‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 65 sur 135 · La dynastie Barid Shahi de Bidar · texte numérisé non relu

La dynastie Barid Shahi de Bidar

Résumé de Vhisicire Bahmani. — La dynastie Bahmani compta en tout quatorze rois, qui furent tous, à quelques exceptions près, des tyrans exécrables, féroces et cruels, qui persécutèrent les Hindous et se glorifièrent de leurs meurtres. Le fondateur de la dynastie s'était élevé de l'obscurité à la puissance, et la connaissance des affaires publiques, qu'il avait acquise à Delhi, contribua grandement à l'efficacité de son gouvernement. Quoique bon administrateur, Hasan sanctionna aussi la persécution des Hindous. Ses successeurs furent pour la plupart des débauchés et des tyrans inhumains, dont la politique était mal adaptée aux besoins du gouvernement. L'administration ne fut jamais efficace, excepté peut-être pendant le ministère de Gâwân, à cause des disputes continuelles des émirs Deccanis ou étrangers auxquelles personne n'eut l'énergie de mettre fin. Les Hindous furent traités avec une sévérité inutile; il est vrai qu'on les employa aux branches subalternes de l'administration où ils étaient indispensables en raison de leur savoir et de leur expérience, maia l'accès des offices plus élevés leur fut à jamais interdit. Le système du gouvernement provincial demeura comme auparavant et les guerres politiques et reli-

gieuses des Bahmanides elles-mêmes ne troublèrent pas l'habitant des campagnes, qui continua à cultiver sa terre sans s'inquiéter de la politique de Bidar et de Vijayanagar. Les réformes taxatives de Gâwân améliorèrent considérablement le système d'impôts, les agriculteurs eurent la faculté de payer l'Etat en nature ou en espèce. Athanasius Nikitine donne d'intéressants détails sur les conditions du royaume Bahmani. Il dit que la contrée était populeuse, les terres bien cultivées, le routes débarrassées des brigands et la capitale du royaume une magnifique cité avec des parcs et des promenades. Il parle du contraste entre la splendeur de la cour, l'opulence des nobles, et la misère et la saleté des classes inférieures; il dit la pauvreté du peuple des campagnes et la magnificence de la noblesse. Des observations de Nikitine — faites durant un seul règne, celui d'un des plus mauvais souverains de la dynastie — Vincent Smith conclut qu'un recrutement aussi considérable d'hommes armés, de femmes, et de bêtes, contrôlés par une égoïste minorité de nobles fastueux, dut épuiser le pays. Mais il oublie que si la personne du roi mobilisait un innombrable personnel, c'était au moyen âge une coutume plutôt qu'une exception; les Tughluqs au xive siècle et les Mongols aux xvie et xvne siècles y consacrèrent de fortes sommes d'argent. Les monarques de cette époque, aussi bien en Orient qu'en Occident, dépensaient fastueusement l'argent du peuple, pour la simple raison que les problèmes que doit résoudre un gouvernement moderne n'exislaient pas en ce temps-là. Les Bahmanides pillèrent les propriétés de leurs ennemis et chaque victoire leur valut un énorme butin. Mais il n'y a aucune évidence d'exactions oppressives envers leurs sujets,

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même en temps de guerre1; au contraire ils firent des efforts pour procurer aux cultivateurs des facilités d'irrigation. Les rois Bahmani — quelquefois les plus tyranniques même — protégèrent les arts et les lettres et encouragèrent l'instruction2. Des mosquées furent élevées dans les villages et dans les villes, où des mullahs instruisairent les petits musulmans, et les rentes dont les rois Bahmani dotèrent de nombreux villages du Deccan existent encore de nos jours. Le collège de Mahmoud Gâwân était une vaste institution que le ministre dota lui-même et à laquelle était attachée une bibliothèque contenant 3.000 volumes.

Les Bahmanides n'ont pas laissé, comme d'autres souverains musulmans, de remarquables édifices. La cité de Bidar est vantée par les contemporains qui en parlent comme d'une ville pleine de vastes et magnifiques constructions. Ils bâtirent plusieurs forteresses, celles de Gwaligarh et de Narnulla sont des exemples de cette architecture dont Meadows Taylor décrit avec un peu d'exagération la grandeur de conception et la magnificence d'exécution. Citons aussi, à cause de leur situation stratégique, Parenda et Ausa3.

L'histoire des Bahmanides, cependant, encourt tous les blâmes. Les annales de la dynastie regorgent de meurtres prémédités, de massacres, de profanations de temples, et d'orgies scandaleuses,

1. Les Hindous furent laissés à la culture de leurs terres, et la seule différence est qu'ils payèrent leur dû à des Seigneurs musulmans au lieu d'Hindous (Gribble, History of Ihe Deccan p, 12,

2. Law, Promotion of Learning in India during Mahammadan rule, p, 90; Férgusson, Archileclur al Bijatur-p. 12,

3. Parenda est situé à 70 milles N.-W. de Gulbarga et Ausa est à 70 milles N.-N.-W. de Gulbarga.

dont la cour était quotidiennement le théâtre. Les armées se conduisirent souvent comme des hordes de sauvages déchaînés et martyrisèrent le peuple. Les conversions forcées envenimèrent les sentiments des sujets « infidèles » envers leurs souverains. Mais il serait injuste de juger les Bahmanides d'après la mentalité actuelle. Au xive siècle, il y eut, en Europe aussi, les tortures, les guerres de religion et l'Inquisition dont se servirent les princes pour soumettre les dissidents. Les Bahmanides agirent de même à l'égard d'un peuple dont les croyances étaient totalement opposées aux leurs. Il est difficile de chanter avec Meadows Taylor les louanges exagérées des Bahmanides, mais on ne peut non plus les condamner aussi sévèrement que le fait Vincent Smith dans quelques pages de son admirable histoire de l'Inde1.

Les cinq Royaumes musulmans du Deccan

Berar. • — Le fondateur de la dynastie Imad Shahi fut Fatah Ullah Imad Shah, Hindou, originaire du Carnatie. mais qui se convertit plus tard à l'islamisme. Il fit preuve de son intelligence au service de Khan-i-Jahan, vice-roi du Berar, auquel il succéda. Le premier, il se sépara du royaume Bah-

1. Oxford History of India, p. 283; Manual, p. 186. Firishta a écrit une histoire complète des rois de Bijapur qui est moins fleurie et plus critique que d'autres histoires composées sous le patronage de rois. Firishta atteignit Bijapur en 1589, et y fut bien reçu par Ibrahim Adil Shah II. Avec le secours de ce protecteur royal, il commença à écrire sa fameuse histoire et semble avoir terminé ses annales des rois de Bijapur en 1596. Les Mss, de cette histoire sont répandus. Elle a été traduite en anglais par Scott, mais cette traduction est maintenant rare. Le texte a été publié par la Nawal Kishore Press, Lucknow : la publication est très bonne et digne de confiance.

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mani, et son indépendance date de 1484. La dynastie régna jusqu'en 1574, alors que la province fut incorporée aux possessions de Nizam Shahi.

Bijapur. — Yusuf Adil Khan fonda la dynastie Adil Shahi. C'était un Géorgien qui, de notoriété publique, avait passé sa jeunesse dans l'esclavage, et fut acheté par Mahmoud Gâwân. Mais Firishta dit qu'il était en réalité de descendance royale, et fils du sultan Mourad II de Turquie qui mourut en 1451. Quand Mohammed, son fils aîné, lui succéda, il ordonna l'extermination de tous les descendants mâles du défunt Sultan et l'on dit que la mère d'Yusuf, avec une adresse merveilleuse, substitua un jeune esclave à son propre fils qu'elle confia aux soins d'un marchand persan. Yusuf vécut en Perse, mais ne se croyant pas en sécurité dans ce pays, il partit pours les Indes. Grâce à la protection de son maître, Mahmoud Gâwân, qui le traita comme son enfant, il s'éleva peu à peu à une haute situation. Quand, en 1489, le royaume Bahmani commença à montrer des signes de déclin, il se déclara indépendant et établit une principauté à Bijapur dont il fit la capitale de sa dynastie.

Yusuf trouva un ennemi retoutable en Qasim Barid qui fomenta une intrique contre lui et incita le Raja de Vijayanagar à déclarer la guerre à Bijapur. Narasinha se rendit à la suggestion mais il fut vaincu avec ses alliés et la coalition fut brisée; les Hindous s'enfuirent du champ de bataille et abandonnèrent à l'armée d'Yusuf Adil Shah leur camp et leurs richesses. En 1495, Dastûr Dinar, gouverneur de Gulbarga, se révolta et Qasim Barid sollicita

contre le rebelle l'appui de Yusuf, qui le lui accorda promptement. Dastûr Dinar fut vaincu et Qasim Barid voulait même le mettre à mort, mais l'intercession de Yusuf Adil lui sauva la vie et lui fit restituer Gulbarga. La tactique de Yusuf avait pour objet d'obtenir plus tard Gulbarga, et de chasser Qasim Barid de ses domaines. Qasim lutta, mais en vain. Dastûr Dînar résolut aussi de combattre avec le secours de quelques Abyssiniens, mais il perdit la vie dans la bataille.

Cette victoire grandit considérablement le prestige d'Adil Shah et lui assura la possession du trône de Bijapur. En 1502, selon un ancien vœu, il déclara la foi shiite religion d'Etat, et le fit avec beaucoup de tact. Il ne persécuta point les Sunnites et décréta que personne ne serait forcé d'abandonner sa religion. Ce changement extraordinaire n'en attira pas moins un orage de malédictions sur sa tête et les puissances environnantes formèrent une ligue contre lui. Effrayé des forces prêtes à l'attaquer, il se réfugia chez Imad Shah, qui, en diplomate avisé, lui conseillait de restaurer le culte sunnite et de se retirer à Khandesh. Yusuf suivit ces conseils.

Cependant Imad-ul-Mulk écrivit aux alliés que l'émir Barid se servait d'eux, seulement pour parvenir à ses propres fins. Sur quoi les Sultans d'Ahmadnagar et de Golkunda abandonnèrent la campagne, laissant Barid seul en face de Yusuf Adil Shah. La tâche de ce dernier était singulièrement facilitée; il défit l'émir Barid et entra en triomphe dans Bijapur. En 1510, les Portugais s'emparèrent de Goa, l'une des résidences favorites du Sultan; il marcha à leur rencontre et reconquit Goa. Mais quelques mois plus tard sa mort permit aux Portugais de reprendre la place par un assaut relativement facile.

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Yusuf Adil Shah fut l'un des plus remarquables souverains du Deccan. Il se montra singulièrement affranchi de toute partialité religieuse, et traita toujours avec considération ses sujets Hindous. Il épousa une jeune Marathe1, fille de Mukand Raor chef marathe, qu'il avait précédemment soumis, et c'est l'influence de sa femme qui rendit en partie Yusuf si tolérant, en matière de religion. Il encouragea les hommes de lettres et hospitalisa à sa cour plus d'un savant venu de Perse, du Turkestan ou de Roum. Sa vie privée fut exempte de blâme; à rencontre des autres rois musulmans, il n'entretint pas de harem et ne dépensa pas d'argent pour se plaisirs personnels. Les Hindous furent admis aux offices de l'Etat et les honneurs et les privilèges furent accordés sans distinction de classes; la religion d'un homme n'était plus un obstacle à son avancement. Firishta fait l'éloge de ce prince et dit qu'il « était beau de sa personne, éloquent dans ses discours, et éminent pour sa science, sa générosité et sa valeur ». Le même auteur dit que bien qu'il combinât les plaisirs et les affaires, il ne permit j amais que les premiers se mêlassent avec les secondes; il exigea toujours de ses ministres qu'ils agissent avec justice et loyauté, et leur fut lui-même un exemple de ces qualités.

Ismail Shah. — Ismail avait neuf ans quand il monta sur le trône et les affaires du gouvernement furent confiées à Kamal Khan, officier expérimenté et dévoué que le roi avait nommé régent à son lit

1 Elle s'appelait Boobooji Khanum. 11 eut d'elle un fils et trois filles; il maria celles-ci à trois souverains du Deccan afin d'affermir la situation de sa maison. Boobooji Khanum, bien douée et fort ambitueuse, prit une part active aux affaires de l'Etat, faisant preuve de grandes connaissances politiques.

de mort. Mais ce régent habile fut un traître, il conspira avec l'émir Baridet s'efforça d'usurper le trône. La reine-mère déjoua le complot et le fit assassiner par un esclave, lsmail prit en mains les rênes de la souveraineté, mais il était entouré de tous côtés par des ennemis puissants qui ambitionnaient ses territoires. Il lutta victorieusement contre les rois de Vij ay anagar et les gouverneurs musulmans d'Ahmadnagar, et. à la longue, reprit au Raja de Vijayanagar. les tenitoires du Doab Raichur. lsmail mourut en 1534 et fut remplacé par Mallu Adil Shah, qui se révéla si incompétent qu'il fut détrôné et privé du sens de la vue; son fils Ibrahim fut proclamé roi à sa place. La reine-mère joua un rôle important dans tous ces événements.

Ibrahim Adil Shah. • — Le premier geste d'Ibrahim Adil Shah fut de restaurer le culte sunnite, puis il renvoya tous les étrangers à son service et nomma à leur place des Deccanis et des Abyssiniens. Cette politique peu avisée permit au Raja ,de Vijayanagar de recueillir tous ces disgraciés et de gagner leur amitié en les traitant avec bonté et en respectant leurs préjugés religieux. Une révolution éclata bientôt à Vij ay anagar, quand Hoji Parmal Rao usurpa la couronne et entra en guerre avec Ram Raja. Celui-ci était trop puissant pour être écrasé facilement, l'usurpateur demanda l'aide d'ibrahim en le priant de venir passer une semaine dans sa capitale. L'offre d'un généreux subside tenta Ibrahim qui se rendit à Vijayanagar où il passa huit jours dans les fêtes et les réjouissances. Mais les rajas hindous désapprouvèrent l'alliance de Parmal Rao avec un

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prince musulman, et Ram Raja en ayant trouvé l'occasion mit le siège devant la capitale et redevint roi.

Ibrahim déclara alors la guerre aux souverains de Bidar, d'Ahmadnagar et de Golkunda, et grâce à l'intrépidité, au courage, et à l'astuce de son fameux ministre, Asad Khan, il en sortit victorieux.

N'étant plus inquiété, le roi voua son temps à la poursuite du plaisir. La débauche et l'intempérance ruinèrent sa santé; il tomba malade et mourut en 1557, et les médecins qui n'avaient pas réussi à le guérir furent décapités ou piétines par les éléphants — ce qui montre la nature emportée du Sultan et son mépris complet de la vie humaine. Sous son règne, des Hindous furent employés au département des finances et des comptes et les Marathes furent préposés à la révision des comptes. Il est frappant, toutefois, de constater la puissance grandissante du royaume hindou de Vijayanagar dans la politique du Deccan.

Ali Adil Shah. — Peu après son avènement, le nouveau Sultan restaura le culte shiite que son prédécesseur avait rejeté, et le fit avec si peu de diplomatie qu'il répandit le mécontentement dans le pays. En 1558, il s'allia avec Ram Raja de Vijayanagar, envahit le territoire d'Ahmadnagar et le dévasta. Les Hindous se vengèrent amplement des horribles massacres dont ils avaient souffert. Mais le fort d'Ahmadnagar déjoua les attaques des assiégeants que l'arrivée de la mousson contraignit à lever le siège.

Les excès cruels des Hindous offusquèrent même leur allié, Ali Adil Shah, qui commença à prêter

l'oreille aux suggestions d'une croisade musulmane contre Vijayanagar. La crainte que soulevait la puissance grandissante du royaume hindou, menaçant peut-être l'indépendance, peut-être même l'existence des monarchies mahométanes, fut la principale raison d'une quadruple alliance des puissances musulmanes. Les Sultans de Bijapur, Bidar, Ahmadnagar et Golkunda s'unirent contre Ram Raja et lui infligèrent une sanglante défaite, à la bataille de Talikota, en 1565, dont nousparlerons en relatant l'histoire du royaume de Vijayanagar. Ali Adil Shah fut assassiné en 1579 par son eunuque favori qu'il avait eu le malheur d'offenser. Ibrahim Adil Shah Iï lui succéda.

Ibrahim Adil Shah IL . — Le nouveau roi était mineur; les affaires de l'Etat furent dirigées par la reine douairière, Chand Bibi, célèbre dans l'histoire pour son héroïque défense d'Ahmadnagar. Il y eut de fréquentes guerres entre Bijapur et Ahmadnagar ; mais, en 1594, le Sultan d'Ahmadnagar périt dans un combat et Ibrahim gagna la victoire. Ibrahim mourut en 1626, après avoir été le souverain le plus remarquable de sa dynastie, et à l'exception de son fondateur, le plus capable et le plus populaire.

Ahmadnagar. — Nizam-ul-Mulk Bahri, chef du parti du Deccan à Bidar, fonda la dynastie Nizam Shahi. Après la mort de Mahmoud Gâwân, due à une conspiration à laquelle participa l'aventurier, il fut nommé ministre et exerça pleins pouvoirs. Son fils, Malik Ahmad, fut nommé gouverneur de Junair où il espérait le rejoindre, mais ses plans furent déjoués par Pasand Khan, gouverneur de

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Bidar, qui le fit étrangler avec la permission du roi. Malik Ahmad se déclara indépendant en 1498 et transféra, peu après, sa capitale dans la cité nouvellement fondée d'Ahmadnagar. Ses longs efforts guerriers furent enfin couronnés de succès; il obtint la possession de Daulatabad et de ses dépendances en 1499. 11 mourut en 1508 et son fils, Burhan Mzam Shah, lui succéda.

Burhan et ses successeurs. — Burhan étant encore mineur, les affaires de l'Etat furent laissées aux mains des anciens officiers de son père. Le jeune prince reçut une bonne éducation; Firishta dit avoir vu dans la bibliothèque royale d'Ahmadnagar un traité sur les devoirs des rois qu'il avait copié alors qu'il n'était âgé que de dix ans. Burhan épousa une princesse de Bijapur, et en 1529 c'est grâce à l'aide de son beaufrère et de son ministre brahmane qu'il échappa à la ligue formée contre Ahmadnagar par les souverains du Gujarat, de Khandesh et de Berar. Plus tard, il entra en lutte avec le roi de Bijapur et provoqua presque une révolution diplomatique par son alliance avec le Raja de Vijayanagar. Les confédérés envahirent le territoire de Bijapur et Burhan s'empara du fort de Sholapur. En 1553, profitant du désordre qui régnait à Bijapur, le roi Nizam Shahi mit le siège devant la ville; mais la maladie le condamna à abandonner ses projets et il mourut peu de temps après. Son successeur, Husain Shah, se joignit à la ligue organisée par Ali Adil Shah contre le Raja de Vijayanagar. Après sa mort, en 1565, Murtaza Nizam Shah lui succéda, mais il abdiqua et confia le royaume à ses ministres Sahib Khan et Salabat Khan. L'histoire postérieure d'Ahmadnagar est sans intérêt,

à part la magnifique défense que Chand Bibi opposa au prince Murad. Elle obtint d'abord la paix en cédant Bérar, mais lorsque la guerre éclata de nouveau, elle succomba aux attaques des armées mongoles, et Ahmadnagar fut conquise par les impérialistes en 1600.

Golkunda. — La dynastie Qutb Shahi de Golkunda fut fondée par Qutb-ul-Mulk, descendant de la tribu Baharlû, d'origine turque. Comme il était instruit, il tint l'emploi de secrétaire dans l'un des offices de l'Etat, sous le règne de Mahmoud Shah Bahmani; il parvint peu à peu au poste de gouverneur du Telingana et servit loyalement son maître. Mais lorsqu'il constata qu'il ne pouvait pas s'entendre avec Qasim Barid dont l'orgueil et l'insolence en faisaient un collègue indésirable, il déclara son indépendance en 151 81. Qutb Shah fut assassiné par son fils Jamshed en 1543, alors qu'il était âgé de 90 ans. Plusieurs rois lui succédèrent, mais rien, digne d'être mentionné, ne se passa sous leurs règnes. En 1565, le Sultan de Golkunda se joignit aussi à la grande alliance contre Vijayanagar, et continua à jouir d'une situation indépendante jusqu'en 1611, date à laquelle il cesse d'avoir une histoire particulière. Le royaume de Golkunda fut finalement annexé à l'empire mongol par Aurangzeb, en 1687.

Bidar. — Lorsque déclina la puissance du royaume Bahmani, c'est le ministre Qasim Barid qui exerçait l'autorité suprême dans l'Etat. Quoique le Sultan Mahmoud Shah ne fût qu'un comparse, Qasim Barid

1. Le nouveau royaume de Golkunda remplaça l'ancien royaume Kàkatiya de Warangal.

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recula devant les honneurs de la royauté. Après sa mort, en 1504, son fils lui succéda comme ministre, mais il ne se déclara pas indépendant comme bien d'autres; il attendit son heure. Et ce n'est que lorsque le Sultan KalimUllah s'enfuit à Bijapur, qu'Emir Barid prit le titre de roi et se proclama officiellement indépendant, en 1526. La dynastie se soutint jusqu'en 1609 où elle fut supplantée par les Adil Shahs qui annexèrent la province à leurs possessions.

Les Sultans de la dynastie Bahmani

Date de leur avènement

Après l'hégire Ap. J.-G»

Alauddin Hasan 748 1347

Mohammed I 759 1358

Mujahid 775 1373

Daud 780 1378

Mohammed II 780 1378

Ghiyas-ud-din 799 1397

Firuz 800 1397

Ahmad Shah 825 1422

Alauddin II 838 1435

Humajun 862 1457

Nizam 865 1461

Mohammed III 867 1463

Mahmoud 887 1482

Ahmad Shah 924 1518

Alauddin Shah II 927 1520

Wali Ullah Shah 929 1522

Kalim Ullah Shah 932 1524

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