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Même ceux qui étaient hostiles aux révolutionnaires furent frappés de leur désir de se sacrifier. « Ce sont i saints ! » s'exclamaient tous ceux qui as- t aux
débats. Le procès des 193, qui eut lieu à la fin de la même année, ne fit qu'augmenter cette impression. En effet, tout ce qu'il y a de noble et de grand dans la nature humaine semblait concentré dans ce petit groupe de jeunes gens héroïques. Dévoués avec enthousiasme à leur grande idée, ils voulaient sacrifier non seulement leur vie, leur avenir, leur situation, mais leur âme même. Ils voulaient se délivrer de toute autre peu de tout attachement personnel pour s'adonner à la cause entièrement et sans retour. Le rigorisme était pour eux un dogme, et même, il y eut une période quand les jeunes gens des deux sexes restaient dans leurs rapports de véritables ascètes. Les propagandistes ne voulaient rit n pour eux-mêmes. Ils étaient la personnification du sacrii le plus pur. Mais ces hommes n'étaient pas ceux qu'exigeait la terrible lutte future. Le type du propagandiste des années 70 avait plus du caractère religieux que du caractère révolutionnaire. Le socialisme était sa foi, le peuple sa divinité. Malgré l'évidence du contraire il croyait fermement que la révolution était pour aujourd'hui <>u demain, de même qu'au Moyen âge parfois les hommes croyaient proche le Jugement dernier.
« La réalité implacable porta un coup terrible à cette foi enthousiaste en lui montrant son Dieu tel qu'il était et non tel qu'il l'imaginait. Comme axant il était prêt au sacrifiée, mais déjà il lui manquait L'élan Irrésistible d'autrefois, l'ancienne soif de la lutte Après le premier désenchantement il perdit tout espoir en la victoir comme il désirait encore une couronne, ce fut la couronne d'épines qu'il ceignit. De même que Le prei il marchait au martyre avec un regard clair, et l'endurait avec calme, peut-être même avec plaisir, car il souffi
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Au procès des 193, ce fut l'accusé Mychkine qui défendit avec le plus d'éloquence la cause des révolutionnaire
« Je pense, dit-il, que notre but le plus proche n'est pas de créer la révolution mais d'assurer son issue heureuse, car il ne faut pas être prophète pour prévoir que la cor quence inévitable de la situation désespérée et miséreuse du peuple sera une insurrection populaire généra le. Notre rôle est donc seulement de faire en sorte qu'elle soit au — i fructueuse que possible pour le peuple, de le préserver de toutes ces ruses par lesquelles la bourgeoisie européenne occidentale trompe la masse populaire et retient à son seul profit les avantages obtenus par le sang du peuple versé sur les barricades. Pour atteindre ce but, notre activité pratique doit consister à unir et fondre les forces et les aspirations révolutionnaires, à sceller ensemble les deux courants révolutionnaires principaux : l'un qui a paru récemment et déjà a montré une grande forer parmi les classes intellectuelles ; l'autre plus large, plus profond, qui ne tarit jamais : le courant populaire. Tout le mouvement des années 1874-1875 eut pour but cette union des éléments révolutionnaires, la formation définitive du parti socialiste révolutionnaire. Malgré toutes les divergences de vues sur certaines questions, les partisans de la révolution sociale sont unis sur ce point que la révolution ne peut être faite que par le peuple luimême, avec le consentement du peuple au nom duquel elle est faite. Autrement dit, Tordre gouvernemental actuel ne devra être renversé que quand le peuple lui-même le désirera... »
Fréquemment interrompu par le Président, lllé
même par les gardes, Mychkine eut cependant 1
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Alexandre II, loin de donner satisfaction à < - ttc deman augmenta les peines de plusieurs des condamnés.
Le ministre Pahlen, dans son rapport, faisait remarquer que le mouvement révolutionnaire jouissait de la sympathie de toutes les classes de la société russe, faute quoi il ne pourrait se développer. Cette sympathie allait grandissant de plus en plus, et plus tard Léon Tolstoï pouvait écrire à l'empereur Nicolas II : « Sire, il n'v a pas de conjuration du parti révolutionnaire ou autre, il n'y a pas de complot de telle ou telle fraction du parti socialiste contre votre personne ou contre le pouvoir autocratique, il y a la conjuration de toute la société russe contre tout le régime existant. »
Les procès des 50 et des 193 ont contribué puissamment à augmenter le prestige des révolutionnaires devant la société russe. Tous ceux qui y assistaient en sortaient bouleversés, et le vieux Tourgueniev qui, quelques anu auparavant, partageait l'antipathie de Hertzen pour les révolutionnaires réfugiés à l'étranger, écrivit, après Le procès des 193, un petit poème en prose, un de ses ch< d'oeuvre, intitulé Sur le seuil (1).
(1) Je vois un immense bâtiment. Dans la façade une petite porte étroite est ouverte. Au delà de la porte, les ténèbres Sur le
seuil se tient une jeune fille, une jeune fille russe. Des ténèbre! souffle le froid, et, avec le courant glacial, arrive des profondeurs du b une voix lente, t — O toi qui désires franchir ce seuil, sais tu OS qui t'attend ? — Je le sais, répond la jeune tille. — Le froid, Il taun, la h a me. la moquerie, le mépris, l'injure, la prison, la maladie, peut réel. t n
— Je lésais. Je suis prête. Je supporterai toutes les ioui 1
les coups. — Non seulement des ennemis, niais des pai OUI I, det ainL
— Oui, même d'eux. — Bien. Tu es pi
personne... personne ne saura même le souvenir de qui il faut honoi
— Je n'ai besoin m de reconnaissance m de respect. fe n'ai pas bas
de nom. — Es-tu prête au crime ? » La jeune fille —
« Je suis prête, même au crime ». 1 a voix ne reprit pas ai
lions. « Sais tu. dit elle enfin, que tu peux peulie I
tu crois maintenant ; tu peux comprendre que tu |
tu as gâché en vain ta jeunesse ?» — « Je Sais Cel I SUSaJ ». — ■ 1
La jeune fille franchit le seuil et un lourd rideau retoa elle,
— « Une imbécile ' » maugrée quelqu'un. • Lue saint ailleurs une voix ».
HISTOIR]
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. .m- du d d( l - higuirine, du gou>
1 ■■.■■ t, du 1 3 | janvi
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V< ici, d
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Kazan avait un caractèr* atiellement pacifique.
Cependant, pour y avoir pris part, vingt-et-une personnes furent traduites devant le Sénat et jugées pour insurrection». Six des inculpés furent acquittée ; dix condamnés à la déportation en Sibérie et cinq aux travaux for Plekhanov n'était pas parmi les accusés ; il avait réus s'enfuir.
Cette manifestation et l'inscription sur le drapeau témoignaient que dans les milieux révolutionnaire existait une nouvelle Société, Zemlia i Volia (Terre et Liberté) qui reprenait, comme nous le verrons, le programi de l'ancienne Société du même nom, disparue à la fin des années 60.
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