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Bhandarkar, Vaisnavism, p

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dha fut accepté comme une incarnation de Vishnou1. Les merveilleuses capacités d'assimilation de cette religion enveloppèrent de leurs plis les hommes de races variées qui vinrent aux Indes à différentes époques, mais elle ne réussit pas a entraîner les musulmans qui étaient tous dévoués à leur propre foi. Pendant longtemps les deux religions demeurèrent séparées et distinctes et pratiquèrent, chacune de son côté, les observances de leur foi. Mais leur rencontre ne pouvait manquer d'avoir des conséquences importantes. Quoiqu'il n'y eût pas trace d'influence mahométane dans Râmânuja, depuis le xive siècle, les effets des idées islamiques se font sentir, consciemment ou non, sur l'esprit philosophique, et dans les enseignements de Nâmadeva, Kabir et Nanâk, on constate un heureux et harmonieux mélange d'influences hindoues et musulmanes. Ces réformateurs, impressionnés par la simplicité de la croyance musulmane et sa doctrine de l'unité de Dieu, combattirent l'idolâtrie et la caste, prêchant que la vraie religion ne se trouvait pas dans les dogmes et les sophismes des philosophes et des théologiens, non plus que dans la pratique de rites dénués de sens, mais bien dans la bhakti, c'est-à-dire un sentiment passionné de l'amour de Dieu. Le culte Bhakti fit des progrès merveilleux sous l'influence des grands prédicateurs

1. Dans le Varaha Purâna, nous avons les dix incarnations qui furent acceptées plus tard, c'est-à-dire le Poisson, la Tortue, le Bouddha et Kalkin, en plus des six qui avaient été établies auparavant. Le Bouddha était une des incarnations reconnues de Vichnou (Bhandarkar, Vaisnavism, p. 42). La Dharmaparîkshâ d'Amitagati mentionne les dix mêmes incarnations que les Varâha et Agni Purânas. L'ouvrage est daté de 1013 ap. J.-C. Il semble que le Bouddha ait été considéré comme un avatar de Vishnou avant la date de la Dharmaparîkshâ. Monier Williams, Hinduism, p. 82.

qui suivirent l'illustre fondateur du Viçishta advaita, et domina complètement l'esprit religieux de l'Inde pendant tout le moyen âge primitif.

Le culte Bhakli se montra d'abord sous les apparences d'une réforme religieuse, comme le Bouddhisme et le Jainisme, en une réaction contre la religion rituelle des Védas. D'après Bhandarkar, son nom primitif aurait été Ekâniika Dharma, ou religion d'un seul amour, et d'une dévotion à un être unique, et il dériverait des enseignements de la Bhagavad Gîtâ. Vâsudeva Krishna fut l'instigateur de la réforme. D'après les relations de Mégasthène, cette religion remonterait au ve siècle av. J.-C. Une analyse de la section Nârâyaniya du Mahâbhârata prouve qu'elle assuma bientôt une forme sectaire; et sous les noms de Pancharâtra et de Sattvat, elle fut professée par la tribu Sattvat. Mégasthène en fait mention au ive siècle av. J.-G. Elle se mêla peu à peu aux cultes de Nârâyana et de Vishnou et fut connue comme Vishnouisme. Entre les années 400 et 464 ap. J.-C, les rois Gupta prennent sur leur monnaie le titre de Parama Bhâgavatas1. Au vne siècle, après

1. De toute évidence, ce culte existait aux ui° et ive siècles avant le Christ. Patanjali, auteur du Mahâbhâshya, parle de Vâsudeva comme de celui qu'on adore. Mégasthène cite Héraclès comme le dieu adoré par Souraseni dans le pays duquel se trouvait Mathura et où coulait la Jamna. Avec quelques altérations, il continua jusqu'aux princes Gupta. Des inscriptions prouvent l'existence du culte de Vishnou, spécialement selon le mode professé par les Bhâgavatas du ive au xie siècle. Gopal-Krishna et ses exploits ne sont mentionnés que très rarement sur les inscriptions des vne ou vme siècles. Ainsi Gopal-Krishna ne fut identifié avec Vishnou que très tard, cependant que la doctrine Bhâgavata régissait le peuple indien (Indian Antiquary, III, p. 305, V, p. 363). Dans le Harsha Charita de Bâna, Divâkarmitra est entouré de disciples de la secte des Bhâgavatas et des Pancharatras. Le temple de Daçâvatâra bâti à Ellora, au milieu du vme siècle ap. J.-C, sous Dantidurga, de la maison Râstrakûta, possède une image de Krishna tenant dans sa main

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la mort de Harsha, Aditiyasena, l'un des rois Gupta du Magadha, dédia un temple à Vishnou, dans le district de Gaya, et lui associa les noms de Hara (Çiva) et de Brahmâ (le Créateur). Les inscriptions prouvent les progrès de la religion Bhâgavata jusqu'à la fin du vine siècle.

Le grand réformateur Çankarâchârya, qui vécut vers le ixe siècle, prêcha sa philosophie Advaita et la théorie de mâyâ (illusion). Il passa sa vie en controverses, démolissant les doctrines du Bouddha et popularisant le culte de Çiva. Ses enseignements infatigables produisirent un énorme effet, mais ils furent critiqués par Râmânuja, le grand réformateur vishnouite du xie siècle. Râmânuja, dont la mission fut de combattre la mâyâ prêchée par Çankara, naquit vers 1016 ap. J.-G.1. Il fut élevé à Kânchî ou Gonjeevaram, où il suivit le cours habituel des études fondé sur le Véda, et ses branches secondaires, sous la direction de Yâdava Prakâça, directeur de l'académie philosophique de Kânchî et lui-même grand prédicateur advaita. Puis il se rendit à Sringeri où l'attendait la place de Yamunâchârya, et, finalement, il fut chargé de l'administration du temple. Mais sa science et sa position excitèrent un amère jalousie; il fut même l'objet d'une tentative de meurtre. Dans les dernières années de sa vie, les persécutions du roi Ghola Kulottunga pour qu'il em-

le mont Govardhana. L'inscription trouvée dans une grotte de Pabbosa, à 32 milles au S.-W. d'Allahabad, que Buhler fait remonter aux viie ou vme siècles, contient une allusion à l'histoire de Krishna et des pastoures. Epigr. Ind., II p. 482. Il y a encore bien d'autres preuves qu'il nous est malheureusement impossible de rassembler dans l'espace restreint dont nous disposons.

1. Suivant la tradition, Râmânuja aurait vécu 120 années, de 1017 à 1137 ap.-G. Aiyenger, Ancient India, pp. 195-221.

brassât la foi çivaïte, l'obligèrent à émigrer sur les terres du prince Hoysala \âdava, Vishnuvardhana, où il réussit à convertir au Vishnouisme le frère du prince régnant. Râmânuja fut imbu de l'esprit de bhakti des Alvars ou saints tamouls. Sa doctrine principale, connue sous le nom de Viçishta Advaita ou monisme qualifié, donne un but aux sentiments bhakti. Il soutenait que les âmes individuelles ne sont pas essentiellement unies au « Suprême », quoiqu'elles émanent toutes de Lui, comme du feu les étincelles, et que le Suprême n'est pas un être purement abstrait, mais qu'il possède de réelles qualités de bonté et de beauté à un degré infini. Ainsi Râmânuja travailla à expulser Çankara du Vedânta afin d'établir un Sagûna Içvara, un Içvara doté d'innombrables qualités sur lesquelles un dévot peut méditer dans l'extase et la joie. Le stage final de l'évolution spirituelle d'un homme est la bhakti qui n'est qu'une forme particulière du jiïâna ou science. Mais comment obtenir la science? Krishna, dans la Gîta dit •' « A ceux-là qui sont toujours pieux et qui m'honorent avec amour, je donne cette science par laquelle ils parviennent jusqu'à moi ». La bhakti doit être obtenue par Vabsence de désirs; l'action doit s'accomplir dans un esprit de renonciation, et toute envie d'une récompense, d'un« fruit » quelconque, doit être laissée de côté. Dans le Nord de l'Inde, Râmânuja à peu de disciples, mais dans le Sud, ils sont très nombreux. Ils adorent Vishnou et son épouse Lakshmi avec ferveur et dévotion, et le considèrent comme l'Etre Suprême, cause et créateur de toutes choses.

Un autre adversaire de la doctrine de Çankara, et contemporain de Râmânuja, fut Nimbârka, qui, d'après Bhandarkar, mourut en 1162 ap. J.-G. Il

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naquit à Nimbâ, que le même auteur identifie avec Nimbâpur dans le district de Bellary de la présidence de Madras1. Son père, un Brahmane tailang, était Bhâgavata, et éleva probablement son fils dans la même religion. Comme le note Garpenter, l'essence de la doctrine de Nimbârka, comme la « non-dualité qualifiée » de Râmânuja, est un compromis entre diverses tendances2; elle est monistique aussi bien que pluralistique3. «Le monde inanimé, les âmes individuelles et Dieu sont distincts les uns des autres aussi bien qu'identiques4 » Brahma est la cause matérielle aussi bien que la cause efficiente du monde. C'est dans la doctrine de Nimbârka que Krishna, le pasteur, occupe la place proéminente de maître suprême de l'univers. La voie vers la béatitude éternelle est le bhakti (adoration) des pieds de Krishna pareils à des fleurs de lotus, et le bhakti ne peut être obtenu que par la grâce. Ainsi, pour la première fois, nous voyons apparaître dans la système de Nimbârka, l'élément plaisant du Vishnouisme, qui y conservera toujours sa place5. Les Nimbarkas sont assez nombreux aux environs de Mathurâ, et dans les provinces unies d'Agra et d'Oude.

Un autre grand maître, nommé Madhva, naquit vers 1200 ap. J.-C, à Kallyanpur, dans le district d'Udipi du Canara du Sud, à 40 milles environ à l'ouest

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