‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 57 sur 171 · CHAPITRE EL · texte numérisé non relu

CHAPITRE EL

religieuses qui ont pris naissance dans la période précédente se soutient, se développe avec plus ou moins de succès. La Société biblique auxiliaire a été fidèle à l'esprit de sa fondation. H en a été de même du Comité pour la distribution des livres religieux, sans que nous puissions signaler aucun fait bien saillant dans la marche de ces établissements. Cependant, il n'est pas hors de propos de mentionner ici la résolution prise dans l'automne de 1831, par les sociétés religieuses, à l'occasion de leurs assemblées annuelles à Lausanne. Il paraît que ces journées des 7, 8 et 9 novembre furent particulièrement bénies et qu'elles présentèrent le plus haut intérêt. Plus de soixante-dix ministres s'y rencontrèrent de toutes les parties du canton. Il y fut résolu de consacrer la journée du samedi 31 décembre suivant au jeûne et à la prière, dans le but général de demander au Seigneur une abondante effusion du Saint-Esprit, afin que ïéglise de Jésus-Christ s affermisse et s étende, que les chrétiens de tous les pays et de toutes les dénominations s'unissent entre eux par les liens d'une sincère charité, comme ils sont déjà unis par une foi commune, que le règne de Satan soit détruit, que les âmes non converties soient amenées au pied de la croix, et que tous soient préparés pour la venue des fléaux de divers genres qui menacent les peuples et les individus 1 .

Le sentiment du progrès s'accuse surtout quand on compare le présent au passé. Le député de la Société évangélique de Genève, s'adressant à la Société des missions de Lausanne, s'écrie: « Portons nos regards vingt ans en arrière et voyons quel était alors l'état de la Suisse sous le rapport religieux : un grand sommeil régnait parmi nous, mais en 1814, au milieu des flammes de la guerre et d'une invasion étrangère, Dieu forma en Suisse un établissement destiné à porter au loin la bonne nouvelle du salut, un institut de missions fut fondé à

1 Archives du christianisme, 1831.

Baie... Un institut semblable a été établi à Lausanne. Presque partout, en Suisse, on voit s'élever des sociétés de missions, de Bibles, de traités religieux. Une vaste conspiration religieuse existe, elle a pour but d'avancer le règne paisible de l'Evangile sur les cœurs...1» A son tour, le pasteur L. Germond pouvait dire dans la même assemblée: « Certainement, une émotion involontaire s'empare de bien des âmes, et se répand dans nos villes, dans nos campagnes et sur nos monts. Qu'estce que ces dispositions sérieuses qu'un grand nombre de personnes ressentent de nos jours? N'est-ce pas le Seigneur qui s'approche? N'est-ce pas la présence du souffle du Saint-Esprit qui se fait sentir? »

Les assemblées de l'année suivante contribuèrent également à démontrer d'une manière vivante l'union qui peut et doit exister entre des frères. On put voir ces derniers s'affliger ensemble de leur défaut de zèle, d'activité et de vie ; on put les entendre s'exhorter mutuellement à redoubler de vigilance, de prières et de dévouement ; on put jouir de leur concert de bénédictions et d'actions de grâces, et de l'allégresse qui remplissait les cœurs de tous au récit de la fidélité et des gratuités de l'Eternel . Il y avait entre eux un même esprit, une même foi, une même espérance, tous étaient aux pieds de Jésus, et par lui n'étaient (quoique faiblement encore) qu'un cœur et qu'une âme. Ils pouvaient présenter une idée de ces premiers chrétiens dont on disait: « Voyez comme ils s'aiment 1 » Ce n'est que depuis le réveil religieux qu'on avait pu remarquer une telle communion de sentiments et un tel accord au sujet des choses spirituelles entre les membres des diverses églises 2.

Parmi les orateurs qui prirent alors la parole, nous citerons : Gauthey, Vulliet (F5.), Descombaz, Burnier (L.), le pasteur Co-

1 Discours de M. Paul Gaussen. Conf. Revue chrétienne, 1832, pag. 567.

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