‹ Histoire du Montréal, 1640-1672 [microforme]Chapitre 23 sur 27 · ES DE · texte numérisé non relu

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a rendu beaucoup de services pour le salut de plusieurs, quant à l’autre prètre, il y interrompit les premières instructions qu'il y reçut par une grande entreprise qui fut faite suivant laquelle on espérait au moyen d'un sauvage, lequel s’offrit pour guide, d'aller à 7 ou 800 lieues d'ici afin d'y annoncer l'évangile dans un pays qu’on sait être très peuplé, les préparatifs de ce voyage encore qu'il ne se fit que dans l’été empêchèrent beaucoup les progrès qu'il eut pu faire dans le bois avec les sauvages à cause que cela lui fit rompre ses mesures, mais passons tous ces préparatifs et disons un mot de son départ, tant à cause des personnes avec lesquelles il fit le voyage à cause d’une affaire qui arriva pendant ce temps. M. de Gallinée encore qu’il ne fut que diacre, sachant les desseins qu’on avait parlé à M. l'abbé de Quélus afin qu’il jugea s’il ne serait pas à propos qu’il fut de la partie avec ce prêtre que nous avons parlé. M. l'Abbé ayant trouvé la chose fort à propos à cause des avantageuses et plusieurs belles connaissances qu’il a, il fut de la partie et fitavec MM. de cette communauté trois canots. Un nommé M. de La Salle ayant autrefois beaucoup oui parler des pays où on allait par les Iroquois qui lui avaient fait venir la pensée de faire ce voyage, sachant qu’on l’allait entreprendre tout de bon, fit une dépense très considérable pour cette découverte où il alla avec quatre canots qui étant joints avec les 3 des deux ecclésiastiques faisaient le nombre de 7 canots lesquels contenaient 22 Français, tout ce monde s’étaut disposé à un départ, il arriva une facheuse affaire qui retarda le tout de 15 jours c'était un assassinat facheux d’un considérable I[roquois commis par trois soldats des troupes du Montréal ce qui menaçait d’un grand renouvellement de guerre si on y donnait ordre au plus tôt, à quoi on ne tarda pas à le faire, mais en attendant, ces messieurs ne pouvaient pas partir parceque ils devaient passer chez les Iroquois où il n’eut pas fait bon pour eux alors, et que d’abord les trois criminels étant saisis, ils prièrent le prêtre qui devait partir de ne les point abandonner jusqu’à leur mort qui fut le 6 de juin, où ayant fini leurs jours en expiant leur crime avec une résignation admirable entre les mains de Dieu on partit le même jour pour aller à la Chine qui termina la première journée, c’est tout ce que nous avons à dire de ce ‘oyage jusqu’à un an, où nous en dirons la réussite.

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dés Il n’y a rien de considé ‘able à mettre dans cette histoire pour le

rogrès regard de cette année, sinon le voyage que M. de Gallinée et moi

é-éclu nous avons fait, vous le pouvez ici faire insérer si bon vous semble

tifs et je l'ai écrit tout du long de mon style, mais comme il est beau-

Aves coup inférieur à M. de Gallinée, je n'ai pas jugé à propos de l’insé-

ont rer, parceque la discription qu'en fait M. de Gallinée vous donnera

néant plus de satisfaction. Nous concluerons cette année par M. Perrot,

| jugea gouverneur du Montréal, qui y est arrivé après avoir bien essuyé

re que des hazards et périls sur la mer avec M. Tall A L Intendant, son

pos À oncle, tant cette année que la précédente année où il fut obligé de

w’il a relacher au Portugal où ils firent naufrage. Comme c'est un gen-

se tilhomme fort bien fait et de naissance, son arrivée nous à tous

eds donné sujet d'en beaucoup espérer. | a pen- ‘1 out de DE L'AUTOMNE 1670 JUSQU’A L'AUTOMNE 1671 AU DÉPART DES L: e où il VAISSEAUX DU CANADAS.

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M. de Courcelle ayant beaucoup inspiré de frayeur aux Iroquois comme ils est remarqué dans la relation des pères Jésuites, ils lui amenèrent ici afin de calmer quelque colère qu'il leur avait fait paraître avec raison la nouvelle des captifs qu’ils avaient pris du côté des Putuotamistes, dont messieurs les ecclésiastiques de ce lieu profitèrent parcequ'ils en obtinrent deux filles sous le bon plaisir de monsieur le directeur du Montréal en attendant la venue de M. de Courcelle au Montréal qui fut le printemps suivant, c’est-à-dire environ trois mois après, d'autant que nous étions assez avant dans l'hiver lorsque ces esclaves furent rendus et qu’ils promirent ces deux filles ; M. de Courcelle a ratifié agréablement ce don et ces deux filles sont chez les sœurs de la Congrégation où elles ont appris le langage français et ont été élevées à l'Européenne, en sorte que la grande qui a été baptisée est en état de se marieravec un Français, mais ce qui serait à souhaiter ce seroit qu’on eut un peu moyen de la doter, afin qu'étant à son aise, cela donne exemple aux autres et les animât du désir d’être élevée à la Française ; la plus petite des deux filles dont nous parlons étant enlevée quel. que temps après avoir été à la Congrégation par sa mère laquelle l'avait donné conjointement avec les Iroquois, une fille de la Congrégation courant après pour la faire revenir, cet enfant quitta sa

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mère qui la tenait à bras pour se jetter dans les mains des filles de la Congrégation. Feue Mad. la princesse de Conti a bonne part avec quelques autres personnes de qualité à l'instruction de ces deux filles pour certaine somme de 12 ou 13 cents livres que leur charité avait donné l'automne dernier et qu'on eut soin d'employer selon leur pieuse intention. Au reste si l’eau de vie était bannie de par tous les sauvages, nous aurions des milliers d'exemples de convertis à vous rapporter. Je ne doute pas que la plupart qui hantent les Français n’embrassassent tous la religion, mais cette liqueur leur est un appas si diabolique qu'il attrape tous les sauvages qui sont proches des Français à l'exception de quelques uns d’entre lesquels sont des Hurons que Dieu conserve quasi miraculeuse. ment. Si un jour on voyait le désordre de la traite des boissons passé, on aurait ici de la satisfaction, mais comme on voit tout périr, par ce malheureux commerce cela donne beaucoup d’afiliction à ceux qui sont le plus dans l'intérêt de Dieu, il n’y a quasi rien à faire qu'avec les enfants, les vieilles et les vieillards, les autres regardant l’eau de vie avec une telle avidité, soit qu'ils soient Algonquins, soit qu'ils soient Iroquois, qu'ils ne le peuvent quitter qu'après être ivres à n’en pouvoir plus, enfin, c’est une marchandise dont tout moralement parlant ils font le même usage que le furieux fait de son épée, jugez si selon Dieu on doit la leur distribuer sans discrélion aucune et si celui qui donne et celui qui reçoit ne seront pas égaux au poids de ce redoutable... au jour de la mort qui sera bien étrange à tous ceux qui ici journellement contribuentsansse soucier,anssi librement qu'ils font au péché; pour moi quelques certains casuistes en disent ce qui leur plaira, je ne crois pas que le plus hardi voulut mourrir immédiatement après avoir donné à un sauvage une portion suffisante pour l’enivrer, ce qui est l’enivrer infailliblement et le faire tomber en péché mortel, vù qu'il est écrit: Malheur à celui par qui 1Z scandale arrive ; à cela on me dira, si la traite de boisson ainsi faite n’est pas permise aux gens de bien, il faut qu'ils se résolvent à mourir de faim, de froid et de misère, laissant toutaller à des gens sans conscience qui traitent des liqueurs sans discrétion. Je réponds à cela qu'il est vrai et qu'il leur faut continuer de souffrir jusqu’au tombeau, sans que l’amour de commodité ou du nécessaire leur permette jamais de consentir au péché pour leur intérêt propre ou celui de leur famille, qu’ils doivent tout naturellement sacrifier à Dieu quelque compassion et peine naturelle qu'ils en aient; maïs à ceci, je vas au delà de l’histoire, passons au printemps de cette année où M. de Courcelle étant monté au Montréal reçut les captifs que les Jroquois lui avaient amenés et y attendit les Othaouais, selon Ia

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prière qu'ils lui en avaient faite et comme il leur avait promis; mais comme il jugea qu'ils seraient encore quelque temps auparavant que de venir, il se résolut de profiter du séjour qu'il avait à faire hors de Québec et de monter tout d’un coup sans que personne en fut averti jusqu'au grand lac Nontario sur lequel sont placés les [roquois, ce qu'il conçut avec beaucoup de prudence et exécuta avec beaucoup de résolution. Si les Iroquois eussent su sa venue comme c’est leur redcutable, ils lui eussent joué peutêtre quelque mauvais parti sur les chemins afin d'exécuter leur mauvaise volonté contre le pays après l'avoir défait; c'est pourquoi il fit prudemment de ne point découvrir son dessein ; mais il lui fallait autant de vigueur que celle avec laquelle il l’accomplit pour franchir aussi facilement et aussi promptement qu'il fit ces mauvais pas qu’il y a à faire pour cller jusqu'an lieu où il voulait aller ; au reste cette résolution étant considérable pour le pays parce que les Troquois commencçaient à murmurer et nous menacer par entre eux de la guerre, se confiant sur la difficulté de leurs rapides qu'ils croyaient indomptables à nos bateaux pour s’en aller chezeux. Mais M. de Courcelle leur ayant fait voir par expérience en cette occasion comme ils se trompaient, cela les intimida beaucoup et rabatit même tellement leur audace qu'ils firent passer la frayeur que cette entreprise leur donna jusque chez les Européens qui leur sont voisins, lesquels suivant leur rapport appréhendaient l’ar. rivée de M. de Courcelle avec une multitude de gens de guerre que l’épouvante des Iroquois leur avait fabriqué. Plusieurs personnes de mérite accompagnaient M. le Gouverneur en cette belle entreprise, entre autres M. Perrot, gouverneur du Montréal, lequel pensa périr par un accident de canot, ce qui est assez à craindre dans tant de différents périls, M. de Loubiat, dont chacun sait le mérite, fut aussi de la partie, M. de Varennes, gouverneur des Trois-Rivières, et autres officiers, comme aussi M. Lemoine, M. de la Vallière, M. de Marmentville et autres habitants qui y allaient seulement pour accompagner M. le Gouverneur et lui donner des marques de leur estime et bonne volonté ; Champagne, sergent de la compagnie de M. Perrot y gouverna un bateau plat où il commença pendant le voyage où il eut des peines très considérables et risqua sa vie quantité de fois, donnant des preuves à tout le monde de son courage tant dans les travaux que dans les périls Un prêtre du séminaire de Saint Sulpice eut aussi l'honneur d’accompagner et d'assister M. le Gouverneur avec toute sa troupe dans ce voyage dont je ne dirai pas davantage à cause que les RAR. P.P. Jésuites l’ont écrit en leur relation. Si je l’ai touché après eux, ça a été par une pure obligation, à cause qu'il se trouve à propos

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