‹ Histoire du mouvement révolutionnaire en RussieChapitre 17 sur 45 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

la « liquidation » du mouvement d'opposition. — i nouvelles nominations administratives. — hertzen et la jeune génération des émigrants. — plerre lavrov ; son activité littéraire et révolutionnaire. — « Vperiod » (En Avant). — L'émigration russe.

La pendaison de Karakosov, la dispersion des cercles universitaires de Moscou, l'arrestation et le procès de Netchaiev, tout cela n'avait pas apaisé le gouvernement qui continuait à rechercher les complices réels ou imaginaires du mouvement révolutionnaire, afin d'anéantir d'un coup toute l'opposition.

Ce fut l'époque des perquisitions, des persécutions, dearrestations sans fin. Les gens avaient peur de se réunir, de parler librement, même chez soi, en famille Le prince Kropotkine, alors brillant officier de la garde, tir- loin encore de sa conversion aux idées révolutionnaires, rentrant à Pétersbourg après un long voyi n Sibérie, trouva la capitale toute changée. « Avant notre départ de la Sibérie, écrit-il à ce sujet, nous parlions souvent, mon frère et moi, de la vie intellectuelle que nous ail iontrouver à Pétersbourg et des nouvelles connaissano intéressantes que nous ferions dans Les milieux littéral] En effet, nous fîmes des connaissances parmi 1radicaux ainsi que parmi les slavophiles, mais je avouer que nous fûmes désenchantés, Nous avons i contré une masse de très braves gens (en Russie il v en .1 beaucoup partout) mais ne répondant pas du tout a to idéal de l'écrivain politique. Les meilleurs Littérateurs — Tchernychevski, Mikhailov, Pissarev — étaient ou dép

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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE I ;i

dans son journal, l'homme si modéré qu'étail le Nikitenko, parlant de cette période. Les réactionna les plus farouches : le comte Dmitri Tolstoï, Chouvalov, le général Timachev, et surtout Trépov, gouven alors la Russie par la peur.

L'attentat commis à Paris le 25 mai 1867 contre Alexandre II, par le Polonais Berezovski, ne fit que fortifier la réaction. L'empereur n'avait pas été atteint, mais il avait été si fortement impressionné qu'il vécut depuis dan- une crainte perpétuelle. Quand Trépov, qui devait chaque jour lui faire un rapport sur l'état d'esprit à Pétersbourir, «Hait en retard d'une minute, Alexandre II ne tenait plus place et demandait à tout son entourage s'il ne se passait rien d'anormal dans la capitale.

Valouiev jugé maintenant trop libéral était remplacé par Timachev ; de même le ministre de la Justice Zamiatnine cédait son portefeuille à un Allemand des provinces baltes, le comte Pahlen, qui parlait à peine le russe.

Quant à la presse, le Goloss, après le départ de Valouiev avait perdu beaucoup de son influence ; le joui de Katkov, Moskovskia Viedomosti, était devenu L'organe officieux du gouvernement. Les forces Libérales avaient pour s'exprimer la nouvelle revuede Stassulevitch : V\ tnik Evrofty et le journal fondé par Korsch : s P \ef9* bourgskia Viedomosti. Ar-éniev, Kawline, Polonski, Wesselovski, Likhatchov et d'autres collaboraient A l'une el L'autre publications.

Le journal de Korsch eul surtout un grand succès quand commencèrent à paraître Les brillants feuilletons Nieznakometz {L'Inconnu), pseudonyme d'un publiciste appelé à un grand avenir : A. -S. Souvorine,

Les autres organes de cette époque : l> ViâStnik axaient peu d'influence sur l'opinion publiqu

Ce n'est qu'à la fin de c868 qu'une certaine animation commence à se manifester dans La Littérature, quand le

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devint bientôt de l'hostilité. Les jeunes gens qui venaient alors à l'étranger appartenaient à toutes 1»- classes de la société, cependant la plupart étaient sans instrui tion et n'avaient pas même le désir de s'instruire, préférant, comme le prêchait Netchaiev, renoncer aux études pour s'adonner au travail pratique révolutionnaire. Hertzen, le premier, avait appelé les jeunes gens à ail» rail peuple il voulait qu'ils fussent d'abord armés de toute la 5< h n< e possible ; il ne pouvait donc voir d'un œil indulgent cette jeunesse qui croyait toujours en savoir assez.

Tourgueniev, lui aussi, éprouvait envers cette nouvelle génération les mêmes sentiments que Hertzen. C'était le drame éternel entre les pères et les enfants, qu'il avait si magistralement décrit : « Le commun entre nous, à cette époque, était trop commun. Marcher ensemble, servir comme on dit en France, faire quelque chose ensemble, nous le pouvions, mais vivre ensemble, sans rien faire, cela était très difficile. On ne pouvait pas même penser à une influence sérieuse. L'ambition maladive, impertinente, n'avait pas de frein depuis longtemps. Parfois, il est vrai, ils exigeaient un programme, des guides, mais ils attendaient de nous que nous formulions Leurs propres opinions, et ils n'étaient d'accord avec nous qu'autant que ce que nous disions ne contredisait pas ce qu'ils défraient. Nous, ils nous regardaient comme d 'honorables invalides, comme le passé, et ils s'étonnaient naïvement

que nous ne fussions pas trop en retard sur eux 11

n'était pas difficile de prévoir que les nouveaux liens ne tiendraient pas longtemps, que tôt ou lard il :<>m-

praient et que cette rupture, vu le caractère difficile de nos nouveaux amis, n'irait pas san^ de nouvelles quences ».

A ces désaccords intellectuels --'ajoutaient des dit genecs de vues au sujet du Fonds commun . L'histoire de ce « Fonds commun », que nous avons mentionné d<

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apparition, elles devinrent le livre de chevet de toute la jeunesse russe, et plusieurs des idées qui v étaient exprimées .sont entrées dans le domaine de La pensée de tout Russe instruit.

Un biographe de Lavrov, Roussanov, a écrit : « Ah ! il fallait vivre aux années 70, à l'époque du mouvement, de la croisade dans le peuple, pour voir autour d pour sentir en soi-même l'influence extraordinaire des Lettres historiques. Beaucoup parmi nous, adolescents à cette époque, d'autres, encore enfants, ne se séparaient pas du petit livre usé, lu, froissé. Nous l'avions à notre chevet, et la nuit en le lisant nous l'arrosions de nos larmes. L'enthousiasme nous saisissait et remplissait notre âme d'une soif folle de vivre pour les idées nobles et de mourir pour elles. Avec quelle joie tremblaient nos jeunes cœurs ; avec quelle grandeur se dressait devant nous l'image du bon maître, qui nous était inconnu mais nous était si proche par l'esprit et qui nous appelait à la lutte désintéressée pour l'idée... »

A l'exception de Que faire ? de Tchernychevski, aucun autre livre peut-être n'eut autant d'influence sur le mouvement révolutionnaire russe que les Lettres hist de Pierre Lavrov. Le même biographe dit ail h urs : A un certain moment nous nous enthousiasmâmes pour Pi rev, qui nous parlait de la grande utilité des sciences naturelles pour faire d'un homme un « réaliste penseur qui désire vivre au nom de son égoïsme développé renversant toutes Les autorité-, avec pour but la vie libre et heureuse pour soi-même et pour tnu> ceux qui pensent comme nous. Mais, tout d'un coup, un petit livre nous dit que les sciences naturelles ne sont pas tout dans le monde, qu'on ne peut aller loin avec L'anatomie de la grenouille seule, qu'il y a d'/autres questions importantes ; qu'il l'histoire, le progrès social, qu'il y a enfin le peuple affamé, épuisé par le travail, le peuple ouvrier qui porte sur tout l'édifice de la civilisation et nous permet de 1.

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aux arrêts, malgré toute la pression qu'exerça sur lui Mouraviov, pour obtenir une condamnation plus sévère.

Mais le chef de la justice militaire, le général Filosofov (i), modifia ce verdict et, par ordn supérieur, Pierre Lavrov fut exilé à Kadnykov, d'où il continua sa collaboration dans les revues Otietchestvenuia Z api ski et Xiédiêla.

• Au commencement de 1870, un révolutionnaire, Hcrman Lopatine, organisa l'évasion de Lavrov, qui arriva à Paris le 13 mars 1870, quelques mois après la mort de Hertzen. Lavrov était déjà connu en Europe par ouvrages scientifiques. Il collabore aussitôt dans la Revue d'Anthropologie, se lie avec Broca et aussi avec le relieur Varlin, représentant de l'Internationale, dont il devient membre. Puis vient la Commune, dans laquelle il prend une grande part, et, en 1871, il se rend à Zurich qu'il quitte bientôt pour aller à Londres. En 1877 il est de nouveau à Paris et s'y installe définitivement, rue Saint-Jacques, où il meurt en 1900.

Pierre Lavrov était à Paris le centre autour duquel se groupa, pendant plus de quinze ans, toute rémigration russe.

Si Lavrov était internationaliste dans toute L'acception du terme, comme Bakounine il était demeuré foncièi ment russe. Dans ses Lettres historiques, il avait donné cette belle définition du patriotisme : C'est taire que -en pays soit le plus puissant facteur du progrès humain.

Au début de 1872, Lavrov axait eu la visite de délégu venus de Russie pour lui proposer d'éditer une iv\ russe à l'étranger, ("est ainsi que parut I l, que

dirigea Lavrov avec V. Smirnov peur collaborateur principal, et qui eut en tout cinq numéros (2 ; Le journal

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qui, à cette époque, avec M""' Stassov et la OOmtewe R

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(2) Le dernier publié en 1877.

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a) les socialistes révolutionnaires convaincus, sortis de l 'intelle genzia, formeront le premier cadre de cette organisation ; b) les plus aptes d'entre eux se disperseront dans les provinces, parmi le peuple, et rassembleront autour d'eux les meilleures forces du peuple en groupements révolutionnaires ; c) ils réuniront tous ces groupements en une vaste fédération socialiste révolutionnaire ; d) la propagande pour la révolution sociale pi trera dans l'armée de telle sorte que, quand écl l'in-

surrection populaire, elle y introduira la désorganisation; e) quand l'organisation socialiste révolutionnaire sera assez forte elle profitera des troubles inévitables dans le peuple pour généraliser ces troubles en une explosion révolutionnaire qui devra embraser la plus grande partie de la Russie ; 7° les insurrections locales infructueuses ne peuvent are considérées comme un moyen commode de préparer 1 plosion générale en Russie. « Par conséquent un socialiste révolutionnaire convaincu n'a pas le droit de 1< s provoquer tant que l'organisation socialiste n'est pas assez forte pour assurer la victoire de la révolution ; il doit même sN i à une dépense inutile des forces du peuple. Mais quand la révolte du peuple se produit indépendamment d< volonté, par suite de l'exploitation économique ou de 1 pr< ssion par les gouvernants et les classes dominant alors le socialiste révolutionnaire convaincu doit se batl dans les rangs du peuple révolté et pari m sort .

Le programme de Lavrov, qui exigeait La gradati dans l'action, une longue et solide préparation scientifique, ne satisfaisait pas la jeunesse révolutionnaire qui, s< l'influence des discours enflammés de Bakounine et de Netchaiev, exigeait La Lutte, l'activité fébrile,la réalisation immédiate de toutes ses espérances. Le repi ci s tendances de la jeunesse était rkatchov, impli jadis dans L'affaire des troubles universitaii puis dans Le procès Karakosov et plus tar Netchaevtzy. Après quatre années de détention dai - La

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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE I.jl

Pour Tkatchov le but immédiat de la révolution est l'accaparement du pouvoir politique. Mais cet accaparement, qui est la condition nécessaire de la révolution, n'est pas encore la révolution; il n'en est que le prélude. La révolution se réalise par l'état révolutionnaire qui, d'un côté, supprime tous les éléments conservateurs et réactionnaires du pays, toutes les institutions qui empêchent l'établissement de l'égalité et de la fraternité, et qui, d'autre part, introduit dans la vie des institutions qui favorisent leur développement.

Tkatchov préconisait la formation d'une organisation homogène étrangère à tous les petits cercles, disciplinée, hiérarchisée, soumise à une direction générale, qui aurait introduit l'unité dans l'activité de tous ses membres. « Ce n'est qu'avec une pareille organisation, écrivait-il, que notre but peut être atteint le plus complètement et avec la plus petite dépense de forces. Ce n'est qu'une pareille organisation qui peut assurer la sécurité personnelle des révolutionnaires, et nous donner la possibilité de venger, sur nos bourreaux, nos héros martyrs, nos chers camarades, amis et frères. »

Ainsi, dépassant les « Lavristes » et les « Bakouni^to- Tkatchov pressent déjà et préconise la terreur, et nous verrons plus tard les organisateurs de la Narodnaia Volia, (La Volonté du peuple), les futurs terroristes, Insister sur la nécessité d'une organisation centrale et rêver d'une dictature révolutionnaire.

Mais, à cette époque, « Lavristes o el Bakouniste! étaient hostiles au programme de Tkatchov. las premiers estimaient que ses appels à la révolte et .1 l'insurrection ne pouvaient que provoquer de terribles représailles de la part du gouvernement. Les « Bakounistes . les purs anarchistes, ^qui niaient en principe tout pouvoir, se détournaient de sa propagande de centralisation

d'autorité.

Tkatchov répondit à ses adversaires en Les traitant

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russes sur le rôle des Slaves dans l'histoire, sur les Origines du Christianisme, sur révolution de la pens ttférences dont la plupart étaient faites par Lavrov. Parmi les auditeurs les plus assidus de ces conférences on remarquait une jeune fille, Vera Figner, qui joua dans la suite un rôle si important dans la société Narodnaia Voliû et Alexandre Kropotkinc, frère du célèbre anarchiste. En 1874, la colonie des émigrants s'augmenta d'un membre très important, Herman Lopatine, celui-là même qui avait organisé l'évasion de Lavrov. Ii apportait avec lui le manuscrit du Prologue des Prologues, de Tchernychevski, publié par les soins de Vperiod.

Après l'ukase de 1873, enjoignant à toutes les jeunes étudiantes qui étaient en Suisse de rentrer en Russie, 1 1 colonie de Zurich se trouva très réduite ; cette circon et en. plus l'extradition de Netchaiev poussèrent l'émigration russe vers un autre asile ; la plupart des émigrants se fixèrent alors les uns à Paris, les autres à Londr-

L'année suivante, un nouvel ukase, publi ment

dans Le Messager officiel, exigea le retour d< aeui

émigrants, parmi lesquels Bakounine, Goldenberg, Lavi Lopatine, Ogarev, Outinc, etc. Seul ce dernier imit

à l'ordre du gouvernement russe ; les autr< - demeurèrent à l'étranger et autour d'eux se grouper* ni I nts

dont le nombre augmentait de jour en jour.

Lavrov, dans son livre Les populistes proÇa signalé l'activité de ces émigrants. Pendant t<>ut le temps que Zurich a été le centre du mouvemenl russe â et après 1N74, le groupe n'a

chacun défendant son opinion. La première feuilli de l'imprimerie de Vperiod étail l'appel aux russes de Zurich, puis, en juillel is-;, parut la pren livraison de Vperiod et, en mar :. la deuxj

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144 HISTOIRJ DU M

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cercles, des groupes, des fractions, d'où sont sortis les « populistes propagandistes », qui annoncèrent en 1873 une véritable croisade dans le peuple — croisade à laquelle mirent fin deux grands procès : celui des 50 et celui des 193.

I46 HISTOIRl D1

1 KAPITRE vin

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pendant que la jeunesse, écoutant la voix de ses maîtres de prédilection « va au peuple ». Comme conséquence de cet état d'esprit altruiste et démocratique paraît le «populisme progressiste » qui a de commun avec le slavophilisme que lui aussi proclame le particularisme du peuple russe, toutefois avec cette différence notable que ce particularisme réside dans les principes communistes de la vie populaire russe.

En tout cas, toutes les fractions libérales de cette époque se rencontrent dans le désir ardent de s'adonner entièrement au service du peuple, dût-on sacrifier pour cela ses intérêts personnels.

Avec ses Lettres historiques, Lavrov avait créé un mouvement très important dans la vie russe. Quand il eut quitté la Russie, sa place fut occupée par l'homme qui possédait la plus grande autorité sur ses contemporains : N.-K. Mikhailovsky, dont les remarquables écrits scientifiques et littéraires unissaient tous les côtés positifs des conceptions philosophiques et historiques de ses prédécesseurs : Hertzen, Tchernychevski, Lavrov. Le rôle de Mikhailovsky a été heureusement défini par Vcnguerov qui voit son mérite principal en ce « qu'il avait reconnu le danger de la propagande de Pissarcv, sur l'égoïsme utilitaire et Le réalisme pensant,, dans leur sens étroit, dont le développement logique eût conduit inévitablement à négliger les intérêts sociaux. Le jeune sociologue et critique, dans ses articles théoriques OU littéraires, mettait au premier plan, avec une force particulière,la nécessité de servir la société, de se sacrifier pour le bien commun. Développant la doctrine de Lavi sur le rôle de la personne, il encourageait à commencer ce service immédiatement ».

Les articles de Mikhailovsky dans Otietchestuen* Z api ski, dans Niédiéla et ailleurs étaient Lus et discu dans toutes les réunions de la jeunesse, mais Le grand rôle de Mikhailovsky dans Le mouvement révolutionnaire

I48 RISTOIR] lu MO! \

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dans Le paj Mikhailovsky • ainsi, en la formation du Comit utif

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L'influence de ce mouvement que parurent Les 1 et beaucoup

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• qu'il av. ut -ni • qu'on appelail

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Tel-. 1 Chicbko, dans une brochure Intitulée

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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE iy}

Souvenirs d'un vieux populiste, donne de très intéressants détails sur le but et le fonctionnement de ce cercle : i Nous voulions former parmi les classes intellectuelles, principalement parmi les meilleurs des étudiants, les cadres du parti socialiste révolutionnaire, ou, comme on disait souvent alors, du parti vraiment populaire. Dans ce but les fondateurs du cercle avaient résolu de commencer une propagande systématique parmi la jeunesse des écoles. Ils fondèrent des petits groupes d'instruction mutuelle, réunissant les gens d'une même province, et ces petitsgroupes, qu'on nommait les cow////f7z^s, étaient formés d'amis liés étroitement entre eux. On créa aussi ce qu'on appelait « la librairie », qui, en dehors de son utilité in cutable, était l'un des meilleurs moyens pour rapprocher la jeunesse et élargir rapidement les cadres. « La librairie » devait répandre à Pétersbourg et dans les autres villeuniversitaires la littérature légale mais bien choisie, i n y ajoutant, autant que possible, les œuvres prohibées, surtout celles de Tchernychevski. Ces livres, pour la plupart, circulaient à crédit et le cercle tâchait que tous les groupes de « l'instruction mutuelle o eussent le même programme de lectures, préparant ainsi toute une génération pour la future activité révolutionnaire

Dans le livre de W. Bourtzev, Cent ans, et dans l'ouvrage très documenté de B.-B. Glinski : J.a période rt lutionnaire de l'histoire russe, nous trouvons la liste presque complète de tous les ouvrages Légaux et interdits répandus parmi la jeunesse par le cercle des Tckaikovtxy. Cette liste est très intéressante parce qu'elle n<»u> montre sous quelles influences s'est développé en Russie le mouvement révolutionnaire. Nous y trouvons les œuvres de Tchernychevski, Dobroluboy, Pissarev, Nekrassov . cell< - de Buckle, de Kostomarov, Stchapov, Serguéiévitch, Mordovtzev, Khlebnikov, J.-S, Mill. Darwin. DrapM r, >p< n les Lettres historiques de LaVTOV : La SttUi

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Les Tchaikovtzy trouvaient un grand appui dans les zemstvos, et ils furent des premiers qui nouèrent des rapports directs avec leurs représentants. Plus tard cette collaboration devint plus étroite encore.

D'abord, comme nous l'avons dit, le groupe des Tchaikovtzy s'occupa surtout de la librairie et de la propagande, mais, dans la suite, il élargit son programme qui se confondit avec celui de Bakounine. Dans un article, publié dans Byloiê, l'auteur qui, sous la signature « Un Vieillard » décrit le mouvement révolutionnaire russe d'après le procès des 193, dit à ce sujet : « On décida de ne pas étaler ses rapports avec la cause révolutionnaire russe. Les guides du parti anarchiste russe devaient agir en leur propre nom, et Bakounine devait rester le centre caché, comme cela avait eu lieu quand il était allé en Italie et en Espagne. »

Parmi les cercles qui parurent à la suite et à l'exemple de celui des Tchaikovtzy, il faut mentionner à part celui des « Artilleurs » fondé en 1872 par trois officine d'artillerie : Kravtchinski, Rogatchev et Chichko. I - deux premiers voulant « aller au peuple », pour se préparer à leur mission apprirent un métier manuel, car on était convaincu que le peuple se méfierait des intellectuels. Apres eux, tous ceux qui « allaient au peuple 1 se transformaient au préalable en menuisiers, forgerons, laboureurs, marchands ambulants, etc. Chichko, Sidoratzky et quelques autres membres du Cercle des Artilleurs nisèrent à Pétersbourg le premier atelier de serrurerie où les étudiants venaient apprendre le métier. Cet atelier a joué un grand rôle dans l'histoire de la révolution russe ; fréquenté par des centaines d'étudiants il devint une sorte de club politique où se retrouvaient, pourdis* et établir leur plan d'action, les représentants des di rentes fractions du parti révolutionnaire.

A Moscou, l'Université et surtout L'Ecole supérieure d'Agriculture (Petrovsko-Razoumovskaia Aeaden

HISTOIRl DU M h N 1

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« Il y venait aussi des ouvriers, tels que Gavrilo et Onissime, pour écouter la lecture des brochures révolutionnaires. Là on pouvait entendre les longs discours de Kablitz qui, renonçant à ses opinions jacobines, était devenu anarchiste-populiste. Là encore éclatait la par«>l» sincère d'une jeune femme énergique, Catherine Brechko- Brechkovskaia. Mais, dans la trop hospitalière Commune » se glissèrent, en 1874, Larionov, Paul Hein Gorinovitch, trois mouchards qui la dénoncèrent au gouvernement. »

Le même publiciste nous apprend, qu'à Odessa, un petit groupe de disciples de Tchaikovsky se réunissaient autour de Kovalsky, un des premiers qui opposa la résis: tance armée aux policiers venus perquisitionner chez lui, et qui fut plus tard exécuté.

Le cercle d'Odessa s'intéressait peu à la doctrine anarchiste et faisait une propagande pacifique parmi les ouvriers; cependant il a fourni plusieurs chefs à la révolution russe, entre autres Volkhovski, fondateur du Russian Free Press Fund, qui rendit de grands services à la cause révolutionnaire, et surtout André Jéliabov. Le cercle d'Odessa, bien qu'entouré de plus de mystère que « la Commune », subit le même sort que celle-ci, du fait de l'agent provocateur Troudnitzky, qui était parvenu à s'y introduire.

Des cercles analogues à celui-ci étaient fondés un p partout : à Orel, Kherson, Viatka, Vologda, et ime

le constate un document officiel que nous citerons plus loin, trente-sept provinces étaient 1 contaminées par la propagande révolutionnaire. 1. 'animation dans d - * • :

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HISTOIRE D mi M

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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE [ce

Ailleurs, Lavrov caractérise ainsi la jeune- ..Déjà

elle avait un pied dans la voie révolutionnaire. Il ne fallait plus qu'une poussée, une sanction, une parole vivante, et cette parole fut prononcée. « Aller au peupl« fut cette étincelle qui enflamma chez nous le mouvement révolutionnaire. Ce mot était simple, mais la jeunesse y mit beaucoup de sens et de vie. Avec le sentiment du sacrifice qui lui est propre, elle se donna tout entière à ce mot dans lequel elle sentit précisément ce qu'il lui fallait alors une œuvre vivante à laquelle elle pourrait se consacrer immédiatement, passionnément. « Aller au peuple ! » Cela signifiait rompre tous les liens avec le passé, quitter parents, amis, études, situation sociale et se consacrer au service des masses. Elle n'eut pas peur de cette voie pénible, dangereuse, qui exigeait labeur, privations et sacrifices. Oh ! elle lui paraissait facile, même attrayante. Les travaux forcés ? Mais, est-ce que le peuple pour qui désormais nous voulons vivre n'a pas travaillé et ne travaille pas pire que les forçats pour un misérable moro de pain ? Les fers ? Mais est-ce que le peuple est libre ? Il est l'esclave de la misère comme nous sommes de misérables esclaves de la plus misérable des tyrann La jeunesse regardait courageusement en avant ; l'ancienne apathie n'existait plus ; elle sentait en elle L'afflux de forces nouvelles ; elle n'avait peur de rien, 11 n'était pas de sacrifice qu'elle ne fût prête à faire pour le peuple. Elle aimait le peuple sincèrement, franchement, presque naïvement. Dire quelque chose de défavorable pour 1 * peuple c'était se faire un ennemi de la jeunesse Elle h» déifiait, l'adorait, priait en son nom. Aller au peuple, vivre de sa vie, souffrir de ses douleurs, se réjouir de joies, lui montrer la racine du mal, Le masque hypocrite du progrès contemporain, Lui insuffler L'énei lui indiquer l'issue de sa pénible situation, telles 1rs aspirations de la jeunesse. »

L'activité pratique des Tchaikovixy était, comme no

156 USTOIR] D\ MOI

dit, - pagandt ; les ouvriers des fabri-

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-►se se soit montré n ou

hostile au socialisme. Habitué comme tout peuple ouvrier aux associations pour différente- productions et possédant en commun, de temps immémorial, L'instrument principal de la production : la terre, Le peuple ru était capable plus que tout autre de comprendre Le sa i alisme et de l'envisager avec sympathie. Si jamais il fait une révolution ce sera au nom des principes sociali-ti >s. Mais la révolution exige une organisation très forte, qui ne peut être créée que par la propagande socialise ou purement révolutionnaire. Comme on ne pouvait faire ouvertement cette propagande il fallait avoir recour une propagande clandestine, impossible dans nos campagnes. Quiconque s'installe dans un village comme artisan, maître d'école ou scribe est tout de suite aussi en vue que sous un réverbère. En outre, le paysan est absolument incapable de garder un secret envers ses amis. Comment voulez- vous qu'il ne cause pas avec son voisin, qu'il connaît depuis tant d'années, sur un fait aussi extraordinaire que la lecture d'un livre, et d'autant plus quand il s'agit dans ce livre de ces choses naturelles et bonnes dont lui parle le socialiste ? C'est pourquoi, dès qu'un propagandiste vient chez un ami, la nouvelle aussitôt répand dans tout le village, et une demi heure a] l'izba est déjà pleine de paysans barbus qui sont venus pour entendre l'inconnu, sans en demander au préalable la permission ni à lui ni à son hôte. Si L'izba est trop petite pour contenir tous Les auditeurs, alors on entraîne l'étranger dans la chancellerie du village ou, tout simplement, dans la rue, où il lit ses livrer et prononce ses discours. Il est clair que dans ces eonditi Le gouvernement n'avait pas grand peine pour être au

courant de l'agitation faite parmi les paysans. Aussi Les

arrestations succédaient-elles aux arrestations. moins de six ans (de 1S7 ; à [879), deux mille huit cent quatre-vingt-quatre personnes ont été poursuivies pour faits exclusivement politiques ; les neul dixi

i.cs m- iu- V.

apaiu: ■lutionnaire OU pour g

a la campagne alors qu Viles pouvaient

\ ; irtir il» ractère du mouvement chai

lue le seul moyen par Lequel on it pousser les paysans a la revoit aban-

don sa place, pai qu'on a appelé les colo-

petits groupes qui s'installaient i longtemps dans dis pays choisis, comptant j d<

P( ;t. ri. auxquels s'était heurté le

mo ut des années p Ions iii ni

: inde pru «haut de ne pas attirer

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■.n- <ju'il> connaissaient personnellement

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I < ha mobilisaient l<

lutionnaires dans les capitales et la province ; tandis q Pétersbourg, après trois mois de débats, se terminait le grand procès des Netchaievtzy, un autre révolutionnaire, Dolgouchine, commençait indépendamment sa propagande pratique, d'abord à Pétersbourg, ensuit» • à Moscou, où il fut arrêté en 1873. Dolgouchine réunissait chez lui, le soir, la jeunesse studieuse, et comme toujours à de pareilles soirées, on discutait à perte de vue sur diffén : questions politiques et sur la nécessité «d'aller au peuple ». Bientôt, autour de Dolgouchine, se forma un petit cercle qui loua une maison à la campagne où on installa une imprimerie clandestine. En tout, trois proclamationfurent publiées : Au peuple rtisse ; Aux intellectuels ; Comment vivre d'après les lois de la nature et de la vérité. Les Dolgouchintzy, comme on appelait les membres de ce cercle, faisaient aussi de la propagande parmi les ouvriers des fabriques où ils répandaient leurs proclamations.

Pour ce crime, quatre d'entre eux furent condamne des peines variant de deux à dix ans de travaux for

Le procès des Dolgouchintzy était comme le prélude des deux grands procès dont nous parlerons plu- Loin : le Procès des 50 et le Procès des 193. Auparavant nol encore un mouvement d'émigration assei curieux, de Russes allant en Amérique pour y fonder des « communes ». Nous avons déjà parlé de ce Russe venu c Hertzen avant de s'embarquer pour Les Lies Marqui Parmi les raisons de cette émigration, L'une est » par Debogori-Mokrievitch dans ses 5 Un

cousin, qui s'était expatrié en Amérique, répondait ses arguments contre cette décision que L'organi de la Commune agricole en Amérique n'exclut point la possibilité de travailler en Russie pour le p uph A traire cela présente même de grands avant. u< & [nstal en Amérique et devenus citoyens américains n >ur-

rons venir en Russie propager DOS idées ; le dl

|60 RISTOIKJ DU MOUV] M

►ntre La violence des aut I p.i^ faire »!<• perquisitions chei un citoyen i mouvement fut très limité,

oup plus tard que commença le grand en Amérique de toute une la population russe Les Juifs victimes - 1 toukhoboi

jnmr mémoire un auti îr.mt.

Lonl le représentant prini ipal était likov, qu'on a appelé Le précurseur de Lblstoï. La Un des am Loppait La théoi ie de

la non résist i in mal par la violence. Impliqué dans Le ; Karakosov il avait été acquitté. Arrêté de

tu dai des 193, après L'interrogatoire

pi.-l il avait développé sa doctrine sur i H Dieu, il hit remis en Liberté, avec défense ex-

La moindre propagande religieuse.

ris son li\ 1 les années ame

: la do< trine de Ifalikov Tous Les hommes sont ! trent La bout.- et La puis du

ir. Il faut aimei son pnx bain et on in i

: ':••■ il faut rayi ; de La i Les mot - a«i\ 1 r-

I.k heté et auti >n< eptions Jcn Nous pouvons nous Instruire Les un

ins oubli-! notre 01 i- . ■) vous enl< et n'y aidez | 1 advi !

Le < hn -t L'or :

C< timid ne nt • un moment

m influe ; CV* 1 Le plus tard, quand elle

reparut la plume

RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE Ihr

lement alors que cette doctrine contribua pour beaucoup à la préparation des esprits pour la future révolution.

Nous trouvons des données très précises sur la force et le mode de développement du mouvement révolutionnaire russe, à cette époque, dans le rapport secret du Ministre de la Justice, comte Pahlen, qui avait été chargé d'enquêter sur ce mouvement (i). Le comte Pahlen reconnaît d'abord, qu'à la fin de 1874, la propagande révolutionnaire avait gagné la plus grande partie de la Russie — trentesept provinces. Le Ministre constate que « beaucoup de personnes d'un certain âge, des pères et mères de famille, ayant des situations en vue, non seulement ne sont point hostiles aux révolutionnaires, mais leur témoignent même de la sympathie, les aident, comme s'ils ne comprenaient pas, dans leur fanatisme aveugle, que la conséquence finale d'une pareille activité doit être la perte de toute la société et d'eux-mêmes. Ainsi un riche propriétaire, juge de paix du gouvernement de Penza, N. Douarov, a aidé à cacher un des révolutionnaires les plus dangereux : Voïnaralsky, ancien juge de paix. La femme du colonel de gendarmerie d'Orenbourg, Mme Goloouchev, non seulement n'a pas déconseillé à son fils de prendre part à la propagande criminelle, au contraire, elle l'a aidé de toutes façons. Le professeur à l'Ecole de droit de Iaroslav, Doukhovskol, non content de recevoir chez lui l'agitateur Kovalik, l'a encore introduit dans l'intimité des étudiants. Plusieurs inculpés politiques, originaires du gouvernement de Viatka, étaient stipendiés par le Zemstvo, el le pr< dent de la Chancellerie. Kolobov, ne donnait aucune pi sans la recommandation d'un étudiant très COU promis, Oftchinnikov. Le docteur Portougalov a caché chei lui plusieurs personnes recherchées par la police pour ; pagande politique. Une dame riche et M"1'' Sophie

Spubotirie, ne s'est pas bornée à taire elle-même

(1) Ce document a été publié par l.i icwir d« I reproduit en entier dans la revue de liouri/ev, />v.'>;. . «i i«>>>~

BISTOIR]

nnaire parmi d voii ina puptil<

mineures, quVllr a cm à Zurich

poi:' filles d< d Im.i(

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kaia, la fille ^ln général Lichen von Hertzfeld et

t i allées au peuple . travaillant

• • >uchan1 la nuit avec leurs compa-

• . as que ( es a< tes leur aient valu Le

I amis, qui, au contraire, n'ont Et Qoml <»nt de pareils

. • \ instatation Lndi La dépravation

Le Mi: lonne La nomenclature des li

rochu] Mant Les perquisition inclut :

t a) Il te en K lont le but

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nprimés ou manusm l)nt ( ommun, n< 1 1. m( nt défini, qui

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les agitateurs ne rencontrent pas une désapprobation assez haute de la part de la société qui, ne se rendant pas assez compte de l'importance et des buts de leui rations criminelles, les envisage soit avec indifférence, soit même avec sympathie. D'autre part, les jeunes g< os, en grande majorité parmi ceux qui s'occupent de propagande, ne trouvent pas de résistance aux doctrine pefnicieuses et destructrices dans le milieu où ils sont élevés, car les bases morales de l'éducation, que seule la famille peut donner, ne paraissent pas très développées chez ces jeunes gens, qui ne possèdent, à leur entrée à l'école, aucun respect solide pour la religion, la famille, le droit des personnes et la propriété ».

Le rapport de Pahlen servit de base à l'accusation dans les procès des 50 et des 193 qui, en fait, ne formèrent qu'une seule affaire. Le publiciste qui signe « Un Vieillard », que nous avons déjà cité, estime que ce fut là une grande erreur du gouvernement. « La Commission chargée de l'enquête, dit-il, évidemment se rendit compte de l'absurdité qu'il y avait à juger des milliers de personnes, et, bon gré mal gré, il fallut en libérer une grande partie et en déporter un grand nombre, administratif ment, dans le nord de la Russie et de la Sibérie. Pouf l'instruction, confiée à une Commission de sénateurs spécialement désignés, on se contenta de garder environ deux cents personnes. Cent quatre-vingt-dix-sept, dont quatre moururent avant l'ouverture du procès, furent définitivement inculpées ; cent soixante-dix neui étaient accusées de faire partie de sociétés illégales dont le but. plus ou moins lointain, était le renvei Tordre

gouvernemental, crime prévu par la 1<>i -"' partie l'article 250 du (Ode criminel). En outre, la plupart

d'entre eux étaient encore accusés d'avoir répandu 1

ouvrages provoquant à la révolte 1 I a la désob

sauce au pouvoir suprême (art, 250 du 1

D'autres étaient poursuivis pour différents crimes, tel

RISTOIRÇ 1M

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