DE L'AUTOMNE DE 1643 À L'AUTOMNE DE
Les dépêches de France étant parties, on commença à arracher "ide les petits pieux qui environnaieut le fort et à mesure on le revètit Sp: | de beaux bastions que traça M. d’Aillebout, auquel M. de Maison. ‘le Neufve laissa la conduite de cette entreprise, MM. de la compagnie "Sn lui ayant mandé qu'il était fort intelligent en ce fait, aussi y réus Mid sit-il très-bien ainsi qu'on l'a vu depuis. Enfin nos Français se #Æé lassèrent de se voir insullés tous les jours par les [roquois, ne. 2 pouvant continuellement souffrir de leurs alarmes sans les aller ie
us avons un personne des | vant attaqué e, commença dont il s'était Jus voyez, la né beaucoup, re que M. de + Monsieur encore à vous l vous faudra e en France, ous avez faits.” ui tint compte aguie le firent le que s'il dut jusqu'au toms septante sept:
e vie dans les il avait amasse onsé—Que sil ner ; d'autant ,il n’y pouvait orbitement et ivres que pour nique perte de ie voyant que le de son sexe, faisait ce lieuet d'aussi rare
3 chercher, iis importunaient tellement M. de Maison-Neufve
pour aller en partie, disant qu'il n'y avait aucune apparence à Es’entendre fusiller chaque jour et de demeurer néanmoins dans 1la modération et de ne les oser poursuivre jusqu'à la portée du 4 fusil des bois; M. de Maison-Neufve leur disait de son côté : ; 4 Les poursuivant comme vous le souhaitez, nous ne sommes qu'une poignée de monde peu expérimentés au bois, nous serons “surpris dans une embuscade là où il y aura vingt [roquois contre jun Français ; au reste, prenez patience, quand Dieu nous aura donné du monde, nous risquerons ces coups, mais maintenant, ce
“qui serait mal ménager l'ouvrage dont j'ai la conduite.” Tout cela ne servait de rien à nos bouillants Français sinon à faire croire que M. de Maison-Neufve appréhendait de s’exposer ; de quoi on comjmença à murmurer au fort, que cela étant venu à sa connaissance | sil crut qu'il valait mieux hazarder imprudemment une bonne fois, que de les laisser dans cette croyance qui nuirait à jamais et serait “capable de tout perdre. Résolu donc à la chose, voici ce qui arriva : Le trentième jour de mars, les chiens qui tous les matins ; faisaient une grande ronde pour découvrir les ennemis, sous la conduite d’une chienne nommée Pilotte, laquelle pillait fortement à son retour ceux qui avaient manqué à la compagnie, se mirent à +crier et hurler de toutes leurs forces, faisant face du côté où ils sentaient les ennemis. Or, comme l'expérience journalière avait 1 fait connaitre à tout le monde cet instinct naturelque Dieu donnait k. lors à ces animaux pour nous garantir de mille embuscades que à les barbares faisaient partout, sans qu'il fut possible de s’en parer si Dieu n’y avait pourvu par les hurlements favorables : d'abord que nos gens les entendaient, soudain, pleins de feu, ilsaccouraient 4 suivant la coutume,vers M.de Maison-Neufve, lui disant, “M onsteu 4 les ce sont dans le bois, d’un tel côté, ne les irons nous jamais a voir ? à quoi il repartit brusquement contre son ordinaire : oui Fous les verrez, qu'on se prépare tout à l'heure à marcher hais qu'on soit aussi brave qu’on le promet ; je serai à votre tête : # D'abord un chacun se disposa, mais comme on avait que très peu de raquettes et que les neiges étaient encore hautes, on ne pouvait rs bien s’équiper, mais enfin ayant mis son monde dans le meil- 1 Jeur ordre qu'il put, il marcha avec trente hommes vers les enne- Qnuis, laissant le château et toutes autres choses entre les mains È de à Aillebout, auquel il donna ses ordres en cas d'évènements : pin entré dans le bois quasi aussitôt après, ils furent chargés par 200 Iroquois qui, les ayant vu venir s'étaient mis dans plisieurs embuscades propres à les bien recevoir. Le combat fut fort chaud.
nça à arracher!
re on le revètit
M. de Maison:
e la compagnie t, aussi y r'éus os Français se s Jroquois, ne sans les aller
Incontinent que M. de Maison-Neufve se vit attaqué, il plaça ses À
gens derrière les arbres ainsi que faisaient les ennemis, et lors on MN commença à tirer à qui mieux mieux, ce qui dura si longtemps #
que la munilion des nôtres manqua ; ce qui obligea M. de Maison. !
Neufve, lequel d'ailleurs était accablé par le graud nombre d'enne. mis et qui avait la plus part de ses gens morts ou blessés de penser à la retraite comme à l'unique moyen de se sauver, lui et son monde, ce qui élait bien difficiie à faire à cause de ce que nous êtions beaucoup engagés et que les autres élaient si bien montés en raquette qu'à peine étions-nous de l'infanterie au respect de la cavalerie ; quoiqu'il en fut, n°y ayant pas d'autres parties à choisir, il commanda qu'on se retira, mais tout bellement, faisant face de temps en temps vers l'ennemi, allant toujours vers un certain chemin de traine par lequel on emmenait le bois pour construire l'hôpital, à cause qu'il était dur etque leurs raquettes ne leur serait pas nécessaires en ce lieu là pour bien aller; chacun exécuta cet ordre, mais à la vérité, plus précipitamment qu'il n'était porté, Monsieur de Maison-Neufve voulant être le dernier en cette ren. contr , ilattendait que les blessés fussent passés avant de marcher: quand on fut arrivé à ce chemin de traine qui fut notre sentier di sulut, nos Français effrayés s’enfuirent de toutes leurs forces et laissèrent M. de Maison Neufve fort loin derrière eux ; lui de temps en temps, faisant face avec ses deux pistolets, crainte d'être saisi de ces barbares qui étaient toujours sur le point de Le faire prisonnier. Ils ne le voulaient pas tuer, parce que le reconnaissant pour le gouverneur, ils voulurent en faire la victime de leur cruauté, mais Dieu l'en garantit et cela de la facon que je vais dire : les Froquois ayant défèré à leur commandant cette capture, ils le laissèrent aller un peu devant eux, afin qu'il eut l'honneur de le prendre, mais celui qui voulait prendre fut pris, car M. le Gouverneur s’en trouvant si importuné qu’il l'avait toujours surles épaules, ilse mit en devoir de tirer, ce que ce sauvage voyant, il se baissa pour éviter le coup. M. le Gouverneur ayant raté, cet homme se releva pour sauter sur lui, mais en cet instant, il prit son autre pistolet et le tira si promp.* tement et si heureusementqu’ille jetta tout raide mort. Or comme* cet homme élait le plus proche de lui, ileut le loisir de prendre® un peu d'avance jusqu'à ce que les autres barbares étant venus àk
leur commandant déjà expiré, soudain au lieu de le poursuivre, ik
chargèrent cet homme sur leurs épaules et l'emportèrent prompte. # ment parce qu'ils avaient peur que quelque secours inopiné ne leur” vint ravir et que le corps d'un tel personnage ne tomba entre les* mains de leurs ennemis : ce ridicule procédé donna loisir à M, de Maison-Nenfve de se rendre au fort, quoiqu'apres tous les autres,
é,il plaça ses nis, et lors on b si longtemps :
M. de Maison. :
ombre d’'ennessés de penser er, lui et son e ce que nous ei bien montés u respect de là arties à choisir, faisant face de ers un certain our construire as ue leur serait un exécuta cet il n'était porté.
y en cette renant de marcher:
notre sentier di s leurs forces et x; lnide temps!
te d'être saisi de | faire prisonnier. b aissant pour le ir cruauté, Mais
lesquels pensaient être emportés d'un coup de canon par un mal habile homme, qui les voyant venir, courant avec confusion AG faire distinclion d'amis où d'ennemis, mit le feu au canon A par bonheur, l’'amorce se trouva si mauvaise que le coup né " is Malla pas. Que s'il eut parti, la pièce étant si bien nue ra etit chemin par lequel ils venaient, qu'il eut tué tout le ones M. de Maison-Neuve arriva au fort, chac'in en eut unc joie qu'on ppe peut exprimer, et alors, trop convaincus de son courage rotes jtérent qu'à l'avenir, ils se donneraient bien de garde de fe f: e ainsi exposer mal à propos. Au reste, il semble que Disu a AE joccasion ne leur avait imprimé de la frayeur que pour ee . tage éclater son courage et le mieux établir dans leur je en pe pude combat et plusieurs autres qui se firent pendant ts . s on empècha pas ce printemps même qu'on ne commença à fai Me led français à la sollicitation de M. d’Aillebout ul le ci re ‘ l'obligation de cette première épreuve, quiconvainquitun Fe : “que : froideur de ce climat, ne lPempèchait pas de SRE ‘Ve r'! ll » : c CA ln + à CE À 4
ande abondance de bled. Enfin lété étant venu, le sieur de
étaient d'une compagnie que la reine envoya cette année à n. anada sous sa conduite, laquelle compagnie fut AE eus Ke des différents quartiers de ce pays ; et l'autre partie d : he se : enait aux frais des Messieurs du Montréal, lesquels ea FAN Lette année de très-grandes dépenses pour du lieu Ce qt . sets RL uable ici dedans, c'estl'hypocrisie du sieur de la ee POSE k à ant de gens en France et en Canada ; à la Rochelle il Lei Ar re : les Froquois Mfeinture un grand chapelet avec un grand Eee A eA : Jaisserent aller incessamment devant les yeux, Ra qu'il ué Fo avait quasi prendre, mai gomme un homme apostolique axquel on avait Loan 4 Re ie urs'en trouvant lement. Ainsi, sous des vertus apparentes 1 t n) ei. se miten devoir méchante vie qui l'a fait finir ses jours pe l . se it très r éviter le coup blus pesante que celle de son nom \ A is ne qu était pour sauter sur rite aussi bien qu'homme de son siècle an P+ Phÿpe le tira si promp}s endu ün grand service au pays en y oi . à PA ae ort. Or comme#ieut ètre pour l'en récompenser que Dieu di a tete As isir de prendre énitence pour ia conclusion de sa ie: sin É< de celie rude : étant venus if doyen de satisfaire à ses crimes, comme ae à Wu Les e poursuivre, ils L jourant d'une facon qui a laissé sujet de + apte il a fait ; rièrent prompte Jour le grand bien de son âme. Ge personnage ne Lea Ça été s inopiné ne leur. Æimage de la même vertu, demeura au Mbntienl ie pe EU lui omba entre les 4 in Le, mais enfin on le reconnut par quel is . nie a loisir à M. dei disait fréquemment dans le bois avec AR j praranaiss qu'il tous les autres M qui découvrit l'erreur de ces beaux pr Dos : rs Ù als pour ne
oo
un mot de notre charitable inconnue qui envoya pour sa part à Mile Mance, pendant cette année, 3,000 livres, trois chapelles et M plusieurs meubles, lui adressant le tout comme si elle eut été iogée, M ce que M. de Maison-Neufve voyant, il résolut d'employer tout son monde avec la plus grande diligence qu'il se pouvait, afin de la loger, ce qu'il fit avec tant de promptitude que le 8 Octobre du mêine an, elle fut logée et en état d'écrire et de dater ses lettres de l'hôpital du Montréal, écrivant à sa chère fondatrice, ce qu'envisa. M geait beaucoup M. de Maison-Neuve afin de la contenter ; l'hôpital M ne fut pas plus tôt fait qu'il se trouva assez de malades et de blessé M pour le fournir, tous les jours, les Troquois par leurs boucheries y
fournissaient de nouveaux hôtes, ce qui obligeait un chacun à bénir
Dieu de tout son cœur pour les saintes inspirations qu'il avait données à cette inconnue en faveur des pauvres malades et blessé: de ce lieu ; cela fit voir à Mlle Mance que sa bonne Dame avait bien raison de ne lui point acquiescer en changeant ses charités er faveur d’une mission pour laquelle elle la sollicitait ; cet ouvragr étant si nécessaire même dans les commencements, de quoi Milk Mance étant pour lors bien convaincue, lui écrivit en cette sorte D'abord que la maison où je suis a été faite, incontinent elle a étin garnie, et le besoin qu'on en a fait voir la conduite de Dieu en ce ouvrage : C’est pourquoi, si vous pouviez encore faire une chariti## qui serait que j'eusse ma subsistance pour moi et pour une ser M vante, et que les 2,000 livres de rente que vous avez donné fussen entièrement aux pauvres, on aurait meilleur moyen de les assister. # voyez ce que vous pouvez faire là dessus, j'ai de la peire à vous I 48 proposer, parceque j'ai peine à demander, mais vos bontés sonts grandes que j'aurais peur d’un reproche éternel si je manquais : vous mander les besoins que je sais. Ce peu de paroles furent ur grain de semence jetée dans une terre très excellente, nous verron! ce qu’elles produiront l’année prochaine. L
DE L'AUTOMNE 1644 JUSQU’A L'AUTOMNE 1645 AU DÉPART DES NAVIRES DU CANADA.
Au commencement de cette année, il y eut diverses attaques 014 Dieu fut toujours très-favorable aux Montréalistes ; de vous dir M combien ils ont tué d'ennemis, on ne le peut faire, tant ces barbare # sont soigneux à cacher leurs morts et de les enlever ; mais je vou dirais bien une assez plaisante rencontre où il n’y eut point ds sang répandu, ce qui arriva de la sorte : une partie de ces barban
étant venue pour faire quelque coup, et un de leurs découvreurs ayant apperçu que tous les travailleurs s'étaient retirés dans un nstant, au son de la cloche qui les appelait pour diner, il s’avança et monta dans un arbre fort épais et fourni de branches, tout propre " se bien cacher, et bien découvrir quand quelqu'un reviendrait. Après le diner, la cloche ayant sonné, ils virent que tous revepr au travail, en même temps ce que regardant de tous côtés, 1 attendit pour voir le quartier qui serait le plus aisé à surprendre, mais par malheur pour lui, on vint placer un corps de arde sous l'arbre où il était niché. Jamaisil n’osa faire connaître sa voix, il est vrai que cela lui était pardonnable, parcequ'il avait une grosse fièvre qui lui dura tout autant que cet arbre fut investi. Si on eut aperçu ce corbeau au milieu de ces branches, il eut fait Me saut périlleux, mais on ne le vit ni on ne l’entendit aucunement ; e que l’on sait, c’est seulement par son rapport et celui de ses amarades ; venons aux navires et disons qu’ils nous apportèrent cet été de très-fâcheuses nouvelles, et à M. de Maiïson-Neufve | ” " Mpurtout qui sut la mort de son père, ce qui l'obligea de repasser en fi cet ANNEE France pour les affaires de sa maison à laquelle il fallait qu’il alla sde quet M 5 donner ordre ; il ne voulut poiut partir sans renvoyer auparavant Lu EL d en l'rance le sieur de la Barre qu’ilavait reconnu pour n'avoir rien : Re cl de saint que son chapelet et sa mine trompeuse ; qu'ici le départ RAR At de Monsieur de Maison Neufve afiligea beaucoup tous ceux d'ici pour une se qui !* regardaient comme leur père. Mile Mance reçut une lettre ; Anne fussen MC Son côté bien consolante, d autant que 58 Dame lui mandait en tee te propres termes pour répondre à sa lettre. J ai plus d'envie de vous peine à vous k donner les choses nécessaires que vous n'avez de les demander, < bontés sont <MPOU’ cela, j'ai mis 20,000 francs entre les mains de la compagnie de je manquais il ontréal pour vous les mettre STPIgIne afin que vous serviez les Soles furent u Mau vres sans leur être à charge, d’outre cela, je vous envoie 20,000 Mivres cette année.” La bonne Dame, qu’elle était admirable en ses di harités, elle savait bien que l'aumône a de grandes lettres de change pour l’autre vie, puisqu'elle l’a fait si largement, jugez ombien cette vénérable fondatrice inconnue à à tous, hormis à à Mile ance et au Père Bazin, était agréable à Dieu et consolait fortement cette demoiselle qu’elle avait fait ici administratrice de son hôpital. Mais laissons cette bonne Dame et finissons cette année bar M. de Maison-Neufve, lequel en partant pour la France laissa le ouvernement de son cher Montréal à M. d’Aïlleboutz, auquel il le ecommanda plus que s’il eut été un autre soi-même.
ji vient et dire M jour sa part à is chapelles et eut été 10gée, loyer tout son vait, afin de la à 8 Octobre du r ses lettres de , ce qu'envisa.
nter ; l'hôpital es et de blessésh s boucheries } chacun à bénir ons qu'il avai lades et blessé:
ame avait bien ses charités er
j DÉPART
rses attaques 0 : de vous dis ant ces barbare
‘: mais je voi
n'y eut point de ces barbare
pe
DE L'AUTOMNE 1649 JUSQU’'A L'AUTOMNE 1646 AU DÉPART DES NAVIRES DU CANADA.
Nous n'avons pas grandes nouvelles à donner au public jusqu’au printemps où les Iroquois vinrent ici faire une paix forcée afin
de nous surprendre lorsque nous y penserions le moins et que”
nous serions le moins sur nos gardes, ce que nous verrons ci-après
. ., Du.
malheureusement arriver aux sauvages nos alliés, non pas aux
Français qui ne marchaient jamais qu'armés et sur la défiance. Ils allaient toujours au travail et en revenaient tous ensemble au temps marqué par le son de la cloche ; on profita beaucoup de cette paix forcée, parce que les Iroquois ne voyant pas un coup assuré, ils n'osaient pas se déclarer, ce qui donna loisir à M. d’Ailleboutz de parachever les fortifications du fort de ce lieu qu'il » réduisit à quatre bastions réguliers, si bons que l’on en a pas encore vu de pareils en Canada ; il est vrai que l'injure des temps n’a pas” permis à ces fortifications de durer jusqu’à aujourd'huy, mais la mémoire ne laisse pas d'en être récente auprès de plusieurs habi. tants ; c'est dommage que ce fort soit si proche du fleuve St. Laurent, d'autant qu’il lui est un ennemi fâcheux, lequel ne laisse pas sa demeure assurée, surtout un certain temps que des montagnes de glace le viennent menacer d’un soudain bouleversement ; ce qui fait que l'air soigne moins cet ancien Berceau du Montréal qui, d’ailleurs, serait fort agréable. L'été, suivant cette paix simulée,
nous eûmes de bonne heure les navires à Québec, qui donnèrent
incontinent la joie au Montréal de son chef M. de Maison-Neu‘ve; mais en attendant que nous voyons le peu de temps qu’il nous doit rester en Canada, parlons un peu d’un appelé M. Lemoine qui fut envoyé ici pour servir d’interprète à l'égard des lroquois qu'on
voyait toujours sans les bien entendre, à cause qu’on avait pasn d’assez bons interprètes. Comme c’est Le principal sujet qui émuth
M. de Montmagny à nous l'envoyer, nous verrons dans la suite d
cette histoire combien sa venue nous fut avantageuse, non sun) ‘
ment pour le secours qu’on a tiré de sa langue, m
plusieurs fois si bien fait voir son courage, qu’il a mérité ses lettres de noblesse pour les secours qu’il a rendus contre eux ; mais avan que de les marquer, il faut attendre les temps, et cependant comme | celui-ci exige que nous touchions un second départ de M. de Mai son-Neufve pour la France, parlons-en et disons qu’il fut caust par une lettre de M. de la Doversière qui lui manda dans un navire,
LS
N lequel partit après lui, qu’il revint incontinent, parce que son beau- A frère avait été assassiné depuis son départ et que sa mère avaitconçu 0 un dessein ruineux pour des secondes noces, et que ces deux choses 1 M. tant d’affaires qu’il fallait absolument qu'il remonta Len mer. Voyant cette lettre qui l’obligeait une seconde fois à s’en aller, il n’osa aller au Montréal ; il fallut qu'il épargna le cœur L Ma ses enfants, pour conserver le sien, il savait que les lettres qui Î porteraient ce fâcheux rabat-joie y donneraient assez de tristesse sans l'aller augmenter par sa présence. C'est pourquoi, quittant Acette pensée, il alla cacher son chagrin au plus vite dans le fond 4 fl un vaisseau, et envoya les lugubres messagers de son retour à À #son cher Montréal, qu'il consola le mieux qu'il put par l'espérance “dy revenir l’an suivant sans y manquer.
ÉPART DES
ublic jusqu'au aix forcée afin moins et que errons ci-après , Non pas aux ir la défiance. »
tous tb RE >fita beaucoup nt pas un Coup M na loisir à M. 1 de ce lieu qu'il A DB L'AUTOMNE 1646, JUSQU’A L'AUTOMNE 1647, AU DÉPART DES en a pAFGNEUII EE NAVIRES DU CANADA.
s temps n a Pas rd'huy, mais la "M plusieurs habi: “1 Au commencement de cet hiver, les [roquois brûlèrent le fort ave St. Laurent, Me Rihelieu, ! qu'on avait laissé sans monde, disant par raillerie e laisse pas sa ne que en ‘était pas par mal mais qu’il n’était fait que de gros bois ; montagnes de e c d'ils firent à dessein de le piller sans en pouvoir être accusés. ement ; ce qui e mois de mars venu, ils levèrent le masque tout de bon ils u Montréal qui, ommencèrent l'exécution des pernicieux desseins qui les avait paix simulée, M portés à faire la paix; voilà qu'ils se divisèrent en plusieurs qui donnèrent M branches et allèrent en guerre de toutes parts en même temps. faison-Neu‘ve: M Quand à nos pauvres sauvages, comme ils se regardaient dans une aps qu'il nous profonde paix, ils étaient dans différentes rivières à chasser sans M. Lemoine qui 8e donner aucunement de garde, ce qui fut cause que ces traîtres lroquois qu'onmenant tout d’un coup dans ces rivières où ils étaient, ils en firent won avait palMout à la fois un si épouvantable massacre qu'ils en laissèrent peu chapper, surtout il y eut très-peu de Nipissiriniens qui se saurent; quand aux Hurons qui étaient aux environs d'ici, ils s'y ettaient comme dans un asile assuré, d’où ils prirent la coutume e parlementer avec leurs ennemis, ce qu’ils faisaient sans crainte cause du lieu où ils étaient, mais comme ils avaient de la peine S'y tenir, pour avoir leur vie et liberté assurés en même temps s méditaient une lâche manière de trahir les Français, pour capver la bienveillance de l'ennemi, sans penser aux grandes épenses que l’on faisait ici pour les entretenir dans ce temps-là
érité ses lettre ux ; mais avan endant commet 4 t de M. de Ma qu'il fut caus dans un navire.
#1 Bâtien 1642 par M. de Montma à AMEL Re gny à l'entrée de la rivière de Sorel alors
où l'on faisait tout venir de France; ce qui fait voir leur extrême .
ingratitude qui les portait à vouloir livrer leurs hôtes entre les mains de leurs ennemis, afin d’être par eux brûlés tout vifs, ce M
qu'ils tâchaient de faire réussir en cette manière; tantôt l’un, M tantôt l’autre allaient à la chasse et venaient accompagnés d'Iro. quois vers la maison de son hôte, il l'appelait comme s’il eût besoin de quelque chose voulant l’attirer dans une embuscade d’ennemis, un pauvre homme sortait bonnement à une telle voix, et souvent il se trouvait dans la gueule du loup. Cela aurait réussi à ces malheureux et ils auraient fait mourir quantité de leurs chari. M tables bienfaiteurs, si Dieu qui ne voulait pas payer leurs bonnes "M œuvres de cette méchante monnaie ne les eut préservés. Enfin M plusieurs ayant été repoussé jusque dans leurs propres foyers, on commença à se donner de garde et on laissa désormais crier ces basiliques avec moins de compassion sans sller s’enquérir de ce qu'ils souhaitaient. On demandera d’où vient que l’on recevait ces gens, qu'on ne les faisait pas mourir ; mais il faut considérer que l'envie que l'on avait de les gagner à Dieu faisait qu'on se lais. 4 sait aisément tromper par eux dans toutes leurs protestations, et ‘à que d’ailleurs, il était de la politique de ne les pas punir, crainte MM d'animer toute leur nation dans un temps où nous n’étions pas en M état de nous soutenir contre tantde monde ; ainsi le temps se passa en trahisons et alarmes jusqu’à ce que l'été étant venu, après que M nos pauvres Montréalistes se furent longtemps entretenus de leur M cher gouverneur, ils surent qu'il était arrivé, ce qui combla ce lien Mi de joie. Aussitôt qu'il fut venuiil avertit M.d'Ailleboutz qu'en France on voulait rappeler M. le chevalier de Montmagny dont la mémoire!
est encore en grande vénération ; de plus, il Lui dit qu'il serait nommé au gouvernement du Canada et qu'il fallait qu'il s'en allatà
en France, et que l’année suivante il reviendrait pourvu de sl
commission; ce bon gentilhomme avertit bien M. d’Ailleboutz de
ces deux choses, mais il était trop humble pour lui dire qu’on luill avait offert à lui-n:me d'être gouverneur du pays, et qu'il l'avait refusé par une sagesse qui sera mieux reconnue en l’autre monde qu'en celui-ci. ‘4
DE L'AUTOMNE 1047, JUSQU'A L'AUTOMNE 1648, AU DÉPART DES NAVIREW DU CANADA.
Comme dans cette année et la suivante les guerres des Iroquois furent plus furieuses que jamais, ces barbares devenant de jour en jours plus audacieux et superbes par les continuelles victoire
leur extrême ôtes entre les
tout vifs, ce
tantôt l’un, pagnés d’Iro.
‘il eût besoin de d’ennemis, ix, et souvent it réussi à ces leurs chari.
leurs bonnes *
ervés. Enfin res foyers, on
mais crier ces!
nquérir de ce
l’on recevait ut considérer qu'on se lais-
otestations, et.
punir, crainte MM
l'étions pas en
tenus de leur
‘ombla ce lien!
4 qu’en France
nt la mémoire litqu'il serait qu'il s'en allats pourvu de sis ’Ailleboutz des dire qu'on lui “sent au milieu de tant d'ennemis, de bourrasques, un poste, et mal- :4 gré les inventions différentes dont on s’est servi pour le détruire. 0 Le printemps venu, en plusieurs tantatives que firent les Iroquois
et qu'il lavail l’autre monde