‹ Histoire du Montréal, 1640-1672 [microforme]Chapitre 19 sur 27 · PR ERN · texte numérisé non relu

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peine osait-on paraître à sa porte pour y aller chercher de quoi vivre. Feu Raguideau étant allé à la chasse avec plusieurs personnes dont il avait le commandement, Mr. Dehelètre étant aussi sorti de l'habitation avec un parti dans le mème temps et pour le même dessein, ces deux partis se joignirent à deux Isles qui sont un peu au dessous de ce lieu où ayant tué des bètes, ils envoyèrent un canot devant eux, chargé de viande à l'habitation ; 9r comme on ne peut remonter ce fleuve à la rame sans être proche de terre pour éviter le courant, ce canot chemin faisant le long du rivage se trouva visà-vis d’une embuscade qui fit une décharge laquelle tua ou blessa trois ou quatre hommes qui étaient dans le canot ; cela fait, un Iroquois accourut afin de tirer le canot de l’eau, mais un de nos gens qui était encore en état de se défendre, jeta roide mort d’un coup de fusil l'Iroquois qui venait à lui, cela fait, il mit au large, les autres Iroquois s’encoururent à leurs canots apparemment pour suivre nos gens moribonds et blessés, mais voyant Mr Debelètre, Saint Georges et autres Français, lesquels venaient au secours, ils changèrent le dessein en celui de s'enfuir. Au mois d'août de cette année, deux Français étaient tout proche du Montréal en canot, tout d’un coupils furent tués roides mort sans avoir le loisir de voir ceux qui les chargeaient ; enfin il y avait tellement la nuit à craindre de toutes parts en ce lieu et il y aurait tant d'exemples fâcheux à rapporter que nous n’en manquerions pas de trouver

davantage, mais ceux-ci suffiront pour donner une idée générale du tout.

DEPUIS L'AUTOMNE 1664 JUSQU'A L'AUTOMNE 1665 AU DÉPART DES VAISSEAUX DU CANADA.

Plus de la moitié de cette année se passa sans qu’il y eut rien de funeste parcequ’on se tenait toujours bien sur ses gardes, mais dans le mois de juillet, M. Lemoine ayant eu envie d'aller à la chasse demanda et obtint congé d’y aller avec quelques sauvages de la nation des Loups avec lesquels il alla nonobstant quelques avis qu'on lui donna particuliers, touchant les ennemis qu’on croyait n'être pas loin, mais son peu de crainte empècha d'examiner ce qu’on lui en dit et ne fut pas très-loin qu'étant entré dans l'Ile Ste. Thérèse pour chasser, il fut attaqué par les Iroquois qui le surprirent seul, lui crièrent de se rendre, ce que ayant refusé et les ayant couché en joue, reculant peu à peu, les ennemis avançaient toujours sur lui; ce que voyant résolu de vendre sa vie qu'il tenait pour perdue. Il tira son coup de fusil, mais au lieu de frapper

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