J'A. R. S., 1907, pp
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610 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
Il dénonce la futilité d'un simple hommage des lèvres au grand idéal de la vérité et de la religion. A quoi servent le culte de la pierre, et les ablutions dans le Gange, si le cœur n'est pas pur ? Quelle est l'utilité d'un pèlerinage à la Mecque si on s'avance vers le Kaabaavec un cœur impur et rempli d'artifices?
Ce n'est pas en jeûnant et en répétant des prières et le credo
Qu'on arrive au ciel ;
Le voile intérieur du temple de la Mecque
Est dans le cœur de l'homme, s'il connaît la vérité.
Fais de ton cœur le Kaaba, et de ton corps son temple.
La conscience est le premier maître ;
Sacrifie la colère, le doute et la malice ;
Prononce avec patience les cinq prières ;
Les Hindous et les Musulmans ont le même Seigneur *.
Tel est, en résumé, l'enseignement de Kabîr; « un vaste panthéisme monistique, coloré d'une chaude ferveur morale », pour employer les termes de Barnett. Dieu est pour lui l'essence et la source de toute existence; il regarde les magnifiques phénomènes de la nature, de la vie et de la mort, comme « des spectacles merveilleux ». Dieu est en toute chose, dans toutes les joies et les peines de la vie ordinaire. Kabîr est certain de l'immortalité, de l'union avec Dieu, car il dit : « Gomme la rivière entre dans l'océan, ainsi mon cœur te touche2. »
Son plus grand disciple fut Nânak, le fondateur de la religion Sikh. Il naquit en 1469, à Talwandi, village du district de Lahore. Dès son enfance, Nânak montra des tendances d'esprit religieuses et négligea ses études. A l'exemple de Kabîr, il