‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 154 sur 180 · Tabari, Ann., 230 et · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., 230 et

dence : et la correspondance s'étale entre les deux adversaires, apocryphe sans aucun doute, mais bien amusante1.

Ces révoltes alides sont plus « énervantes » que dangereuses pour le pouvoir; elles ne menacent point l'existence de l'empire, mais elles en ruinent la sécurité. Il convient de n'être point dupe de la légende chiite qui représente les Alides comme des saints, absorbés par la piété. Durant le pèlerinage d'Al Mançour en 758, des alides pensent à l'assassiner. Il y a, à la surface du chiisme « modéré », dès le vme siècle, un vernis assez déplaisant d'hypocrisie.

Le danger sérieux, il faut le répéter, il est en Iraq. En 762, le chef de la police de Baçra trahit; mais les deux prétendants alides ne savent point combiner leurs mouvements, et en sont réduits à se sauver à Aden d'abord, ensuite au Sind, dont le gouverneur est bien gêné de l'accueil qu il doit leur faire, honneur ou prison. Ils reviennent se réfugier à Goufa2. Un instant, rimâm Ibrahim, de la Mekke, étend son autorité sur Baçra, le Fars3. C'est bien là le centre des Alides.

Il y a une accalmie sous Haroun; mais les Alides profitent des désordres qui accompagnent la guerre des deux frères, Amin et Mamoun. On ne sait pas bien quelles sont les raisons qu'invoquent Ibn Tabâtabâ et son général Abou s Saraqâ pour prendre les armes en 815; mais il faut la main de Harthama pour les arrêter4. En 816, c'est à la Mekke que deux Alides, Hossein et Ali, tentent un mouvement qui est d'ailleurs de pur banditisme : comme ils se sentent honnis, ils

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