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DEPUIS L'AUTOMNE 1662 susqu'A 1663 AU DEPART DES VAISSEAUX DU CANADA.
Cette année ne nous donnera pas rien de bien remarquable au sujet de la guerre, car encore bien que nous ayons eu quelquefois du monde tué, il ne se trouve pas toutefois des faits qui méritent d’être touchés dans une histoire. Il y a bien quelque chose à remarquer sur le fruit d’un voyage que Mille. Mance fit cette annéelà en France, pour lequel elle était partie dans les derniers navires ; ayant su cette fâcheuse nouvelle que tous les biens de feu Mr. de la Doversière avaient été saisis, et que partant toute la fondation des religieuses hospitalières qu’il avait entre ses mains était bien en risque d’être perdue ; comme en effet elle l’a été, où vous considèrerez s'il vous plait, que si ces bonnes fillés avaient tardé de partir une année, comme on souhaitait, Mr. de la Doversière aurait été mort avant ce temps et leur fondation aurait été absorbée par ceux qui ont voulu faire voir que ce bon Mr. était mort ruiné, et partant ces filles n'auraient eu que faire de songer à partir étant sans fondation, mais Dieu qui les voulait ici dans l’état où elles se trouvent et qui savait les choses, les a fait prévenir ce qui les pouvait arrèter, c’est ce que je: trouve de plus remarquable dans le voyage que la charité fait faire à Mile. Mance cette année. Le 12 du mois d'août une petite sauvagesse nommée Marie des Neiges et qui promettait beaucoup est morte à la Congrégation chez la sœur Bourgeois, laquelle l'avait élevée depuis l’âge de dix mois avec des soins et des peines considérables dont elle a été payée par la satisfaction que l'enfant lui donnait à cause de l’amitié qu’on portait à cette enfant, on a voulu ressusciter son nom par une autre petite sauvagesse qu’on à eu en ce lieu à laquelle on a donné le même nom dans le baptème, cette deuxième étant aussi décédée, on a pris une troisième petite sauvagesse vers laquelle on s’est comporté de la même façon et à laquelle on a donné le même nom, que si cellecine meurt pas plus criminelle que les autres, après avoir demeuré ici, là toutes trois dans la congrégation du Montréal, elles auront l'honneur d’être, j'espère, toutes trois au ciel pour toute l'éternité, dans cette congrégation qui suit l’Agneau immaculé avec des prérogatives toutes spéciales.
DE L'AUTOMNE 1663 JUSQU'A L'AUTOMNE 1664 AU DRPART DES VAISSEAUX DU CANADA.
La seigneurie du Montréal ayant été” donné par Messieurs de cette compagnie à Messieurs du Séminaire de St. Sulpice, ils en ont pris possession cette année ; ce qui leur donna de l'exercice bientôt après et pour commencer, sans considération de l'autorité du roi qui avait donné une justice à cette seigneurie avec droit de ne ressortir par appel que devant une cour souveraine, on trouva à propos de ne lui pas même souffrir la moindre ombre de justice aussi. tôt que Messieurs de la compagnie du Montréal le lui auraient remise. Il est vrai que cette insulte est assez grande et qu'il est assez inoui de voir telles entreprises sans fondement, ni pouvoir ; c'était moins bien reconnaître 6 ou 7 cent mille livres de dépenses faites par les seigneurs de Montréal pour le soutien de ce pays où ils ont tant perdu de monde et où il n’y aura d'ici à longtemps que de la dépense à faire. Mais n'importe, Mrs. du Séminaire se consolent fort de cet affront en ce qui leur ôtait cette justice extérieure qui regarde le barreau, on leur a donné lieu d’annoblir et d’accroitre celle qui est intérieure et qui regarde le ciel, au reste Mr. Tallon trop équitable pour souffrir de telles injustices a rétabli les seigneuries de ce lieu dans leur droitet a fait évanonir un certain fantôme de justice qui a règné quelque peu de temps se couvrant du beau manteau de Justice Royale contre tout droit et raison. Pour ce qui regarde la guerre, on a bien eu de la peine cette année, aussi bien que les autres ; il fallait toujours être ici sur ses gardes ; de tous côtés, on était en crainte à cause des embuscades, même sion voulait faïie savoir des nouvelles à Quebec ou aux Trois-Rivières de quelque chose important la guerre, il fallait chercher les meilleurs canoteurs, les faire partir de nuit, et après, avec une diligence qu'aujourd'hui on ne voudrait pas croire, ils tâchaient de se rendre au lieu déterminé, et d'éviter par leur vitesse la rencontre des ennemis ; Mr. Lébert un des plus riches et honnêtes marchands qi’il y eut ici et même dans tout le Canada, a rendu ici de grands services à la Colonie, pour laquelle il s’est souvent exposé pour donner ses avis, soit en canot, soit sur les glaces, ou à travers les bois ; ce n’est pas là l’unique service qu’il ait ren du en ce lieu, d'autant que s’il a eu l’esprit de faire sa fortune par son commerce et en même temps beaucoup servir le public dans la manière aisée et commode en laquelle il l’a fait touchant les faits de guerre. Je rapporterai ici deux coups faits par les Iroquois, afin de faire voir les peines et les hasards où l’on était ici alors ; puisque à
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