‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 146 sur 180 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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étaient à la surface de scissions profondes entre certains éléments de la communauté musulmane. Le kharijisme essaie de donner une doctrine à l'un des groupes de la société qui se transforme. Il réunit des hommes qui sont particulièrement soucieux des choses religieuses et qui souhaitent de conserver, intacte, la foi révélée par le Prophète. Quand ils refusent d'accepter l'arbitrage, qu'ils se retirent du camp d'Ali et qu'ils se donnent un « imâm pour la prière » et un « imâm pour la guerre », Ali semble un instant comprendre que ces hommes sont de ceux sur lesquels il aurait dû pouvoir se confier; il essaie de parlementer avec eux; mais il est prisonnier de son pacte avec Moawia, et aussi de la médiocrité de son caractère. Le gendre du Prophète finit par combattre et massacrer à Nehawand des musulmans de foi sincère, qui n'avaient encore qu'une politique de l'autre monde et qui cherchaient avant tout à bien mourir1.

Il n'y a plus d'armée kharijite, de parti organisé; mais la secte n'est point morte. Elle renaît très vite, un peu partout, par petits groupes de fidèles, étroitement attachés à une doctrine, qui, dès le vme siècle, se précise et se formule. Pour la direction de la communauté musulmane, pour Yimâma, les kharijites repoussèrent désormais, avec le même mépris, l'Omeyyade impie et l'Alide défaillant. D'ailleurs, la liberté de leur choix s'étendit bien au delà des limites que fixait la tradition sunnite: les musulmans doivent seulement se donner pour imâm le plus pieux et le plus sage, mais le chasser brutalement s'il est reconnu indigne. En accord avec la doctrine naissante des Motazilites, ils décident que le musulman

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