‹ Histoire du monde (volume 3)Chapitre 48 sur 65 · La Reconstruction · texte numérisé non relu

La Reconstruction

La longueur des hostilités avait épuisé les deux ad-, versaires. Tous deux après avoir fait appel à des levées de volontaires, s'étaient ensuite décidés à établir la conscription. Le Nord avait enrôlé deux millions et demi d'hommes. Le Sud, par une série de visites médicales de plus en plus sévères, en avait mis sur pied plus d'un million. Pour soutenir les frais de la guerre, qui, dès 1862, s'élevaient dans le Nord à 2 millions de dollars par jour, le gouvernement de Washington avait eu recours à de vastes emprunts (5oo millions en 1862, 900 en i863, 4oo en i864). Il avait en outre procédé à l'émission de bons du Trésor ayant cours légal et autorisé des banques à émettre des billets avec sa garantie. Le public avait en main une masse de billets verts (greenbacks) en i865 qui avaient perdu de leur valeur 67 0/0. La situation des Etats du Sud était pire. La guerre y laissait face à face les blancs exaspérés par la défaite et quatre millions de noirs qui, délivrés de l'esclavage, ne demandaient qu'à vivre dans la paresse. Gomment les contraindre à reconstituer les plantations éprouvées par le blocsu? Le Sud n'avait pas d'industrie et ses chemins de fer étaient presque détruits.

De plus le Congrès n'était pas disposé à laisser le Sud se réorganiser à sa guise. Il voulait le mettre en,

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tutelle. Lincoln était d'un avis différent. Après la capitulation il avait laissé les soldats du Sud retourner librement chez eux, gardant leurs chevaux pour les travaux agricoles. Dans les Etats confédérés occupés peu à peu par ses armées il avait seulement demandé aux électeurs blancs de prêter serment à la Constitution fédérale en acceptant le treizième amendement. Leurs gouvernements avaient été admis de nouveau dans l'Union. Mais Lincoln fut assassiné au théâtre de Washington par l'acteur Booth, un sudiste enragé, quelques jours après sa victoire (i4 avril), et sa mort détruisit tout espoir de faire accepter par le Congrès une politique de conciliation.

Le vice-président Johnson était un démocrate du Tennessee et, à ce titre, suspect aux radicaux. Ses excellentes intentions étaient déformées par son caractère irritable et par des manques de tact continuels. Il se hâta d'accopiir à lui seul l'œuvre de reconstruction pendant que le Congrès n'était pas en session.

Lorsque celui-ci se réunit (décembre i865) la majorité républicaine s'aperçut que les démocrates pourraient, dans ces conditions, reprendre bientôt l'avantage. Elle déclara qu'au Congrès seul appartenait le droit de décider le sort des Etats rebelles. Leurs représentants ne furent pas admis au Congrès. Avant de reconnaître leurs nouveaux gouvernements on exigea qu'ils acceptassent un quatorzième amendement qui répudiât les dettes de la Confédération, excluait de l'amnistie ceux qui avaient fait partie des gouvernements rebelles et garantissait aux noirs l'exercice des droits de citoyen. Comme le Sud repoussait ces conditions on le partagea en districts soumis à une occupation militaire.

Johnson avait en vain refusé sa sanction à ces mesures qu'une majorité des deux tiers fit adopter malgré son veto. Il entra, dès lors, en lutte ouverte avec les

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