‹ Histoire du monde (volume 5)Chapitre 79 sur 135 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Sewell, Chronicle of Nuniz, p. 390, Narrative of Paes, p. 245. Paes parle des hommes et des femmes Brahmanes comme des êtres les plus nobles du pays. Ceux qui s'occupent des temples sont des savants et ne mangent rien qui ait été tué, ni chair, ni poisson, ni aucune chose ayant quelque rapport avec du sang.

les différentes espèces d'animaux et d'oiseaux qui étaient vendues sur les marchés pour l'alimentation des gens. La chair des bœufs et des vaches était strictement prohibée, et les rois eux-mêmes observaient scrupuleusement cette règle. A part cette exception, la liste des viandes permises était considérablement longue. A propos des coutumes des rois dont l'exemple était suivi par le peuple, Nuniz dit :

« Ces rois de Bisnaga mangent toutes sortes de choses, sauf la chair du bœuf et de la vache qu'ils ne tuent jamais dans tout le pays des infidèles, parce qu'ils les adorent. Ils mangent du mouton, du porc, de la venaison, des perdrix, des lièvres, des pigeons et des cailles, et toutes sortes d'oiseaux; même des moineaux, des rats, des chats et des lézards, qui tous se vendent sur le marché de la cité de Bisnaga.

« Tout doit être vendu vivant, afin que chacun sache ce qu'il achète — ceci au moins quant à ce qui concerne le gibier — , et il y a des poissons de rivières en grandes quantités1. »

Si le récit du chroniqueur est exact, ceci eût été un curieux régime pour des princes et un peuple, qui au temps de Krishna Deva Raya et d'Achyuta Raya étaient des Hindous zélés, spécialement dévoués au culte de Vishnou. Les Brahmanes jouissaient d'une grande estime; ils tenaient en mains les rênes du

1. Chronicle of Nuniz, p. 375. Narrative of Paes, p. 258. Il est difficile de savoir jusqu'à quel point Nuniz est exact dans ses rapports. Aujourd'hui, personne ne mangerait de rats, de chats et de lézards, sauf des hommes de quelque tribu sauvage. Actuellement de tels animaux ne sont vendus comme aliment sur aucun des marchés hindous. Comme le suggère V. Smith, ces bêtes ont dû constituer la nourriture de l'élément non-aryen de la population de Vijayanagar. 11 est simplement inimaginable que des Hindous de haute caste eussent pu s'astreindre à un tel régime.

478 HISTOIRE DE L'iNDE AU MOYEN-AGE

gouvernement; et Nuniz parle d'eux comme de gens honnêtes, subtils, bien doués et bons comptables, mais incapables d'un dur labeur1, Telle était la caractéristique de cette ancienne aristocratie de l'étude, qui continue à maintenir son prestige malgré les innombrables atteintes faites à ses droits dans les temps modernes.

La mode était aux sacrifices sanguinaires, et Paes écrit qu'à l'occasion de certain festival, le roi avait coutume d'assister au massacre de 24 buffles et de 156 moutons, dont les têtes devaient être coupées d'un seul coup. A la fin de la fameuse fête du Mahânavani, le neuvième et dernier jour on couronnait les réjouissances par l'exécution de 250 buffles et 4.500 moutons. Mais le bétail était si abondant que ces hécatombes ne gênaient même pas le peuple2. Les richesses de la capitale favorisèrent le luxe et engendrèrent de nombreux vices. La prostitution s'étendit; et nous apprenons d'Abdur-Razzâq que des femmes sans moralité, par leurs avances et leurs charmes illusoires, attiraient les hommes dans des maisons louches. Voici d'ailleurs le récit détaillé de l'ambassadeur de Perse :

« Derrière l'Hôtel des Monnaies, se trouve une sorte de bazar qui a plus de 300 yards de longueur, et 20 de largeur. Sur deux de ses côtés, il y a des maisons (khanahas) et des cours (safhaha), et devant les maisons, au lieu de bancs (kursi), des sièges élevés sont faits de pierre excellente, et de chaque côté de l'avenue formée par les maisons, il y a des figures de lions, de panthères, de tigres et autres animaux, si habilement peints qu'on les dirait vivants. Après l'heure

Page 1