Mez, Renaissance, p. 70; Encyc. Islam, barid
3. Sous Constantin, dit Ferdinand Lot {Fin Monde antique, p. 111) en dehors de l'armée, le seul service public réel, c'est la poste*
4. Peut-être, le t service des renseignements » {akhbâr) est-il parfois aux mains d'un agent spécial. Sous Al Motawakkil, Al Fath Ibn Khâqân a le service des « renseignements particuliers et généraux b à Samarra et environs, sans être chef du berid (Tabari, Ann., III, 1406). Conf. ci-dessus, p. 334.
Dans chaque ville importante reliée directement ou indirectement à la poste, le calife nomme un chef du berid, qui est sans doute un maître de poste, mais surtout un chef de la police secrète qui renseigne le souverain, par des rapports fréquents sur les événements locaux et sur la conduite des fonctionnaires; espionnage, on le voit, et non contrôle; car le chef du berid n'a aucune autorité pour exercer celui-ci; et son rôle est un secret, connu de tous et, en quelque mesure, éventé par ses victimes. Aussi le calife envoiet-il souvent dans les provinces un homme de confiance amin, qui, sous l'habit d'un marchand, poursuit son enquête spéciale : métier dangereux, qui prête à toutes les farces tragiques1. Parfois ce rouage occasionnel remplace les relations normales du pouvoir central avec les chefs des provinces. Il faut noter que ces organismes sont essentiels et que, dans les partages de l'empire dont on a parlé précédemment, le calife stipule expressément que chacun des cosouverains ne saurait entraver l'autorité de l'autre en usant, dans ses Etats, du berid ou en envoyant un amin.
Il y a, à la cour, un chef du berid, avec un diwân, qui en dirige toute l'administration; mais le calife paraît choisir les agents provinciaux et les grouper sous un chef local, suivant les circonstances. El Motawakkil nomme en Egypte un çâhib al berid, avec autorité sur Alexandrie, Barka et le Maghreb, ce qui semble même créer un « service d'information à l'étranger2 ».
1. El Mançour se sert déjà d'agents spéciaux (Ibn Qotaïba, Ougoûn, I, 210).