Tabari, /. c, III, 381 et s
si les ressources de l'impôt foncier venaient tout à coup à manquer1.
Tout cela constitue une administration bien sommaire; mais c'est tout de même une administration qui continue des traditions anciennes, donc durables. Et puis, les lacunes de cette administration, son extrême décentralisation, son inconsistance même, sont, pour les populations, un avantage en un temps de désordre politique complet. Quand on pense aux troubles et aux guerres qui remuent l'Asie antérieure avant les Croisades, on s'attend à trouver les peuples misérables et sauvages. Or, on rencontre chez eux une production artistique, littéraire et scientifique considérable. Les populations ont continué à vivre. Elles sont accoutumées, depuis de longs siècles, à être foulées par leurs gouverneurs et à ne recevoir d'eux aucun avantage, aucun soutien. Elles ont donc appris à se débrouiller toutes seules : il y a, chose étrange, quelque sens de solidarité des intérêts. Mais c'est, néanmoins, une situation bien instable, et à laquelle la culture du pays a fini par céder.