‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 59 sur 135 · Ind. Ani., KXVIII, 1899, p · texte numérisé non relu

Ind. Ani., KXVIII, 1899, p

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Hindous au moins. Une si telle résolution s'accordait avec son caractère violent et cruel; il dirigea en personne une attaque contre Vijayanagar. L'armée musulmane consistant en 15.000 cavaliers, 50.000 fantassins et une longue file d'artillerie, attaqua les Hindous, dont les Brahmanes excitaient le zèle martial, près du fleuve Tungbhadra. Les charges vigoureuses des Hindous dispersaient les ailes de l'armée musulmane, lorsque le Sultan arriva sur le champ de bataille avec du renfort. Les Hindous furent défaits, et après un horrible carnage, dans lequel ni âge, ni sexe, ni dignité ne furent respectés, le Sultan victorieux marcha sur Vijayanagar. La ville était si bien fortifiée, qu'elle défia les tentatives des assiégeants, et quand la patience du Sultan fut épuisée, il feignit une retraite au travers du Tungbhadra, afin d'induire les Hindous à sortir de leur forteresse. Ceux-ci tombèrent dans le piège; ils poursuivirent les musulmans qui se retournèrent et les défirent complètement dans la bataille. Les soldats de l'Islam pillèrent le camp du Raja, qui réussit à s'enfuir, et massacrèrent ses officiers, ses troupes et les habitants du voisinage. Le Sultan signa la paix avec le Raja de Vijayanagar, et il rentra à Gulbarga si plein de remords qu'il jura de ne plus jamais sacrifier des innocents.

Peu après, le Sultan apprit la rébellion de Bahram Khan Mazandarani, gouverneur de Daulatabad, lequel, avec l'aide de Khomba Deva, chef du Berar1,

1. Firishta, texte de Lucknow, p. 294. Shams-i-Siraj Afif dit que quand Firuz se préparait à attaquer Thatta, il reçut des lettres de Bahram Khan, beau-fils de Hasan Khan Kangu, de Daulatabad; sollicitant son appui contre le fils de Hasan Kangu avec lequel il s'était querellé. Afif n'est pas très explicite quant aux affaires du Deccan (Shams-i-Siraj Afif, Traikh-i- Firuz Shahi, Biblioih. Ind., p. 224; Elliot, III, p. 328).

3 'appropriait les revenus du territoire marathe. Il marcha à sa rencontre et le soumit par le seul effet de la crainte. Bahram Khan eut la vie sauve, grâce à l'intervention de Shaikh Zain-ud-din; il subit pourtant la peine du bannissement.. La politique intérieure de Mohammed Shah fut très inhumaine; il ordonna la fermeture de toutes les distilleries, et châtia sans merci le moindre manquement aux lois. Il mourut en 1373, après un règne de 17 ans et 7 mois.

Firishta fait un éloge démesuré de ce champion <de la foi orthodoxe, mais l'auteur du Burhan-i- Maasir1 affirme qu'il excluait tous les signes propres à le jeter dans les griffes de la perdition. Les actes de barbare cruauté dans lesquels le Sultan se délectait et les orgies scandaleuses dont la cour de Gulbarga était le théâtre, lui donnent peu de droits aux éloges de Firishta.

Mujahid ei ses successeurs. - — Après la mort de Mohammed, son fils Mujahid lui succéda en 1373. Il fit preuve d'une grande prédilection à l'égard des Persans et des Turcs et sa politique exclusiviste ranima entre les Deccanis et les étrangers les vieilles jalousies qui avaient miné le gouvernement de Mohammed Tughluq. Mais le plus menaçant des problèmes de l'époque était l'hostilité existant entre les Bahmanides et les Rajas de Vijayanagar. Le Doab Raichur était la pomme de discorde entre les deux puissances rivales et c'est afin de conquérir cette parcelle de terrain qu'ils engagèrent de si fréquentes guerres et répandirent le sang de plusieurs milliers

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