Tabari, III
vingt-et-un et de chasser les autres. Les petites armées du califat sont occupées au loin; la « garnison » ne comprend que quelques hommes. C'est la population qui répare la muraille, creuse le fossé, et nuit et jour, monte la garde avec les « gens du sultan w.1
En somme, il n'y a plus, au Xe siècle, ni pensions2 ni solde régulièrement payées; on les remplace par des concessions qui permettent aux soldats de toucher l'impôt foncier, qui échappe entièrement au calife. Moizz ad dawla le Bouyide (945) donne des terres aux généraux et aux soldats; les généraux prennent les meilleures, les font cultiver et s'enrichissent, sans aucun profit pour le Trésor. Les terres concédées aux soldats sont abandonnées, sans main-d'œuvre suivie et sans travaux d'entretien; elles ne produisent rien et les soldats demandent des compensations. En 1087, Nizâm al Mulk en arrive au régime quasi féodal, qui sera celui des Ayyoubites et des Mameluks ; il distribue les terres aux soldats à charge de service militaire3.
Les califes énergiques s'efforcent de garder en main cette force indisciplinée. En 157 (773-774), par exemple, El Mançour fait prendre les armes à la cour et au jound, et il passe une revue4. Il semble que les formations militaires soient toujours celles des Omeyyades : l'ancienne en lignes parallèles (çoufoûf) et la