‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 64 sur 135 · Manual, p · texte numérisé non relu

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faisait sur un capital de 4.000 lâris (lequel capital il avait rapporté du Gîlân), il prélevait 12 lâris par jour pour ses dépenses quotidiennes; il en dépensait la moitié en œuvres charitables et envoyait l'autre moitié à ses parents, à l'étranger. 11 aimait les études et possédait une bibliothèque de 3.000 volumes en son collège1 de Bidar, où il passait ses loisirs dans la compagnie d'hommes instruits. Très versé en mathématiques, en médecine, et en littérature, il était surtout extraordinairement bien doué pour les compositions épistolaires. Firishta en fait l'auteur de deux ouvrages : le Bauzat-ul-Inshâ et le Dîwân-i- Ashr, qui prouvent la fantaisie de son esprit. Quoique le Khwâja fût pieux, instruit et magnanime, il ne pouvait élever sa mentalité au-dessus de la norme orthodoxe de l'époque; ses idées religieuses étaient caractéristiquement médiévales. Mais sa vie austère et pure, subordonnant toute considération personnelle aux devoirs publics, est une cascade d'eau fraîche, à côté des flots de sang, des scènes d'ivresse et de violence dans lesquels se complaisaient les courtisans de Bidar. Le meurtre cruel d'un serviteur de l'Etat aussi intelligent et utile fut une lourde perte et accéléra la ruine du royaume Bahmani.

La chute du royaume Bahmani. — Mohammed Shah mourut en 1482 et il fut remplacé par son fils Mahmoud Shah, âgé de douze ans seulement. Il atteignit l'âge mûr dans une grande débilité d'esprit et passa son temps en compagnie de bouffons et de ménétriers qui, de partout, affluèrent à sa cour.

1. Ce collège parfaitement organisé fut considérablement endommagé par une explosion de poudre au temps d'Aurangzeb.

« Le peuple suivit l'exemple pitoyable du roi et se complut dans la dissipation. Les sages et les anachorètes laissèrent jusqu'à leurs vêtements en gage chez les marchands de vin, et les saints prédicateurs abandonnèrent leurs collèges et présidèrent des assemblées d'ivrognes. » Ceci est certainement un récit exagéré, mais il n'est pas douteux que le dévergondage du roi n'ait eu, sur la population, un effet désastreux. Il était incapable de faire face à la situation; les désordres augmentèrent de toutes parts et les gouverneurs provinciaux commencèrent à établir leur indépendance. Le premier à se déclarer indépendant fut Yusuf Adil Shah, à Bijapur; il fut suivi par Malik Ahmad, le gouverneur de Daulatabad, qui fonda la dynastie Nizam Shahi d'Ahmadnagar. Au Berar, Imad-ul- Mulk fit lire la Khotba en son nom à Burhanpur; et en 1510, après la mort de Qasim Barid1, qui avait exercé l'autorité suprême à Bidar, et dominé la volonté du roi, Qutb-ul-Mulk déclara son indépendance à Golkunda. Le royaume Bahmani se réduisait alors à Bidar et aux provinces avoisinant la capitale. Amir Barid était roi en tout, sauf en titre; il maintint Mahmoud dans un état de dépendance humiliante. En 1518, avec le dernier souffle de ce malheureux monarque, s'éteignit la puissance de la dynastie Bahmani. Trois autres souverains lui succédèrent cependant, mais ils ne furent que des comparses. Le dernier, Kalim Ullah Shah, qui monta sur le trône en 1524, sollicita l'aide de Bâber pour reconquérir les domaines de sa maison,

1. C'était originairement un esclave géorgien, mais il devint ministre sous Mahmoud Bahmani qui ne fut qu'un jouet entre ses mains, Son fils occupa le même poste jusqu'en 1527 alors que Kalim Ullah. le dernier roi, s'enfuit à Ahmadnagar, désappointé dans ses espoirs de recouvrer ses possessions éparses. Ce fut alors que Amir Barid monta sur le trône.

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mais son appel demeura sans réponse. La dynastie Bahmani s'éteignit avec ce roi après une glorieuse carrière de 179 ans. Le royaume se divisa en cinq principautés indépendantes, savoir :

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