‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 143 sur 180 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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modèle indou, le type du souverain idéal, qui passe le jour dans son palais entouré de sa cour, occupé de sa fonction royale, et, la nuit dans une masure secrète du harem, où, avec sa femme, il consacre quelques heures au travail manuel dont le gain pourvoit à leur existence terrestre, et, le reste à la prière qui prépare la sérénité de leur vie future. Nobles exemples, assez éloignés de la réalité.

Cependant la distinction des deux comptabilités s'impose vraiment à la conscience des califes. C'est sur la cassette particulière que le calife répand ses dons fastueux et souvent inconsidérés1; c'est là qu'il puise pour construire palais, jardins, mosquées; les Abbassides ont la passion des constructions. C'est elle qui nourrit le luxe du harem. Parfois, dans les crises graves, elle intervient pour aider la caisse de l'Etat, événement que la chronique célèbre, alors qu'elle évite de signaler les empiétements du maître sur les ressources de l'Etat.

Il faudrait pouvoir suivre le détail des événements pour comprendre les contrastes de la situation financière de l'un des grands souverains de la dynastie, El Mançour. On le montre si embarrassé qu'il donne trois jours à Khalid ben Barmek pour lui trouver trois millions de dirhems, et Khalid y réussit à grand peine2. Et, quelques années plus tard, El Mançour pouvait se vanter d'avoir amassé dans son Trésor de quoi payer l'armée, les pensions, les dépenses de sa famille, la garde des frontières pendant dix ans,

1. Le calife, comme le seyyid bédouin donne à ceux qui savent bien demander; l'Arabe y est passé maître (Tabari, Annales, III, 411, 5, et les livres d'adab).

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