AU LECTEUR
Comme je ne souhaite point tromper ceux qui se donneront la peine de lire cette relation, je veux bien les avertir qu'ils ne peuvent pas espérer de moi que ce soit sans quelques légères erreurs sur l’ordre des temps et que je serai si fidèle à leur rapporter toutes les belles actions qui se sont faites en ce lieu que je n’en omette pas une. Premièrement, parce que la religion de ces personnes pieuses et qualifiées, lesquelles ont peuplé cette ile aux dépens de leur bourse, n’a jamais pu souffrir que rien de remarquable parut chez les libraires touchant ce quia été fait ici, si bien que je suis contraint aujourd’hui de laisser dans un profond silence et au milieu des ténèbres ce qui mériterait d’être exposé au plus beau Jour, lorsque je n’en ai pas des témoignages authentiques ; en second lieu, il y a eu tant d'attaques en ce poste avancé, tant de coups donnés et reçus, les témoins y ont été tant de fois repoussés, depuis trente-et-un an qu’on y est établi, d’ailleurs il y a tant de faits considérables, pour la piété surtout à l'égard des personnes qui soutenaient cetouvrage, que j'aurais beau examiner les temps et les saisons, je serais toujours contraint d'oublier bien
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HISTOIRE DU MONTREAL. è
des choses dignes de mémoire. En troisième lieu, je vous dirai que j'ai si peu de temps à moi, que je ne puis faire autre chose sinon rarcourir ce petit jardin de Mais, prenant sans avoir le loisir de m'y arrêter, tantôt une fleur en un endroit, tantôt une autre, pour vous former ce bouquet ; que si les fleurons qui le composent se trouvent moins artistement accomodés, je ne laisserai pas de vous le présenter volontiers, parce qu’il vous sera difficile de l’approcher sans que vous répandiez la suave odeur de cet époux des cantiques qui s’est fait suivre dans un pays éloigné par tantde personnes considérables, soit par leur démarche du corps, soit par les démarches de l'esprit et de l'affection, soit par les démarches de la bourse dont les largesses ne se sont pas fait voir avec peu de profusion et ne contribuent pas peu encore aujourd’hui aux reconnaissances et hommages qui y sont rendus au créateur de l'univers aux pieds de ces nouveaux autels surtout par plusieurs personnes qui n’y pourraient pas maintenant subsister, où du moins, elles y seraient dans la dernière misère sans les profusions charitables de la France qui les aide de temps en temps à faire leur pénitence avec moins d'inquiétude en ce granû éloignement dans lequel elles se trouvent de tous leurs amis, après avoir essuyé et courus des périls qu'il se verra dans la suite de cette histoire, à laquelle les choses qui se sont passées depuis l’an 1640 jusqu’à l'an 1641, au départ des vaisseaux de Canada en France, serviront d’une fort belle et riche entrée ; ensuite nous marquerons toutes les autres années à la tête des chapitres, comptant notre année historique depuis le départ des vaisseaux du Canada pour la France dans une année jusqu’au départ d’un vaisseau du même lieu pour la France dans l’an suivant ; ce que nous faisons de la sorte parce que ioutes les nouvelles de ce pays sont contenues chaque année en ce qui se fait ici depuis le départ des navires d’une année à l’autre et en ce qu'on reçoit de France par les vaisseaux qui en reviennent; et comme nous puisons dans ces deux sources ce que nous mandons tous les ans à nos amis, j'ai cru que l’ordre naturel voulait que je cottasse ainsi mes chapitres pour une plus sûre division de cette histoire.
DEPUIS LAN DE N. SEIGNEUR 1640 JUSQU'A L’AN 1641, AU DÉPART DES VAISSEAUX DE CANADA EN FRANCE.
La main du Tout-Puissant qui se découvre ici tous les jours en ses ouvrages voulut, l’an quarantième de ce siècle, se doniter sin-
gulièrement à connaitre par celui du Montréal dont elle forma les desseins dans l'esprit de plusieurs d’une manière qui faisait dans le même temps voir au Dieu une bonté très-grande pour ce pays, auquel elle voulut lors donner ce poste comme le bouclier et le boulevard de s4 défense, une sagesse non pareille pour la réussite de ce qu'elle y voulut entreprendre n'admettant rien de ce que la prudence la plus politique eut pu requérir; une puissance prodigieusement surprenante pour l'exécution de cette affaire, faisant de merveilleuses choses en sa considération; tous les habitants de la Nouvelle-France savent assez combien il leur a valu d'avoir ce lieu avancé vers leurs ennemis pour les arrêter et retenir dans leurs considérables descentes. Ils n’ignorent pas que très-souvent, cette isle a servi de digue aux Iroquois pour arrèter leur furie et leur impétuosité ; se dégoûtant de passer plus outre, lorsqu'ils se voyaient si vigoureusement reçus dans les attaques qu'ils y faisaient, et la suite de cette histoire fera tellement toucher au doigt combien le Canada lui est obligé de sa conservation, que ceux qui sauront par leurs propres expériences la sincérité et vérilé de ce discours, béniront en le lisant mille fois le ciel d'avoir été assez bon pour prendre et concevoir le dessein d'un ouvrage qui lui est si avantageux ; que si la bonté de Dieu a paru visiblement en cette entreprise, sa sagesse et toute puissance n’y ont pas brillé avec moins d'éclat, étant vray qu'il est impossible de repasser dans son esprit toutes les choses qui se firent dans l’année, dont nous parlons sur le sujet de Montréal sans admirer partout ces perfections diverses qui concouraient tellement l'une avec l'autre au dessein duquel nous traitons, qu'il paraissait clairement que cet ouvrage n’appartenait pas aux hommes mais seulement à la sagesse de Dieu et à son pouvoir infini mus par sa seule bonté, à en agir de la sorte; mais voyons un peu comme ces deux attributs divins de la sagesse et de la puissance s'assistérent l’un à l’autre afin d’enfanter et de mettre au monde cet ouvrage. La Providence de Dieu voulant rendre celte isle assez forte pour être la frontière du pays, et voulant du reste la rendre assez peuplée pour y faire retentir les louanges de sc2 créateur, lequel y avait été jusqu'alors inconnu, il fallait qu’elle jetta les yeux sur plusieurs personnes puissantes et pieuses afin d'en faire une compagnie qui entreprit la chose car la dépense devait en ètre grande, elle eut été excessive si plusieurs personnes puissantes et de qualité, ne se fussent réunies pour cet effet, et l'union n'aurait pas longtemps duré si elle n'avait été entre des personnes pieuses détachées du siècle et entièrement dans les intérèts de Notre Seigneur, d'autant que cette association se devant faire sans espoir de profit et en ayant encore mème aujourd'huy
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fort peu à espérer d'ici plusieurs années en ce lien, elle se serait bientôt détruite si elle avait été intéressée quand elle n'aurait eu que ce seul chagrin d'être obligée de toujours mettre sans espérance de ne rien mettre d'un très-longtemps : de plus, il fallait que la providence divine disposant quelque illustre commandant pour ce lieu, lequel fut homme de cœur, vigoureux, d'expérience, et sans autres intérêts que ceux de l'éternité. Outre cela, il fallait que la mème providence choisit une personne parcillement dégagée pour y avoir soin des pauvres, malades et blessés en attendant que le monde se multipliant, elle procura à cette isle l'assistance d'un hôpital pour seconder on tenir la place de cette personne, sur quoi il est à remarquer qu'il était de besoin que ve fut quelque fille où femme à cause que les personnes de ce sexe sont propres à plusieurs choses qui ne se font pas communément si bien par ceux d’un sexe différent dans un lieu où il n'y en a point. Mais à dire le vrai, il fallait que ce fut une personne toute de grâce pour venir dans ce pays sy éloigné, sy sauvage et sy incommode, et il était nécessaire qu’elle fut extrèmement protégée de la main du Tout-Puissant pour conserver toujours le trésor de sa pureté sans aucun larcin où véritable où faussement présumé, venant parmis les gens de guerre. La providence à miraculensement opéré toutes ces choses comme nous verrons dans la suite de cette histoire qui nous fera admirer également la sagesse de Dieu et son pouvoir, mais avant de parler de cet illustre commandant et de cette personne choisie pour les malades et blessés, revenons à l'érection de notre sainte compagnie, aussi bien n'oserions nous rien dire présentement de ces deux personnes que le ciel a élues parce que la main de Dieu qui travaille fortement chez elle, veut le faire comme en cachette ; ces deux ouvrages si nécessaires sans que nos associés en aient aucune connaissance jusqu’à l'an prochain afin qu'ils la reçoient alors comme une gratification purement céleste : sur done voyons naître cette belle association et prendre son origine dans la ville de Laflèche ! par le moyen d'une relation de la nouvelle France, qui parlait !! fortement de l'Isle de Montréal comme étant le lieu le plus propre ! du pays afin d'y établir une mission et recevoir les sauvages, la- ! quelle relation vint heureusement entre les mains de M. de la Doversière, personne de piété éminente qui fut d'abord beaucoup touché A en la lisant, ct qui le fut encore bien davantage quelque temps ! après, Dieu luy ayant donné une représentation si naïve de ce lien M qu'il le décrivait à tous d’une façon laquelle ne laissait point de doutes qu'il n’y eut bien de l'extraordinaire là dedans, car les guerres avaient laissé si peu de moyens pour le bien connaître, qu'à peine en pourrait-on donner une grossière idée, mais lui le
dépeignait de toutes parts, non-seulement quant aux castes et partie extérieure de l'Isle, mais encore il en dépeignait le dedans avec la mème facilité, il en disait la beauté et bonté et largeur dans ses différents endroits ; enfin il discourait si bien du tout qu'allant uu jour parler au Révérend Père Chauvean ou Chameveau, Rec
teur du Collége de la Flèche qui le connaissait, et lui disant que Dieu lui avait fait connaître cette Isle la lui représentant comme l'ouvrage à laquelle il devait donner ses travaux afin de contribuer à la conversion des sauvages, par le moyen d’une beile colonie Française qui leur pouvait faire sucer un lait moins barbare ; cependant il vit ce qu'il devait faire et s'il croyait que cela fut de Dieu c'i ou non, alors ce père éclairé du ciel, convaincu parce qu'il en ndait de sa bouche lui dit : ‘ N’en doutez pas M. employezvous y tout de bon.” Etant revenu des Jésuites, incontinent il dit tout ce qui s'était passé à M. le baron de Fauquant, gentilhomme fort riche qui était depuis peu venu demeurer chez luy, comme dans une école de piété, afin d'apprendre à bien servir N. Seigneur, Dieu l'ayant voulu conduire tout exprès sous ce pieux prétexte en la maison de son serviteur afin qu'il se trouva là à propos pour commencer le travail de cette nouvelle vigne, sur quoi il est à remarquer que ce pieux baron ayant vu la mème relation que M. de la Doversière en avait été tellement touché qu'il ne lui eut pas plus tard fait connaître à quoi l'avait destiné le bon père Chauveau, qu'aussitôt il s’offrit à lui afin de s'associer pour le même dessein ; ces deux serviteurs du Tout-Puissant évant ainsi unis, ils prirent résolution d'aller de compagnie à Paris, afin de former quelque saint parti qui voulut contribuer à cette entreprise ; y étant arrivé, M. de la Doversière alla dans un hôtel où N. Seigneur conduisit feu M. Hollie, ces deux serviteurs de J. Christ en se rendant dans ce palais furent soudain éclairés d’un rayon céleste et tout à fait extraordinaire, d'abord ils se saluèrent, ils s'embrassèrent, ils se connurent jusqu'au fond du cœur, comme St. François et St. Dominique, sans se parler, sans que personne leur en dit mot et sans que jamais ils se fussent vus. Après ces tendres embrassements, c:s deux serviteurs de notre maitre céleste, M. Olier dit à feu M. de la Doversière : ‘ Je sais votre dessein, je vas le recommander à Dieu au saint autel.” Cela dit, il le quitta et alla dire la sainte messe que M. de la Doversière alla entendre, le tout avec une dévotion difficile à exprimer quand les esprits ne sont pas embrâsés du même feu qui consumait ces grands hommes ; l’action de grâce faite, M. Holie donna cent pistoles à M. de la Doversière, lui disant : ‘“ Tenez voilà pour commencer l'ouvrage de Dieu” Ces cent louis ont été le premier argent qui ait été donné pour cet œuvre, prémices qui
castes et le dedans geur dans qu'allant eau, Rec isant que 1t comme ontribuer » colonie barbare ; la fut de cu parce mployezent il dit homme , Comme eigneur, texte en )0S pour il est à 1 que M.
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HISTOIRE DU MONTREAI. 7
ont eu la bénédiction que nous voyons, sur quoy il est bien à
remarquer que Dieu ayant le dessein de donner dans un certain
temps pour lors connu à lui seul toute cette Isle au Séminaire de
St. Sulpice, il en souhaita toucher le premier argent par les mains
de son très-digne fondateur et premier supérieur, afin de la lui
engager en quelque façon et lui donner des assurances qu'il s'y
voulait faire servire un jour par ses enfants ; après cela, ils ne doi-
vent pas craindre au milieu des tempêtes, ils n'en seront pas
abattus puisque Dieu est leur soutien ; et que pour le paiement de
toutes les grâces qu'il a voulu verser sur cet ouvrage par leur moyen, il en a voulu recevoir les autres par des mains qui lui
étaient aussy agréables que celle de feu M. Hollie ; mais reprenons le fil de notre histoire et faisons revenir M, de la Doversière trouver son cher baron de Fauquand et exprimons si nous pouvons, la joie avec laquelle il lui dit ce que nous venons de rapporter au sujet de M. Holié ; exprimons si nous pouvons l’allégresse de cet illustre baron en voyant une telle merveille, ensuite voyons ces trois premiers associés dans leur première entrevue, #t exprimons si nous pouvons leurs tendres embrassades mélangées de larmes et soupirs. Après disons que Dieu donne bien parfois de la joie à ses serviteurs, disons que chez les grands de ce monde rien ne se trouve de pareille, disons enfin que le lien amoureux formé par le St. Esprit entre ces trois associés ne se rompera pas aisément, qu’il sera fort, pour amener de puissants secours et faire entreprendre des merveilles dans l'Isle de Montréal ; mais voyons un peu comme Dieu les conduit pour la réussite de ce dessein ; il fallait avant toutes choses qu'ils se rendissent les maîtres du lieu que la provi
dence les faisait envisager, mais pour y parvenir, il était nécessaire auparavant, de traiter avec M. de Lauzon ! auquel cette terre avait été donnée, c'est ce dont s’acquitta quelques mois après avec beaucoup de vigilance et de soin le sieur de la Doversière, qui ne négligeait aucune chose à l'égard de cette affaire que le ciel lui avait commise ; pour cela, il s’adressa au À. P, Charles Lallemand qui fut si convaincu après l'avoir oui que ce dessein était de Dieu qu’il se résolut de demander la permission d’aller avec lui trouver M. de Lauson dans le Lionnais, où il était alors, afin de mieux négocier la chose ; zèle à qui Dieu donna une telle bénédiction que le traité de cette Isle se fit et se passa dans la ville de Vienne peu
1 Il signait Jean de Lauson, on a son autographie; il était alors intendant de Dauphiné et fut gouverneur du Canada de 1651 à 1656, qu’il partit tard dans l’automne sans attendre son successeur. Sa commission n’expirait que le 16 janvier 1657. Il laissa pour commander à sa place M. Charles de Lauson de Charny l’un de ses fils frère du Sénéchal.—J. ViIGEr.
de temps après, ce qui fut au mois d'août du même 1640! : cela donua un grand contentement aux nonveaux associés lesquels pour une marque de leur extraordinaire confiance en Dieu avaient dès le printemps avant l'accomplissement de cette affaire envoyé au R. P. Lejeune, lors recteur de Kébecq, vingt tonneaux de denrée outils et autres choses, afin qu’il prit la peine de leur les faire conserver pour l'an suivant: M. de la Doversière était retourné de Viennois, après cette heureuse négociation, on commenca lors de travailler tout de bon à chercher les moyens de faire un grand embarquement pour l'an 1641, mais si pour résister en ce lieu aux incursions des sauvages, on avait besoin de gens soldats et résolus, on avait encore plus besoin d'un digne chef pour les commander, ce que représentant quelque temps après M. de la Doversière au P. Charles Lallemand, ce bon père lui dit: ‘Je sas un brave gentillonne Champenois nommé M. de Maison-Neufve, (Paul des Chaumedy sieur des Maison-Neufve) qui a telle et telle qualité lequel serait possible bien votre fait et commission.” Il vitque M. de la Doversière désirait de le connaître, il Ini dit son auberge afin qu'il put le voir sans faire semblant de rien, ce qu'il fit fort adroitement et sans qu'on s'aperçut des desseins qu'il avait; parcequ'il alla tout simplement loger dans cette auberge comme sil n'eut eu d'autre envie que d’y prendre ses repas, et parla ensuite publiquement de l'affaire de Montréal qui était sur le tapis, afin de voir si cela ne lui donnait point lieu d'entrer en quelque conversation sur ce fait avec M. de la Maison-Neufve, ce qui lui réussit fort bien, car M. de la Maison-Neufve ne se contenta pas dans la conversation de l'interroger plus que tous les autres ensemble sur le dessein proposé, mais outre cela, il le vint par après trouver dans le particulier, afin de lui dire qu'il serait bien aise pour éviter les débauches de s'éloigner et que s'il pouvait servir à son dessein, il s’y offrait volontiers, qu'il avait telle et telle qualité, qu'au reste il était sans intérêt el avait assez de biens pour son peu d'ambition, qu'il emploierait sa vie et sa bourse pour cette belle entreprise sans vouloir autre chose que l'honneur de servir Dieu et le roy son maitre, dans l'état et profession des armes qu’il avait toujours portées. M.de la Doversière l’entendant parler d’un langage si chrétien et résolu en fut tout charmé. Il le reçut comme un présent de la providence divine laquelle voulait accomplir son
1 M. Faillon dit à ce sujet : « M. de Lauson cédant aux instances de M. de la Dauversière qui fit, à cette fin, deux fois le voyage de Dauphiné, substitua à M. Ollier et ses associés à sa place par contrat passé à Grenoble le 17 août 1640 et approuvé par la grande compagnie dont il deverit la concession de l'Isle de Montréal au mois de décembre suivants
40! : cela
juels pour vaient dès nvoyé au le denrée faire conourné de ra lors de in grand lieu aux t'résolus, mander, ère au P, in brave Paul des qualité itque M.
auberge L fit fort L; parcemme sil ensuite , Afin de converréussit dans la ible sur ‘er dans viter les ssein, il reste il nbition, reprise le roy Dujours gage si me un lir son
M. de la ua à M.
1640 et le Mont-
œuvre et l'offrait pour cette effet à la compagnie naissante du Montréal, anssy était-ce un homme digne de sa main, il était aisé à voir qu'il en venait et était propre à réunir les desseins qu'il avait sur cette compagnie à l'égard de cette Isle, elle luy avait fait commencer le métier de la guerre dans la Hollande dès l'âge de treize ans afin de lui donner plus d'expérience, elle avait eu le soin de conserver son cœur dans la pureté au milieu de ces pays hérétiques et des libertins qui s'y rencontrent, afin de le trouver par après digne d'être le soutien de sa foi et de sa religion ou ce nouvel établissement, elle le tint toujours dans une telle crainte des redoutables jugements derniers que pour n'être pas obligé d'aller dans la compagnie des méchants se dévertir, il apprit à pincer du luth, afin de passer son temps seul lorsqu'il ne se trouverait pas d'autres camarades, quand le temps fut venu auquel elle voulait l'occuper à son ouvrage, elle augmente tellement en lui cette appréhension de la divine justice que pour éviter ce monde perverti qu'il connaissait, il désira d'aller servir son Dieu dans sa profession dans quelques pays fort étrangers, Un jour, roulant ces pensées dans son esprit elle lui mit en main chez un avocat de ses amis une relation de ce pays dans laquelle il était parlé du père Ch. Lallemand, depuis quelque temps revenu du Canada ; la-dessus il pensa à part sai que peut être dans la nouvelle France, il y avait quelques employs ou il pourrait s'occuper selon Dieu et son état parfaitement retiré du monde, pour cela, il s'avisa d'aller voir le père Ch, Lallemant auquel il découvrit l'intime de sou âme; le pèrejugeant que ce gentillomme était le véritable fait des messieurs du Montréal, il le proposa à M. de la Doversière lorsqu'il en parla comme nous l'avons dit ci dessous, ce qui réussit à son extrème joie ainsi que nous l'avons déjà remarqué et ce qui causa des contentements indicibles à tous messieurs les associés particulièrement lorsqu'ils apprirent les avantageuses qualités qui brillaient dans ce commandant que ia providence leur donnait en ce pressant besoin ; il est vrai que la joie qu'ils en conçurent s’aug menta encore beaucoup quand ils le connurent plus à fond ; quoique ce qu'ils remarquaient dans sa personne ne fut qu'un bien léger rayon de ce qu'il a fait paraître ici en lui; on à vu en sa personne un détachement universel et non pareil, un cœur exempt d'autres appréhensions que celles de son Dieu,et une prudence admirable, mais entre autres choses, on a vu en lui une générosité sans example à récompenser les bonnes actions de ses soldats, pluseurs fois pour leur donner des vivres, il en manqué lui-même, leur distribuant jusqu'aux mets de sa propre table ; ils n’épargnait rien pour faire gagner quelque chose quand les sauvages venait
OP EE + mr
nr TA mr
en ce lieu ; même je sais qu'une fois remarquant une extraordinaire tristesse dans un bon garçon qui avait fait voir plusieurs fois son cœur contre les enñemis, il l’interrogea, et sachant que c'était parceque il savait rien de quoi traiter avec les Outaouas, lesquels étaient lors ici, il le fit venir en sa chambre, et comme il était tailleur de profession, il lui fit couper jusqu'aux rideaux de son lit pour les mettre en capots afin de les leur vendre et ainsi il le rendit content ; sur quoi ilest bon de savoir qu'il ne faisait pas les choses pour en tirer aucun bien, mais par une pure et cordiale générosité laquelle le rendit digne de louañges et d'amour, ce que n'ont pas moins mérité plusieurs autres qui ne sont pas moins dépouillés que lui de ce qu'ils avaieni, d'autant que tout ce qu'ils ont fait n'a été que par la cupidité d’un profitable négoce, qui cherche partout l'utile et le souverain de tous les biens.
Ce brave et incomparable gentilhomme rencontré, les associés ne songent plus qu'à de l'argent et à s'assurer de bons hommes afin de faire une belle et considérable dépense pour Dieu et l'hon neur de la France en leur première levée de boucliers, qu'ils résolurent de commencer au premier départ des navires pour le Canada, qui était au printemps suivant qui était celui de 1641.
Que s'ils réussirent Dieu les assista bien et il leur en couta bon, surtout à cause des faux frais que le peu d'expérience et la tromperie des hommes fait faire en pareilie occurence où il est à remarquer que cet embarquement se monta à vingt cinq mille écus en France et qu’ils n'étaient encore que six personnes qui contribuassent à ce dessein et que partout, il fallait que la grâce fut bien forte puisqu'elle les obligeait à employer tant de biens en faveur d'un ouvrage qu'ils savaient ne leur rien rapporter. Enfin le printemps venu, ils donnèrent les ordres pour l'embarquement qu'iis résolurent de faire principalement à Larochelle où messieurs de Fauquant et de la Doversière se rendirent exprès à la prière de leurs confrères, afin d'y assister M. de Maison-Neufve qui y allait après avoir reçu de MM. les associés la commission de venir commander en ce lieu où Sa Majesté leur à donné le pouvoir de commettre des Gouvernements, d’avoir du canon et autres munitions de guerre, ces trois messieurs ne furent pas plus tôt arrivés à Larochelle qu’ils recherchèrent encore de toute part du monde propre à bien soutenir ce poste. Ils ne choisirent pour cette mission que de bons hommes en quoi iis avaient d'autant plus raison qu'ils savaient que ce lieu devait ètre fort chaud et difficile à défendre par un petit nombre de soldats tel que celui qu'ils pouvaient fournir, vu la cruauté et la multitude des ennemis qu'ils y devaient combattre ; outre cette levée de soldats, ils firent de grandes
raordinaire urs fois son que c'était as, lesquels une il était aux de son t'ainsi il le isait pas les et cordiale our, ce que pas moins ut ce qu'ils négoce, qui
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couta bon, et la tromist à remarle écus en jui contri- :e fut bien en faveur Enfin le \rquement messieurs prière de ui y allait enir COmMr de comiunitions és à Larole propre ssion que son qu’ils défendre Jouvaient devaient grandes
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dépenses pour avoir les denrées, outils et marchandises nécessaires à un établissement de la conséquence de celui-ci ; enfin ils n'épargnèrent rien pour réussir en leur dessein, mais au reste ils avaient
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ne leur pouvait fournir, c'était une fille ou une femme de vertu assez héroïque et de résolution assez mâle pour venir dans ce pays
2% prendre le soin de toutes ses denrées et marchandises nécessaires
# à la subsistance de ce monde et pour servir en même temps d’hos- "1 Dpitalière aux malades ou blessés; que si leur argent ne la leur peut octroyer la providence qui les avait assisté jusque-là et qui
4 depuis l'an 1640, les employait fortement à cet ouvrage, avait pris
le soin de disposer à leur insu la personne dont ils avaient besoin,
7 l'amenant à point nommé du fond de la Champagne en ce lieu de
leur embarquement dans le temps qu'ils s'aperçurent de la grande nécessité qu'ils avaient et de l'impossibilité de la trouver, chose qui est considérable et qui mérite trop d’avoir son récit en cette histoire pour re pas la rapporter tout au 15ng, commençant par les premiers mouvements de la vocation que ressent cette bonne fille © dont est question dans la ville de Langres en l'an 1640, environ la
© miavril par le moyen d'un chanoine de ce lieu là, lequel parlant
de la Nouvelle-France avec beaucoup de zèle louer extrêmement Notre Seigneur de ce qu'il s’y voulait maintenant faire servir par # l’un et l’autre sexe, ajoutant que depuis peu, une personne de qualité, Mme de la Pelleterie, y avait mené des Ursulines que Mme Deguillon ? y avait fondé des Hospitalières et qu'’enfin il y avait bien des apparences que Dieu y voulait être particulièrement honoré. Ce furent ces paroles qui donnèrent la première impression de ce que ressentit jamais Mile Manse en faveur de ce pays, c'est le nom de cette fille que la moitié de l'univers avait choisi pour venir travailler dans cette nouvelle vigne ; à mesure qu’elle entendait ce discours, son cœur se laissait tellement surprendre par les mouvements les plus secrets et les plus forts de la grâce qu'ils la ravirent à lui-même entièrement et la fit venir malgré lui en Canada par ‘ses désirs et par ses vues ; lors toute ettonée de se voir en cet état, elle voulut réfléchir sur la faiblesse de sa complexion, sur ses ma ladies passées, enfin elle se voulut munir de plusieurs raisons pour s'exempter d'obéir à ses divins attraits; mais tant plus elle retardait, plus elle était inquiétée par la crainte de l’infidélité à ces mouvements célestes. Son pays natal lui était une prison, son 9 cœur était sur des épines, que si elle les voulait découvrir à son
1 Marie Magdeleine de Wignerod ou de Vignerot, duchesso d'Aiguillon, elle avait élé marié à Antoine de Beauvon du Rouvres de Combharlet, dont eile n'eut point d'enfants ; elle était nièce du Cardinal de Richelieu,
e nr nn mr ram meme,
directeur pour les arracher elles étaient tellement abondantes et
fichées si avant qu'après avoir bien travaillé, il perdait l'espérance
d'en venir à bout ; c’est pourquoi ayant invoqué le St. Esprit il lui
dit de partir pour Paris le mécredi d’après la Pentecôte ; que là elle s'adressa au père Lallemant qui avait soin des affaires du Canada, que pour la direction de sa conscience elle prit le recteur de la maison des Jésuites qui serait la plus voisine du lieu où elle logerait. Ayant reçu ces conseils, elle vint à Paris pour faire ce que Dieu demandait d'elle, feignant en sa maison de n'y vouloir aller qu'afin d'y voir ses parents. En effet elle vint demeurer chez eux près du noviciat des Jésuites, de là s1ns perdre beaucoup de temps, elle alla voir le R. P. Lallemant, qui à la deuxième visite l'encouragea grandement, lui dit des merveilles touchant les desseins que Dieu avait sur la Nouvelle-France, et qu'il s'en alia à Lyon pour une affaire de la dernière conséquence qui regardait le Canada ; c'était pour la négociation du Montréal dont nous avons parlé, mais il ne la lui découvrit pas, aussi n’en était-il pas besoin pour lors, dans le même temps, elle vit le père St. Jure, recteur du noviciat des Jésuites, qui lui dit peu de choses, n’approuvant, ni ne désapprouvant rien aussi sur le sujet de sa vocation en ces
“contrées ; ors comme le père S£. Jure était bien occupé, elle fut trois
mois ensuite sans lui pouvoir parler, mais enfin ayant fait connais. sance avec Mme de Villersavin, cette dame la mena par après un jour voir le père St. Just, qui la retint quand elle s’en voulut aller afin de lui parler en particulier, lorsque madame de Villersavin serait partie; ce qu'il fit avec beaucoup de force et ouverture de cœur, l’assurant que jamais il n'avait vu autant de marques de la volonté du bon Dieu qu’en sa vocation; qu'elle ne la devait plus dissimuler comme elle l'avait fait jusqu'alors, que c'était une œuvre de Dieu, qu'elle s’en devait déclarer à ses parents et à tout le monde. Ces paroles dilatèrent tellement son cœur qu’elle ne pouvait l’exprimer ; d’abord qu’elle fut à la maison, elle découvrit tout ce mystère à ses parents, ils voulaient sy opposer mais en vain; incontinent après, cela se divulga de toutes parts, et comme en ce temps là, la chose était comme inouïe, cela fit un grand bruit,
surtout chez les dames qui prenaient plaisir de faire venir cette MS
demoiselle et de l’'interroger sur une vocation si extraordinaire ;
la Reine même la voulut voir, comme aussi madame la Princesse,
madame la Chancelière et autres; quand à son particulier, elle ne
‘répondait qu'une seule chose à tous, qu’elle savait bien que Dieu
la voulait dans le Canada mais qu'elle ne savait pas pourquoi ;
qu'elle s'abandonnait pour tout ce qu’il voudrait faire d’elle aveu-
glement, L'hiver suivant, un provincial des Récollets, hornme d’un
De
RORCAUIEE 3 grand mérite nommé le père Rupiere, ! vint à Paris. Or comme
it l'espérance M elle le connaissait d'abord, elle le visita et lui dit les choses comme Luis * elles étaient ; à quoi il répondit, qu'approuvant son dessein et son FAURE R abandon entre les mains de Dieu ; que cela étant bien, qu'il fallait Fdu'éAtets, 0 ainsi qu’elle s'oublia elle-même mais qu'il était bon que d’autres os FR À on eussent le soin nécessaire ; c'est ce qui a-riva par le ministère HAu su sue D de ce saint homme. lequelquelques jours après, lui demanda qu’elle de Lu eut à se tenir prête pour aller chez Mme de Bullion, quand on la SRE NONO 0 viendrait quérir ce qui fut l'après-midi ; quand elle fut arrivée, elle emeurer chez 1 trouva son bon père ARapine avec cette pieuse Dame, laquelle prit DEAUSOUR de ‘4 grand plaisir à l'entretenir, jouissant entièrement avec elle de ixième VISE 1 Pobandon où elle se trouvait au bon plaisir de Dieu, ensuite après iaughant es avoir beaucoup causé avec elle la congédia la priant de la revenir: Teen aus 4 voir; à sa quatrième visite elle lui demanda si elle ne voudrait qui regardait L. } pas prendre le soin d'un hôpital dans le pays où elle allait, parce A pau elle avait l'intention d'en fonder un, avec ce qui serait néces- FIL PAS bo DE saire pour sa propre subsistance, que pour cela elle eut été bien Re du ! 4 aise de savoir qu'elle était la fondation de l'hôpital de Kébecq faite pprouvant, 1. : par Mlle d'Aiguillon. ? Mademoiselle Mance lui avoua que la fai. cation en CES VE Ljesse de sa complexion jointe à sa mauvaise santé depuis 17 ou
des PE À 18 ans ne devaient pas lui permettre de faire grand fond sur sa es À D que cependant elle s'abandonnait entre les mains de par apres UN SE Dieu pour l'exécution de ses bons plaisirs, tant à l'égard des 1 voulut aller 4 Rauvres, que de tout ce qu’il lui plairait ; que quand à la fondation js Villeravin “ de l'hôpital de Québec, elle ne savait pas laquelle elle était, mais ouverture de É. qu’elle s'en informerait. Ensuite elle continua toujours ses visites narques de la M; cette bonne dame, à laquelle elle dit après s’en être soigneuse- La devait plus M ment enquise à quoi se montait la fondation de l'hôpital de Kébecq, e c'était une Mcette Dame l'ayant appris, elle donna des témoignages qu'on en rerits et à tout “devait pas moins attendre de sa libéralité. Enfin après toutes ces.
ur qu'elle NC IN visites le printemps arriva auquel il fallait exécuter les desseins de
lle découvrit | Dieu ; il n’élait plus temps de parler, il fallait agir, c’est à quoi LOS TAAIS: 60 4 Mnotre demoiselle se prépare avec une gaieté et promptitude non
ris, UE Aparcille ; elle alla pour cet effet prendre congé de sa dame qui
n grand bruit, Mjyi donna une bourse de 1200 livres en lui disant : “ Voici les re venir cette Marches de notre bonne volonté en attendant que nous fasions le
traordinaire ; Mreste ; ce que nous accomplirons lorsque vous m’aurez écrit du lieu
la Princesse, Moù vous serez et que vous m'aurez mandé l'état de toutes cheses.”
culier, elle ne
jien que Dieu as pourquoi ;
‘e d'elle aveu- #S 2 La Duchesse d'Aiguillon fonda l'Hôtel-Dieu de Québec le 16 avril 1637, mais.
sd? “ce ne fut que le premier août 1639 que les premières Hospitalières arrivèrent à , homme d’un Québec pour commencer leur œuvre.
1 LeR. P. Rapin, provincial des Récollets.
Après ces paroles elles se séparèrent; mais cela ne se fit pas sans peine ; surtout à l'égard de cette bonne dame, laquelle avait bien du déplaisir de ne pouvoir pas donner au Canada sun corps aussi bien que sa bourse, afin d’y venir prendre part aux premiers hommages qui ont été rendu au premier souverain de l'univers. Notre demoiselle ayant quitté madame de Bullion, elle. voulut partir le jour suivant pour Paris pour s’'embarquer, ses parents voyant que c'était sa résolution, souhaitèrent que ce fut en Normandie afin de la pouvoir accompagner jusque sur les bords de l'océan, mais elle tout au contraire, pour sacrifier et rompre au plus tôt les iîens de la chair et du sang, voulut que ce fut à Larochelle, où d’ailleurs elle savait qu'il y avait des prêtres, lesquels passaieut en Canada et qu’ainsi elle aurait la messe pendant le voyage; ce fut là les deux motifs dant Dieu se servit pour faire venir Mlle Mance à ce port afin de l'y faire associer à la compagnie du Montréal par MM. de Fouquant et de la Doversière qui y étaient, ce qui n’eut arrivé si elle eut été par Dieppe comme ses parents le désiraient: cette résolution étant prise, elle partit et surmontant par son courage les fatigues d’un voyage qui d’ailleurs eut été à un corps tel que le sien était alors; elle arriva au lieu tant désiré de son embarquement où la Providence lui assigna un logis tout proche des Jésuites sans savoir où elle allait; ce qui lui donna un moyen d'aller saluer aussitôt le feu père Laplace qu’elle avait vu à Paris etqu’elle savait devoir passer la mème année dans la Nouvelle-France; ce père qui la connaissait fut très-heureux de la voir et même il le lui témoigna en lui disant qu’il avait bien eu peur qu’elle n'arriva pas avant le départ des navires. Après ce commencement d'entretien, il lui dit que Dieu faisait de merveilleux préparatifs pour le Canada en ajoutant : ‘ Voyez-vous ce Gentilhomme qui m'a quitté afin que j'eusse la liberté de vous parler ? Il a donné vingt mille livres cette année pour une entreprise qui regarde ce pays-là ; il s'appelle le baron de Fouquand ; il est associé à plusieurs personnes de qualité, lesquelles font de grandes dépenses pour un établissement qu’il veut former dans l'Isle de Montréal qui est en Canada.” Lui ayant fait part de toutes ces bonnes nouvelles, après quelques discours, il lui demanda où elle logeait, et sachant que c'était chez une Huguenotte il la fit mettre ailleurs, non pas qu’elle le demandait, car en ce lieu-là sur la route et partout généralement, Dieu disposait tellement le monde à son égard qu’elle était bien reçue en tous lieux, même à peine voulait-on de son argent, après l’avoir bien traitée, quand elle sortait des hôtelleries, il est vrai qu’il était hien juste que Dieu qui est le maître de tout le monde lui donna la grâce de gagner les cœurs d’un chacun pour la récompense de ce que faible
fit pas sans > avait bien corps aussi -miers homivers. Notre ut partir le voyant que indie afin de n, mais elle les i‘ens de où d’ailleurs t en Canada ce fut là les e Mance à ce réal par MM.
| n’eut arrivé raient: cette n courage les ps tel que le )n embarquee des Jésuites d'aller saluer qu'elle savait ; ce père qui lui témoigna pas avant le tien. il lui dit e Canada en itté afin que le livres cette 1 s'appelle le es de qualité, sement qu'il Lui ayant es discours, il z une Huguendait, car en disposait telen tous lieux, bien traitée, ait hien juste a la grâce de ce que faible
Ed
et seule comme elle était, elle osait néanmoins tout entreprendre pour sa gloire, sans l'espérance de son unique soutien. Le lendemain de son arrivée, allant encore aux Jésuites elle rencontra M. de la Doversière qui en sortait, lequel sans l'avoir jamais vue, étant peut-être instruit par le R. P. Laplace, l’aborda, la salua par son nom et ensuite lui parla du dessein de Montréal, de leur société et union et de toutes leurs vues dans cet ouvrage avec une ouver. ture de cœur admirable ; peu après il lui avoua le besoin d’une personne désintéressée comme elle, qu'ils avaient bien une personne d’engagée pour le dehors et la guerre, mais qu’il leur était nécessaire d'avoir une personne qui eut soin du dedans; qu’il y servirait assurément beaucoup Dieu, ensuite de ce pourparler il l’alla voir chez elle, la pressa sur ce sujet, mais elle de son côté lui témoigna appréhender cette union disant: ‘ Si je fais cela, j'aurai plus d’appuie sur la créature et j'aurai moins à attendre du côté de la Providence.” A cela il lui répondit : ‘ Vous ne serez pas moins
d fille de la Providence, car cette année nous avons fait une dépense ù de 73,000 livres, je ne sais plus où nous prendrons le premier sol ) pour l'an prochain; il est vrai que je suis certain que ceci est
l'œuvre de Dieu et qu'il le fera, mais comment je n’en sais rien.”
4 Ces dernières paroles gagnant absolument notre demoiselle qui 0 dit: pourvu que le R. P.St. Jure son directeur l’eust agréable ;
elle s'unirait à eux encore qu'elle ne fut qu'une pauvre fille faible
4 et malsaine qui de chez soi n'avait que sa petite pension viagère.
M.de la Doversière lui dit : “ Ne perdez pas de temps, écrivez par cet
+ ordinaire au R. P. St. Just,” elle le fit; et outre cela, elle demanda la même chose à tous ses amis qui tous aussi bien que lui jugèrent 4 que la main de Dieu était visible là dedans. | écrivirent qu'elle ne manqua pas d'accepter l'union qu’on lui pro 4 posait, que c'était infailliblement Notre Seigneur qui voulait cette liaison ; aussitôt la nouvelle reçue, elle l’apprit à M. de ja Dover-
C’est pourquoi ils lui
sière qui en eut une joie non pareille, ainsi que MM. de Fauquand et de Maison-Neufve, enfin elle fut reçu par ces trois messieurs au
nom de la compagnie du Montréal comme un présent que le ciel M lui faisait.
“1 Dieu (maintenant que la voilà dans cette association, aussi bien que M. de Maison-Neufve qui y avaii entré quelque temps aupa. Mrazant) faisons une petite réflexion sur les ressorts que la sagesse met toute puissance de Dieu, fait jouer ici dedans ; admirons un peu “comme la providence divine fit venir M.le Baron de Fouquand { chez M. de la Doversière lorsqu'elle lui voulut faire commencer “cet ouvrage, afin de lui donner l'honneur d'en être participant au “moyen des richesses dont elle l'avait pourvu ; admirons comme
Mais afin d’adorer avec plus d'attention la conduite de
16 HISiOIRE DU MONTRÉAL.
cette providence fit rencontrer les messieurs Ollier et de la Doversière dans Paris, et comme elle les éclaira tous deux au même moment sur le mème sujet, leur découvrant mutuellement pour ces effets les plus intimes de leur cœur, sans qu'ils se parlassent aucunement, admirons tout ce qu'elle faisait faire d’un côté par ces dignes ouvriers évangéliques de 1640 à 1641, et comme d’une part elle connaissait l'esprit de M. de Maison-Neufve et l’obligea enfin de s'adresser à ce père Charles Lallemand, auquel ces messieurs communiquérent leur dessein, afin qu'il le lia à eux lorsqu'il en serait temps; admirons ce qu’elle opéra à l'égard de made. moiselle Mance dans Langre, dans son oyage de Langre à Paris ; voyons ce qui se passa à son égard à Paris, où mème jusqu'à Larochelle où l’union se fit; voyons enfin comme cette providence traça toutes choses, sans qu'aucuns reçussent des nouvelles les uns es autres et participant à ses desseins secrets ; admirons, mais plusque tout autre chose, comme elle voulut que la plus part des entrepreneurs de cet ouvrage fussent sur la conduite des Révérends pères Jésuites, afin qu'y reconnaissant la volonté de Dieu ils fussent les premiers arc-boutants de cette entreprise, ce qui était très-considérable pour ne pas dire absolument nécessaire puisque ce dessein n'eut pas plus tôt vu le jour qu'il ait été mis à néant, s’il n'eut pas eu le bonheur d’être favorisé de leur approbation ; louons en tout la providence divine qui s'est moutré trop favorable vis à vis de ces ouvrages pour nous permettre d'appréhender que le ciel l’'abandonne jamais. Mais revenons à Larochelle où tout se pré. parait à faire voile, lorsque Mile de Mance s’avisa fort prudemment de prier M. de la Doversière qu'il lui plut de mettre par écrit le dessein du Montréal et de lui en délivrer des copies qu’elle put les envoyer à toutes les dames qui avaient voulu le voir à Paris, entre autres à madame la Princesse, à madame ià Chancelière, à madame de Villersavin, mais surtout à madame de Bullion de qui elle espérait d'avantage ; M. de la Doversière estima que rien ne pouvait ètre mieux pensé, il dressa le dessein, tit faire des copies qu'il lui mit en mains, ensuite de quoi elle accompagna chaque copie d'une lettre et en fit un paquet séparé, après elle lui remit le tout afin de s'en pouvoir servir selon sa prudence lorsqu'il serait à Paris ; nous verrons cy après l'utilité qu’on recevra de tous ces écrits, mais en attendant, il faut parler de lembarquement qui se fit de la sorte : M. de Maison-Neufve se mit avec environ 25 hommes dans un vaisseau et Mile Mance monta dans un autre avec 12 hommes seulement, pour le reste de l'équipage et des hommes du Montréal, ils s'étaient embarqué à Dieppe ; dans le premier navire était un prètre destiné pour les Ursulines, dans l’autre était le père Laplace,
de la Doverx au même
lement pour e parlassent ‘un côté par omimne d'une »2etl'obligea uel ces mes- \ à eux lors- 1rd de made:
gre à Paris ; usqu'à Larondence traça s les uns des nais plusque rt des entres Révérends eu ils fussent tait très-con- | puisque ce ; à néant, s’il ition ; louons vorable vis à er que le ciel tout se préprudemment par écrit le v’elle put les Paris, entre ‘e, à madame de qui elle nne pouvait pies qu’il lui e copie d'une tout afin de Paris ; nous rits, mais en de la sorte :
ans un vais- 1ommes seulu Montréal, vire était un
ère Laplace,
Jésuite; huit jours après le départ, le vaisseau de Mlle Mance fut séparé de celui de M. Maison-Neufve; le vaisseau où était Mille Mance n’expérimenta quasi de la bonasse, celui de M. de Maison- Neufve éprouva de si furieuses tempêtes qu’il fut obligé de relacher par trois fois, il est vrai que son vaisseau faisait beaucoup d’eau et l’obligeait autant à cela que le mauvais temps, dans ses relaches il perdit trois ou quatre de ses hommes, entre autres son chirurgien qui lui était le plus nécessaire. Mlle Mance arriva fort heureusement à Kébecq où d'abord elle eut la consolation de savoir que dix hommes qui avaient été envoyés par messieurs de la compagnie du Montréal, cette même année par Dieppe, étaient déjà arrivés et étaient occupés à construire un magasin sur les bords de l’eau dans un lieu qui avait été donné par M. de Montmagny ! pour la compagnie du Montréal. D'ailleurs elle fut dans une grande inquiétude au sujet de M. de Maison-Neufve dont elle ne recevait aucune nouvelle et qu’à Kébecq on croyait communément ne pas devoir atteindre cette année là, de quoi quelques-uns surpris pour n'avoir pas eu la conduite de cet ouvrage comme ils le croyaient ne paraissaient pas du tout fâchés, ils se plaignaient fort du grand pouvoir qui avaient été donné à M. de Maison-Neufve, ce qui donna lieu aux premières attaques dont cette entreprise a été éprouvée ; ces personnes sachant que Mile Mance était très-nécessaire du dessein, on l’a voulut détourner par toutes les voies possibles ; mais elle avait trop de courage pour ÿ consentir, et au reste Dieu s'étant déjà trop déclaré pour ce lieu, il n'avait garde de souffrir qu'on l’'abandonna ; enfin M. de Maison-Neufve arriva à Tadoussac : il y trouva par hazard un de ses intimes, M. de Courpron, qui était amiral de la flotte du Canada ; il lui dit son désastre pour la perte de son chirurgien ; de Courpron lui offrit le sien en la ducs ce chirurgien sachant la chose se présenta gaiement et fit FRnRre son colfre dans la chaloupe de M. de Maison Neufve avec lequel tout soudain il alla à Kéhecq, où ils arrivèrent le vingtième d'août Aussitôt que M. de Maison-Neufve y fut, ilapprit par Mlle Manc qu’il devait se disposer à être moins bien reçu de cetlaie cos sonnes qu'il ne se promettait pas, ce qu'il vit bientôt après ; la vi affliction qu'ils ressentirent tous les deux modéra un pou la j . qu’ils avaient l'un et l'autre de se voir, malgré toutes les op Aps et bourrasques de la mer dans ce lieu tant désiré ; ue a se les meilleurs chrétiens sont généralement ceux auxquels ésus Christ fait ordinairement le plus de part des amertumes de
{ Charles Huant « iné cesseur de Chants ns nu A dr et En ae ARe +8st Ë 8 d août 1648 qui fut remplacé pa oui an r M.
D'Aillebout de Coulonges, ex-gouverneur de Montréal. ME
son calice, surtout quand il est question de quelque illustre entre prise pour le ciel, il ne faut pas s'étonner s'il commença de faire avaler quelque portion d'absinthe à ses héroïques entrepreneurs : pour lors, ils ne furent pas longtemps ensemble, d'autant qu'il fallut que M. de Maisson-Neufve alla saluer M. de Montmagny,gouverneur de ce pays, ensuite de quoi il alla voir les Révérends pères Jésuites et les autres personnes de mérite, lesquelles ne pouvaient pas être lors en grand nombre, vu que le pays ue contenait pas plus de cent Européens y renfermant les deux sexes, comme aussi les religieux et religieuses. Or sur le sujet de cette visite, je crois qu'il est à propos de remarquer que ces personnes moins bien intentionées sur le sujet que nous venons de parler, persuadèrent à M. de Montmagny qu'il s'opposa à l'établissement du Montréal à cause de la guerre des [roquois, lui disant que jamais cet ouvrage ne se pouvait soutenir contre leurs incursions, ajoutant que le dessein de cette nouvelle compagnie était si absurde, qu'il ne pouvait pas mieux se nommer que la Folle entreprise, nom qui leur fut donné avec plusieurs autres semblables, afin que la postérité put reconnaitre que cette pieuse folie était devant Dieu et entre les mains du Tout Puissant accompagné d'une sagesse plus sublime que tout ce qui peut provenir de l'esprit humain. M. de Montmagny ayant donc l'esprit prévenu de la sorte, dit à Monsieur de Maison-Neufve dans sa première visite: ‘* Vous savez que la guerre à recommencé avec les froquois; ils nous l'ont déclaré au lac St. Pierre le mois dernier, qu'ils y ont rompui la paix d’une façon qui les fait voir plus animés que jamais, il n’y à pas d'apparence que vous songiez à vous mettre dans un lieu si éloigné, il faut changer de délibération, si vous voulez on vous donnera l'Isle d'Orléans, au reste la saison est trop avancée pour monter jusqu'à l'Isle du Montréal quand vous en auriez la pensée.” A ces paroles M. de Maison-Neufve répondit en horime de cœur et de métier : ‘# Monsieur, ce que vous me diles serait bon si on m'avait envoyé pour délibérer et choisir un poste ; mais ayant été déterminé par la compagnie qui m'envoie que j'irais au Montréal, il est de mon honneur, et vous trouverez bon que j'y monte pour commencer une colonie, quand tous les arbres de cet Isle se devraient changer en autant d'Froquois ; quand à la saison puisqu'elle est trop tardive, vous agréez que je me contente avant l'hiver d'aller reconnaître le poste avec les plus lestes de mes gens, afin de voir où je me pourrai | camper avec tout mon monde le printemps prochain.” M. de Mont- | magny fut tellement gagné par ce discours autant généreux que prudent, qu’au lieu de s'opposer comme on souhaitait à l'exécution de son dessein, il voulut lui-même conduire M. de Maison-Neufve
ustre entre-
nça de faire epreneurs ; tqu'il fallut gouverneur res Jésuites ent pas être pas plus de ne aussi les site, je crois moins bien ersuadèrent 1 Montréal à cet ouvrage atant que le de, qu'il ne ise, nom qui que la posant Dieu et sagesse plus main. M.de it à Monsieur savez que la it déclaré au a paix d’une a pas d'appasi éloigné, il onnera l'Isle pnter jusqu'à ces paroles tde métier :
avait envoyé terminé par est de mon : commencer ient changer trop tardive, econnaître le e me pourrai M. de Monténéreux que à l'exécution ison-Noeufve
au Montréal, afin de le mettre en possession et de reconnaitre le poste avec lui. En effet ils partirent tous les deux au commencement d'octobre et arrivèrent au Montréal le quatorzième du même mois, dans le lieu où est maintenant cette maison qu'on appelle le Château. Le lendemain, qui est le jour de la Ste Thérèse, ils firent les cérémonies de la prise de la possession a « nom M de la compagnie du Montréal; ayant parachevé cet acte, ils s'em- 4 barquèrent pour leur retour qui ne fut pas sans des marques toutes 4 particulières de la bienveillance de notre seigneur ; car a er descendu jusqu'à Sie. Foy, à une journée de Québec, ! dé PRE HU un honnête homme nommé M. de Pizeaux, lequel était âgé de 5 0 ans; ce bon vieillard tout zélé pour le pays dans lequel fl Dal "1 fait de bien fortes dépenses interrogea monsieur de Muison-Neufv fort au long, touchant les desseins qu'on avait pour je Hroiae de quoi étant pleinement instruit, li: demeura si satisfait bille be. pressa fortement de le vouloir associer à sa compagnie pour cette 4 entreprise, eu faveur de laquelle il protesta deal Conte qui À po et donuer sur l'heure sa maison de Ste. ot ave celle de uizeaux qui était près de Kébecq; et générale : quil 4 avait de meu RD bestiaux ; ps ar fi te Me À | qu'à Ste. Foy durant l'hiver, comme 4 ce lieu est abondant en chènes, on y ferait des barques vend t 4 qu'à Puizeaux on y ferait de la menuiserie ettout ce qui ue re a saire etque le printemps étant venu, on mettrait toutes chos à no. dans les bâtiments qu'on avait fait pour monter au Montréal pv 22 de s'y établir; monsieur de Maison-Neufve qui ne oh re ie tout son monde hiverner, ui ce à quoi il le pourrait ne ] k qu'à la navigation suivante, écoutait ce discours comme si deu été une voix céleste; il ne se pouvait passer d'en louer mille fo son Dieu au plus intime de son cœur, il ne se lassait point d’ 1 mirer la facilité de cet homme lequel en ce moment se be disposé à quitter ce qui lui avait tant coûté, non:ssulement à travail, mais en son propre bien, étant vrai ce qu'il offrait lui av ; coûté plus de 100,000 livres de dépenses. Néanmoins, comme w de Maison-Neufve voulait entièrement déférer à la con agni d Montréal, il lui dit qu'il avait un sensible regret de ; se accepter absolument une offre aussi générèus A US RE Rep an $ se que la sienne, sans avoir l'agrément de ceux dont il avait l'honneur d'être associé ependant comme ils pouvaient s'en promettre que ontés oh e satisfaction, il le recevrait volontiers s’il l'avait pour agréable,
1 M. Dallicr ap Î
; pelant lui-même Ste. Foy (et cela de 1672 issi
n° : Se et 16 ÿle. » 1672)la mission
à Lot eu suslit par les Jésuites en 1668 sous le nom de N. D. de te 0° a e les colons Français, dès l'origine de cette mission, etaient dans l'hubil l me l'appeler Ste. Foy et non N. D. de Foy. É abitute
sans le bon plaisir de ces messieurs et à condition qu'ils le voulussent bien. Cela dit M. de Puizeaux, qui était trop pressé au dedans de soi-mème pour reculer, accepta le tout d'un grand cœur ; d'abord il livra sa maison de Ste. Fay à M. de Maison-Neufve, qui M laissa dedans son chirurgien et son charpentier afin d'y construire M des barques; cela fait ils descendirent à Puizeaux où ce bon mon. sieur lui remit cette maison, qui lors étant le bijou du pays, il se démit de tout ses meubles et bestiaux entre ses mains, se réservant pas même une chambre pour un ami, il se dénua si absolument de k tout qu'il dit à feue Madame de la Pelletrie, à laquelle il fournissait 0 le logement auparavant: Madame ce n'est plus moi qui vous M loge car je n'ai plus rien ici, c'est à M. de Maison-Neufve à qui vous M en avez présentement l'obligation, car il est le maitre de tout."
ji
Chose admirable, M. de Maison-Neufve ne savait que devenir et le #4 : voilà bien placé, il faut avouer que le proviseur universel de ce #4
monde a bien trouvé des lieux propres, pour mettre ses serviteurs "M i quand sa sagesse le trouve à propos. Je ne vous dis point si M. de ] Maisonneufve donna fidèlement les avis de tout ceci à ses associés, ê s'il les avertit soigneusèment de ce coup de la Providence et de ##c l'obligation qu'on avait de recevoir M. de Puizeaux avec tous les M é témoignages nécessaires de bienveillance, d'autant vous pouvez##n hien juger qu'il n’y manqua pas, et qu'aussitôt ces messieurs admi.M rent ce donné du ciel en leur compagnie avec toutes les recon-ll naissances et gratitudes imaginäbles. L
DEPUIS LE DÉPART DES VAISSEAUX DU CANADA POUR LA FRANCE, DANS j L'AUTOMNE DE L'ANNÉE 1(G41, JUSQU'A LEUR DÉPART DU MÊME LIEU M POUR LA FRANCE, DANS L'AUTOMNE DE L'ANNÉE 1642.
Mademoiselle Mance eut l'honneur de loger pendant cet hiver äk Puizeaux avec Mademoiselle de le. Pelletrie ; M.de Maisonneuve et Mn de Puizeaux hivernèrentaussi dans la même maison. Ils sbloterecl 4 tout le monde pendant ce temps-là à la menuiserie et aux autres préparatifs nécessaires et utiles à ne nouvelle habitation et cols nie. Aussitôt que le DRAPICTRDS fut venu et que tout fut préparé, on 50 fit descendre les batiments qu'on avait fait pendant l'hiver, à Ge Foy et on travailla à l'embarquement avec une telle diligence que 1 q M. de Maison-Neufve partit de Pizeaux le 8 mai avec deux bargues vé une belle pinasse et une gabarre, partie desquels batiments avai .V été faite à Ste. Foy ; M. le chevalier de Monimagny étant un véri table homme de cœur et qui n'avait d’autres intérêts que ceux def son roi ct du pays où il avait l'honneur de commander, sachan
HISTOIRE DU MONTRÉAL. 21 qu'ils le vou- que tout était disposé, voulut participer à ce premier établissement op pressé au MS en l'honneur de sa présence, C'est pourquoi il monta dans une grand cœur ; M bargue et conduisit lui-même toute cette flotte au Montréal où on 1-Neufve, qui M mouilla le 18 mai de la présente année; ce même jour on arriva d'y construire MM de grand malin, on célébra la première messe qui ait jamais été
ce bon mon- M8 dite dans cette isle, ce qui se fit dans le lieu où depuis on a fait le ju pays, il se 4 château, afin de faire la base plus célèbre, on donna le loisir à Mme s, se réservant 0 de la Pelletrie et à Mile. Mance d'y préparer un autel, ce qu'ils firent bsolument de M avec une joie difficile à exprimer et avec la plus grande propreté , il fournissait qu'il leur fut possiie, elles ne se pouvait passer de bénir le ciel moi qui vous L i quien ce jour leur était si favorable que de les choisir et de con-
fve à qui vous "0 sacrer leurs mains à l'élévation du premier autel de la colonie ; tout aître de tout." M le premier jour on tint le St. Sacrement exposé, et ce ne fut pas e devenir et le "8 sans raison, car si Dieu n'avait mis ses fidèles serviteurs à cette
niversel de ce 8 entreprise qu'afin de la faire reconnaître en ce lieu où jusqu'alors ses serviteurs M il n'avait reçu aucun hommage, il était bien juste qu'il se fit tenir, ; point si M. de L: la première journée, exposé sur son autel comme sur son trône, | à ses associés, M Jafñnu de remplir ses saintes vues v! désirs de ses serviteurs ; en effet ovidence et de Mcela était bon afin de faire connaitre à la postérité qu'il n'avait : avec tous Les M | à établi cette colonie que pour recevoir des sacrifices et des hom- 11 vous pouvez M mages en ce lieu, que c'était la son unique dessein et celui de ses ressieurs admi- "serviteurs ; qu'ils avaient employé tout exprès, leur bourse, leur utas les recon.- MB soin et tout leur crédit, Il était juste qu'il se fit aussi tenir ce premier jour exposé pour prendre possession de cette terre par les
0 honneurs souverains qui lui furent rendus et afin de faire voire
L. que ce lieu était un lieu de réserve pour lui, qu’il ne voulait pas
LA FRANCE, DANS Qui] fut profané des âmes ravalées et indignes de la grandeur de T DU MÊME LIE à ses desseins, lesquels n'étaient pas communs comme le fit bien voir le R. Père Vimond dans la prédication qu'il fit ce matin là pendant la grande messe qu’il y célébra : “ Voyez-vous, messieurs, dit-il, ce ant cet hiver à 4 que vous voyez n’est qu'un grain de moutarde, mais il est jeté par isonneuve et MM des mains si pieuses etanimées de l'esprit de la foi et de la religion Ilsemployèren#que sans doute il faut que le ciele est de grands desseins puisqu'il et aux autr se sert de tels ouvriers, et je ne fais aucun doute que ce petit grain itation et coloMne produise un grand arbre, ne fasse un jour des merveilles, ne fut préparé, on soit multiplié et ne s'étende de toutes parts :” comme s’il eut voulu t l'hiver, à SteMdire, le ciele ne commence son ouvrage présentement que par une Le diligence quAquarantaine d'hommes, mais sachez qu'il a bien d’autres desseins c deux bargues Mvers les personnes qu'il emploie pour le faire réussire, sachez que batiments avaisM}vos CŒurs ne sont pas suflisants pour annoncer ici les louanges y étant un véris qu'il y prétend recevoir, mais qu'il les multiplier, remplissant de êts que ceux dti peuples toute l'étendue de ces lieux dont maintenent nous prenons ander, sachan possession de sa parten lui offrañt ce sacrifice. Toute cette journée
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s'écoula en dévotions, actions de grace et hymne de louange au créateur, on avait point de lampes ardentes devant le St, Sacrement, mais on avait certaines mouches brillantes qui y luisaient fort agréablement jour et nuit étant suspendues par des filets d’une façon admirable et belle, et toute propre à honorer selon la rusticité de ce pays barbare, le plus adorable de nos mystères.
Le lendemain, après toute cette cérémonie finie, on commença d'ordonner toutes choses à l'égard du poste où on était; chacun d'abord se campa sous des tautes, ainsi qu'en Europe lorsqu'on est à l'armée, ensuite on coupa des pieux avec diligence et on fit d'autres traveaux afin de l'envirroner et de s'assurer contre les surprises et insulles qu'on avait à craindre de la part des Iroquois. Il est vrai que celte espèce de fortification précipitée était d'autant plus facile que M. de Champlain étant autrefois venu en traite, avait fait abattre beaucoup d'arbres pour se chauffer et se garantir des embuscades qu'on lui eut pu faire dans le peu de temps qu’il y demeurait ; de plus ce poste était naturellement très avantageux parce qu'il était enfermé entre le fleuve de SL. Sacrement et une petite rivière qui s'y décharge, laquelle était bordée d'une prairie fort agréable qu'on appelle la Commune, et que de l'autre côté, où ni la rivière ni le fleuve ne passent, il y avait une terre marécageuse et inaccessible que depuis on a désséché et dont a fait le domaine des Seigneurs, ce qui fait assez voir lavantage du poste ; au reste, il y avait pour lors dans la prairie dont nous venons de parler, tant d'oiseaux de différents ramageset couleurs qu'ils étaient fort propres à apprivoiser nos Français dans ce pays sauvage. Si nous regardons la commodité du commerce, comme ce lieu est le ‘plus avancé où les bargues puissent monter, il n’y a pas de doute que ce lieu soit un des meilleurs du pays pour accomoder les habitants par le moyen du négoce qu'ils y peuvent faire par le moyen des sañvages qui y descendent en canots, de toutes les nations supérieures. Monsieur le chevalier de Montmagny ayant demeuré en ce lieu jusqu'à ce qu'il fut tout entouré de pieux, il quitta par après M. de Maison-Neufve et s’en retourna à Kébecq. Quant à Mme. de la Pelletrie et M. de Puizeaux, ils demeurèrent au Montréal à la consolation d'un chacun ; pendant l'été on s'employa à faire venir ce qu'on avait laissé à Pizeaux et ailleurs ; ce qui obligea M. de Maison-Neufve à voir continuellement une partie de son monde occupé à la navigation ; et le réduisit à n'avoir que 20 soldats avec lui, d'autant que outre ceux qu'il avait sur ses bargues, il en avait encore d'autres à Québec qui travaiilaient au parachévement du magasin que nousavons dit. Ilest vrai que Dieu favorisa beaucoup ces nouveaux colons de ne les point faire si tôt décou-
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vrir des Iroquoss et de leur donner le loisir de respirer un peu à l'ombre de ces arbres dont la prairie voisine était bordée ; où les chants et la vue des petits oiseaux et des fleurs champètres les aidaient à attendre avec patbence l'arrivée des navires dont enfin ils eurent des heureuses nouvelles par M, d'Arpentigny,qui voulut
0 lui-môme en ètre le porteur, tant il les trouva avantageuses ; aussi 0 ne pouvaient-elles pas être meilleures ; illeurappritque Messieurs
les associés de cette Isle s'étaient tous offerts à Dieu par les mains
0 de la Ste. Vierge, le jour de la présentation dans l'église de Notre- M Dame de Paris, y présentant leurs vœux et desseins pour le Mont- 0 réal et qu'ensuite pour marquer leur bonne volonté par les effets, “0 ils avaient dounué 40,000 livres pour lembarquement dernier,
lesquelles 40,000 livres avaient été mises en diverses denrées dont il apportait une quantité dans sa bargne, en laquelle il avait une douzaine de bons hommes que ces messieurs avaient engagés, 2 entr'autres un fort habile charpentier dont il leur fit grand récit. «14 Cet homme est encore ici où Dieu lui a donné une fiunille nombreuse ; au reste, quoiqu'on lui ait donné le nom de Minime qui est 0 le plus ravalé chez tous les Tutens, il n'était pas toutefois le moindre dans les combats non plus que dans sax profession ; nous devons l’aveu de ces vérités à son courage et aux services qu'il a rendu en cette Isle, laquelle est presque toute bâtie de ses maisons ou par ceux qu'ila enseigné ; Monsieur de la Doversière qui a été toujours le procureur de la compagnie, lequel le connaissait bien, afin de le gagner et de le gratifier lui donna la conduite de plusieurs | pièces de canon qu'il amena en ces lieux ; si toutes ces bonnes nouvelles réjouirent grandement un chacun de ceux qui étaient au Montréal, M. de Maison-Neufve et Mlle Mance, recurent encore une joie bien plus grande que tous les autres, lorsqu’en lisant les lettres de France, ils apprirent que leur compagnie s'étaittellement accrue depuis qu'on avait en du dessein du Montréal par le moyen des copies qu’on avait distribué, selon la convention qu’en avait 4 été faite entre M. de la Doversière et Mile Mance, un an auparavant 0 à Larochelle, comme nous avons dit que le nombre des associés se Emontait à 45 personnes toutes fort qualifiées, entre lesquels étaient
Mentre autres parmis les hommes : Monsieur le duc de Liancourt,
4 l'abbé Bareaux, de Monmor, de la Marguerye, Goffre, de Renty,
2 Bardin,Morangy,de Chaudebonne, Duplessis, Mombar, de St.Fremin,
de Fancan, de la Doversiére, Duval, les deux frères MM. Le Prêtre, comme aussi du Séminaire de St. Sulpice, feu M. Ollier, M. de Bre- Htonveilliers, M. l'abbé de Kélus ct autres ; parmis les femmes, Madame la Chancelière, Mesdames de Villersavin, Seguin et #"Arlusieurs autres, eutre lesquels je comprends madame de Bullion
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qui au ciel tiendra un des premiers rangs dans cet ouvrage et avec: d'autant plus de raison que n'ayant pas voulu être connue dans les biens qu'elle a faite elle en a laissé toute la gloire à son Dieu, elle a voulu être des premières de la compagnie quant aux distributions, mais quand au nom, il n’en fallait pas parler ; elle lui adversait son bien, l'en suppliait d'en avoir l'économie et le soin, mais pour savoir comment s'appelait cette main libérale, il n'y avait pas d'apparence ; pour s'unir à la compagnie afin de faire ici une dépense de cinquante ou soixante mille écus, tant dans un hôpital qu'autre chose, on la pouvait rencontrer, mais quant à la connaitre, c'était impossible, on ne pouvait savoir la main d'où sortaient ces larges aumônes et charitables profusions, et si ceux par qui elle les donnait avait autant apprendé son tombeau qu'ils ont craint de la développer pendant son vivant, nous serions aujourd'hui en la même difficulté de la connaître ; que si sa mort leur a donné la liberté de nous apprendre ses merveilles, nous prendrons celle de la prôner ; ce que nous ferons néanmoins avec une telle vénération à ses ordres, que nous ne la nommerons que notre illustre associée, ou notre charitable inconnue, ou bien la pieuse fondatrice du Montréal ; ainsi nous taisons son nom puisqu'elle la voulu, mais en le taisant, noussatisfaisons au public en le faisant connaître par ses trois belles qualités qu'elle mérite très justement, ainsi que
les années suivantes nous le prouveront fort bien.
DEPUIS LE DÉPART DES VAISSEAUX DU CANADA POUR LA FRANCE DANS L'AUTOMNE DE L'ANNÉE 1642 JUSQU'A LEUR DÉPART DU MÊME LIEU POUR LA FRANCE DANS L'AUTOMNE DE L'ANNÉE 1643.
La providence ayant pourvu M. de Maison-Neufve de forts bons ouvriers et l'ayant tenu caché aux ennemis pendant les premiers temps, il faisait travailler avec un telle diligence qu'on s'élonait tous les jours de ce qu'on l'on voyait fait de nouveau. Enfin le 19 mars, jour de SL Joseph, patron général du pays, la charpente du principal bâtiment étant levée, on mit le canon dessus, afin d'honorer la fête au bruit de l'artillerie, ce qui se fit avec bien de la joie ; chacun espérant de voir par après bientôt tous les logements préparés, et en effet de jours en jours on quittait les méchantes cabanes que l'on avait faites pour entrer dans ‘98 maisons fort cemmodesque l’on achevait incessamment. Quand aux Iroquois, on en voyait aucun pendant ce temps là; ilest vrai qu'un petit parti des leurs nous découvrit à La fin, mais ce fut par un hazard etencore nous n’en sûmes rien ; ce qui arriva de la sorte, dix
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