‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 125 sur 171 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tures accusèrent auprès du département de l'intérieur M. Descombaz d'être partisan de la secte séparée de l'église nationale. En revanche, un mémoire, apostille par une centaine de citoyens de cette même paroisse, donnait au pasteur accusé les plus grands éloges. Le département ouvrit une enquête administrative ensuite de laquelle l'autorité compétente décida qu'il n'y avait pas lieu à improbation, mais que M. Descombaz devait user de la plus grande prudence dans l'exercice de son ministère, et s'abstenir de toute innovation dans ses fonctions, entre autres de tout discours aux inhumations1. Dans le même temps, le conseil d'état recevait une plainte de Vuarrens contre le suffragant Caria. Ce ministre, ayant été déjà censuré en 1829, l'affaire fut renvoyée à l'académie. Celle-ci invita M. Garin à écrire désormais ses sermons en entier, afin d'éviter des phrases malsonnantes, et à ne plus fréquenter les assemblées religieuses hors des temples, « système dans lequel il est,» disait la lettre académique2. Deux ans plus tard, l'académie avait encore à s'occuper d'un suffragant qu'elle traita avec la plus grande rigueur. Une lettre du doyen de la classe d'Orbe avait attiré l'attention du corps chargé de surveiller les impositionnaires sur la conduite du ministre Louis Conod, qui se permettait de nombreux actes de dissidence. Informations prises, l'académie jugeant que M. Conod ne pouvait plus être considéré comme ministre de l'église nationale, décida de proposer au conseil d'état de le rayer du rôle des impositionnaires. Le conseil d'état sanctionna cette décision \

Les bonnes intentions et le zèle des pasteurs fidèles et vivants étaient donc souvent mis à l'épreuve. Parfois, il est vrai, leur ardeur n'était pas accompagnée de tact, de prudence; ils ne savaient pas attendre. En d'autres temps, ils faiblissaient et se

1 Actes de la classe de Lausanne et Vevey, 26 et 29 mai 1833, 20 et 21 mai 1834. * Procès-verbaux de l'académie, "25 février et 11 mars 1834. 3 Ibidem, 10 juin et 15 novembre 1836.

décourageaient; ils retombaient dans l'apathie naturelle au caractère vaudois. C'est au moins là ce que nous pouvons conclure d'un sérieux avertissement adressé aux ministres de l'Evangile par un de leurs compagnons d'oeuvre, sur la nécessité d'un réveil religieux parmi eux. L'auteur de cet appel pensait que, parmi les divers moyens souvent proposés pour obtenir un réveil religieux étendu et général, il en était un sur lequel on n'avait pas assez insisté, un auquel on n'avait point accordé toute l'importance qu'il méritait; ce moyen était le réveil des ministres. Et pourtant, demandait-on, si un nouveau réveil spirituel doit s'opérer dans notre pays, par où doit-il commencer ? Quels hommes doivent y participer les premiers, sinon les ministres eux-mêmes? Ainsi que les sommets des montagnes reçoivent les premiers rayons du soleil, et que les pluies, en tombant d'abord sur les collines, y creusent des réservoirs dont les eaux se répandent ensuite dans les vallées d'alentour, ainsi la rosée spirituelle, avant d'atteindre le troupeau, commence d'ordinaire par tomber sur son conducteur vigilant et fidèle. L'influence que possèdent les ministres sous le rapport du bien et du mal est immense ; il est vrai de dire, dans bien des cas, tel pasteur, tel troupeau. Un réveil qui aurait lieu dans les églises et qui ne s'étendrait pas jusqu'aux ministres, non-seulement serait comprimé et arrêté, mais encore il tendrait à diminuer tous les jours, tandis que si la piété des ministres s'accroît, ce sera une grâce qui retombera plus ou moins sur toute la communauté.

L'auteur de l'adresse aux ministres estimait que la religion de ceux-ci avait besoin d'être vivifiée ; que leurs habitudes de dévotion présentaient bien des lacunes. Leur vie intérieure, leur conduite au sein de leurs familles, au milieu de leurs amis, leur manière de s'acquitter de leurs devoirs pastoraux, toutes ces choses si importantes ne les appelaient-elles pas à une bien sérieuse humiliation? « Nous sommes arrivés, ainsi s'ex-

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