CHAPITRE L
vue sur l'introduction des laïques dans les corps ecclésiastiques, sans avoir défini l'église. Mais qui, si l'on en excepte les dissidents, s'était occupé jusqu'ici sérieusement de matières envisagées comme si abstraites? M. Frossard constate cette apathie, ce laisser aller du clergé national, dans une page qui mérite d'être relevée à cause de sa valeur historique : « M. Bauty a fait un bien immense au milieu de nous. Il a ramené à la question de l'église un clergé qui l'oubliait. A plusieurs il a appris pourquoi ils étaient dans la nôtre, pourquoi ils n'en devaient pas sortir. Il a mis à nu les faiblesses d'un système attrayant à l'âme (la dissidence), plausible à l'esprit et vers lequel nous poussaient les sympathies de la communion fraternelle et les secrets instincts du cœur. 11 nous a donné des armes contre nous-mêmes. Honneur à lui 1 Mais reproche à nous. Reproche à nous, qui dans son œuvre n'avons su voir qu'une réponse à des besoins d'un jour, un moyen prompt d'en finir avec les attaques du séparatisme ; à nous, qui trop tard avons reconnu que des cendres de la première controverse une autre controverse naissait »
C'est dans cet état d'ignorance, ou tout au moins de vague profond sur une question vitale, que le clergé vaudois allait être appelé à donner son opinion sur la réorganisation de son église.
1 Revue suisse, 183S, pag. 154.