Elliot, III p
Les Khiljis changèrent radicalement les conditions économiques; il en a déjà été question dans un chapitre précédent. Sous le règne de Firuz, une famine sévit, et, à Delhi, les grains montèrent jusqu'à un jiial par sir. L'effroyable misère causée par le manque d'aliments et de fourrage dans les collines du Siwalik en chassa les habitants jusqu'à Delhi, et, de désespoir, 20 ou 30 d'entre eux se noyèrent dans la Jamna1. Il ne semble y as que le gouvernement eût fait le moindre effort pour soulager les souffrances du peuple. Le souverain suivant, le plus grand, et peut-être le plus ambitieux de tous, conçut un système économique qui est l'une des merveilles de la politique administrative du moyen- âge. Le pays ne manquait pas de richesses; et l'entrée triomphante d'Alauddin à Delhi, peu après son avènement, fut marquée par une généreuse distribution de cadeaux parmi le peuple. Cinq manns d'étoiles d'or, placées dans un manjniq, furent déchargées sur la foule des spectateurs émerveillés2. Le système des revenus fut organisé et Sharaf Qai réduisit tout le pays du Doab à un état de soumission complète. Les Hindous durent payer 50 % du produit de leurs champs, plus une taxe sur l'habitation, une taxe sur les pâturages, et bien d'autres impôts encore3. Les cultivateurs étaient les principales victimes du fisc, Hindouspour la plup art, car lesmusulmans, étant peu nombreux, remplissaient presque tous les fonctions civiles et militaires. Barani parle avec grande satisfaction de l'abjecte misère à laquelle étaient réduits