Pour une description de Jaunpur, voir le chapitre XIII
2. Firishta raconte que, de Zafarabad, le Sultan envoya un messager à Sikandar Shah et, en retour, un messager vint du Bengale, amenant avec lui cinq éléphants et d'autres présents de valeur. Mais en dépit de ces avances, le Sultan continua sa marche sur le Bengale. Badâonî confirme Firishta (Briggs, I, p. 451; Banking, Al- Badâonî, I, p. 328).
Shams-ud-in ne parle pas de ces ouvertures. Mais il est probable que le jeune Sikandar avait tenté de prévenir le désastre en arrivant à des arrangements pacifiques.
31 4 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE
qui se dressait devant eux. Mais, des deux côtés, ce siège interminable affaiblit la patience, et les adversaires en vinrent à des négociations en vue de la paix. Haibat Khan, plénipotentiaire de Sikandar conduisit ces négociations avec adresse et patience, tact et fermeté; Sikandar acquiesça à la restitution de Sonârgâon à Zafar Khan et envoya 40 éléphants et de nombreux présents au Sultan pour sceller leur amitié. Cependant Zafar Khan, qui était la cause première de tout ces désordres, abandonna l'idée de se retirer dans son pays et préféra rester à Delhi; préférence due probablement aux aménités de la vie sociale dont le cœur du prince exilé fut captivé. La faiblesse de Firuz encore une fois laissait échapper de ses mains une province qui, pour ainsi dire, lui appartenait.
Assujettissement du Rai de Jajnagar — A son retour du Bengale, le Sultan fit halte à Jaunpur, d'où il se dirigea vers Jajnagar (Orissa moderne) qui était dans une florissante condition et où l'abondance des fruits et des aliments pouvait suffire au ravitaillement de l'armée royale1. Le Rai de Jajnagar2 qui était un Brahmane, s'enfuit à l'approche des troupes et se réfugia dans une île, où le Sultan le fit poursuivre. Le temple de Jagannath à Puri, fut profané et on jeta
1. Shams-i-Siraj Afif, Tarikh-i- Firuz Shahi, Bibliolh. Ind., pp. 163-64. A Jajnagar les prix n'étaient point élevés. Shams-i-SiraJ écrit que pour 2 jilals on achetait un cheval et que personne ne s'occupait des troupeaux. Les moutons se trouvaient en abondance et fournirent à l'armée un ample approvisionnement. Les habitants vivaient dans des maisons spacieuses et belles, entourées de jardins et de vergers. Les conditions économiques de l'Etat de Jajnagar étaient extrêmement favorables (Afif, p. 165).
2. Le Rai est nommé Adesar par Afif, et Siddhan par Firishta.
FIRUZ TUGHLUQ, 1351-1388 APRÈS J.-C. 315
les idoles à la mer1. A la fin, découragé par tant de forces dirigées contre lui, il envoya des émissaires pour négocier des conditions de la paix, mais à leur plus grande surprise le Sultan leur fit savoir qu'il ignorait complètement les causes de la fuite de leur maître. Le Rai expliqua sa conduite et consentit de payer chaque année en tribut en certain nombre d'éléphants. Le Sultan accepta ces conditions, et, ayant soumis sur son chemin plusieurs autres chefs hindous et des Zamindars, il réintégra sa capitale2.
Conquête de Nagarkot, 1360-61 ap. J.-C. —Le fort de Nagarkot3 avait été conquis par Mohammed Tughluq en 1337, mais pendant la dernière partie du règne, son Rai s'était déclaré souverain indépendant. Le temple de Jwala Mukhi, à Nagarkot, était un sanctuaire fort ancien, vénéré par des milliers d'Hindous qui y venaient en pèlerinage, apportant aux idoles de riches offrandes. La sainte renommée du temple fut une des principales raisons pour lesquelles l'expédition fut entreprise; et le chroniqueur contemporain rapporte que le Sultan s'adressant aux Rais, aux Ranas et aux Zamindars assemblés, leur
1. L'auteur du Slrat-i-Firuz Shahi, écrivain contemporain, dit que le Sultan démolit le temple de Jagannath, situé sur la côte orientale et jeta l'idole à la mer.
Le temple possédait d'immenses richesses, et l'on dit que l'établissement des cuisines coûta à lui seul 3.000.000 de dinars d'argent {Slrat-i-Firuz Shahi, manuscrit de l'Université d'Allahabad, p. 64).
2. Firishta dit que la fille du Rai de Jajnagar tomba aux mains du roi, qui l'éleva comme sa propre fille. Le roi reçut la soumission du raja de Birbhûm, qui lui offrit 37 éléphants et d'autres présents de valeur. Le Sultan chassa alors dans les forêts de Padmavati où il captura 33 éléphants. Firishta ne mentionne pas le traité de paix dont parle Afif (Ranking, Al-Badâonl, I, p. 329; Firishta, texte de Lucknow, p. 147; Briggs, I, p. 452).