‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 61 sur 135 · Firishta l'appelle l'oncle du Sultan · texte numérisé non relu

Firishta l'appelle l'oncle du Sultan

4. Mahmoud d'après Firishta, et Mohammed d'après le Burhani-Maasir. Mais Firishta est inexact, car le Burhan-i-Maasir, ainsi que le Tazkiral-ul-Mulûk sont confirmés par les monnaies. Firishta, texte de Lucknow, p. 301; Indian Ant., XXVIII, 183; Firishta, texte de Lucknow, pp. 303-304, Indian Ant., XXVI II, 184.

de la guerre lui permit de se vouer à la science et à la littérature. 11 bâtit des mosquées, fonda des écoles publiques et des monastères et ne permit à personne d'enfreindre la Sainte Loi. Il n'y eut aucune révolte durant son règne, et nobles et officiers servirent tous loyalement leur maître. Sa générosité attira à sa cour des savants de toutes les parties de l'Asie et. en réponse à son invitation, Hafiz, le fameux poète persan, décida de partir pour l'Inde, mais «la crainte de la mer et de ses dangers inconnus » lui fit abandonner son projet. Malgré tout, le poète envoya au Sultan une ode qui le ravit et valut à son auteur une belle récompense.

Mohammed avait des habitudes simples et sobres. Il avait une conception élevée de ses royales fonctions et énonça la doctrine, essentiellement moderne, que les rois ne sont que les fondés de pouvoir du Tout-Puissant, et que, de la négligence ou des dépenses inutiles, sont des abus de confiance. Il prit grand intérêt au bien-être de ses sujets; quand le pays fut en proie à la famine, il employa 10.000 bœufs pour amener du grain du Malwa et du Gujarat afin d'en atténuer la rigueur. Les dernières années de sa vie furent assombries par la conspiration de ses fils, peut-être trop impatients d'accéder au trône. Après sa mort, en 13971, ses fils Ghiyas-uddin et Shams-ud-din lui succédèrent l'un après l'autre, mais ils n'exercèrent la souveraineté que pendant la courte période de six mois. Sous le règne du dernier de ces princes, les grands émirs de l'Etat.

1. La date donnée dans le Burhan-i-Maasir est Radjah, 26, an 799 de l'hégire (25 avril 1397) et celle de Firishta est le 17 du Ramadan de la même année. L'auteur du Tazkiral-ul-Muluk dit qu'il mourut en 801 de l'hégire.

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outrés de l'insolence des esclaves, demandèrent l'appui de Firuz Khan et d'Ahmad Shah, petit-fils du Sultan Alauddin Hasan Shah, qui avaient fui à Sagar avec une nombreuse suite pour échapper à la tyrannie de Lalcheen. Firuz se rendit à Gulbarga, et par un coup d'état il emprisonna le Sultan régnant et usurpa le trône le 14 février 1397.

Firuz Shah. — L'auteur du Burhan-i-Maasir décrit Firuz comme « un roi juste, bon et généreux, qui subvenait à ses besoins en copiant le Coran et dont les femmes du harem vivaient en brodant des ^vêtements qu'elles vendaient1. » Le même ouvrage dit encore : « En tant que souverain, il n'avait pas son égal et plusieurs exemples de sa justice demeurent encore sur les pages du temps ». Mais ceci est probablement un rapport exagéré des vertus du Sultan, car Firishta dit sans équivoque que, quoiqu'il observât strictement les préceptes de sa religion2, il buvait beaucoup, aimait passionnément la musique et entretenait un vaste harem comprenant des femmes de plusieurs nationalités3. La loi sacrée des musulmans ne permet pas plus de quatre femmes à la fois, et c'est pourquoi le Sultan, selon le conseil de Mir Faizullah Ariju, eut recours au ma-

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