FRANCE DANS DU MÈME LIEU
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quittait les rer dans ‘98 it, Quand aux st vrai qu'un e fut par un e la sorte, dix
HISTCiRE DU MONTRÉAL. 25
HAlgonquinsayant tué un fraquois dans son pays, furent poursuivis de ses camarades jusqu'à ia vue de ce fortoù ils les aperçut se sauver sans pour cela se faire connaitre aux Français non plus qu'aux Algonquins ; ils se contentèrent de remarquer le lieu sans faire aucun bruit afin d'aller porter ces nouvelles chez eux; c’est Êce que leurs gens eux-mêmes nous ont appris depuis, car personne
ne savait rien de cette poursuite, que si les Algonauins fuyaient fort vite, ils ne savaient pas pour cela qui étaient à leur poursuite ;
Æc'est la frayeur qui leur donnait cette allure qui est fort ordinaire
Maux sauvages quand ils ont fait quelques coups, alors leur nombre suffit souvent pour les effrayer et faire fuire ; que si les Iroquois ‘ne venaient pas ici, plusieurs sauvages y arrivaient de toutes parts ;
“ce lieu étant remarqué par eux pour l'azile commun contre les
Jroquois, mème il y en eut plusieursqui y reçurent le St. Baptème, dentre autres le célèbre et le plus fameux de tous les Algonquins nommé le Borgne de l'Isle; mais passons vite el arrivons au mois
e juin afin d'avoir les prémices du sang que le Montréal a versé pour la querelle commune du pays. Du commencement du mois dont nous parlons, les Hurons en descendant de chez eux trouèrent les Iroquois à trois lieues d'ici dans un endroit vulgairement Chine, là où ils suivirent ensemble comme ils eussent été les eilleurs amis du monde, ce qui donna un moyen facile aux urons de satisfaire leur inclination fort portée à la trahison ; cela se fit de la sorte : en causant familièrement ils leur dirent : “ Nous avons scût jusque dans notre pays que des Français se sont venus placer à cette île immédiatement au dessous de ce sault, allez les voir; vous y pourrez faire quelque considérable coup et vous défaire d'une bonne partie, vu le nombre que vous &tes :” Après le onseil de ces perfides, quarante Iroquois des plus lestes vinrent urprendre six de nos hommes, tant charpentiers que scieurs de bois, sans qu'il y en eut aucuns qui s'échappa de leurs mains, tous furent tués ou bien faits prisonniers. Ges pauvres gens voulurent bien se défendre en cette occasion, mais leur valeur ne put prévaloir à un coup si imprévu ; on ne put les secourir car la chose futexécutée trop promptement et qu'étant un peu en avant dans le bois, le vent peu favorable empêcha d'entendre ce qui se passait, ais enfin ce monde ne revenant pas, on les alla chercher sur les ieux, où on trouva le corps de ceux qui avaient été tués, lesquels rent juger de tout ce qui élait survenu. Le lendemain on apprit
s choses plus surement par les Hurons, que Les Iroquaois traiërent selon leur mérite, car ayant passé toute la nuit à insulter
«] h LL LES H \] ” , : Q : < 1 les Français que les Iroquois avaient emmenés prisonniers, le
Matin accablé: de sommeil, ils s'endormirent profondément, proche
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de ces ennemis du genre humain dont ils furent presque tous taillés cn pièces, parmi environ une trentaine qui reçurent ici un azile au lieu de la mort qui leur était bien due; cette juste punition exécutée, ceux qui avaient été les bourreaux, embarguèrent les Castors de ces perfides, iis mirent ensuite nos Français dans les canots, ils traversérent le fleuve et après voulant aller par terre, et couper dansles bois jusqu’à Chambly,ils furent contraints d’aban. donner une partie de leurs Castors à cause de la pesanteur. Ayant donc abandonné ce qu'ils ne pouvaient porter et ayant coupé leurs canots à coup de hache afin de les rendre inutiles, comme ils font toujours dans de semblables occasions, ils allèrent droit au lieu que nous avons marqué, y étant arrivés, ils crurent que quatre où cinq lieues de bois dépisteraient assez nos pauvres Français et qu'il n'était pas besoin de les garder désormuis si étroitement, mais ils se trompèrent, car un d'eux s'échappa et se sauva si heureusement, qu'il revint droit aux canots qu'ils avaient laissés, où choisissant le meilleur, il remplit d'herbes les trous que l’on avait faits avec la hache, ensuite il y mit plusieurs robes de Castor et s’en vint ainsi équipé au Montréal tout au travers du fleuve, ce qui surprit agréablement M. de Maison-Neufve qui fut bien heureux que celui la fut du moins échappé des tourments Froquois. Cet homme raconta toute son infortune, après quoi il dit qu'il y avait bien du castor, dans le lieu où il avait pris celui qu'il avait amené dans son canot, qu'on le pouvait aller chercher sans crainte et qu'il serait perdu si onu y allait pas ; M. de Maiïson-Neufve en l'entendant parler de la sorte, encore qu'il ne voulait rien pour lui, fut bien aise de donner ce butin à ces soldats, si bien qu’il envoya et le leur distribua sans en rien retenir ; c’est une chose admirable combien cet homme a toujours aimé ceux qu’il a commandée et combien il ne s’est pas considéré lui-même. Voilà à peu près comme les choses se sont passées cette année jusqu’à l’arrivée des vaisseaux de France, dont on eut ici les premières nouvelles par M. de Mont magny qui arriva au commencement de juillet, comblant tout le monde d'une joie bien singulière, tant pour les secours qui nous venaient de France, que pour les témoignages qu'il assura que le ! roi donnait de sa bienveillance à la compagnie de Montréal, pour laquelle il avait pris la peine de lui écrire, afin qu'il la favorisa en ses desseins, louant et approuvant les dépenses pour y construire : un fort,—lui donnant le pouvoir de la munir de canons et autres choses nécessaires pour la guerre ; disant de plus que sa majesté pour une marque plus authentique de la sincérité de ses affections l'avait gratifié d’un beau navire de trois cent cinquante—qu'il s'appelait: ‘Le Notre-Dame On apprit encore de M. de Montagny
presque tous çurent ici un uste punition arguèrent les içais dans les ler par terre, raints d’abannteur. Ayant ayant coupé les, comme ils ‘rent droit au crurent que nos pauvres rmais si étroipa et se Sauva vaient laissés, rous que l'on obes de Castor ers du fleuve, > qui fut bien ients Iroquois.
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fqn'on espérait de grands effets cette année là de la part de la compagnie du Montréal, laquelle avait fait de la dépense considérable ; e qu'il ne peut dire qu'en général ; outre cela, il dit qu'un gentilomme de Champagne nommé M. d'Aillebout venait ici avec sa “sœur et la sœur de sa femme;de plus, il apprit qu'on avait fait une fondation pour un hôpital au Montréal, mais que pour avoir le “détail du tout, il fallait patienter jusqu'au mois de septembre que M. d'Aillebout arriva; ce qu'ilnefit pas sans de grandes difficultés, ar encore qu'il part, il fallait l'aller quérir dans sa barque à ause des embüches, et lui n'osait non plus approcher pour le mème sujet: F fallut que M. de Maison-Neufve y alla lui-même, ncore eurent ils bien peur des ennemis en revenant, tant il est Yrai que hors le seuil de sa porte on était pas en assurance. Pour ors M. d'Aillebout étant à terre et un peu rafraichi, il commença communiquer ses nouveiles, entre auires, il apprit que notre lustre associée faisait des merveilles, que pour être inconnue elle e laissait pas de bien faire parler d'elles, —que cette année même êlle avait fait une fondation de trois mille livres de rente pour un hôpital en ce lieu, —que outre cela. elle avait donné douze mille “Bvres, tant pour le bâtir que pour le fournir de meubles, —de plus Île envoyait deux mille livres à Mile Mance pour les employer à dévotion,qu'elle faisaitsecrètement ses libéralités entre les mains x e la compagnie du Montréal sans dire son nom et sans qu’on put Bvoir qui elle était. [Il dit ensuite et fit voir par effets que chacun “les associés avait taçché de se saigner charitablement et généreufement pour la réussite de ce nouvel ouvrage qui était déjà le MHhéâtre des guerres de ce pays; que si ce lieu était aflligé des hoursions [roquoises, à mesure aussi il était consolé de la conrsion de plusieurs autres sauvages, qui se jettant ici comme dans azile avaient recours au baptème afin de se préparer à la mort qui les attendait comme infaillible dans la multitude des sorties Qu'ils étaient obligés de faire pour aller chercher des vivres. Il est 1] jen vrai qu'ils y allaient le plus rarement qu'ils pouvaient, mais ‘ours qui nous 4 fin, ils étaient trop pour qu'on put subvenir entièrement à leur assura que le Mfburriture, c'est pourquoi il fallait souvent sortir. Dès le commen- Montréal, pour @ment de cette habitation, on avait bien semé quelque peu de pois la favorisa en M8} de blé d'inde et on continuait fort cette agriculture tous les ans, ir y construire Mais cela n'était rien à tant de gens, ils consominaient outre cela nous et autres @Baucoup de vivres qui venaient de la France, encore cela n'était. que sa majesté pas suffisant ; il est difficile d'exprimer la tendresse que M. de > ses affections Mhison-Neufve avait pour ces pauvres malheureux, les libéralités iquante—qu'il M@bil leur fit,et combien le tout coûta à la compagnie pendant cette .de Montagny Epiemitre annee que les choses étaient si chères; mais enfin sa
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piété ne se rébutait de rien. Au reste cette année nous avons un *» exemple fort rare de sa générosité, non point en la personne des # sauvages, mais en celle de M. Pizeaux, lequel se trouvant attaqué de paralysie et ayant le cerveau débilité par la vieillesse, commença de témoigner qu'il était bien aise de revoir les choses dont il s'était démis afin d'aller en France chercher la guérison. Vous vayez, la
demande était considérable, d'autant qu'il avait donné beaucoup , L [ sans doute que cette demande eut surpris tout autre que M. de Maison-Neufve, vovez un peu comme il lui répondit : * Monsieur ; Jd | lui dit-il, nous n'avons rien fait par l'intérêt, tout est encore à vous "M
vous en pouvez être assuré, je vous baillerai ce qu'il vous faudra ; ici, et je vous addresserez à MM. de la Compagnie en France, k lesquels reconnaitront largement les biens que vous nous avez faits.” ] Ce qui fut promis fut généreusementexécuté, ici on lui tint compte 461} généralement de tout, et en France MM. de la Compagnie le firent I très bien soigner. Ils en eurent la même sollicitude que s'il dut M;j être leur propre frère ; ils ne l'abandonnèrent point jusqu'au tom: ( beau de quoi il avait bien besoin, car il avait alors septante sept 0
ans où septante huit ans et avait passé cette longue vie dans les #a fatigues incroyables, tant à la Nouvelle-Espagne où il avait amasse "#f.
son bien, qu'en la Nouvelle-France où il l'avait dépensé.—Que sil C a tant consommé de bien ici, il ne faut pas s’en ettonner ; d'autant #à que faisant d'aussi grandes entreprises qu'il à faites, il n’y pouvait ic pas manquer, à cause que tout coutait pour lors exorbitement ets que l’on avait aucun secours du pays tant pour les vivres que pour if:
se vètir. La perte de M. de Pizeaux, ne fut pas l'unique perte de Mc Montréal pour cette année là, car Mmde de la Pelletrie voyant que 4! Mile Mance avait alors un secours assez considérable de son sexe, "si elle descendit à Kébecq et l'enrichit de la perte que faisait ce lieu-! #q | ci, etant privé d'une personne d'aussi grand mérite et d'aussi rare Ms | exemple qu'elle à toujours été partout. “la | 2 V(