Wellhausen, Oppos. Part., p
qui a commis « des péchés graves » (kabâir) sont infidèles en ce monde et damnés dans l'autre. Il en résulte une éthique un peu étroite, une allure puritaine qui apparaît dans toute la vie des Kharijites, sans en exclure une activité très pratique.
A la fin de la dynastie omeyyade, il y avait, en Mésopotamie, autour de Mossoul, un groupe kharijite important et organisé qui s'y maintint jusqu'au califat de Haroun. Cette ancienne province de l'Empire sassanide, centre important de culture mazdéenne ou jacobite de religion et araméenne de langue, avait mauvaise réputation dans les milieux sunnites; elle était peuplée de zendiqs, qui auraient dû être tous des Zoroastriens et des Manichéens, mais parmi lesquels il y avait des Kharijites. L'ancienne conscience nationale se manifestait contre le califat sous diverses formes d'hétérodoxie. Après des répressions sanglantes, Haroun fit démanteler, en 796, Mossoul, forteresse kharijite1. Dans les provinces orientales de l'empire, jusqu'aux plus lointaines, une poussière de groupements kharijites est signalée par les annalistes arabes. Il arrive que les sectes kharijites se font entre elles la guerre; en 751, une bande çofrite, qui cherche à se réfugier en Oman, y est détruite par les Abbassides2.
Il convient de noter qu'en Arabie, c'est une autre région nestorienne, celle qui comprend le Yémen, le Hadramout et l'Oman, qui s'était converti au Kharijisme, dès le début de la dynastie omeyyade. Il en resta longtemps des traces au Yémen à côté du chiisme. Il fut écrasé en 748.
1. Il reste cependant des Kharijites autour de Mossoul : on en prit trente-deux en 893; on en mit vingt-cinq au gibet et cinq en prison (Tabari, Ann., III, 2738).