‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 150 sur 173 · MOUVF.M. REI.IG. IV · texte numérisé non relu

MOUVF.M. REI.IG. IV

différente, je ne veux pas me préparer des regrets semblables. Sans rie» ajouter et sans rien retrancher à la protestation que renferme le document du 2 novembre contre le principe de la loi ecclésiastique, je dois exposer clairement la ligne de conduite qu'avec l'aide de Dieu je compte suivre, sous le régime de cette loi.

Si je pouvais penser que de continuer mes fonctions pastorales proprement dites, que de continuer à prêcher dans nos temples, à instruire mes catéchumènes, à visiter les malades, à correspondre pour pauvres, à inspecter les écoles, à tenir les registres de l'état civil, et à percevoir en conséquence un traitement; si, dis-je, je pouvais penser que tout cela fût une acceptation tacite du nouveau régime, je résignerais immédiatement mon poste. Tout comme je le résignerais, si la lettre de la loi joignait, d'une manière péremptoire et inévitable, la qualité de pasteur et celle d'agent du gouvernement dans les affaires ecclésiastiques; si je ne pouvais pas, sans violer la loi, m'abstenir toutes les fois qu'en ne le faisant pas je donnerais à croire que je cousens au pouvoir spirituel de l'état dans l'église, et à l'asservissement de celle-ci par l'état assisté du clergé.

Il s'ensuit, monsieur le président, que je ne me rendrai point à la classe extraordinaire convoquée pour le 25 de ce mois; car c'est là que va commencer de se réaliser la loi que je déplore. Je ne me dissimule pas que si tous les pasteurs faisaient de même, cette loi deviendrait inexécutable; mais il n'en serait ni plus ni moins que quand tous les juges d'un pays refuseraient de juger d'après des codes qui leur paraîtraient renverser les vrais principes. Toute la question, dans le cas actuel, revient toujours à savoir si chacun de nous a le droit de s'abstenir.

Mais, monsieur le président, je sens qu'en faisant ainsi, tous mes devoirs envers notre église ne seront pas remplis. C'est pourquoi j'ajoute à ce qui précède que mon intention est de travailler selon mes forces et par tous les moyens légitimes à son émancipation. Parler de la sorte, c'est aller jusqu'à dire que je souhaite sa séparation d'avec l'état, et en effet, les derniers événements semblent assez confirmer les enseignements de l'histoire et ceux de l'Ecriture sainte, sur ce que l'union a d'irrationnel et de funeste. Toutefois, je ne regarde pas encore comme absolument impossible que notre église soit mise à même de s'organiser, de statuer sa doctrine, son culte, sa discipline, sauf à la loi de régler à nouveau les rapports de l'état avec elle. La constitution me paraîtrait s'y prêter tout à fait; c'est là, monsieur le président, ce qu'il y a peut-être à chercher en première ligne, et je prends la liberté d'attirer votre attention sur ce point.

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