ORIGINES DE LA GUERRE CIVILE
aux esclaves fugitifs avaient suscité une vive émotion. Des émeutes avaient éclaté en plusieurs occasions pour les empêcher de retomber aux mains de leurs maîtres. Le célèbre roman de Mrs. Beecher Stowe, « La Case de l'Oncle Tom», s'était répandu rapidement à plus d'un million d'exemplaires. La loi de i854 parut aux abolitionnistes une invite à s'emparer de nouveaux territoires. Ils se hâtèrent d'envoyer des colons au Kansas pour y faire triompher leur cause. Les esclavagistes les imitèrent, et bientôt le Kansas fut divisé en deux partis qui en vinrent aux mains.
Les abolitionnistes décidèrent, en outre, de s'organiser en un parti nouveau qui reprit le nom de « républicain ». Les whigs, depuis 1800, semblaient irrémédiablement divisés. Une partie d'entre eux acceptait le compromis que les autres repoussaient. Leur faiblesse permit aux républicains de faire de rapides progrès et finalement les whigs, menacés de disparaître, décidèrent de fusionner avec eux (i855). Les élections de i856 donnèrent aux républicains la première occasion d'éprouver leur force. Les démocrates présentèrent la candidature de Buchanan, de tendances modérées, et ils l'emortèrent parce que beaucoup d'électeurs votèrent encore pouf le seul parti qui parut capable de maintenir l'Union. Mais contre les 174 voix de Buchanan, J. Frémont, républicain obscur, groupa 1 1 4 suffrages, et ce nombre suffisait à montrer qu'aux prochaines élections la cause abolitionniste auraient de grandes chances de succès.
L'homme qui allait la faire triompher ne fut découvert par le public que deux ans plus tard. En i858, le sénateur Douglas, qu'on regardait comme le futur candidat démocrate à la présidence, devait être réélu dans l 'Illinois, et les journalistes qui suivaient sa campagne s'intéressèrent vite à son étrange adversaire. Abraham Lincoln, né dans les bois, instruit en de-
hors des écoles, était un homme de haute taille aux traits rudes et disgracieux. Sa parole était simple mais ferme, et d'une irrésistible sincérité. Il ne demandait pas la suppression de l'esclavage, mais il pensait qu'au Congrès seul il appartenait de décider si l'esclavage existerait dans les territoires. Douglas lui opposait le principe de la souveraineté du peuple. Qu'entendait-il par là? La population d'un territoire pouvait-elle aussi bien interdire l'esclavage et l'autoriser dans son domaine? Cette simple question mit Douglas dans un cruel embarras, car, obligé de répondre par l'affirmative, il devint du coup suspect aux électeurs qui n'admettaient plus de compromissions.
Dans le Sud, en effet, l'exaltation grandissait. Les élections du Congrès de i858 étaient marquées par de nouveaux progrès républicains. En 1859, John Brown, un ardent abolitionni,ste, en tentant par surprise de s'emparer de l'arsenal de Harper's Ferry, mit le pays en émoi. Il fut pris, condamné et mis à mort, et dans le Nord on le tint pour un martyr, mais le Sud demeura persuadé que ses adversaires se préparaient à provoquer une insurrection des esclaves.
Lorsque la Convention démocrate s'assembla Douglas y fut accusé de tiédeur. Plutôt que d'acepter sa nomination les délégués de sept Etats se retirèrent et, dans une Convention distincte, désignèrent un autre candidat. Ce schisme rendait inévitable la victoire des républicains, mais dans leur Convention leur chef le plus en vue, Seward, se heurta à un groupe irréductible d'adversaires, et, à la surprise générale, ce fut Abraham Lincoln qui l'emporta. Son nom ne réunit pas la majorité des suffrages. Les démocrates obtinrent près d'un million de voix de plus que les républicains; mais leurs divisions donnèrent à Lincoln le pouvoir.
Dès que son élection fut connue la législature de la
Caroline du Sud annonça qu'elle se retirait de l'Union fédérale (20 décembre 1860). En quelques semaines son exemple fut suivi par la Géorgie, l'Alabama, le Mississipi, la Louisiane et la Floride, et ces six Etats, auxquels le Texas se joignit peu après, formèrent, sous le nom d'Etats Confédérés d'Amérique, une Union nouvelle. Jefferson Davis, ancien secrétaire d'état, en devint président.
Le Congrès essaya à la dernière heure de réaliser un accord. Un sénateur demanda d'en revenir au compromis de 1820, de laisser l'esclavage subsister librement au sud du 36°3o, et proposa sur ces bases un référendum populaire. Mais Lincoln intervint pour faire échouer ce projet. Le jour de son « inauguration » il exposa son point de vue. « Le gouvernement, dit-il, ne peut pas durer indéfiniment à moitié esclave à moitié libre. » Il ne voulait pas, cependant, obliger les Etats esclavagistes à devenir libres, mais il voulait maintenir l'Union. Une sécession n'était pas admissible.
Lincoln refusa donc d'évacuer les forts qu'occupaient dans le Sud les troupes fédérales et, le 12 avril j86i, les confédérés, en bombardant le fort Sumter à Charleston, prirent l'initiative de commencer la guerre civile.
Après l'attaque du fort Sumter Lincoln se hâta de lever des volontaires et déclara le blocus des ports du Sud. Dans les semaines suivantes la Virginie, la Caroline du Nord, le Tennessee et l'Arkansas se joignirent aux confédérés. Le Maryland et le Kentucky restèrent dans l'Union, comprenant que la guerre était faite pour la maintenir et non pour détruire l'esclavage. Le
gouverneur du Missouri voulut se détacher de Washington, mais quatre régiments de volontaires l'obligèrent à se démettre et une Convention se prononça en faveur du gouvernement fédéral.
Les forces des deux partis n'étaient pas égales. Le Nord comptait 22 millions d'habitants; le Sud 9, dont la moitié formée de noirs. Mais les confédérés, qui avaient l'avantage de combattre dans leur propre pays, étaient à certains égards mieux préparés à la lutte. Les blancs, qui avaient l'habitude de la vie en plein air, se groupèrent facilement pour marcher sous les ordres des grands planteurs. Il n'était pas possible d'armer les noirs, mais leur travail assura la subsistance des combattants.
Plus grave était pour le Sud la faiblesse de son industrie qui imposa vite aux confédérés de grandes privations et rendit finalement impossible l'entretien des voies ferrées. Enfin le Sud eut de la peine à financer la guerre; il tirait toutes ses ressources du « roi coton » auquel le blocus ferma ses débouchés. Mais longtemps le Sud espéra que ce blocus, aussi nuisible à la Grande-Bretagne qu'à lui-même, déterminerait en sa faveur une intervention, et il est vrai qu'à plusieurs reprises elle fut très près de se produire. Si quelques libéraux anglais condamnaient, avec Cobden, l'esclavage, les ministres Russell et Palmerston ne dissimulaient pas leurs sympathies pour les aristocrates du Sud. Ils n'allèrent pas jusqu'à reconnaître la nouvelle confédération, mais, en proclamant la neutralité britannique, ils accordèrent dès le début aux deux partis la qualité de belligérants. La guerre navale suscita plusieurs incidents critiques et il fallut le sang-froid d'Adams, le fils de l'ancien président, qui représentait à Londres le gouvernement de Washington, pour éviter un conflit. Ce fut d'abord l'affaire du Trent, vaisseau anglais que les gardes-côtes du Nord arrêtèrent
pour s'emparer de deux agents des confédérés qui s'y étaient embarqués. Puis ce fut l'incident de YAlabamay corsaire que les confédérés avaient fait construire à Liverpool et que le gouvernement britannique, malgré les avertissements d'Adams, laissa prendre la mer. L'Angleterre ne devait que beaucoup plus tard reconnaître son tort et payer une indemnité (1870).
Cependant, à mesure que la guerre avança et surtout après que Lincoln eut proclamé l'abolition de l'esclavage, l'opinion britannique se détacha peu à peu des confédérés. L'expédition du Mexique leur fit espérer pendant quelques temps une intervention française, mais là encore ils se trouvèrent déçus.
Dès lors le conflit resta circonscrit entre les fédéralistes, restés fidèles au gouvernement de Washington, et les confédérés qui avaient établi à Richmond leur capitale. La lutte prit le caractère d'une guerre d'usure où les ressources supérieures du Nord lui donnèrent finalement l'avantage. Encore fallait-il qu'il ne se laissât pas trop tôt décourager. S'il réussit à tenir jusqu'au bout, le mérite en revint au Président Lincoln qui, pendant les quatre années de campagne, eut à livrer une bataille politique extrêmement difficile.
Dans le Congrès les anciens partis subsistaient. Lincoln eut bientôt à lutter contre un groupe de démocrates qui, regrettant la guerre, entamèrent une propagande défaitiste dangereuse. Une partie des républicains, abolitionnistes passionnés et qui s'intitulaient « radicaux », chercha d'autre part à le pousser aux mesures extrêmes.
Jamais Lincoln n'évita de prendre ses responsabilités. Il donna, au contraire, la plus large extension aux pouvoirs présidentiels. La Constitution admettait la suspension de Vhabeas corpus sans préciser qui aurait le droit de la prononcer. Il se l'attribua en qualité de chef suprême de l'armée. Pour enrayer la propa-
172 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE
gande d'agitateurs pacifistes il ordonna de nombreuses arrestations, et, quand le Congrès accepta de voter une loi suspendant Vhabeas corpus, il continua à agir de son propre chef chaque fois qu'il l'estimait nécessaire.
La propagande abolitionniste lui parut peut-être plus gênante encore, car elle risquait de détacher de î 'Union de nouveaux Etats. De plus il avait nettement -expliqué qu'à son avis le Congrès n'avait pas le pouvoir d'abolir l'esclavage dans les Etats. Que faire cependant des esclaves qui, s'échappant des terres du Sud, venaient se réfugier dans les lignes fédéralistes? Lincoln, n'osant pas les émanciper, se contenta de laisser librement agir plusieurs généraux qui prirent l'initiative de le faire. Lorsque le Congrès prononça la confiscation des biens employés à secourir la Confédération » et décida en même temps d'émanciper les esclaves qui travaillaient à soutenir les sudistes, Lincoln accueillit ces mesures avec réserve et ne les appliqua qu'avec prudence. Plus délicat encore était le cas des esclaves employés dans les Etats fidèles. Lincoln .proposa sans succès au Congrès d'indemniser leurs maîtres. Il lui persuada aussi d'affranchir les esclaves employés dans le district fédéral de Colombie et invita les Etats à imiter cet exemple. Il ne fut pas écouté et cependant la cause abolitionniste gagnait du terrain.
En 1862, Greeley, le directeur de la New York Tribune, publia la « Prière de 20 millions d'hommes ». Lincoln lui répondit encore que le but de la guerre n'était pas l'émancipation, mais le maintien de l'Union. Il résolut, néanmoins, d'user cette fois des pouvoirs que l'état de guerre lui conférait pour trancher le nœud gordien. Le 23 septembre 1862, une proclamation présidentielle annonça que, dès le début de î'année suivante, tous les esclaves des sudistes seraient libres.
Quant à ceux qui restaient dans le Nord, Lincoln se convainquit qu'on ne pouvait les affranchir sans amender la Constitution. En i864 un treizième amendement constitutionnel fut donc soumis au Congrès. Mais il ne rallia pas la majorité des deux tiers exigée, et ce ne fut qu'en i865 qu'on réussit à le faire adopter. Dans l'intervalle l'émancipation s'effectua cependant peu à peu par l'adoption d'amendements constitutionnels dans les législatures de plusieurs Etats.
On crut d'abord que les opérations militaires seraient limitées à la région s 'étendant de Washington à Richmond, entre le Potomac et la rivière James. Une armée s 'avançant d'une capitale à l'autre était obligée de forcer le passage d'un grand nombre de cours d'eau importants. On ne pouvait les tourner à l'est qu'en opérant un débarquement, à l'ouest qu'en, franchissant le Blue Ridge pour suivre la vallée de la Shennandoah qui débouche près de Washington. Les troupes du Nord prirent dès le début l'offensive, mais, frappées de panique à la bataille de Bull Run (20 juillet 1861), elle refluèrent en désordre. Lincoln se conainquit qu'il lui fallait d'abord discipliner et entraîner ses soldats. Il y employa de longs mois avant que sous les ordres de McClellan, officier réputé, elles se remissent en campagne. En 1862, elles vinrent débarquer dans la presqu'île de Yorkown; mais le générai Lee, commandant l'armée du Sud leur barra le chemin de Richmond et les obligea en août à lâcher prise. Lee à son tour s'avança par la Shennandoah, jusqu'aux approches du Potomac. Me Clellan l'arrêta, en lui infligeant de lourdes pertes, mais le laissa ensuite opérer sa retraite sans encombre (septembre^ 1862).
La campagne de 1862 n'aurait produit aucun résultat si elle n'avait commencé à faire apparaître l'importance d'un second champ de bataille, celui de la^
174 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE
vallée du Mississipi. La ligne de défense des confédérés barrait le fleuve près de Colombus, terminus de la voie ferrée de la Nouvelle-Orléans, et, par les forts Henry et Donelson, tenait le cours du Tennessee et du Cumberland. Le général Halleck, commandant les troupes fédéralistes sur ce théâtre, n'aurait pas essayé de la forcer si l'un de ses lieutenants, Grant, ne lui avait pas fait la surprise de s'emparer coup sur coup des deux forts et de faire ainsi tomber Nashville entre ses mains (février 1862).
Les Sudistes se hâtèrent de reformer leur ligne de Memphis à Corinth, et la lenteur de Halleck permit à leur chef Johnson de reprendre l'offensive. Il voyait l'ennemi divisé en deux armées qu'il pensait détruire séparément. Grant, surpris à Shiloh, réussit avec peine à y tenir jusqu'au soir, mais, dans la nuit, l'arrivée de son compagnon Buell lui permit de transformer sa défaite en victoire (septembre 1862). Johnson avait été tué dans la bataille, et son successeur, effrayé, abandonna Corinth et Memphis pour se replier sur Vicksburg. En même temps la flotte qui bloquait les ports vlu Sud avait réussi à s'emparer de la Nouvelle-Orléans. L'importance de ces succès fit sur le Président Lincoln une vive impression. Il appela Halleck à Washington pour remplacer McClellan dans le commandement en chef, et Grant reçut la direction des opérations sur le théâtre occidental.
Ulysse Grant, qui se trouvait désormais en mesure d'agir à sa guise, était le fils d'un fermier de l'Ohio. Elève médiocre de l'école militaire de West Point, il n'avait pas tardé à quitter l'armée et avait mené jusqu'à la guerre, dans diverses professions, une vie misérable. On lui connaissait l'habitude de boire et on l'estimait peu. En dépit de ses services les officiers le tinrent longtemps en défiance. Depuis le début de la guerre, Grant ne buvait plus, mais, pauvrement vêtu,
LA GUERKE CIVILE 175,
il ne se mettait jamais en frais pour plaire. Toutes ses archives, disait-on, tenaient dans l'ample poche de son manteau; pour assurer son prestige il se contentait de vaincre. Lincoln fut le premier à reconnaître sa valeur : « Je voudrais bien savoir, déclara-t-il, quel genre de whisky il boit. J'en enverrais un baril à mes autres, généraux. »
La forteresse de Vicksburg, dont les canons commandaient la vallée du Mississipi, n'était accessible que par le sud-est. Grant, qui s'en était approché par la rive droite, comprit bientôt son erreur. Il eut l'audace d'embarquer ses troupes et de passer sous le feu de l'ennemi pour reprendre pied sur l'autre rive. Il put alors couper les communications de la place qui, après un siège de deux mois, fut réduite à capituler (mai-juillet i863). Le gros de l'armée sudiste s'était établie plus à l'ouest dans de fortes positions autour de Chattanooga, où l'un des lieutenants de Grant qui s'était d'abord emparé de cette ville se trouvait maintenant assiégé. Grant vint le secourir, et, tandis que Sherman tournait la position de l'ennemi, Grant par une attaque frontale l'en délogea (octobre i863).
Il était, dès lors, le maître de la vallée du Mississipi et pouvait marcher vers l'ouest au cœur des Etats confédérés. Cette brillante campagne avait d'autant plus d'importance que, sur le théâtre oriental, les fédéralistes n'avaient pu remporter sur le général Lee aucun avantage. Deux généraux avaient tenté tour à tour de forcer la route de Richmond. Ils s'étaient fait battre à Frédéricksburg; et à Gettysburg une sanglante bataille de trois journées n'avait été qu'un succès sans lendemain (juillet i863).
Lincoln décida d'appeler Grant à Washington. Revêtu du commandement suprême, Grant allait se mesurer avec Lee, tandis que Sherman prendrait sa place à Chattanooga.
176 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE
Pour Lincoln l'heure était grave. Il voyait que les forces du Sud commençaient à s'épuiser et pensait que îa campagne prochaine briserait sa résistance. Mais pourrait-il tenir jusque-là ? L'année i864 allait être marquée par l'élection présidentielle, et Lincoln doutait de sa réélection.
Dans son propre parti les radicaux menaçaient de voter contre lui. Les démocrates avaient trouvé en Me Clellan, mécontent de son renvoi et toujours populaire, un excellent candidat, et parmi eux des voix nombreuses s'élevaient pour réclamer la paix. Le sort de Lincoln semblait dépendre des événements militaires.
Ce ne fut pas Grant qui le décida. Sa première offensive à Chancellorville ne réussit pas mieux que celles de ses prédécesseurs à briser la résistance de Lee. Il livra coup sur coup deux nouvelles batailles sans obtenir plus de succès, et le seul moyen de vaincre Lee parut être alors de ne pas lui accorder de répit pour venir plus vite à bout de ses réserves. Mais entre temps une brillante manœuvre de Sherman amena l'écroulement de la Confédération. De Chattanooga Sherman s'avança à travers la Géorgie sans que son habile adversaire Johnson put l'arrêter. En septembre une bataille décisive fit tomber Atlanta l'un des principaux centres d'approvisionnement de l'ennemi (septembre i864).
La prise d'Atlanta assura l'élection de Lincoln qui obtint 212 voix n'en laissant que 21 à Me Clellan. Mais déjà Sherman avait repris sa route. Persuadé qu'il ne pouvait plus rencontrer de résistance sérieuse, il s'éloigna de ses bases avec ses vétérans n'emportant que quelques jours de vivres. Sa célèbre « marche à la mer » le conduisit en un mois à Savannah sur l'Atlantique (i3 décembre i864).
Dés qu'il eut rétabli ses communications avec Grant