Sewell, Narrative of Paes, p
de la prière de midi on met devant les portes de ces maisons qui sont magnifiquement décorées des chaises sur lesquelles prennent place les courtisanes. Elles sont toutes couvertes de perles, de pierres précieuses et de riches vêtements. Tout homme qui passe n'a qu'à faire son choix. Les sept forteresses abritent plusieurs de ces maisons dont les revenus, montant à 12.000 fanams, servent à payer les gages des hommes de police. Le devoir de ces hommes est de se tenir au courant de tout ce qui se passe à l'intérieur des sept murs, et de retrouver ce qui a été perdu ou soustrait par vol; autrement ils sont passibles d'amendes1. »
Les prostituées étaient admises aux cérémonies publiques, et sans provoquer le moindre scandale, les nobles et les officiers de l'Etat jouissaient de leur compagnie. Aux Indes, jusqu'à ces derniers temps, leur présence était presque universellement admise à l'occasion des fêtes, mais cette coutume tend à disparaître de plus en plus sous l'influence des classes cultivées.
Au xve siècle, Machiavel disait que « l'Etat c'est la force »; cette maîtresse définition s'applique remarquablement bien à l'Etat de Vijayanagar. Il avait été organisé pour préserver les Hindous des invasions étrangères, et c'est ce but qui est toujours inscrit en tête des programmes impériaux. Malgré ses usages et ses rites révoltants, comme la pratique du Sati et des sacrifices, le royaume, en raison de sa politique de tolérance, devint bientôt le refuge de tous ceux que la persécution musulmane avait chassés hors de chez eux. Dans ses frontières, tous les cultes étaient