CHAPITRE XVII Le premier Empire afghan
Son avènement et sa chute
Démembrement de l'empire. — Les successeurs de Khizr Khan n'avaient point réussi à affermir leur autorité, et la retraite d'Alauddin à Badâon donna le coup de grâce à la dynastie des Sayyids. Le vieil empire de Delhi avait vécu; tout l'Hindoustan était maintenant divisé en principautés et en fiefs indépendants. Le Deccan, le Gujarat, le Malwa, le Jaunpur et le Bengale s'étaient transformés en royaumes sous l'autorité de leurs propres souverains. Les districts septentrionaux du Pendjab, depuis Lahore, Dibalpur et Sarhind, jusqu'à Hansi, Hisar et Panipat au sud, étaient à la charge de Bahlol Lodi; Ahmad Khan Mewati régnait sur Mahrauli1 et la contrée comprise en deçà de 14 milles environ de Delhi, jusqu'à Sarai Ladu ; la province de Sambhal, jusqu'aux faubourgs de Delhi, était gouvernée par Dariya
1. Mahrauli est un village dans le tahsib deBallathagarh, dans la province de Delhi. / elhi Caz., p. 101.
Khan Lodi. Le Doab comprenait un nombre de fiefs indépendants à tous égards; Qutb Khan exerçait son autorité dans les districts de Rebari, Chandawar et Etawah, cependant que Kol, Jalali1 et Jalesar2 étaient administrés par Isa Khan Turk. Daud Khan Lodi et un chef hindou se partageaient le gouvernement de Biyana; Rajah Pratap Singh régnait à Patiaii et à Kampila, territoires compris maintenant dans les districts de Farrukhabad et d'Etah. Les Sayyids avaient fait de grands efforts pour relever l'empire expirant, mais les tendances centrifuges, si communes dans l'Inde, étaient trop puissantes pour qu'ils pussent les contrôler ou s'y opposer. Bahlol, qui était un excellent chef de guerre, donna à l'administration une nouvelle vigueur et prit le plus grand soin de sa politique étrangère, afin de recouvrer les territoires perdus de son empire et de lui restituer son prestige ancien.
Bahlol affermit son pouvoir. — Nous avons déjà dit que Bahlol était parvenu au trône de Delhi avec l'aide de son ministre Hâmid Khan, lequel avait encouru la disgrâce de son roi, Alauddin. La bassesse est le marchepied de la jeune ambition; Bahlol, avec une savante précaution et une feinte humilité, travailla à gagner la confiance de Hâmid. Il lui demanda d'être roi et lui exprima son désir de se contenter du commandement des armées, et de se conformer à toutes ses instructions relatives à sa bonne administration les affaires; il le traita avec le plus grand respect, empreint même d'obséquiositée.
1. Jalali est un village du district d'Aligarh dans les Provinces Unies.
2. Jalesar est une ville du district d'Etah sur la route de Muttra à Etah dans les Provinces Unies.
Mais la puissance grandissante du ministre était une souffrance pour Bhalol qui songeait à réaliser ses propres ambitions. Pour se débarrasser de son rival, il eut recours à un habile stratagème; il demanda à ses partisans afghans de jouer la simplicité et de prendre des airs naïfs en présence du vizir, afin que celui-ci les considérât comme de pauvres insensés ignorants des manières du monde civilisé et bannît ainsi toute crainte de son cœur. Cette tactique réussit au ministre qui demandait une explication sur la conduite étrange de ces hommes, Bahlol répondit qu'ils n'étaient que des rustres. Le lendemain, il vint rendre visite au Sultan; ses complices cherchèrent querelle au portier et demandèrent la permission d'entrer; Hâmid, sans soupçon, la leur accorda, mais toutes ses illusions furent détruites lorsque Qutb Khan, cousin de Bahlol, lui montra les chaînes qu'il avait cachées dans sa poche, lui disant que s'il voulait avoir la vie sauve il serait préférable qu'il vécût dans le retraite pendant quelque temps. Horrifié de l'ingratitude monstrueuse de Bahlol, le ministre demanda à ses vainqueurs pourquoi ils avaient usé de traîtrise vis-à-vis de lui qui avait toujours été leur ami et leur bienfaiteur. Mais ces bandits, dont tous les bons sentiments étaient étouffés par l'égoïsme et l'ambition, répliquèrent brutalement qu'ils n'avaient aucune confiance en lui puisqu'il s'était montré déloyal à son maître et patron. Les conspirateurs firent des ouvertures à Alauddin et lui proposèrent le sceptre, honneur qu'il refusa, ne se sentant pas à la hauteur de la tâche probablement, et préférant jouir, à Badâon, d'une obscure quiétude. Pour affermir davantage sa position, Bahlol se mit en devoir de gagner la confiance de l'armée par de
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multiples présents, et celle des Émirs en faisant miroiter à leurs yeux la perspective de promotion et d'honneurs convenant h leur rang. Cependant, quoique le nom de Bahlol fût proclamé dans la Khotba, plusieurs mécontents refusaient encore de reconnaître ses droits au trône, et lorsque le Sultan partit pour Sarhind afin d'organiser les provinces du Nord-Ouest, ils convièrent Mahmoud Shah Sharqi à marcher sur la capitale. Mahmoud était en outre poussé par sa femme, une fille du Sultan Alauddin, à chasser de Delhi les Afghans qui avaient usurpé le trône de son père; et la fière matrone déclara h son époux que, s'il hésitait, elle conduirait elle-même une expédition contre Bahlol. Quand Bahlol apprit ces projets belliqueux, il s'excusa humblement de sa conduite, comme il avait l'habitude de le faire, et assura une chaude réception à Mahmoud Shah. Ce dernier, heureusement, connaissait la perfidie des promesses de Bahlol, et refusa d'écouter ses propositions; il s'avança contre Delhi et y mit le siège, avec une armée comprenant 170.000 cavaliers et 1 .400 éléphants1. Apprenant cette nouvelle désastreuse, Bahlol reprit la direction de Delhi, mais le chemin lui fut coupé par un détachement Sharqi consistant en 30.000 cavaliers et 30 éléphants sous les ordres de Fatah Khan Harvi. Lorsque les deux armées se trouvèrent face à face, Qutb Khan Lodi, le meilleur archer de l'époque, reprocha à Dariya Khan Lodi de s'allier avec ses ennemis naturels pour combattre ses propres parents. Cette accusation émut l'Afghan qui promit d'abandonner le champ de bataille, à la con-
1. Tarikh-i-Daudi, manuscrit de l'Université d'Allahabad, pp. 13-14. Le Makhzan-i-Afghana dit simplement que Mahmoud avança contre Delhi à la tête d'une forte armée. Dorn, p. 47.
dition toutefois que le Khan ne se mît pas à la poursuite de ses troupes. La désertion d'un allié de cette importance eut des conséquences désastreuses. La plupart des Afghans suivirent son exemple, et le contingent de Fatah Khan, réduit de beaucoup, fut aisément défait. Il fut lui-même fait prisonnier, et un chef rajpoute, dont il avait auparavant tué le frère, lui trancha la tête qu'il envoya à Bahlol. Mahmoud se rendit compte de l'inutilité de lutter plus longtemps contre les forces de Bahloi et se retira à Jaunpur.
77 soumet les provinces. — Cette victoire initiale sur un adversaire aussi puissant que le roi Sharqi impressionna profondément amis et ennemis1. A
1. Ahmad Yadgar, l'auteur du Tarikh-i-Salaiin-i-Afghana, relate deux exploits des armées de Bahlol qu'aucun autre historien ne mentionne. L'un est l'expédition de Bahlol contre le Rana de Mewar, et l'autre est la défaite d' Ahmad Khan Bhatti dont les territoire furent annexés à l'empire.:
1° Le Sultan marcha contre le Rana à la tête d'une forte armée et campa à Ajmer. Les forces de Mewar étaient commandées par le redoutable Chattrasal, fils de la sœur du Rana; il lutta contre le général impérial Qutb Khan. Les Rajpoutes se battirent vaillamment et remportèrent une première victoire contre les Afghans, mais ils furentensuite vaincus par Qutb Khan et Khan-i-Khanan Farmuli. Le Rana fut contraint de traiter, et des pièces furent frappées et la Khotba fut lue au nom du Sultan.
2° La seconde expédition fut dirigée contre Ahmad Khan Bhatti, qui avait acquis un pouvoir considérable dans le Sindh et défiait l'autorité du gouverneur de Moultan. Il ravagea le Moultan à la tête de 20.000 cavaliers. Le Sultan envoya Omar Khan et le prince Bayazid avec 30.000 vaillants cavaliers pour châtier le rebelle. Ahmad qui avait une très haute opinion de ses propres forces, envoya son neveu, Naurang Khan, jeune amateur de plaisirs, avec 15.000 cavaliers à la rencontre de l'armée royale. Avant de se risquer lui-même au combat, Naurang Khan dépêcha contre les impérialistes Daud Khan avec 10.000 hommes qui furent défaits et tués. Naurang se mit alors en marche, et fit preuve d'une telle bravoure désespérée que l'ennemi subit de lourdes pertes, mais ce héros fut aussi tué. Sa maîtresse « qui était douée d'une mentalité masculine » en apprenant sa mort revêtit un équipement de soldat, et avec un admirable mépris du dan-
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l'intérieur elle affermit la position de Bahlol et imposa silence aux diffamateurs de la nouvelle dynastie; à l'extérieur, elle effraya plusieurs vassaux de province et quelques chefs, qui avaient joui à divers degrés d'une autonomie locale. Le Sultan entra dans Mewat et reçut les hommages d'Ahmad Khan auquel il enleva sept parganas. Le gouverneur de Sambhal, Dariya Khan, qui avait pris part à la dernière guerre contre le Sultan, fut traité avec indulgence malgré sa trahison, et la seule peine qu'on lui infligea fut la perte de sept parganas. A Kol, Isa Khan fut autorisé à conserver ses possessions; Mubarak Khan, gouverneur de Sakit1, bénéficia du même traitement. Raja Pratap Singh resta maître des districts de Mainpuri et Bhogaon. A Rewari, Qutb Khan, fils d'Husain Khan Afghan, s'opposa au Sultan, mais quelques bons conseils eurent bientôt raison de sa résistance, il se soumit, et ses domaines lui furent restitués. L'autorité de Delhi fut aussi reconnue par Etawah, Ghandwar, et d'autres districts du Doab qui avaient causé tant de troubles sous ie dernier régime.
Guerre contre Jaunpur. — Quoique les chefs du Doab fussent complètement subjugués, le Sultan ne
ger, avança sur le champ de bataille en se faisant passer pour le fils d'Ahmad Khan. L'armée Bhatti chargea vaillamment contre lesimpérialistes etles dispersa. Fort satisfait de la bravoure de cette femme Ahmad Khan lui fit don de joyaux de la valeur de 10.000 roupies. Cependant l'armée impériale se grossit des secours de Delhi; elle attaqua les troupes d'Ahmad et les vainquit en un combat désespéré. Ahmad fut pris et mis à mort et ses territoires annexés à l'empire.
Ahmad Yadgar cite encore un autre exploit des impérialistes : la conquête de la contrée connue sous le nom de Munkhar. Le Tarikhi-Daudi parle d'un village dans le pargana de Munkhar. [Tarikh-i i-Salatin-i- Afghara, Elliot, E, pp. 4-7).
1. Firishta écrit Burhanabad mais il y a Sakita dans le Makhzani-Afghana. Dorn, p. 48, Briggs, I, p. 553.
devait se reposer qu'après avoir soumis son ennemi mortel, le roi de Jaunpur, contre lequel il avait engagé une guerre interminable. A l'instigation de la favorite du harem, Mahmoud Shah Sharqi fît une autre tentative pour s'emparer de Delhi, et dirigea ses forces sur la contrée d'Etawah. Le jour suivant, grâce à l'intervention de Qutb Khan et de Rai Pratap, un traité de paix fut conclu, stipulant que les deux souverains conserveraient chacun les domaines ayant appartenu à leurs prédécesseurs, Sayyid Mubarak et Ibrahim Shah Sharqi, et que Bahlol restituerait les éléphants pris durant la dernière guerre, et que le roi de Jaunpur écarterait de son service Juna Shah.
Suivant les clauses du traité, Bahlol avança à l'intérieur du Doab pour prendre possession de Shamsabad, que le roi Sharqi avait assigné è Juna Khan, mais Mahmoud Shah s'y opposa. Qutb Khan Lodi, qui commandait une aile de l'armée de Delhi, fut fait prisonnier, et le jour suivant, quand se répandit la nouvelle de la mort de Mahmoud Shah, il devint aisé de traiter avec les nobles de Jaunpur, qui avaient élevé au trône son fils Mohammed Shah; mais, chose inouïe, Bahlol omit d'inclure dans les clauses du traité le rétablissement de Qutb Khan. Ceci fut la cause d'une nouvelle campagne, durant laquelle le frère du roi, Jalal Khan, fut capturé et gardé en otage jusqu'à la mise en liberté du commandant impérial. Cependant une révolution éclatait à Jaunpur. Elle aboutit à l'avènement au trône de Husain Khan, qui fut un souverain remarquable et lutta contre Bahlol avec une persévérance infatigable. Une paix de quatre ans fut conclue par les
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partis adverses, Qutb et Jalal furent mis en liberté; mais ce ne fut qu'un armistice éphémère, car peu après, cependant que le Sultan était à Moultan, Husain envahit le territoire de Delhi. Les armées de Delhi essuyèrent une défaite à Chandwar, et Etawah fut pris par l'ennemi. Pourtant cette déconfin'était que peu de chose relativement à la défection des deux alliés de Bahlol, Ahmad Khan Mewati et Isa Khan, gouverneur de Biyana, qui avaient donné leur adhésion au monarque Sharqi. Imperturbable et énergique, Bahlol se rendit à la hâte sur la scène de l'action; mais les adversaires, fatigués de la guerre, conclurent une nouvelle paix et promirent de s'en tenir à leurs propres frontières.
Cependant, Husain n'était pas homme à rester fidèle à saparole. La mort du faible roideBadaon lui permit de se saisir d'une partie de ses territoires, et il déclara de nouveau la guerre à Delhi. Husain avait été induit à regarder Bahlol comme un usurpateur de naissance plébéienne et à croire fermement aux droits au trône du roi Sharqi. Sa raison était à un tel point obscurcie par l'ambition, qu'il se fit, de ses forces et de ses chances de succès, une idée follement exagérée. Il traversa la Jamna, et après quelques petites escarmouches à l'avantage des troupes de Jaunpur, une trêve fut de nouveau conclue, fixant le Gange comme limite entre les deux royaumes. Husain se retira à Jaunpur, laissant derrière lui son camp et ses bagages.
Bahlol, au mépris de toutes les convenances de l'honneur, attaqua l'armée de Jaunpur, en retraite, se saisit des richesses d' Husain et s'empara même de la reine Sharqi, Malika Jahan; il fut cependant assez chevaleresque pour lui témoigner toutes mar-
ques de respect et l'escorter avec son Khwajâ Sara jusqu'à Jaunpur. Le désordre continuait à régner dans les territoires orientaux; on fit un nouveau traité sur les mêmes bases que le dernier, et ce fut au tour d'Husain de le violer. La conduite perfide de Bahlol avait envenimé ses intentions et il saisit l'occasion de lui déclarer la guerre. La profonde haine féminine que Malika Jahan nourrissait à l'égard de Bahlol, quoiqu'il l'eût traitée avec une magnanimité rare, lui fit exercer dans le même sens son influence sur son mari, et tous deux mobilisèrent leurs armées. Dans le premier combat Husain fut défait et contraint de se replier sur Rebari, d'où il passa sur le territoire de Gwalior après une sanglante défaite1. Le raja, qui méditait une déclaration d'indépendance, le reçut cordialement, lui fournit du renfort, et l'accompagna avec ses troupes jusqu'à Kalpi2. Bahlol marcha sur Etawah, en chassa le gouverneur et avança rapidement vers Kalpi où il trouva Husain prêt à la bataille; il le vainquit sur les rives du Kali Nadi. Victorieux, et grisé de son succès, le sultan marcha sur Jaunpur dont ilserendit facilement maître. Le gouvernement de la contrée fut confié à Mubarak Khan Lohani, cependant que Qutb Khan Lodi et quelques autres chefs afghans recevaient la charge des fiefs adjacents. Qutb Khan mourut peu après, et après sa mort, l'Afghan Junto, quoique d'apparence loyale, voulut secouer le joug de Delhi, et adopta en secret une attitude hostile. Cependant Husain fit encore une tentative pour recouvrer son empire
1. L'auteur du Makhzan-i-Afghana dit que la famille d'Husain et ses enfants périrent en traversant la Jamna, et qu'il fut désespéré de ce malheur.
2. Ville du district de Jalaun dans les Provinces Unies d'Agra et d'Oudl.
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perdu, mais il fut de nouveau vaincu et expulsé de Jaunpur. Le Sultan, convaincu de l'hostilité de ses barons afghans, et ne voulant pas leur accorder une situation trop importante dans l'empire, confia Jaunpur à son fils Barbak Shah. Les territoires de Kalpi, Dholpur1, Bari2, et Alapur3 furent soumis et leurs chefs rendirent hommage au sultan. Puis une expédition fut entreprise pour châtier le raja rebelle de Gwalior qui fut contraint à payer un tribut de 80 lakhs de tankâs. Mais tant d'efforts épuisèrent la santé du Sultan; à son retour il fut pris par la fièvre et mourut après une courte maladie, dans le vdisinage de Jalali, en 1488.
L'œuvre de Bahlol. — Bahlol mérite une haute place dans l'histoire : il fut le fondateur d'une nouvelle dynastie, et le restaurateur du prestige expirant de la monarchie de Delhi. Le souci de guerres perpétuelles ne lui laissa point de loisirs à consacrer aux travaux d'organisation civile, mais les victoires qu'il remporta firent une fois de plus, de la puissance musulmane, un sujet de crainte et de respect pour le peuple de l'Hindoustan. Moralement, Bahlol fut beaucoup supérieur à ses prédécesseurs immédiats; brave, généreux, humain et loyal, il était dévoué à sa religion et suivait fidèlement la loi. Singulièrement étranger à l'ostentation, jamais il ne prit place sur le trône couvert de joyaux et de diamants, vêtu de robes somptueuses, comme tous les souverains de son époque aimaient à le faire; il disait qu'il lui suffisait que le monde le sût roi, sans déploiement de