Grierson, Vernacular Liierature, Imp. Gaz., II
tialement, aux Bouddhistes comme aux Brahmanes, des présents et des faveurs. Mais dans cette lutte pour la suprématie, la victoire du Brahmanisme est due, en grande partie, aux efforts d'Udayana et à la propagande infatigable de Çankara, le plus célèbre controversiste de l'époque, qui attaqua les doctrines du Bouddha avec toute la passion de son âme, et gagna le pays par l'habileté de sa dialectique. Des croisades de Çankara résulta la disparition du Bouddhisme, cependant que le Jainisme se contentait d'exprimer un dissentiment modéré et renonçait au rôle de religion universelle. La conception de Çankara, d'un Sachchidânanda Brahma sans attribut, éludait le bhakti, qui suppose un Dieu personnel doué de bonnes qualités infinies. La doctrine de la mâyâ, ou illusion, ne laissait point de place à l'exercice de l'affection et de la piété dans le monde de la réalité1. Le mouvement bhakli qui s'éleva au xie siècle naquit d'une protestation contre la doctrine advaiia de Çankara; et Râmânuja écrivit son commentaire sur les Brahma-sûtras, — • certainement inspiré des saints tamouls qui le précédèrent —, en réplique au bhâshya (commentaires) de Çankara. Ainsi le culte bhakti fut rénové, et acquit une grande influence sur l'esprit des populations grâce au zèle des successeurs de Râmânuja. Cependant l'Hindouisme continuait à progresser. Le Brahmanisme, ou Hindouisme, triompha de toute opposition des concessions et des adaptations, et en assimilant à ses propres règles les doctrines d'autres croyances. Gomme le dit Monier Williams* l'Hindouisme submergea le Bouddhisme, et le Boud-