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LE de sa £ | | qi gina que c'étaient des orignaux ; d'abord qu'il furent à l’Islot, les ce bo | pi voilà à terre, où ils s’en allèrent de chacun son bord, comme pour mettre il M, se dégourdir, sans prendre des armes ni penser à aucune décou- Réné ( ll 1 verte; M. Brigeart même qui avait le commandement en cas l'eau v | D d'attaque y arriva le dernier, parce qu'il avait reçu son ordre un défons il 2 peu tard ét qu'il n'avait pu joindre ce monde parce qu’il allait trop eulel | à | vite; perdant que quelques-uns se promenaient pour se dégourdir semen À hf du bateau, comme nous avons déjà dit, les autres plus diligents se ensuite I 1 mirent à ramasser de la pierre, et un autre qui ne fut pas le moins comm | | 1h surpris alla vaquer à ses nécessités, se mettant au bord de l’embus tune f l ll cade des ennemis auxquels il tourna le derrière ; un Iroquois indi- temps | HE gné de cette insulte, sans dire mot le piqua d’un coup de son épée autres | 1 emmanchée, cet homme qui n'avait jamais éprouvé de seringue si & Tout | | vive ni si pointue fit ui: bond à ce coup en courant à la voile vers vous : { “ nos Français qui incontinent virent l'ennemi et l’entendirent faire pour Î [1 uhe grosse huée, ce qui effraya tellement nos gens, dont une par- compe LE & tie n'était pas encore débarquée, que tous généralement ne son- vres C LE M gèrent qu'à s'enfuir, hormis le Sieur Brigeart, lequel se jetta à ennen terre et se mit à crier et appeler les Français, lesquels vraisem- voyan blablement s’oubliérent de leur ordinaire bravoure et ne le secon- l'ache dèrent pas; que s'ils l’eussent fait, les Froquois étaient défaits. Le de sor
Sieur Brigeart quoique seul, les empècha tous pendant quelque le gra
ISSEAUX
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temps d'avancer, ce qui favorisa la fuite des nôtres, qui sans cela eussent tous été pris ; les ennemis prirent la résolution d'aller sur Jui et alors, il choisit le capitaine qu’il jetta raide mort d’un coup de fusil, ce qui effraya tellement tous les autres que cela les mit en balance s'ils devaient essuyer encore un coup de pistolet qu'il avait à tirer; mais enfin, voyant que Brigeart était seul et qu'il n’était point soutenu, ils firent une décharge sur lui dans laquelle lui ayant rompu le bras et fait tomber son pistolet, ils se jetérent sur lui et se mirent ensuite à faire de furieuses décharges sur un grand bateau plat, lequel tachait de se mettre au large; par leurs coups de fusil, ils tuèrent et estropièrent plusieurs personnes, entre autres deux braves enfants de famille, nommés MM. Moyen et Deschesne, le dernier de ces deux exhortant son camarade à la mort, sans songer à être blessé lui-même, tomba raide mort dans le bateau. C’est une chose étonnante que la peur, car il y avait là de braves gens ; mais quand l’appréhension s’est une fois saisi du cœur humain, il s’oublie de soi-même ; au reste, si le brave M. Brigeart eut pu arriver assez tôt pour faire la découverte et mettre sou monde à terre dans l’ordre qu'il fallait observer, ce malheur reut pas arrivé; mais C'était une permission de Dieu et non pas de sa faute. Revenons à M. Vignal afin de voir ce qui lui arriva ; ce bon prètre voyant tout le monde en ce désordre voulut se mettre dans le canot d’un de nos meilleurs habitants nommé M. Réné Cusillasier, dont malheureusement il trempa le fusil dans l'eau y voulant monter, ca qui ayant réduit cette personne sans défense, les Iroquois tirèrent sans crainte sur eux avant qu'ils aient eu le loisir de prendre le large, ce qu’il leur réussit si malheureusement pour nous que M. Vignal fut percé d'outre en outre et ensuite pris avec Cusillasier, ce pauvre homme ainsi percé fut jeté comme un sac de tabac dans un canot et son compagnon d'infortune fut mis dans un autre; M. Vignal se levant de temps en temps du milieu de son canot avec beaucoup de peine disait aux autres prisonniers qui étaient proches dans les autres canots : “Tout mon regret dans l’état où je suis est d’être la cause que vous soyez dans l’état où vous êtes, prenez courage et endurez pour Dieu.” Ces paroles prononcées dans un état aussi digne de compassion que celui où il était, crevèrent le cœur de tous pauvres Captifs; enfin on les emmena les uns et les autres au pays ennemi, hormis M. Vignal qu'ils ne trainèrent pas loin; car le voyant trop blessé pour faire un long voyage, ils le brulèrent pour l'achever et lui donnèrent lieu d'offrir à son Créateur le sacrifice de son corps en odeur de suavité, étant brulé sur nn bucher comme le grain d’encens sur le charbon sans qu'i' esta rien de son corps,
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si nous joignons à ces flammes la dent des Iroquois qui en fit un holocauste parfait. Pour ce qui regarde M. Brigeart, ils le firent parsillement brûler, mais Dieu voulut le favoriser d’une croix beaucoup plus cruelle dans la mort, où il souffrit prodigieusement et où il endura d’une façon admirable comme vous l’allez voir, Ces cruels l'ayant fort bien guéri, à force de le bien traiter pour le mettre en état de leur donner plus de plaisir, en le rendant capable des plus horribles souffrances, aussitôt qu'ils le virent en bon point et entièrement remis des grandes plaies qu’il avait reçues au combat, ils commencèrent son supplice afin de lui faire payer la mort de leur capitaine aussi chèrement qu'ils pourraient. Ils lui arrachaient les ongles, lui arrachaient les bouts des doigts et les fumaient ensuite, ils le coupaient tantôt dans un endroit tantôt dans un autre, ils l’écorchaient, le chargeaient de coups de bâton, lui appuyaient des tisons et des fers chauds sur sa chair toute nue, enfin ils n’épargnèrent rien pendant 24 heures que le supplice dura, durant lesquels voyant son admirable patience, ils en enrageaient, forgeaient de nouveaux moyens pour le faire souffrir davantage, lui au milieu de ces tourments atroces ne faisait que prier Dieu pour leur conversion et salut, ainsi qu’il avait promis à Dieu de ie faire se voyant sur le point d'entrer dans ces tortures, comme il l’écrivait lui-même en ces temps-là au Revd. P. Lemoine qui était dans une autre nation Iroquoise. M. Cusillasier qui avait lors sa vie assurée fut merveilleusement surpris d’un tel prodige de patience et vertu qu’il voyait dans la mort de cet homme de bien. Les froquois qui en étaient les bourreaux, en étaient si hors d’eux-mèmes qu'ils ne savaient qu’en dire; au reste, quand à nous, nous nous étonnerons moins si nous faisons réflexion sur sa vie et sur le dessein qui l’a fait venir en ce pays, puisque sa vie était fort sainte et qu’il n’était venu ici pour autre intention, qu'afin d'y offrir à Dieu un pareil sacrifice, y risquant sa vie pour son amour, en assistant les habitants de ce lieu où ils étaient si exposés ; mais passons outre pour venir au combat du 7 février, qui nous ravit notre illustre major par la lacheté d’un Flamand qui était son domestique, lequel l’abandonna, ce qui donna beaucoup de cœur aux ennemis qui le iuërent lui quatrième, sans que ses deux pistolets lui manquèrent, il eut changé la fortune du combat où quelques-uns eussent porté de ses marques, d'autant qu’il était extrêmement bon pistolier et que sa générosité lui donnait une grande présence d'esprit parmi les coups dont il n’était nullement troublé. Ce malheur lui arriva premièrement à cause de ce qu'il allait secourir des gens attaqués, selon son bon zèle ordinaire, laquelle action étant délaissée jar ce pagnotte que nous
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avons marqué, au milieu des coups, l'ennemi prit cœur et fit l’escalade dont nous parlons, que si cet étranger avait eu le courage d'un pigeon Français qui était son compagnon de service, lequel avait la moitié moins de corps et d'apparence que lui, M. le major serait peut-être aujourd’hui encore en vie, car ce pigeon fit merveille et s’'exposa si avant que s’il n’eut eu de bonnes aîles pour s'en revenir, il était perdu lui-même et ne fut jamais revenu à la, charge ; au reste, si ce brave M. Closse, major de ce lieu, mourut en cette rencontre, il mourut en brave soldat de J.-C. et de notre monarque, après avoir mille fois exposé sa vie fort généreusement, sans craindre de la perdre en de semblables occasions, ce qu'il fit bien voir à quelques-uns qui lui disaient peu avant sa mort: “ Qu'il se ferait tuer vu la facilité avec laquelle il s’exposait partout pour le service du pays.” A quoi il répondit: ‘“ Messieurs, je ne suis venu ici qu'afin d'y mourir pour Dieu en le servant dans la profession des armes, si je n’y croyais pas mourir, je quitterais le pays pour aller servir contre le Turc et n'être pas privé de cette gloire.” Quelque temps après ce désastre, il arriva un trouble assez grand pour un certain personnage dont le pays a été délivré depuis. Cet homme, par ses menées secrètes et ses discours pestilentiels qui n’épargnaient personne, eut allumé un grand feu si Dieu ne l’eût éteint par sa miséricorde comme il fit Le 6 de mai il se fit un beau combat à Ste. Marie, maison du séminaire, laquelle a toujours expérimenté la singulière protection de sa bonne patronne qui lui a toujours conservé ses gens sans mort ni blessure, quoiqu’ils aient souvent été attaqués et qu'ils aient toujours passés pour gens de cœur appréhendés par les Iroquois, mais voyons cette action dont je parle : Les Sieurs Rouillé, Touchante et Langevin étant resté les derniers sur les lieux au travail, tous les autres domestiques de Ste. Marie s’en étant déjà retournés, hormis le nommé Soldat, sentinelle, lorsqu'il venait dans un méchant trou nommé Redoute où il faisait des châteaux en Espagne ; dans ce temps, 50 Iroquois qui avaient passé le jour dans les frodoches, éloignés d’une bonne portée de fusil, quelque peu davantage, se levèrent et vinrent tout doucement sur ces quatre derniers hommes afin de les surprendre, lier et emmener prisonniers, mais par bonheur, quelqu'un d'eux ayant levé la tète, il s’écria : ‘“ Aux armes! voici les ennemis sur nous ;” à ce bruit chacun sauta sur son fusil et l'esprit de la sentinelle se réveilla pour s'enfuir, les [roquois voyant n'avoir pas réussi dans cette entreprise, jettèrent leur collier et firent une salve de 50 coups de fusil à brule-pourpoint, les 3 Français qui étaient dans le champ s’encoururent à la redoute, d'où le soléat s’enfuyant, M. Trudeau, grand, fort et résolu garçon,
voyant cette lacheté, à coups de pieds, de poings, rejeta le pauvre soldat dans sa redoute et le secoua tellement en ce moment qu'il le tint, qu'il lui fit revenir son cœur, lequel commencçait déjà à s'exhaler., M. Debeletre entendant ce choc sort au plus vite de Ste. Marie avec tout ce qu’il peut de monde pour soustraire les atta.qués, par les chemins, il rencontra ceux qui venaient du travail dont une partie fuyait et l’autre partie retournait à ses camarades pour les défendre, mais ils firent honte aux fuyards et tous allèrent à la compagnie avec bonne intention et diligence à ces 4 assaillis qui encore que le lieu fut près, avaient déjà essuyé deux ou trois cents coups de fusil avant leur arrivée ; quand le monde de Ste. Marie fut venu, on commença à répondre aux ennemis et à leur faire voir que nous savions mieux tirer qu'eux, car en toutes leurs décharges, ils ne firent autre chose sinon que couper le fusil de M. Rouillé en deux avee une balle et nos Français trouvèrent bien le secret de les atteindre, ce qu'ils eussent fait encore plus heureusement sans que ces misérables apercevant qu'on les coupait, ils s'enfuirent au plus vite dans les bois avec plusieurs blessés dont un mourut peu après de ses blessures, au reste, on tira tant dans cette attaque qu'on croyait que tout fut pris lorsque du Montréal on vint au secours ; mais où trouva le contraire, car les ennemis avaient été bien vigoureusement repoussés ; au reste, la providence fut grande à l'égard d’un prêtre de ce lieu qui agit tout le jour autour de cette embuscade, venant à deux où trois enjambées près, sans que pour cela personne branla ; on voulut allumer des feux qui eussent été favorables aux ennemis pour la fumée, laquelle venant de leur côté leur avait donné lieu de surprendre tous les Français sans en être vu, mais N. $. permit que le bois se trouva si mal disposé pour bruler qu’à la fin on l'abandonna. Plusieurs autres fois on a eu encore lieu de remarquer le bonheur de cette maison ; une fois entre autres les ennemis y étant venus de nuit et ayant dressé une ambuscade à la porte, M. de Lavigne qui demeurait lors à cette maison se levant pour quelque nécessité regarda dehors.et voyant ces traitres venir, il en avertit un chacun et on eut ie plaisir de les voir se placer au clair de la lune, où le lendemain on les débusqua, et ceux qui voulaient prendre furent pris ou faits prisoniers au nombre de 15 ou 16 qu'ils étaient. Ainsi Dieu à toujours été favorable à cette maison dans toutes les autres occasions, tant dans cette année que dans les autres.
Il y à Lien eu d’autres attaques au Montréal pendant ce temps-là, et il y a bien eu quelques Français de tués en différentes rencontres; mais Comme ces actions n’ont pas été fort considérables, je ne me crois pas aussi obligé d'en rechercher les détails.
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