‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 69 sur 180 · Tabari II · texte numérisé non relu

Tabari II

2. Le noir, qui semble avoir été la couleur de la vengeance dès l'antéislâm, avait été déjà arborée des Kharijites; il le fut par les Abbassides, pour symboliser le châtiment du meurtre d'Ali, d'hosséin et de sa famille. On dit aussi que l'étendard du Prophète avait été noir, et un hadith, construit suivant les règles, annonce l'homme à l'étendard noir qui ramènera l'islam dans la voie droite. — Le blanc était la couleur normale des Alides. Voir les indications provisoires que j'ai données dans le masâlik al abçâr (Afrique), introd. p. 50 et s.

3. Tabari (Ann. 1 1 1.35.5) note une lettre où l'abbasside Ibrahim ben Mohammed ordonne à Abou Moslim de tuer tous ceux qui, au Khorassan parlent arabe. Il semble que ce soit une légende inventée pour soulever l'opinion contre les Abbassides.

découragées et divisées, s'empara de Nehavend, au sud de Hamadan. La route de l' Iraq était ouverte aux Khorassaniens qui, en novembre 749, firent proclamer Abou l'Abbas calife, dans la grande mosquée de Gouf a1.

Les Abbassides, naguère emprisonnés à Coufa sur l'ordre du calife omeyyade, avaient réussi à sortir sans danger de leurs prisons. Abou l'Abbâs n'osait point encore se fier aux Goufiotes : l'histoire des dernières années avait suffisamment montré leur versatile lâcheté. Il campa à Hammam Ayyân, puis à Hira, puis à Hachimiya, sous la garde de ses Khorassaniens; l'adhésion d'Abou Moslim lui assura l'autorité suprême2.

La chute de Marwân était désormais certaine; les troupes syriennes, aigries, fatiguées, divisées, lâchèrent pied : au grand Zab, en janvier 750, la défaite du dernier calife omeyyade fut complète. La fin de sa vie fut la fuite du gibier devant la meute, jusqu'à l'hallali à Bouchir, en haute Egypte, en juin 750 La capitale omeyyade de l'Iraq, Wasit, fortement établie par Al Hajjâj, avait résisté aux attaques des troupes abbassides, malgré les dissensions qui affaiblissaient les assiégés. En apprenant la mort de Marwân, ils acceptèrent une capitulation, dont les conditions ne furent point respectées par les Abbassides et qui aboutit à un massacre Ce fut le début d'une série de crimes. Les historiens arabes laissent croire que les assassinats qui anéantirent les Omeyyades et ne semblent avoir laissé vivre que le futur fondateur du califat de Cordoue, ont été des actes individuels : les détails mêmes qu'ils fournissent prouvent que ce fut

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