CHAPITRE I
des occupations multipliées qui réclament presque tout notre temps. Et, à ce sujet, nous ne saurions trop vous dire que notre but étant d'éclairer nos concitoyens, non-seulement sur la convenance et la nécessité de maintenir dans notre pays l'église nationale dont nous sommes les ministres, mais encore sur les conséquences désastreuses qui résulteraient de sa dissolution; nous ne saurions trop vous dire, répétons-nous, qu'il importe extrêmement pour le succès de notre cause d'employer le style le plus simple et le plus à la portée de tout le monde.
2° Ce n'est pas tout; une entreprise pareille à celle que nous annonçons exige nécessairement de votre part des sacrifices pécuniaires, car nous devons vous prévenir que notre dessein est de répandre très abondamment les premiers numéros de notre journal, afin de parvenir d'autant plus sûrement au but que nous nous proposons. Nous ne doutons pas que dans les conjonctures extraordinaires où se trouve actuellement notre église, vous ne manifestiez hautement l'attachement que vous lui portez et l'intérêt que vous prenez à notre entreprise, en joignant vos noms comme souscripteurs solidaires à côté de ceux de personnes qui nous ont déjà promis leur coopération. Au reste, cet engagement ne saurait être onéreux, et tout nous porte à croire que la part de chacun se réduira à peu de chose.
3° Enfin , messieurs et très chers frères, que pourrions-nous espérer même de la réunion de tous nos efforts, si nous n'étions soutenus par la bénédiction puissante de ce Dieu Sauveur qui, depuis les jours de notre bienheureuse réformation, a veillé sur notre église et l'a protégée d'une manière si miséricordieuse et si frappante. Joignez donc vos prières aux nôtres pour supplier le Seigneur qu'il soit lui-même ouvrier avec nous dans cette œuvre qui contribuera, nous l'espérons, à l'avancement de sa gloire. Veuille l'arbitre tout-puissant de nos destinées continuer de protéger notre chère patrie, et présider par son esprit de sagesse aux délibérations de cette assemblée constituante sur laquelle reposent tant d'espérances et que nous accompagnons de tous nos vœux.
Fait à Lausanne, le 24 janvier 1831.
Lehesche, professeur.