CHAPITRE m
avait publié sa première brochure en 183-2. Quant au fond, ses sentiments étaient restés à peu près les mêmes, mais il confessait avoir été trop loin quand il avait avancé que ceux-là seuls doivent être admis à la cène qui ont donné des preuves de conversion l. a Nous devons, dit M. Olivier, admettre dans les églises du Seigneur toute personne qui déclare croire de cœur en lui, pourvu que rien, ni dans sa doctrine, ni dans sa conduite , ne soit en opposition ouverte avec sa profession de foi. » L'auteur de la lettre à ses frères avait commis autrefois l'erreur de confondre la foi avec Yassurance du salut et de ne regarder comme converties que des personnes qui possédaient déjà la consolation spirituelle. Il déclarait maintenant que c'était un écart grave. En terminant, il recommandait vivement l'écrit de M. Henriquet, qui lui avait été utile à lui-même.
L'exemple donné par M. Olivier ne fut pas suivi parRochat. Un mois après la déclaration du premier, Rochat publiait son discours sur V Unité du corps de Christ (Eph. IV, 4)-. Dans la préface, datée de Rolle, 18 février 1839, l'auteur, qui dit être sur son lit de maladie et peut-être de mort, déclare qu'il ne rétracte rien de ce quMl a écrit dans ses Aperçus, L'unité est dans la volonté et dans les plans de Dieu à l'égard du genre humain. L'unité était une des choses auxquelles les apôtres tenaient le plus, une de celles qu'ils recommandaient le plus fortement. L'unité que Dieu a voulu établir dans le monde est celle qui résulte d'un seul Esprit, animant tous les fidèles et faisant d'eux un seul corps dont ils sont membres. Unir autrement ce n'est pas manifester ici-bas l'église de Dieu. Dieu a voulu que l'unité intérieure qui existe entre les membres du corps de Christ se manifestât par une union extérieure et se développât par certains moyens qu'il a fixés dans sa Parole.
1 L église et les églises, pag. 34.
• Genève. Pelletier. 88 pages. *
MOUVEM. REL1G. III 18
C'est par cet appel à l'unité que prit fin cette polémique. Mais l'unité n'existait nulle part et les événements allaient en fournir la preuve. La dissidence portait déjà dans son sein l'enfant qui devait la tuer, et le nationalisme allait voir se dissiper toutes ses prétentions à être vraiment une église. Au moment où retentissent les derniers appels de la dissidence à l'unité, on entend déjà les coups redoublés qui ébranlent la confession de foi helvétique et sapent l'église nationale par sa base. La dissidence va s'effondrer dans le darbysme, et l'église nationale ne sera plus bientôt que la protégée de l'état, en attendant qu'elle en soit la victime.