Elliot and Dowson, IV, pp
Azam Humayun, et les Lodis avait quatre chefs principaux : Mahmoud Khan, qui avait Kalpi en jagir; Mian Alam, auquel Etawah et Chandwar étaient assignés; Mubarak Khan, dont le jagir était Lucknow; et Daulat Khan, qui administrait Lahore. Parmi les Sahu Khails, les chefs étaient Husain Khan et Khan Jahan, ayant tous deux le même ancêtre que Sultan Bahlol; Husain Khan, fils de Firuz Khan, et Qutb Khan Lodi Sahu Khail, qui vécut au temps de Sultan Bahlol.
« Les districts de Saran et Champaran étaient administrés par Mian Husain; Oude, Ambala et Hodhna par Mian Mohammed Kâlâ Pahâr; Kanauj par Mian Gadai; Shamsabad, Thanesar et Shahabad par Mian Imad; Marahra par Tatar Khan, frère de Mian Mohammed; et Hariana, Desua et d'autres parganas détachés, par Khwajagi Cheikh Said.
« Parmi les nobles les plus importants à l'époque de Sultan Sikandar, on comptait Saif Khan Acha- Khail. Il avait 6.000 cavaliers sous ses ordres et était représentant d'Azam Humayun, jagirdar de Karra, qui avait coutume d'acheter 2.000 copies du Coran chaque année, et commandait 45.000 cavaliers et 700 éléphants. Il y avait encore Daulat Khan- Khani, qui avait 4.000 cavaliers; Ali Khan Ushi, qui en avait aussi 4.000; Firuz Khan Sarwani, qui en avait 6.000. Et d'autres nobles s'en distribuaient entre eux encore 25.000. De même Ahmad Khan, le fils de Jumal Khan Lodi Sarang Khani, quand il fut nommé à Jaunpur, eut 20.000 cavaliers sous ses ordres. »
Le Sultan marcha lui-même contre Alam Khan, gouverneur de Rebari, qui s'enfuit à l'approche de l'armée royale; son fief fut confié à Khan-i-Khanan
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Lohani. Des négociations furent tentées avec son frère, Barbak Shah, qui avait pris le titre de roi de Jaunpur, afin qu'il reconnût la suzeraineté de Delhi. Mais il rejeta dédaigneusement ces propositions pacifiques et se prépara à la guerre qu'il savait depuis longtemps inévitable.
Guerre contre Jaunpur. — Sikandar marcha contre Barbak qui lui opposa son général Kâlâ-Pahâr (rocher noir), surnommé ainsi probablement à cause de ses prouesses guerrières, mais cette fois il fut vaincu et fait prisonnier; Sikandar le traita avec une grande courtoisie et Firishta écrit que ce général se donna immédiatement à l'ennemi et combattit contre son ancien maître. Les troupes de Barbak, stupéfiées par la trahison d'un de leurs chefs, perdirent courage et abandonnèrent le champ de bataille; Barbak lui-même alla chercher refuge à Badâon, où il dut se rendre poursuivi par les impérialistes, qui l'obligèrent à se rendre. Comme Husain Shah Sharqi était encore à Bihar, complotant avec les chefs locaux pour rentrer en possession de son trône, le Sultan jugea diplomatique de restituer Jaunpur à son frère, mais non pas sans lui associer quelques nobles afghans, en vue de mettre un frein à ses ambitions.
Les affaires de Jaunpur étant arrangées, le Sultan marcha contre Kalpi, priva son neveu Azam Humayun de son fief et l'offrit à Mahmoud Khan Lodi. Les chefs de Gwalior, Biyana et Agra1 furent ensuite soumis et le Sultan rentra à Delhi en 1492.
1. A cette époque Agra était comprise dans le fief de Biyana et la forteresse était commandée par Haibat Khan Jalwani vassal du Sultan Sharaf, gouverneur de Biyana. Dorn, M ahkzan-i-Afghana, p. 56.
Contre Jannpur et Sultan Husain. — Quoique les armées de Sikandar fussent toujours victorieuses, les forces des Zamindars de Jaunpur et des territoires contigus semblaient s'être développées de manière formidable. Elles devinrent si imposantes, que Barbak Shah dut quitter Jaunpur et demander refuge à Mohammed Khan Farmuli, mieux connu sous le nom de Kâlâ Pahâr. Le Sultan marcha contre les Zamindars qu'il vainquit après un combat très disputé, et un énorme butin tomba en son pouvoir. Barbak recouvra de nouveau son poste et des arrangements intervinrent pour le gouvernement efficace du pays. Mais dès que le Sultan s'en fut allé, il reçut l'annonce d'une nouvelle révolte des Zamindars, et de l'incapacité de Barbak à les contenir. Le Sultan, vexé de l'incompétence de Barbak, dépêcha quelquesuns de ses officiers, afin qu'ils le ramenassent enchaîné à la cour1. Cet ordre fut strictement exécuté, et le malheureux prince fut confié à titre de prisonnier d'Etat à Haibat Khan et à Omar Khan Sherwani.
Le Sultan marcha alors lui-même sur Ghunar et écrasa les Zamindars Hindous; mais à cause des mauvaises routes et du manque de provisions, il subit des pertes considérables. Les Zamindars, sachant la cavalerie royale décimée par la famine et la maladie, suggérèrent à Husain Sharqi de faire une dernière
1. Le tréfonds de la faute de Barbak semble avoir été son manque de capacité pour administrer les affaires d'une province où couvait le mécontentement. Les auteurs du Makhzan-i-Afghana et du Tarikh-i-Daudi disent que quand le Sultan apprit que Barbak Shah était incapable de tenir Jaunpur contre les Zamindars, il donna l'ordre à Mohammed Khan Farmuli, Azam Ilumayun, Khan-i-Jahan et Khan-i-Khanan Lodi de l'enchaîner et de l'amener prisonnière Delhi. Firishka, dont le compte-rendu est plus détaillé que celui des autorités susdites, les appuie. Dorn, Makhzan-i-Afghana, p. 57. Tarikh-i- Daudi , Elliot, IV, p. 461. Griggs, I, p. 570.
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tentative pour recouvrer ses possessions ancestrales. Husain apparut donc sur le champ de bataille à la tête d'une forte armée, assisté des chefs hindous du voisinage, mais il fut vaincu près de Bénarès par le Khan-i-Khanan et ses hommes s'enfuirent en déroute. Husain Shah se retira à Lakhnauti, où il passa le reste de ses jours dans l'obscurité; et avec cette déconfiture finale s'éteignit la dynastie de Malik-ush-Sharq Khwâja Jahan. Bihar tomba aux mains de Khan-i-Khanan en 1495 sans grande résistance, et le Sultan organisa toute la contrée, dont il confia le gouvernement à ses propres officiers. La mort de Khan-i-Jahan Lodi survint à cette époque et le Sultan conféra à son fils aîné, Ahamd Khan, le titre d'Azam Humayun. Ayant rassemblé ses forces, le Sultan marcha contre le souverain du Bengale qui lui opposa son fils, mais comme aucun des deux partis n'était déterminé à la guerre, ils conclurent un traité par lequel chacun promettait de se contenter de ses propres domaines, et le roi du Bengale jurait de ne pas hospitaliser les réfugiés hindoustanis. Le roi désigna Azam Humayun pour réaliser le tribut des chefs de Tirhut, et confia le gouvernement du Bihar à Dariya Khan, dont le père, Mubarak Lohani, venait de mourir à Darveshpur.
Contre les Afghans, — Sikandar s'occupa alors des chefs afghans qui administraient de vastes jagirs. Il examina quelques-uns de leurs comptes et découvrit des écarts révélateurs1. Ce contrôle vexa les Afghans
1. Firishta écrit que des détournements furent découverts dans les comptes de ces chefs. Briggs, I, 574.
qui le considérèrent comme une atteinte à leurs privilèges. Les tentatives du roi pour réprimer leur audace poussèrent Haibat Khan et d'autres à former une conspiration contre lui, et ayant mûri leur plan, ils incitèrent le frère du roi, prince Fatah Khan, à se joindre à eux. Mais le prince fut assez judicieux pour consulter sa mère et Cheikh Kabuli, qui le prévinrent tous deux du danger qu'il courait et l'engagèrent à divulguer au roi tout le complot. Le prince se rendit à ses conseils, et les conspirateurs furent sévèrement châtiés. En 1495, le Sultan se retira à Sambhal, où il resta quatre années à jouir du climat agréable de ce pays, et à surveiller ces intraitables Afghans détenteurs de fiefs dans le Nord.
Rébellions secondaires. — Pendant que le Sultan résidait à Sambhal, plusieurs expéditions furent entreprises pour réprimer quelques insurrections sporadiques de gouverneurs provinciaux. Asghar, que le roi avait laissé comme représentant à Delhi, se révolta; mais il fut rapidement défait par Khawass Khan, le gouverneur de Machiwara1. Les princes de Gwalioret de Dholpur furent soumis après un combat désespéré qui dura plusieurs jours.
Fondation d'Agra. — Le Sultan, par nécessité, transporta ses quartiers généraux sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui Agra, afin de pouvoir exercer un contrôle plus efficace sur les administrateurs des fiefs d'Etawah, Biyana, Kol, Gwalior et Dholpur. Dans ce but, il jeta les fondements d'une nouvelle
1. Machiwara est une ville du tahsil de Samrala, dans le district du Ludhiana, au Pendjab, à 27 milles de Ludhiana. Imp. Gaz., XIV, p. 224.
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cité, en l'an 910 de l'hégire (1504 ap. J.-C). L'auteur du Makhzan-i-Aighana dit que le Sultan demanda les conseils d'hommes intelligents et judicieux, qui examinèrent la situation consciencieusement, à tous points de vue, et choisirent finalement l'emplacement de la cité actuelle. Une ville magnifique s'éleva peu à peu dans ce site approprié, et le Sultan en fit sa résidence1.
Tremblement de terre à Agra. — L'année suivante (911 de l'hégire, 1505 ap. J.-C), Agra fut le théâtre d'un violent tremblement de terre qui renversa plusieurs bâtiments magnifiques. Le chroniqueur du règne écrit que « ce fut en effet si terrible que les montagnes furent retournées et tous les édifices élevés projetés à terre; les vivants pensèrent que le jour du jugement était venu; et les morts, le jour de la résurrection2 ». Un tremblement si effroyable ne s'était jamais vu; d'innombrables personnes en furent victimes.
Dernières années du règne, — Sikandar passa les dernières années de sa vie à réprimer les révoltes des Rajpoutes, et les infructueuses tentatives d'indépendance de ses propres gouverneurs, dans toutes les parties de son empire. Les révoltes étaient chose si banale que le sultan se vit dans l'impossibilité de pouvoir compter sur la fidélité de ses vassaux musulmans, pour ne rien dire des chefs hindous, qui,
1. Agra n'avait été jusque-là qu'un village. Selon l'auteur du Tarikh-i-Daudi (manuscrit de l'Université d'Allahabad, p. 42), c'est à Agra que le Sultan résidait généralement.
2. Dorn, Makhzan, p. 62. Tarikh-i-Daudi, manuscrit de l'Université d'Allahabad, p. 69. Le tremblement de terre eut lieu le dimanche 3e jour de Safar 911 (7 juillet 1505).
naturellement, désiraient s'affranchir de la domination musulmane. Gwalior et Dholpur éveillèrent de nouvelles inquiétudes et le Sultan marcha en personne contre les insurgés. En 1506, le siège de Narwar1 se termina par la défaite des Hindous. Cependant, la déloyauté prévalait dans le camp du Sultan; on apprit même que certains officiers entretenaient des relations clandestines avec la garnison assiégée. Par crainte de surprises, le Sultan poussa le siège avec vigueur, mais à court de vivres, les Hindous se rendirent. La prise de Narwar fut le signal d'autres conquêtes dans les régions du Centre; le fort de Chanderi fut pris et confié aux officiers afghans qui se mirent à organiser le pays. En 1510, Mohammed Khan, gouverneur de Nagor2, contre qui des rapports étaient parvenus au Sultan, confondit ses ennemis par une humble soumission, et fit lire la Khatba au nom du Sultan.
Le prince de Chanderi, feudataire de Malwa, grâce aux efforts de Bajahat Khan, exprima le désir de reconnaître l'hégémonie de Delhi. Il resta en possession de la cité, mais l'administration en fut confiée aux principaux officiers afghans.
La dernière expédition fut entreprise par le Sultan sur les instances d'Ali Khan de Nagor qui avait intrigué avec Daulat Khan pour rattacher h Delhi la forteresse de Ranthambhor. Mais, déloyal, Ali se tourna contre Sikandar et demanda au gouverneur
1. Narwar est dans l'Etat de Gwalior, dans l'Inde centrale. Imper. Gaz., XVIII, 396.
2. En 916 de l'hégire (1510 A. D.), selon le Makhzan; en 915 seulement selon Firishta. Dorn, p. 64; Firishta, texte de Lucknow, p. 185; Briggs, I, 583.
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(Daulat Khan) de ne pas céder1. Il fut privé de son fief qui fut remis à son frère Abu Bakr. Sikandar reprit le chemin d'Agra, et l'an 923 de l'hégire (1517 ap. J.-G.) il rassembla en conseil ses principaux gouverneurs, nobles et officiers afin de discuter des moyens de soumettre le prince de Gwalior. Mais cependant qu'il faisait ses préparatifs avec son énergie accoutumée, il tomba malade et mourut le 7e jour de Zilqada, Fan 923 de l'hégire2 (!«' décembre 1517). Son fils Ibrahim Lodi lui succéda.
Administration. — Sikandar n'eut pas beaucoup de temps pour accomplir des réformes ou entreprendre des travaux d'organisation civile, car toute sa vie se passa en guerres contre des voisins hostiles ou des gouverneurs rebelles. Pourtant il fit beaucoup; et des récits des chroniqueurs musulmans il ressort que ses capacités exceptionnelles lui permirent de centraliser l'autorité dans ses mains. Les chefs afghans furent mis en tutelle, et leurs tendances individualistes énergiquement réprimées. Au plus grand mécontentement des Afghans, les comptes furent strictement revisés et les détournements devinrent passibles de peines sévères3. Quand, après la cam-
1. On ne sait au juste pourquoi Ali s'était tourné contre le Sultan. L'auteur des Tabaqal-i-Akbari dit simplement que «pour quelque raison, Ali devint hostile ». Texte de Lucknow, p. 169. Firishta dit qu'il fut déçu dans ses expectatives de récompense. Texte de Lucknow, p. 186.
2. Ceci est la date donnée par Firishta et d'autres, seul Badâonî donne le 17e jour de Zilqada.
Sikandar tomba malade et son état empira lentement. Mais en dépit de sa maladie il continua à travailler jusqu'à ce qu'il ne pût plus même avaler une parcelle de nourriture ou une gorgée d'eau.
Briggs (I, p. 585) dit qu'il prit une esquinancie, mais ceci n'est pas mentionné dans le texte.