptions couvraient le canon et les batteries ; les garnitures d’argent niellé tranchaient sur le gris du damas ou sur le cuir noir ou vert dont le bois était garni; là où cette garniture s’arrêtait le bois lui-même était relevé des fines et patientes mosaïques du piqué de métal, de bois et d’ivoire. Les armes à feu orientales ne sont donc point indignes de rivaliser, en trophée, avec les arquebuses et les carabines de la Renaissance occidentale.