‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 105 sur 180 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

sens précis échappe au lecteur moderne, mais qui prouvent du moins le désordre complet de l'armée1. Il est clair que les soldats, qui ont une solde de taux différent suivant les corps et suivant les règnes, ne sont pas régulièrement payés. En 202 (817-818), Ibrahim, fils d'El Mahdi, calife éphémère, donne à ses troupes des bons écrits pour aller se pourvoir en blé et en orge sur l'impôt foncier au Sawàd : ne point s'étonner qu'elles pillent2. Le calife cherche tous les expédients pour retarder le paiement de la solde jusqu'à la récolte : on lèvera alors l'impôt, et on aura un peu d'argent3. L'historien arabe voit bien l'anarchie : après avoir relaté les pillages des bandes qui dévastent la région de Bagdad en 201 (816-817), il ajoute : « Il n'y avait point de maître pour les en empêcher; il n'y pouvait rien, puisque c'était d'eux qu'il tirait son autorité ; ils étaient sa doublure (bitâna) et il était impuissant à leur interdire de commettre des crimes4 ». El Mo'tazz essaie en vain d'obtenir de sa mère Qabihâ un prêt pour payer la solde de la milice turque qui l'abandonne. Il est assassiné, et l'on trouve chez sa mère un grand trésor en or et en perles5. Le calife n'a plus de véritable armée; il dépend des fantaisies de bandes mercenaires et d'une populace qui ne cherche que pillage.

Nul ne se soucie d'assurer la défense de l'empire, pas même celle de ses régions essentielles. En 906, cent cavaliers Cannâtes, ou prétendus tels, pénètrent à Goufa; et c'est une grande affaire d'en tuer

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