‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 70 sur 180 · Wellhausen, Ar. Reich, p · texte numérisé non relu

Wellhausen, Ar. Reich, p

LES CALIFES OMEYYADES 267

le résultat d'ordres expédiés par le calife en Syrie, dans les deux villes saintes, à Baçra, à Hira, etc,.

Le banquet d'Abou Foutrous, où Abd Allah ben Ali fit assassiner quatre-vingts Omeyyades, en est, par sa mise en scène perfide, l'incident le plus odieux. Le chef de la nouvelle dynastie s'acharna sur les souverains de la précédente et se fit déterreur de morts; on viola leurs sépultures à Damas, à Dabiq, à Roçafa, à Qinnesrin; on ne respecta que celle d'Omar ben 'Abd al 'Aziz, dont la légende s'était déjà formée, et celle de Moawia, protégé peut-être par son titre de compagnon du Prophète, et déjà lointain1.

Ces massacres familiaux, qui s'efforcent d'être complets, se retrouvent d'ailleurs dans les annales de bien d'autres dynasties, en Occident comme en Orient, et les Omeyyades ne les ignoraient point. Les gens qui avaient assassiné le calife Walid ben Yézid s'en allèrent à Coufa tuer ses fils pour être sûrs qu'ils ne vengeraient point leur père2. En 127 (745), Marwân s'était fait amener les fils de Yézid II pour les mettre à mort; les clients [mawâli) de Walid II déterrèrent le cadavre de Yézid et le mirent au pilori à l'une des portes de Damas3. Un homme pieux dit : « Walid avait répandu le sang : Dieu a répandu le sien et l'a, d'avance, envoyé en enfer4 ».

1. Wellhausen, 4- R-, p. 344. — Le meurtre des Sofyaninides par El Mansour est raconté dans *Uyûn al akhbâr d'Ibn Qotaïba (1.208). Il prend son repas auprès des cadavres : « je n'ai jamais, dit-il, si bien digéré que depuis que le meurtre d'Hossein a été vengé ».

Il fait mettre les corps au gibet dans son jardin; quelque temps après, pendant son repas, il ordonne d'ouvrir la porte de la salle, et il entre une horrible odeur. L'un des assistants propose de fermer : « Par Dieu, cette odeur-là m'est plus chère et plus agréable que le parfum de musc. »

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